20 octobre 2014

Confluences 2 : Le mur


Où qu'il se tourne, il ne voyait que le mur. Pas un mur de briques bien lisse, opaque et créé de main d'homme, non. Un mur végétal, organique. Un mur vivant qui semblait se reformuler sans trêve, se mouler sur le modèle de ses victoires, comme pour mieux les circonscrire. Un mur qui laissait filtrer l'horizon, sans jamais permettre qu'on le touche du doigt.

Comment en était-il arrivé là ? C'était la question que d'autres auraient voulu qu'il se pose mais il refusait les connotations négatives. Comment était-il arrivé là ? Cette question-ci, à la rigueur, était admissible, car il n'est jamais vain de comprendre le mouvement. Le mouvement est un phénomène naturel : on ne juge pas les phénomènes naturels, on les constate et on les analyse.

Il avait fait comme tout le monde, comme la plupart en tout cas : il avait essayé. Non, il avait peut-être fait davantage : il avait effleuré l'impensable et chouchouté les murmures, contemplé les sommets lorsque d'autres baissaient la tête, embrassé le silence quand l'hystérie était rigoureusement de mise. Ses pères, pourtant, l'avaient averti, non pas une fois mais mille : « Un jour, ils viendront pour toi ». Qui était ce « ils », les pères ne l'avaient jamais formulé de sorte qu'il eût aussi bien pu s'agir de chérubins anthropophages envoyés par Dieu pour corriger l'insolence d'un enfant terrible, ou peut-être simplement de la mousse humaine qui fleurissait sur la roche des convenances, très préoccupée de ronger tout ce qui pouvait dépasser.

« Ils » n'étaient jamais venus mais peu à peu, le champ des possibles s’asséchait, jusqu'à la stérilité peut-être, il était encore trop tôt pour le savoir. Derrière le mur il y avait encore quelque chose, c'était rassurant. Le vrai drame eût été qu'il n'y ait plus rien, que les interstices ne révèlent plus qu'un abysse ou un grand blanc. Pour autant, les perspectives ont aussi le don de narguer celui qui est au pied du mur. Il était seul : cela, au moins, il l'avait compris depuis longtemps et cela ne le dérangeait pas outre mesure. La solitude est un réalisme, se plaisait-il souvent à songer.

Ce qui était troublant, pour ne pas dire décourageant, c'était que de quel côté qu'il se tourne, il se heurtait au même mur. Non pas un mur circulaire qui l'eût cerné, uni au moins dans sa sphèritude, mais le même mur bien droit qui se récréait de lui-même, quelle que soit la direction qu'il eût voulu prendre. Ça avait des allures d'illusion d'optique et pourtant c'était bien là, imprenable. Le bambou plie mais ne rompt pas, disait l'adage. Ce bambou-là ne pliait pas, inflexible à toute négociation, borné dans son refus de disparaître.

Parfois à la nuit tombée, il entendait des chuchotements : « tu aurais dû, tu aurais pu, il aurait fallu ». Longtemps, il leur avait ordonné de se taire, puis il avait fini par comprendre qu'il ne s'agissait que d'échos. Dans le mythe, Écho était éprise du son de sa propre voix. Cela, il pouvait le comprendre. Alors, il avait réalisé que les chuchotements ne lui parlaient pas vraiment, qu'ils se contentaient de répéter ce qu'ils avaient envie de s'entendre dire. Ils ne le savaient pas eux-mêmes, mais ils se fichaient éperdument qu'on les écoute, alors il avait cessé d'écouter. Écho et Narcisse, finalement, étaient faits l'un pour l'autre.

En lieu et place, il s'efforçait de continuer d'avancer. Il avait d'abord cru qu'avancer c'était défricher mais il n'en était rien. Sa machette était érodée depuis trop longtemps, il ne parvenait plus à avancer qu'en poussant assez fort. Lorsqu'il y parvenait, le mur reculait de quelques centimètres, parfois même d'un peu plus que cela. L'horizon qu'il entrapercevait entre les bambous reculait pareillement. Faute de s'en rapprocher, il avait avancé de quelques centimètres et c'était déjà une forme de victoire. Il vivait au jour le jour, chaque effort portant en lui la vanité des efforts passés et à venir si par malheur il se laissait aller à les envisager dans la continuité. Il n'y avait pas de continuité, seul le présent était éternel. Cette idée lui donnait du courage lorsqu'il se sentait las. Il n'avançait plus pour gagner l'horizon mais simplement pour avancer. Chaque inspiration est une fin en soi.

Mais tout de même, il fallait bien l'admettre : la lassitude se faisait plus pesante au fil des ans. Il n'est peut-être pas possible de pousser à tout jamais, c'est sans doute la raison pour laquelle les corps se fanent et souvent, longtemps avant eux, les âmes. Il s'efforçait donc de prendre soin de l'un comme de l'autre, de laper dans les flaques et de se laisser flotter sur la crête des tremblements de terre lorsqu'ils se produisaient.

Au fond de lui, néanmoins, persistait un rêve. Peut-être, un jour, parviendrait-il à passer de l'autre côté du mur. Il ne voulait plus trop y croire mais de temps à autre, lorsqu'il se laissait bercer par quelque aubade hypnagogique, cette idée l'embrassait voluptueusement sur les lèvres, amante imaginaire. Il n'en fallait pas davantage pour qu'il esquisse un sourire.


Travail élaboré en collaboration avec Séverine Rouy (photographie), dans le contexte de notre projet Confluences.

18 octobre 2014

Il y a un secret plus grave

« Il y a un secret plus grave. L'amour n'est pas que guerre prédative ni les baisers seulement carnivores. La nuit ne tend pas vers le jour.
La nuit est un monde. »

Pascal Quignard, Le sexe et l'effroi.

7 octobre 2014

Confluences 1 : La vierge à l'enfant


On la voyait depuis longtemps déambuler avec sa poussette. Parmi les innombrables formes qui hantaient les ruelles, c'était l'une des plus persistantes. À ce stade, toutefois, il devenait difficile de discerner les vivants des morts, les esprits sains des fous. Toute cette masse humaine se confondait en un agrégat malheureux, les premiers se sachant de toute façon voués à rejoindre tôt ou tard la communauté mêlée des seconds. Ce qui vit s'estompera, et la raison de même. Au début, il y avait un bébé dans la poussette, un vrai bébé tout de chair et de cris, qui réclamait souvent. Une caresse ou un biberon suffisait généralement à apaiser sa rage de débutant. La femme semblait capable de s'en occuper comme il convenait. Sa robe avait des allures de tapisserie russe et sa capuche n'en finissait pas d'enfler sous l'effet du vent, mais les chaussures trahissaient une coquetterie, le souci de conserver quelque dignité sur ces terres où la dignité était devenue le plus précieux des biens. En ces temps, il n'en fallait pas davantage pour faire une bonne mère.

Quotidiennement, la femme courait de-ci de-là, affairée, propulsant la poussette à vive allure d'une boutique à l'autre. Puis elle se fit moins présente, et la poussette moins présente encore. Sous la capuche, on parvenait parfois à deviner des traits fatigués, des joues marquées par des sillons de larmes, si nombreuses qu'elles avaient fini par creuser la chair. Ou peut-être était-ce la lumière, une supercherie que le ciel indifféremment blanc imposait aux yeux désensibilisés des passants. Elle finit par disparaître tout à fait, des mois durant. Comme toute chose qui s'efface, on finit par l'oublier. Ensuite, tout commença d'arriver, le flux s'inversa, ce qui n'avait pas lieu d'être devint omniprésent.

Elle réapparut comme un souffle, démunie de toute carnation et pourtant bien vivante. La poussette aussi réapparut, mais elle était vide et la femme courait au ralenti. Elle ne se rendait plus dans les boutiques, du moins nul ne la vit plus jamais pénétrer nulle part. Elle se contentait d'être là. Comme tous les autres. Et comme tous les autres elle s'incrusta sournoisement dans le paysage. Lorsque l'on commença à comprendre, il était bien trop tard. Non pas que comprendre plus tôt eut changé quoi que ce soit. La femme parlait à la poussette comme on parle à un nouveau-né. La poussette crissait des roues pour toute réponse, et cela suffisait. Tout le monde parlait plus ou moins dans le vide, de toute manière, mais cet accessoire maternel lui donnait une forme de singularité, un petit quelque chose d'attendrissant qui fit qu'on lui prêta un tantinet plus d'attention qu'aux autres. Si d'aventure on se risquait à lui adresser la parole, toutefois, elle grognait comme un chiot craintif, montrait les dents puis s'en allait d'un pas outré.

Inéluctablement, le bébé finit par réapparaître, à son tour. Il avait bien dû s'écouler une année tout entière, depuis qu'on ne l'avait vu dans la poussette, mais il était tel qu'on se souvenait de lui, le même petit être vulnérable et criard, bébé à jamais. Lorsqu'il pleurait, pourtant, la mère ne lui offrait plus rien. On l'avait vue essayer au début, mais le nourrisson dédaignait désormais la tendresse et le lait. Ses cris finirent par s'incruster dans la chaussée, dans les murs craquelés, jusque dans le crâne des riverains. Et du matin au soir, la mère se bornait à pousser en fredonnant des comptines, résonance d'une époque où la chair savait encore réconforter la chair, lorsque tous les cœurs battaient encore.


Travail élaboré en collaboration avec Séverine Rouy (photographie), dans le contexte de notre projet Confluences, avec pour toile de fond mes recherches pour le roman Ce que font les morts.

6 octobre 2014

Myrack


Il y avait un nouvel élève. Il se prénommait Myrack. C'était un grand gaillard de quinze ans, maigre comme un clou, dégingandé, d'allure revêche. Il appartenait à la Minorité et venait donc, comme le voulait le bon sens, des quartiers Est. Il y avait trois autres garçons de la Minorité dans la classe. Leurs familles avaient depuis longtemps gravi l'échelle sociale et intégré la communauté locale, tout ceci avec un succès remarquable et remarqué.

La professeure de géographie intima Myrack de se présenter à ses camarades. Personne ne venait jamais s'assurer que le programme scolaire était suivi à la lettre, il y avait donc du temps à perdre et la cohésion du groupe était une priorité. L'influence des Soviétiques, sans doute. Comme Myrack baissait la tête, tétanisé, les adolescents furent chargés de l'interroger. On lui demanda son nom, son âge et la profession du père (comptable dans une administration à usage indéfini, pour Myrack plus encore que pour nul autre). Une jeune fille lui intima ensuite de décrire ses hobbies (mot qu'elle prononça en anglais dans le texte, non sans une pointe de fierté). Myrack parlait avec le lourd accent des quartiers Est, ce qui le rendait légèrement difficile à comprendre, d'autant qu'il était timide et avalait la moitié de ses mots avant d'en recracher l'autre moitié. Myrack dit qu'il aimait jouer aux billes. Il y eut quelques ricanements car c'était une activité fort immature pour un garçon de son âge. La jeune fille n'était pas satisfaite : Myrack ne pouvait, en tout état de cause, se contenter d'un seul hobby (elle répéta le mot, des fois que quelqu'un l'aurait raté la première fois). Myrack dit qu'il aimait tirer les cheveux. Tout le monde se regarda, le regarda, regarda la professeure. Elle exigea que Myrack précise sa pensée, car on avait certainement mal compris. On n'avait pas mal compris : Myrack aimait tirer les cheveux. Il illustra son propos d'un geste sans équivoque. Tout le monde se regarda, le regarda, regarda la professeure. Elle affirma haut et fort qu'il n'existait de tel hobby nulle part sur terre, pas même dans les invraisemblables quartiers Est. Convaincue qu'on se moquait d'elle, elle ordonna aux trois autres garçons issus de la Minorité d'obtenir une explication. Les quatre élèves échangèrent des propos dans l'inintelligible et méprisable patois des quartiers Est et firent toutes sortes de grands gestes. Piteux, les trois garçons furent contraints de confirmer que oui, Myrack aimait bel et bien tirer les cheveux des gens, les arracher même si possible. C'était, là d'où venait Myrack, une activité ordinaire pour les adolescents. Myrack rit, soudain tout excité. La professeure eût, à la rigueur, pu admettre qu'elle avait affaire à un attardé. Par contre, l'idée même que le tirage de cheveux puisse constituer un loisir collectif lui était intolérable, fusse dans les quartiers Est où se passaient pourtant des choses plus scandaleuses que cela. Myrack, pourtant, insista de son accent boueux : ils tiraient les cheveux en bande et c'était rudement amusant !

Il y eut alors un de ces longs silences que toute personne saine de corps et d'esprit abhorre, puis quelques rires étouffés de la part des filles et de nombreux chuchotements dans les rangs des garçons. Finalement, la professeure fut assaillie de regards suppliants : on attendait d'elle qu'elle mette un terme à cet intolérable embarras. Aguerrie au métier, elle déclara tout-de-go qu'il était temps de démarrer la leçon et se mit à disserter sur les bienfaits de la collectivisation agricole. Myrack lança des regards inquiets çà et là mais ne trouva que des visages fermés.

De la journée, personne n'adressa la parole à Myrack. À quinze heures, les cours se terminèrent et chacun rentra chez soi. Les douze garçons de la classe – parmi eux Jakob – suivirent Myrack, s'abattirent sur lui et le battirent à mort. Les trois garçons issus de la Minorité furent ceux qui tapèrent le plus fort. C'est l'un d'entre eux qui, les yeux révulsés, l'écume aux lèvres, donna le coup de pied fatidique dans la tempe du nouveau, le coup qui lui ôta la vie pour de bon.

La police déclara que le pauvre garçon souffrait de dépression (qui ne souffrait pas de dépression dans les quartiers Est ?) et conclut au suicide. Nul ne mentionna plus jamais Myrack, à commencer par ses parents et ses deux sœurs, qui furent d’ailleurs bientôt exclues de l'établissement pour mauvaise tenue.

L'année scolaire qui s'ensuivit fut ordinaire, donc radieuse.

Extrait possible et en friche de Ce que font les morts, roman en cours de gestation.

1 octobre 2014

Élémentaire, mon cher Memmius !

« Ajoute à cela que le lait et le miel laissent dans la bouche une sensation qui flatte la langue, tandis que l'absinthe amère, la sauvage centaurée, ont une saveur qui nous fait faire la grimace ; à quoi tu reconnaîtras aisément que des éléments lisses et ronds composent les corps agréables à nos sens, et qu'au contraire toutes les substances amères et âpres au goût proviennent d'un assemblage d'éléments crochus et serrés, lesquels les obligent à déchirer les voies qui accèdent à nos sens et à maltraiter les organes dont elles forcent l'entrée. »

Lucrèce, De la nature des choses.

30 septembre 2014

Le sexe et l'effroi

« Une pièce de Térence qui date de -165 met en scène Philumena qui a été violée une nuit en se rendant aux mystères dans l'obscurité. Elle épouse Pamphilus sans faire état de ce viol mais son nouvel époux ne la touche pas parce qu'il aime à la passion Bacchis la prostituée. Pamphilus part en voyage. Philumena découvre qu'elle est enceinte du violeur alors que son mari l'a laissée intacte. Elle attend dans la terreur le retour de son mari. Finalement Pamphilus découvre que c'est lui-même qui l'avait violée, sans savoir qui elle était. Tout le monde pleure de joie : le violeur est le mari. Ce happy end est au sens romain ''chaste''. »

Pascal Quignard, Le sexe et l'effroi.

24 septembre 2014

Requiem pour une solitude

Avant, j'étais tout seul chez moi. Je passais des nuits entières à me noyer dans les délices de l'auto-contemplation. À présent, j'ai des petits fantômes domestiques et autres amis imaginaires. Ils ne sont pas vraiment là mais c'est tout comme si... Ils bavardent sans arrêt, et je leur réponds, et ils me répondent, et je leur réponds, et tout cela est tellement, tellement fatiguant !

Avant, il n'y avait personne pour interrompre la nuit. Juste cette cochonnerie de téléphone. Je le regardais sonner, sachant pertinemment que l'insolant qui avait l'audace de me déranger se découragerait avant moi. Et puis de toute façon, passée une certaine heure plus personne n'appelait. C'était bien.

Mais tout ça, c'est fini. Maintenant, je suis obligé de m'occuper de mes invités indésirables en permanence. Ils grignotent mes miettes. Des fois, c'est vrai, ils me divertissent. Souvent, ils m'agacent. Parfois même, ils ont l'audace de me snober, sous mon propre toit. Des fois, je voudrais bien aller dormir et puis je me laisse prendre au jeu d'une conversation délibérément absurde. Des fois je suis tranquille, bien posé, et puis d'un coup voilà qu'un de mes amis imaginaires m'impose sa triste vision du monde ou sa colère, me colle un petit coup de stress pour la route. Pas terrible quand déjà, à la base, on est un agneau insomniaque.

Ce qu'il y a de bien pourtant avec la solitude, c'est que c'est un moment où l'on peut vraiment être à soi. Ce n'est pourtant pas que je me donne trop de mal à faire des faux-semblants avec les autres mais quoi qu'on en dise, il y a une part de représentation dans l'interaction. Dès qu'il y a l'autre il y a, c'est implacable, une part de nous qui sait que cet autre, là en face, il va forcément peser nos paroles et nos actes, au kilo, avec la délicatesse d'un garçon-boucher. On aura beau dire et beau faire, cette prise en compte de l'autre est ancrée bien trop profondément dans notre ADN d'animal social. Elle a forcément une incidence, fut-elle subtile. On est génétiquement programmés au métier d'acteur, je crois.

Dans la solitude, personne ne vient vous contaminer la pensée avec ses exigences, ses opinions creuses, ses mots lourds de sens interdits... Ils sont trop envahissants, mes amis imaginaires. J'ai déjà assez de mes pensées à moi, de mes diversions, de mes souvenirs. Déjà, à moi tout seul, je suis tout une foule. J'ai déjà assez, aussi, des gens que je croise au dehors. Il faut les digérer. Alors quand je rentre chez moi, je n'ai pas forcément envie de recevoir mais je n'ai pas le choix : ma piaule est en mode open bar depuis sept ans. Les bouquins, les films, la musique, même la tarévision, ce sont également des distractions mais c'est différent. Ça nourrit davantage que ça ne pollue. Je ne réponds jamais à un bouquin lorsqu'il me contredit.

Et puis je me rends compte qu'au fil des ans j'ai oublié, j'ai oublié ce que c'est que la solitude. J'ai oublié ce que c'est que de passer une soirée entière vraiment, complètement avec moi-même. J'ai oublié ce que c'est que de ne pas être grossièrement interrompu dans le fil de mes pensées. J'ai oublié ce que c'est que d'oublier les autres. Je voudrais bien me souvenir. Je voudrais bien savoir comment ça serait, la vie, sans tout ça, sans cet incessant vacarme humain. Je voudrais bien retrouver mes miettes. Je crois que tous ces amis imaginaires, ils sont en train de me changer. Je crois que ça pèse lourd sur ma tronche. Je crois que ça m'éloigne de l'idée que, jadis, je me faisais de la sérénité. Je crois qu'il est temps que je fasse quelque chose. Temps de ne plus trop me connecter à Facebook, Twitter et compagnie parce que les gars, je suis navré de vous le dire : je vous aime bien mais vous me sucez la cervelle !

23 septembre 2014

... (53)

picore des épices & prends la clé
ouvre grand les narines &
crache tes couleurs
on le savait bien, vieux, que tu sniffais
du verre pilé


22 septembre 2014

... (52)

j'éternue grotesque lorsque les mandibules
de tes navrances essaient
de me coller un slip sur le crâne
si tu veux bien, barbie barbue, je garderai
mes jupes



6 septembre 2014

Médiocre météo
















temporiser
en attendant que des plats réchauffés
se déversent dans nos trous

se suspendre aux haruspices
en cas que leurs prévisions soient bonnes
astiquer les parapluies

sans se disperser trop
sans décortiquer les croquis
juste attester l'empreinte
des flagorneries
sur la durée

(l'hystérie s'immisce indiscrète
dans nos évaluations)

« Je n'avais aucune idée des raisons de ma présence, je m'étais simplement dépêtré d'un mauvais rêve »

recyclant des excuses antédiluviennes
nous nous précipitons en rangs serrés vers le
débordement               (mais ce n'est pas grave du tout)

boucle          de boucle          de boucle           de boucle
les écorchures gravées sur les murs (like)
la laideur des façades               anticipée
pour mieux
craqueler l'autre

pour mieux chercher
à classifier les inventaires au nom d'antagonismes
encadrés
de paroles bien apprises & dépourvues
d'hygiène

« tiens ! & si on allait plutôt faire du shopping ? »

l'abus d'excuses est favorable à l'exagération
à terre la logique !
exaltées nos étroitesses vacancières
camping apprivoisé
la toile inflammable insensible
aux bistouris
des éventreurs du port

mais lorsque l'on se donne la peine d'écouter
un air de bossa nova trépidant trépane & transforme les os du crâne en pots de fleurs
sans élucubrations il faut danser
s'informer des petites guerres &
frétiller en retour

c'est juste pour le style
mais ça n'intéresse pas grand monde

« hourra ! », s'écriera-t-on plutôt avant de s'enfoncer dans les cahiers comptables & de dessiner
les enfants morts
instantanés répétitifs
indignations jetables

« tiens », dit la serveuse au superviseur
« voici donc les premières traces de moisissure »
« tiens », dit la serveuse au superviseur
« voici donc le feu-semblant
que nous avons
tant cherché ! »

« ne vous y trompez pas
il tremblera demain
prévoyez de prendre vos paraséismes »
sans doute, un conseil avisé en vaut deux

médiocre météo

5 septembre 2014

L'assiette du pauvre et ta mère

Alors aujourd'hui je lisais sur Facebook (oui, toujours cette putasserie de réseau social moraliste) que autrefois les parents de mes @mis laissaient une assiette vide sur la table et que quand ils demandaient à leur papa et leur maman c'était quoi cette assiette, on leur répondait fièrement que c'était au cas où un pauvre viendrait taper à la porte.

Ce que mes @mis oubliaient de préciser je pense, c'est que les pauvres ne venaient jamais taper à la porte ou que, quand ils avaient l'outrecuidance de le faire, ils se faisaient refouler à coups de balais au cul.

Le problème de « l’assiette du pauvre » est peut-être justement que cette assiette est toujours restée vide sur la table, pendant que les pauvres crevaient de faim dehors et que les parents lower middle class hypocrites faisaient la morale aux enfants qui demandaient pourquoi il y avait une assiette vide sur la table.

Un symbole ? Oui. Mais un symbole inconséquent. La solidarité entre pauvres, j'y crois pas : l'idée même selon laquelle les pauvres sont moins égoïstes que les riches est un putain de mythe. Il n'y a pas plus égoïste qu'un pauvre.

J'en ai rencontré plein des pauvres dans ma vie. Je parle pas des pauvres en Asie ni des pauvres français de 1940, parce que eux ils vivent/vivaient tellement sur une autre putain de planète que j'ai pas de jugement à porter sur eux. Mais les « pauvres » français de 2014 (vous savez, les pauvres avec un écran plat et une Playstation), je les ai bien rencontrés. Assez pour dire que je n'ai vu nulle part davantage d’égoïsme, de rancœur et de mesquinerie que chez eux. Le Très Pauvre il peut bien crever éventré devant le pavillon du Pauvre que le Pauvre ne fera pas un geste pour l'aider. Et quant au Moins Pauvre (je parle même pas du Riche), il n'a qu'à bien se tenir, car le Pauvre va l'enculer à sec à la première occasion.

Honnêtement je ne les blâme même pas pour ça, les pauvres : quand les ressources sont limitées il est bien normal d'être égoïste. Ce qui me casse profondément les couilles c'est ce mythe selon lequel « les pauvres sont généreux et gentils et les riches sont égoïstes et méchants ». Cette glorification du pauvre, c'est une honte, alors si c'est comme ça ben je fais aussi des raccourcis et on va dire que les pauvres sont tous des crevards et les riches des princesses et puis voilà ^^

La glorification du pauvre est une hypocrisie de salons.

#RealismVsRomanticism

23 août 2014

De l'indignation sélective et du devoir d'indignation

Bon, je vous avais promis un article sur Israël et la Palestine mais en fait je ne voulais pas vraiment parler d'Israël et de la Palestine en tant que tels, mais de deux phénomènes que j'observe en lien avec ce conflit et qui me cassent GRAVE les couilles. Il s'agit, pour ne pas les nommer, de ce que l'on appelle l'indignation sélective et de ce que j'appellerai le devoir d'indignation.

L'indignation sélective c'est ce truc qui consiste à s'indigner quand les gens dont on se sent proche (pour des raisons religieuses, ethniques, culturelles...) se font massacrer et à s'en laver les mains quand ce sont d'autres gens. Parce que ce que j'observe tout de même sur Facebook, c'est que mes @mis Juifs se sentent très concernés par les victimes du Hamas et que mes @mis musulmans se sentent tout aussi concernés par les victimes civiles d'Israël mais par contre, bizarrement, je ne vois jamais les premiers pleurer sur les enfants palestiniens ni les seconds sur les enfants israéliens. Alors bon pourquoi pas, sauf que leur indignation se fait généralement au nom de valeurs humanistes qui consistent à dire que la souffrance d'autres êtres humains est insupportable et qu'il est du devoir de chacun de dénoncer ce scandale. Bon, OK. Sauf que l'humanisme ça concerne précisément toute l'humanité, et alors chacun a le devoir de dénoncer les souffrances de tout le monde, pas juste des victimes dont il se sent proche.

Ce qui me choque en fait, ce n'est d'ailleurs pas tant que je ne vois jamais ces gens-là s'indigner pour les victimes de l'autre camp, parce que bon ça encore à la rigueur je peux le comprendre, mais je ne les vois à vrai dire jamais s'indigner pour personne d'autre non plus. Non parce que bon si on regarde Wikipedia, c'est pas les guerres qui manquent en ce moment. Par exemple la Guerre de la Drogue au Mexique a fait plus de morts en huit ans que le conflit israëlo-palestinien en soixante-six ans mais bon, on va dire qu'on s'en branle des Mexicains, hein ? C'est pas comme si les droits de l'homme ça concernait les Mexicains, ça se saurait. Combien de posts ai-je vu à propos des Mexicains sur Facebook depuis que j'ai créé mon compte en 2007 ? Zéro. Ah ben oui tiens j'ai pas d'@mis d'origine mexicaine, ça doit être pour ça ! Et puis si on parlait des Nord-Coréens, tiens ? Je lisais l'autre jour ce livre incroyable à propos d'un rescapé des camps de concentration Nord-Coréens qui nous apprend, outre ce que l'on savait déjà (à savoir que le pays est une prison à ciel ouvert et qu'en outre, entre cent-cinquante-mille et deux-cent-mille personnes croupissent dans des camps de travail forcé), que les prisonniers sont autorisés à se reproduire, que leurs enfants naissent dans ces camps, destinés à ne jamais en sortir et à vivre une vie de privations, de brimades et de travail forcé jusqu'à leur mort, souvent prématurée. C'est donc, carrément, un élevage d'esclaves. Je l'ai posté, ce lien-là. Mais par contre mes @mis Juifs et musulmans n'en parlent jamais. Ils s'en branlent comme de l'an quarante, des enfants Nord-Coréens qui n'auront jamais rien connu d'autre que la souffrance au cours de leurs courtes vies.

Donc, si je suis la logique humaniste de ceux qui me demandent de pleurer sur les enfants palestiniens et israéliens mais qui ne me demandent jamais de pleurer sur les autres enfants, ben désolé les mecs mais moi je ne suis ni Juif ni musulman donc en gros, je devrais m'en tamponner profond des enfants qui sautent sur des bombes par là-bas, non ?

Mais ce que je trouve encore plus hallucinant c'est que mes @mis musulmans ne semblent se préoccuper de la mort des enfants musulmans que quand ce sont des non-musulmans qui les tuent (là je ne peux pas parler de mes @mis Juifs car les Juifs ne se tuent pas trop entre eux, pour le coup). Parce que ça y va dur sur Israël mais alors par contre les musulmans qui tuent d'autres musulmans en Syrie, en Irak, en Afghanistan et ailleurs, alors ça mes @mis musulmans ils n'en parlent jamais. Il faut croire que c'est pas grave, ou alors je sais pas, peut-être que c'est juste moins grave, mais en tout cas ce n'est pas assez grave pour qu'on s'en indigne sur Facebook. Honnêtement, en tout cas, ça me laisse perplexe.

Bon, après moi je suis pas trop du genre à m'indigner sur les conflits armés sur Facebook, j'estime qu'il y a assez de gens pour le faire et puis je n'aime pas trop parler des trucs que je ne maîtrise pas, et souvent je ne maîtrise pas bien les tenants et les aboutissants de toutes ces situations donc voilà, de temps en temps je lis un truc qui me choque et je fais suivre le lien, mais c'est vrai que c'est assez rare. Et pour ce qui est des Israéliens et des Palestiniens, ils ont l'air tellement décidés à s'entre-tuer depuis si longtemps que bon, je sais pas, je me dis que je fais pas le poids : si ils y tiennent à ce point-là, à s'entre-tuer, qui suis-je après tout pour m'opposer à une telle détermination de part et d'autre ? Et puis je préfère poster d'autres trucs à propos d'autres choses, voilà, c'est mon droit (j'y reviendrai plus bas). Mais ce qui est sûr c'est que quand je suis choqué ou attristé par le massacre de populations innocentes, ça n'a rien à voir avec leur ethnie ou leur religion. Si demain des Français se font massacrer ici ou là, je ne m'en émouvrai ni plus ni moins que du sort des enfants palestiniens. Et puisque je me sens plus proche du bouddhisme et de l’hindouisme que des religions abrahamiques, je devrais peut-être m'insurger contre le sort des Tibétains en Chine ou des victimes hindoues d'attentats islamistes en Inde mais non, désolé, enfin en tout cas pas davantage que des autres. Si je dois m'indigner, ce ne sera pas parce que je me sens des affinités avec les victimes, ce sera juste parce que je me sens des affinités avec tout le monde et que la souffrance des êtres est la même pour tous, quelle que soit leur ethnie, leur culture, leur religion ou même d'ailleurs leur sexe ou leur espèce (je poste des trucs féministes ou des trucs sur la cause animale aussi, de temps à autre). En tout cas je suis désolé mais moi ça me fout la gerbe, cette indignation à deux vitesses des uns et des autres : ça veut dire au fond que la vie des uns est plus précieuse que celle des autres, ça veut dire au fond que tuer X est moins grave que tuer Y, ça veut dire qu'en fait rien n'a changé et que sous couvert d'humanisme, on continue de hiérarchiser les êtres humains. Et entre cela et la haine de l'autre, voire la légitimation du massacre de ceux qui ne sont pas de notre « groupe », il n'y a qu'un pas. C'est tout sauf de l'humanisme, c'est même tout le contraire !

Et l'autre truc qui me tape sur les nerfs c'est cette notion tacite de devoir d'indignation qui est en train de prendre corps sur les réseaux sociaux. C'est arrivé pas mal de fois que je me prenne des remarques du genre « poste que le cancer c'est mal sur ton mur sinon ça prouve que t'en n'as rien à foutre des victimes du cancer », « poste des trucs sur les intermittents sinon tu trahis ta propre communauté », « poste un truc contre le Front National qui a gagné les dernières élections sinon t'es un facho », et bien sûr « poste un truc sur les enfants palestiniens sinon tu es un monstre d'indifférence ». Ou des fois c'est juste : « Et toi, c'est quoi ta lutte ? Parce qu'on ne voit pas beaucoup d'indignation sur ton mur ». Mais je vous emmerde ! C'est quoi ma lutte ? C'est quoi cette société où la valeur ajoutée d'un individu est proportionnelle au nombre de trucs qu'il poste sur Facebook pour montrer à quel point il est cool, altruiste, humaniste ou que sais-je ? Je poste ce que je veux sur mon putain de mur et je n'ai pas à justifier de mon existence en tant qu'être humain en m'insurgeant contre la souffrance des autres ! C'est quoi ma lutte ? Je trouve personnellement qu'être né sur cette terre c'est déjà une lutte en soi, pour chacun d'entre nous ! Je trouve personnellement que le simple fait d'être né sur cette terre me donne droit à la considération de mon prochain. Je n'ai pas à avoir de lutte pour y avoir droit et si mon prochain pense que c'est le cas, je l'invite à m'en priver autant qu'il veut, je m'en passerai bien, va !

Non mais sans déconner !

20 août 2014

« Ils ont l'air de bien s'amuser »

Bon je sais, je vous avais promis un article énervant sur Israël et la Palestine et tout ça, mais ces derniers jours j'étais bien trop occupé à écouter de la house music et à danser pour me préoccuper de trucs chiants comme ça. Mais vous l'aurez, vous l'aurez, promis.

La faute à la house music, dont la grande explosion remonte à peu près à 1988, je me suis remémoré mes jeunes années pas très glamour, quand je ne connaissais pas encore le sens du mot « hipster » et que Jean-Pierre Foucault et consorts me pourrissaient systématiquement mes soirées avec leurs émissions répugnantes. Heureusement il y avait Canal +, mais comme mes parents n'avaient pas eu la délicatesse de s'équiper d'un décodeur, je ne pouvais jouir que de Nulle Part Ailleurs, du Top 50 et du porno du premier samedi du mois en crypté. Les plus jeunes ne le savent pas, mais Canal + est coupable d'avoir fait croire à tout une génération d'adolescents que la vulve d'une femme ressemblait à peu près à ça :


L'année précédente, avant de retaper lamentablement ma sixième parce que ma famille ressemblait à un asile de fous sans psychiatre, j'avais trouvé dans mon manuel d'instruction civique une image un peu étrange : perché tout en haut d'une colline, un enfant coupable d'école buissonnière contemplait rêveusement, au loin, une cour de récréation en songeant « ils ont l'air de bien s'amuser ». On ne devait pas fréquenter le même établissement. Bref, cette phrase m'était quand même rentrée dans la tête d'une manière un peu pernicieuse, suggérant que peut-être, quelque part sur terre, il existait un endroit, une communauté que je pourrais contempler rêveusement du haut d'une colline en songeant « qu'ils avaient l'air de bien s'amuser » et que j'aimerais mieux être avec eux que tout seul comme un con sur ma colline ou, pire encore, que de ressembler à mes parents et à leurs amis.

Et puis un jour, ça devait donc être début 1989, je suis tombé sur un clip en crypté sur Canal +. La musique ressemblait à peu près à ça : « krrr krrrr kr krrrr / krr krr / kr krrr ! » et il était assez difficile de différencier les personnes en train de danser d'un vagin en close-up mais quand même, j'en discernai assez pour songer « ils ont l'air de bien s'amuser ». Il faut dire qu'à l'époque mes camarades de classe envisageaient tous de devenir des trucs chelous comme docteur, avocat, enseignant, voire chauffeur de poids-lourds comme leur papa pour ceux dont la vie avait déjà écrabouillé les rêves à coups de massue. Elle avait bien essayé avec moi aussi, mais mes rêves étaient tenaces et je n'avais pas du tout envie de ressembler à mon père, rentrant tous les soirs du boulot avec son gros ventre, sa cravate moche et sa chemise à carreaux rentrée dans le pantalon, résigné à se taper les crises de démence de ma mère après avoir baisouillé vite fait avec une de ses connasses de maîtresses entre la poire et le dessert à midi. Je sais pas, déjà je savais que cette vie-là, cette gloriole de notable de province pourtant prestigieuse aux yeux de ceux qui avaient moins d'argent de poche que moi (à peu près tout le monde au collège), ça allait me faire chier à mort. Et donc j'ai vu ce clip en crypté sur Canal et ça a comme qui dirait résonné en moi... 

Quelques jours ou semaines (je me souviens plus) plus tard, j'ai enfin pu découvrir l'objet de ma convoitise, en clair et en technicolor, avec le son et tout, dans une émission non-cryptée. Et là, faute de savoir exactement quel métier j'allais bien pouvoir faire pour y parvenir, j'ai su immédiatement que quand je serai grand, je voulais être exactement comme ces gens-là :


Alors si vous avez des enfants, souvenez-vous de leur montrer ce clip : ça leur sauvera peut-être la vie ^^  

10 août 2014

Frustration et cynisme

Bon, j'avais envie de vous parler de la Palestine et d'Israël mais ce sera pour un autre jour : aujourd'hui j'avais encore plus envie de vous parler d'un drôle de phénomène que j'observe depuis longtemps en Inde et que j'appellerai... que je n'appellerai pas, en fait.

J'ai déjà abordé ici la curieuse vision que les Indien(ne)s ont de la sexualité occidentale, à savoir qu'ils s'imaginent que les Occidentaux vivent comme dans les films pornos, s'empressant d'aller niquer le premier ou la première qui passe à longueur de journée. Bon, de nos jours il y a un peu de vrai là-dedans mais tout de même, pas que, enfin disons que c'est un peu excessif et réducteur comme analyse.

Alors ensuite il y a la manière dont les Indien(ne)s perçoivent leur propre sexualité. Il faut savoir que l'Inde est le pays le plus chaste du monde (d'après le sondage mondial annuel de Durex, les Indien(ne)s ont moins de partenaires sexuels, au cours de leur vie, que n'importe qui d'autre sur terre). Évidemment les mœurs tendent à se libéraliser dans les métropoles, au sein des classes moyennes et supérieures, mais le phénomène reste marginal et sans commune mesure avec la libéralisation des mœurs occidentale. Il est difficile pour moi, en tant qu'homme, de savoir exactement ce que les femmes pensent de tout cela : éduquées depuis l'enfance à préserver leur respectabilité, elles restent soucieuse de cela et celle qui dépasse trop les bornes sera systématiquement stigmatisée, quel que soit son milieu. Le peu de femmes avec qui j'ai eu l'occasion d'aborder la question restent donc... très prudentes. Les hommes, par contre, ne se privent pas d'aborder la question entre eux, et je suis donc davantage en position de recueillir leurs confidences.

Premier constat, l'homme indien est frustré. Je veux dire, pas frustré comme vos potes français quand ils n'ont pas réussi à tirer leur crampe depuis six mois : frustré comme un affamé du sexe, comme un enfant éthiopien sous-alimenté en 1985. On pourrait d'ailleurs envisager de réunir les plus grandes stars américaines et de leur faire de nouveau chanter We Are The World afin de recueillir des dons, d'envoyer un million de putes en Inde et de mettre un terme à la souffrance de ces pauvres garçons. Non, sérieusement, nombre d'Indiens se refusant, par dignité, à recourir à la prostitution, l'accès au sexe leur est quasiment interdit en dehors du mariage. Mais comme avec le mariage vient une série de complications interminables (belle-famille, enfants, relations entre l'épouse et la mère de l'époux, obligation de devenir responsable...), nombre d'Indiens ne sont pas pressés de se marier et alors c'est la diète. Avoir une petite amie avant le mariage est déjà difficile et réservé aux élites. Coucher avec la petite copine en question est encore plus difficile et réservé aux méga-élites. Quant au coup d'un soir à la fin d'une soirée bien arrosée, on oublie direct : ça n'existe pas. L'alcoolisme est profondément ancré dans les mœurs des Indiens célibataires et ce n'est pas pour rien : on boit pour oublier qu'on ne peut pas baiser ! Vous seriez étonnés du nombre d'Indiens célibataires que j'ai rencontrés qui boivent tous les soirs, même seuls et à la maison.

Bon, OK, voilà le topo. Du coup ce que je trouve intéressant (et triste) c'est le regard que portent les Indiens sur le sexe. Je veux dire, essayez d'imaginer que le sexe, relativement facile à obtenir pour la plupart des français, soit la chose la plus rare, la plus précieuse, la plus impossible à obtenir ? Essayez d'imaginer, ô lecteurs qui déjà baisiez régulièrement au lycée, ce que c'est d'être un jeune homme de trente ans et d'être encore vierge, ou d'avoir réussi à faire l'amour peut-être une fois ou deux dans votre vie, sur des malentendus. Essayez d'imaginer que ce n'est pas par choix que vous êtes dans cette situation, pas par vertu, mais par obligation. Le sexe alors devient le Saint Graal, le Mont Everest de l'homme indien. Du coup mes potes indiens, ben ils ne comprennent pas que nous autres Occidentaux nous ne soyons pas toujours à l’affût. Et parfois c'est agaçant. Il suffira donc de sympathiser avec une femme (indienne ou occidentale) pour que l'homme indien soit convaincu que vous n'en avez qu'après sa petite culotte. Si vous lui dites que non, que en fait vous la trouvez juste sympa, il refusera de vous croire. Si il perçoit qu'il y a une ouverture et que vous lui expliquez que vous avez décidé de ne pas saisir l'opportunité (ça arrive, des fois c'est pas la bonne fille ou le bon moment), il refusera de vous croire. Essayez d'expliquer à un gosse éthiopien de 1985 que non, ce cassoulet fumant, là, sous votre nez, il ne vous fait pas du tout envie ! Pire encore, l'homme indien interprétera à peu près tout ce que vous ferez ou direz en présence de la dite jeune fille comme une tentative de l'évincer, lui. Parce que quand la jeune fille accessible apparaît enfin, occasionnellement, comme descendue des cieux, miraculeuse, évidemment les hommes indiens seront prêts à toutes les bassesses pour la choper avant les autres. Et croyez-moi, la faim est telle que la lutte sera impitoyable. C'est donc déjà arrivé plusieurs fois que des Indiens prennent la plus innocente de mes remarques, le plus anodin de mes comportements comme une tentative de garder la jeune fille accessible (qui, en fait, ne m'intéressait pas du tout) pour moi tout seul et les éjecter de la partie vite fait bien fait. C'est super chiant et ça créé parfois des tensions franchement inutiles !

Quant à la jeune femme accessible, tombée du ciel, on pourrait penser que l'homme indien va la vénérer, la traiter comme l'être le plus précieux qu'il ait jamais rencontré ! Non, pas vraiment. C'est une fille facile : il n'a aucune estime pour elle, il est juste bien content de pouvoir la consommer. La joke étant que souvent, je vois des jeunes femmes indiennes modernes qui se permettent quelques écarts, qui vont boire ou fumer, qui auront eu quelques petits copains dans leur vie. Mais au fond, de mon point de vue d'occidental, il est évident qu'elles restent bien sages, Indiennes avant tout. Je veux dire par-là que non, elles ne se marieront pas vierges, mais elles n'auront sans doute eu que deux ou trois mecs, quatre ou cinq peut-être. On est quand même loin de mes copines françaises qui ont couché avec plusieurs dizaines de mecs avant trente ans, ça reste gentil. Mais l'homme indien interprétera inévitablement l'attitude libérée de la jeune fille comme le signe qu'elle est facile, qu'elle a eu des dizaines d'amants, qu'elle couche comme ça. Et si elle manifeste un désintérêt explicite pour l'homme indien, il sera beau joueur, viendra alors vers vous et vous dira que celle-là vous pouvez la choper (c'est supposément plus facile pour un Occidental que pour un Indien de choper une Indienne). Et là encore vous pourrez essayer de lui expliquer de la manière que vous voulez que non, elle ne va pas se jeter sur vous et écarter les jambes, qu'elle est plus « respectable » qu'elle n'en a l'air, l'homme indien ne voudra rien entendre.

Ce que je trouve bien navrant dans tout ça c'est que la frustration sexuelle a imprégné l'homme indien d'un cynisme sans fond. Dans sa lecture du monde, tous les hommes sont par défaut des crèves-la-chatte et toutes les femmes sont par défaut des vierges ou des putes. C'est assez déprimant et cela annonce aussi que la libéralisation des mœurs ne va pas forcément faire avancer beaucoup la (tragique) condition de la femme en Inde, si l'on part du principe que de bonne à tout faire elle va se métamorphoser en pute aux yeux des hommes. Mais comme je ne suis pas pour sombrer moi-même dans ce genre de généralités, j'ajouterai quand même qu'il y a aussi des hommes indiens qui ne sont pas du tout enfermés dans ce système de croyance : j'en ai rencontré (mais pas beaucoup).

Alors voilà. Demain (ou bientôt), je vous parlerai d'Israël et de la Palestine et vous pourrez m'engueuler ^^

20 juillet 2014

The best of Shaomi (or not)

Puisque nous fêtions hier le dixième anniversaire de ce blog, je me suis demandé quels avaient été les articles les plus lus et les plus commentés.

Top 10 des plus lus (avec le nombre de visiteurs uniques)
Ces chiffres montrent à quel point le nombre de personnes recherchant désespérément sur Google un remède contre leurs acouphènes est élevé ! Dommage que ce problème soit tant négligé par le corps médical. Aux dernières nouvelles les recherches évoquées dans cet article de 2012 ont bien avancé et les premiers tests sont prometteurs. À suivre, donc...
2/ Gobe, l'ami, gobe ! (2543 v.u.)
Je suis content que cet article ait été autant lu car il évoque selon moi un vrai, gros problème avec internet, à savoir la désinformation des internautes par eux-mêmes. À faire tourner sans modération !
Publié au moment des faits, il semble que cet article avait fait un mini-buzz online et que pas mal de gens en avaient colporté le lien. C'est un article que j'aime beaucoup, donc c'est cool.
Ha ha ! Cette petite boutade compte parmi mes chouchous sur ce blog et a rencontré un certain succès à l'époque. Je sais de source sûre que cette article a trouvé son chemin jusqu'à la rédaction de Lyon Mag mais je ne suis jamais parvenu à savoir comment ils l'avaient pris ^^ Étonnant toutefois de constater le nombre de benêts qui espèrent trouver sur Google les coordonnées d'un dealer de coke à Lyon...
Je n'aime pas trop cet article-ci, non que je renie ce que j'y ai écris mais il me ramène à une période particulièrement douloureuse de mon existence (l'exil à Marseille). Force est de constater en tout cas que beaucoup de gens cherchent un remède à leur jalousie ou à celle de leur compagne/compagnon...
Je suis profondément attaché à ce récit de mon premier voyage en Inde et donc très heureux qu'il ait trouvé son public, d'autant que honnêtement, je ne m'y attendais pas.
Fruit de réflexions longuement menées notamment dans le cadre d'un projet de BD voué à devenir un jour roman, L'âge de Tantale. Je ne sais plus trop où je me positionne aujourd'hui rapport à tout cela mais c'est néanmoins un article que j'aime toujours beaucoup.
J'ai publié pas mal de photos du Cambodge et d'Inde mais, allez savoir pourquoi, ce sont celles de Sen Monorom qui ont recueilli le plus de visiteurs...
C'est là que le voyage commence vraiment, mes tout premiers pas sur le sous-continent indien, une journée inoubliable ! Si vous devez ne lire qu'un seul chapitre de mon odyssée indienne, c'est sans doute celui-là !
Ce bref article était le résultat d'une conversation avec plusieurs personnes qui ne comprenaient pas que l'on puisse ressentir de l'empathie pour des gens que l'on croise sans les connaître vraiment... Étrange...

Top 10 des plus commentés (avec le nombre de commentaires)
Celui-là a beaucoup tourné sur Facebook, où j'avais copié le texte, et a donc certainement été beaucoup plus lu que ce qu'indique le compteur de visites. Un peu scotché par la violence des propos que l'on peut parfois lire sur internet, je suis heureux qu'il ait trouvé ses lecteurs. À faire tourner sans modération aussi !
Mon humble contribution à la cause anti-peine de mort.
3/ La mort inutile de Mohammed Merah (33)
Cf. ci-dessus.
Une petite piqûre de rappel à l'intention des carnivores, parce que parfois il faut regarder la réalité en face.
5/ De la cocaïne partout à Lyon ? Chui pas trop sûr en fait... + Une « innocente » affaire de viol (31)
Cf. ci-dessus pour la coke, et quant au second c'était mon gros coup de gueule face à la scandaleuse minimisation des accusations de viol dont Roman Polanski faisait l'objet à l'époque, là encore à faire tourner sans modération.
Un court extrait de mon roman L'ami imaginaire qui a suscité beaucoup de polémique. Je tiens tout de même à préciser que je ne prends pas la responsabilité de tous les propos tenus par mes personnages, une distance que les gens ont souvent du mal à percevoir.
Autre article sur le végétarisme, un peu un contre-pied du précédent (parce que je suis en 3D ^^).
Un gros coup de gueule suite à une mésaventure vécue à l'époque. Je pensais me faire fumer par tous mes potes gauchos mais en fait ça s'est plutôt bien passé ^^
9/ Ce qui meurt (22)
Un petit poème que j'aime vraiment beaucoup, beaucoup. Ce n'est pourtant pas mon meilleur poème mais il a une petite musique qui lui est propre et que j'affectionne particulièrement.
10/ Quelques photos du Cambodge : Angkor + Un espoir de traitement contre les acouphènes + Le dimanche après-midi pourri de Shaomi (21)
Cf. ci-dessus pour les acouphènes. Les photos d'Angkor ont semble-t-il su séduire et quant à mon dimanche après midi pourri, ça reste une de mes farces favorites donc je suis bien content qu'il vous ait fait autant rire que moi ^^

Alors voilà. Rendez-vous en juillet 2024 pour un update ;)

19 juillet 2014

10

Je viens de réaliser qu'il y a exactement dix ans et neuf jours, j'écrivais le premier article de ce blog... Dommage que j'aie raté l'anniversaire, j'aurais bien voulu écrire quelque chose le 10 mais nous voilà avec neuf jours de retard...

Je la revois bien cette nuit lyonnaise de juillet 2004, moi et les chats tranquilles en train de veiller sur un monde assoupi en cœur avec ma princesse indienne, qui pionçait depuis déjà quelques heures dans la chambre à côté ; un grand sentiment de paix et mon enthousiasme pour le groupe Nam:Live en ces temps où l'explosion electroclash et le revival synthpop n'en étaient qu'à leurs balbutiements... Que ma vie a changé depuis... Les chats ne sont plus et j'apprends encore à vivre sans eux. La princesse indienne est bien loin, enfouie au cœur d'une poupée russe, recouverte par les couches successives des princesses suivantes (pour faire du Klapisch à l'envers). Le monde m'a depuis fourni toute la synthpop dont je pouvais rêver. Et quant à moi je n'aurais jamais imaginé alors que j'écrirais cet article anniversaire de Chennai, en Inde, non pas en voyage mais bien installé... Je garde un souvenir ému de cet appartement du deuxième arrondissement perché tout en haut sous les toits, mon petit donjon-cocon, et des trois années que j'y ai vécues... Je n'ai jamais retrouvé depuis un appartement où je me sente aussi à l'abri, aussi bien perché pour composer mes incantations poétiques au fin fond de la nuit... Un jour, peut-être...

Je ne savais pas encore alors ce que j'allais vraiment en faire, de ce blog. J'avais toujours rêvé d'un truc comme ça, d'un moyen d'injecter directement mes mots dans les veines du monde, sans délai, sans complications, sans intermédiaire. Sans devoir attendre qu'un livre ou une revue soit conçu, imprimé, distribué. Sans me taper des errances nocturnes à coller mes poèmes sur les murs comme je l'avais parfois fait avant. Et Dieu créa les blogs... Je ne pouvais pas résister ! Les trois premières années ont été assez calmes : peu d'articles, peu de visiteurs. En 2007 Myspace est venu bouleverser tout cela, m'offrir enfin un public. Puis ce fut Facebook et les autres réseaux sociaux. D'un coup ou presque, en 2008, le compteur de visites a explosé, les commentaires ont fusé ! D'un coup ou presque, mes mots ont cessé de résonner dans le vide. Ça m'a motivé et il y a eu de belles périodes d'hyperactivité sur ce blog avec, tout de même, les pauses nécessaires. Je me suis bien amusé en tout cas ! Clique sur le lien et épate tes amis. Shaomi brille dans le noir et vibre sans piles. Mes bons vieux slogans sur les réseaux sociaux. Ça rappellera sans doute de beaux souvenirs à certains d'entre vous ;)

Au bout du compte, les chiffres sont intéressants : 10 ans, 486 articles, 2514 commentaires, 34021 visiteurs uniques. Ce n'est pas si mal. C'est plus que je n'osais en espérer en cette nuit du 10 juillet 2004. Vous avez été un paquet à me suivre au fil des ans et pour le temps que vous m'avez accordé, je vous dis merci.

Il paraît que les anniversaires, ceux des décennies en particulier, c'est fait pour faire des bilans. J'avais 27 ans, j'en ai 37. J'ai l'impression d'avoir vécu cinq vies depuis. J'ai vécu cinq vies depuis. Toujours en mouvement. Je n'arrive pas à m'arrêter de mourir et de renaître, de tout fiche en l'air et de tout réinventer. J'essaie mais je n'y arrive pas. Je cherche Vishnu mais jusque-là c'est Shiva et Brahma qui m'ont habité. Amen. Peu après avoir démarré ce blog, j'entamais un nouveau chapitre avec le départ de la princesse indienne, la naissance de Mercure Liquide et une délicieuse inattendue. Deux ans après, nouveau chapitre encore en m'exilant à Marseille, une erreur que je regrette encore aujourd'hui. Deux ans encore après, retour à Lyon pour une des plus belles périodes de mon existence, une jolie épopée épique comme je les kiffe. Et deux ans encore après j'abandonnais tout : la France, mon job dans la culture, ma ville, mes proches, pour me lancer dans un exil qui devait s'avérer plus compliqué que prévu. Ce fut le Cambodge et finalement, après ce cycle-là qui dura trois ans, j'ai encore rebooté et je me suis posé il y a un an dans cette Inde que j'aime tant et qui, je dois dire, prend bien soin de moi. Je pense attendre encore deux ans avant de m'envoler de nouveau. Mais nous verrons si cela est possible. Nous verrons qui, de Vishnu ou Shiva, m'habite cette fois-ci... En tout cas ça fait bien cinq : je vis ma cinquième vie depuis la création de ce blog...

Toutes ces morts et ces résurrections n'ont malheureusement pas été sans impact sur mon travail littéraire – puisque c'est au fond de cela qu'il s'agit – et c'est un dommage collatéral que j'ai décidé de ne plus tolérer. Cette année encore les choses ont été assez calmes sur le front de l'Aventure Majeure. J'ai dû laisser un roman en friche, mettre tout en stand-by pour suivre encore une formation à distance en sus de mon mi-temps d'enseignant en langues, obtenir un diplôme de plus, celui qui m'ouvrirait les portes du monde et me donnerait la liberté de vivre et travailler où bon me semblerait ensuite, sans problèmes de visas. Cette affaire étant bientôt réglée je vais me retrouver avec beaucoup de temps libre, rien d'autre à foutre en fait en dehors de mon mi-temps que d'écrire. Je ne sais même plus par où je vais m'y prendre mais ce ne sont pas les projets qui manquent. Mon roman L'ami imaginaire est presque terminé, il ne reste plus qu'à relire et corriger en fait, mais je n'ai pas encore décidé ce que je vais en faire, si je vais le publier ou non et, le cas échéant, comment. Parmi la bonne dizaine de romans que j'ai déjà plus ou moins en tête, j'ai déjà choisi lequel sera le prochain, reste à reprendre mes notes et à m'y attaquer. Il y a aussi le récit de mon premier voyage en Chine en 2002, suite de The India Experience, dont le premier jet est déjà écrit mais qu'il me faut peaufiner avant parution sur ce blog. Et il y a encore Fragments nocturnes et Tabloïde, mes deux premiers livres, que je voudrais rééditer décemment en ebooks et sur papier. Quant à la poésie j'ai pas mal d'idées, entre autre la reprise et la publication d'un vieux projet, un nouveau recueil de textes et un projet interactif qui serait publié en ligne. Côté musique et performances tout restera au point mort, la faute à l'exil : ces projets-là ne peuvent se monter sans complices et la France est un terrain plus propice. Autant d'envies dont je suis incapable de vous dire lesquelles seront menées à termes et lesquelles seront avortées. Nous verrons. Mais ce qui est certain c'est qu'il est assez probable que ce blog reprenne vie pour un moment d'ici pas très longtemps, avec des extraits des travaux en cours. Du temps pour écrire, enfin, de nouveau.

Alors voilà.

Bon anniversaire.
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