5 novembre 2009

Karcher mon cul !

Je n'ai jamais été un supporter de Nicolas Sarkozy. Je n'ai pas voté pour lui et ses ambitions m'ont toujours parues davantage au service de ses intérêts propres qu'à celui des intérêts de ses électeurs. Ceci dit, même si mon cœur balance vaguement à Gauche, je me demande parfois si je ne suis pas un mec de Droite qui ne s'assume pas, tant la Gauche me navre continuellement. Ce que je voulais dire c'est que les comparaisons perpétuelles entre Sarkozy et (au mieux) Le Pen et (au pire) Hitler me gavent. Confondre le libéralisme, aussi navrant soit-il (et il l'est souvent !), avec le fascisme ou le nazisme est aussi grossier que les amalgames que font les gens d'Extrême Droite entre le Parti Socialiste français et le Stalinisme. Mais bon, c'est pas de ça que je voulais parler.

Ce dont je voulais parler, c'est des promesses électorales de M. Sarkozy. M. Sarkozy nous a promis de « nous débarrasser de toutes ces racailles » et de « passer les banlieues au karcher ».

Aucun de ces propos ne m'avait choqué à l'époque. Dieu sait qu'il y a des choses qui me choquent chez Sarko, mais pas ces deux phrases. Pourquoi ? Parce que je fréquente suffisamment de gens de Gauche pour savoir qu'ils sont les premiers à se plaindre des « racailles » et de la dérive des « banlieues ». C'est normal. La Gauche est - traditionnellement - humaniste. Je ne vois donc pas au nom de quoi elle tolérerait que des gamins de seize ans agissent en gangsters sexistes ultra-violents, traitant les femmes de « salopes » et agressant physiquement les gens à tours de bras. Le mec de Gauche qui vous dit qu'ils ne sont pas représentatifs de l'immigration : il a raison. Le mec de Gauche qui vous dit qu'ils ont toutes les excuses du monde, dans un pays riche comme le nôtre : il se fout de votre gueule !

J'ai rencontré une fois un éducateur spécialisé qui avait mené des gamins en séjour de vacances en Algérie. Des gamins issus de l'immigration, des « jeunes délinquants », des « durs ». Deux semaines. Deux semaines dans un village empli des valeurs musulmanes (pas islamistes : musulmanes), un village où les gamins n'avaient même pas la télé chez eux, où ils devaient faire dix bornes à pieds par jour pour aller à l'école (et les faisaient)... Le mec me raconte : « sur seize ados soi-disant irrécupérables, quinze sont rentrés dans le droit chemin à leur retour, et un seul a continué ses conneries. »

Tout ça pour dire quoi ? Nous sommes responsables du désastre de nos gosses ? Certes. Ils en sont seuls responsables ? Non. Comme le souligne très bien Pennac dans son dernier livre, comme le soulignera n'importe quel prof de collège qui a fait ses armes en banlieue, ces gosses ont eu le cerveau lavé par la télévision et les marques, et voilà le résultat ! Il n'empêche que quand on a voyagé en Inde, en Chine ou en Mongolie, leurs caprices se révèlent pour ce qu'ils sont : des caprices d'enfants gâtés de pays riches, parce que là-bas aucun ado n'oserait se comporter en « racaille ». Donc, selon moi, il en résulte un double constat : un manque d'éducation ET un manque de discipline.

Mais bon, c'est pas de ça que je voulais parler. Ces bâtards de télévision et de marques, je leur en réserve d'autres sur ce blog, restez connectés.

Ce dont je voulais parler, c'est de ce qui m'est arrivé hier soir. Et oui : cet article est totalement égocentrique. J'assume. À la fois, ce qui m'est arrivé hier soir n'est pas anodin. Pas du tout anodin. Représentatif ? Je sais pas. Anodin : non. Quant au lien avec ce menteur de Nicolas Sarkozy, suivez-moi jusqu'au bout et vous verrez.

Contextualisation : J'habite rue Sainte Catherine à Lyon, au 18, entre deux bars nommés l'Arrosoir et la Taverne du Perroquet Bourré (véridique !!!), donc on a de gros problèmes de tapage et de voisinage, auxquels j'évite habituellement de me mêler vu que j'habite au sixième et que j'entends pas grand chose et que de toute façon, en bon Indien, le tapage je m'en tape. Ah oui, aussi : j'ai une fenêtre (avec barreaux et, bien entendu, rideaux) qui donne sur le palier du côté cour. C'est un détail important pour la suite.

Bref... c'est pas de ça que je voulais parler. Ce que je voulais dire c'est que hier, vers 22h30, je suis au téléphone avec mon oncle, qui me fait le bilan quotidien de la santé de mon père (entre la vie et la mort depuis bientôt un mois), lorsque l'on frappe à ma porte. Je dis à mon oncle « attends deux secondes, ça frappe » et j'ouvre. Je me dis que les voisins veulent du sel ou un truc du genre...

Trois gamins. Et puisque je sais qu'on va me poser la question même si ce n'est vraiment pas le sujet, deux d'origine maghrébine et un caucasien à bouclettes blondes. Trois ados, je dirais seize/dix-sept ans.

Je demande
« - Oui ?
- C'est toi qu'a un appart' qui donne sur la rue ?
- Heu... oui [NDLR : tous les apparts de mon immeuble donnent sur la rue].
- C'est toi qui nous a jeté un verre de pastis dessus par la fenêtre ?
- Non [NDLR : j'aurais du mal, ma fenêtre donne sur le balcon du voisin du dessous].
- Vas-y enculé on t'a vu on sait que c'est toi ! »
Bon là j'avoue je me suis énervé, j'ai manqué de diplomatie : j'ai dis à mon oncle « attend y-a un problème je te rappelle » et j'ai raccroché et je leur ai dit à eux :
- Vous venez pas me parler comme ça sur le pas de ma porte, je vous ai rien jeté dessus, dégagez !!! »

Là, je sais pas trop ce qu'y s'est passé : j'ai du voir l'étincelle de la haine dans leurs yeux, je sais pas, ils ont commencé à me chauffer et j'ai eu le réflexe de leur fermer la porte au nez. Je me souviens juste d'eux répétant « on t'a vu, on sait que c'est toi ».

Alors, tout est parti en sucette, Orange mécanique version 2009 et la porte entre nous : les mecs ont essayé de bloquer ma porte avec leurs pieds, j'ai été plus fort et, une fois la porte fermée, tout a basculé. Coups de pieds sur la porte (qui par miracle n'a pas cédé, c'est vraiment une porte de merde pourtant), et derrière les mecs ont pris les pots de plantes (pas de fleurs, de plantes, genre des gros pots) sur le palier et les ont balancé sur la fenêtre ! Le second miracle étant que la fenêtre ferme mal (ne peut pas s'enclencher) et qu'elle s'est ouverte toute seule et que les débris ont atterri chez moi sans briser les vitres. Les mecs ont continué à balancer tout ce qu'ils ont pu et se sont tirés en courant voyant que j'appelais la police (en même temps que trois autres voisins, apprendrai-je plus tard).

Moralité 1 : plus de peur que de mal, un gros chantier sur le palier (terre et bouts de vases), le plâtre autour de ma fenêtre écroulé, un énorme tapage, et c'est tout.

Moralité 2 : « tu aurais du sortir et les fumer ! ». Ce à quoi je réponds :
- J'ai eu peur, ils étaient trois avec des chaussures et j'étais tout seul pieds nus (je sais que plein de mes lectrices ne voudront plus coucher avec moi après avoir lu ça, mais qu'elles se rassurent, je veux pas coucher avec elles non plus).
- Je suis non-violent par conviction et si je ne suis pas acculé je préfère la fuite (là, les même lectrices voudront de nouveau coucher avec moi mais moi je veux toujours pas, c'est trop tard mesdemoiselles : fallait y penser avant).
- Franchement, j'ai été pris de court (ça arrive même aux meilleurs).
- C'était pas si con, parce que si on s'était battu et que j'avais perdu, ils aurait défoncé mon appartement, cassant tout et partant avec au moins mon ordinateur portable (là, les lectrices qui n'en peuvent plus d'excitation devant mon instinct de préservation du nid sont priées de se souvenir du point numéro un).

Bref, qu'est-ce que ça a à voir avec Sarkozy ?

J'y viens.

Un quart d'heure passe : deux flics par ailleurs très cordiaux arrivent et m'expliquent que c'est bien fâcheux tout ça mais que les mecs ils ne les choperont jamais en dépit des caméras de surveillance dans la rue qui ne servent à rien parce que peu importe à quel point elles sont performantes on a trop de suspects et que je vais perdre au moins deux heures à faire la queue le lendemain si je veux porter plainte donc c'est pas la peine. Je dis « OK, je verrai ».

Aujourd'hui, je me dis que quand même c'est citoyen de porter plainte ne fut-ce que pour le principe et je vais au commissariat.

J'arrive à douze heures trente : « Repassez à treize heures parce que là on va changer de service. »

OK.

Je repasse à treize heures. On me reçoit.

EUX : Monsieur, tentative d'agression et tentative d'effraction ça n'existe pas et acte de vandalisme pour deux pots de fleurs ça compte pas.
MOI : Oui, mais... Enfin si les mecs étaient rentrés j'aurais fini aux urgences.
EUX : Ils ne sont pas rentrés.
MOI : Ils ont essayé de défoncer ma porte, c'est une tentative d'effraction !
EUX : Une tentative d'effraction c'est avec un pied de biche.
MOI : Oui mais ils ont quand même saccagé l'allée et jeté des pots de fleurs sur la fenêtre.
EUX : La fenêtre a été cassée ?
MOI : Non, mais bon...
EUX : Bon, comme vous dites. Donc il n'y a pas lieu de porter plainte, on va faire une main courante.
MOI : Non mais attendez ! Des mecs sont venus frapper à ma porte et ils voulaient me défoncer et ils ont essayé de rentrer chez moi de force et...
EUX : Ils vous ont menacé de mort ?
MOI : …
EUX : …
MOI : Non, mais...
EUX : Si il n'y a pas menace de mort, c'est une main courante.
MOI : Même si...?
EUX : Si il n'y a pas menace de mort, c'est une main courante.
MOI : C'est compté dans les statistiques, une main courante ?
EUX : Non. C'est juste au cas où ils reviendraient, pour avoir une trace.
MOI : …
EUX : …
MOI : Bon ben on va faire ça.
EUX : OK on va faire ça. Par contre le système informatique ne marche pas aujourd'hui, gros bug. Je suis désolé j'y peux rien.
MOI : Oui bien sûr je comprends.
EUX : Vous pouvez repasser demain ?
MOI : Heu... Oui. À quelle heure ça vous arrange pour que je fasse pas la queue ?
EUX : Oh... bon ben... vous travaillez pas, donc neuf heures ça va vous faire lever trop tôt.
MOI : O_O !!! Je travaille pas ?! Mais si, je suis salarié, je... je travaille ! Mais je travaille chez moi donc je peux...
EUX : Disons onze heures et demie ?
MOI : Non mais heu je trav... OK.
EUX (cyniques) : Bon ben passez à onze heures et demie, ça vous laissera le temps de travailler un peu avant.

Entre temps, j'ai contacté une amie juriste. Ils n'ont pas le droit de refuser ma plainte. Mais pour la leur imposer je vais devoir porter plainte contre la police pour refus de recevoir une plainte, mais c'est un terrain glissant...

Mais bon, c'est pas de ça que je voulais parler...

Enfin... si.

Je voulais parler du fait que c'est comme ça que « les chiffres du crime » baissent. C'est pas la faute aux flics, notez : ils ont sans doutes des consignes strictes et je ne suis même pas ironique en disant ça. C'est la faute au putain de Ministère de l'Intérieur. Et pour le coup, puisque M. Sarkozy insiste que c'est lui qui décide et que les autres appliquent, c'est la faute du Président de la République.

Et donc ???

Et donc Nicolas Sarkozy est un menteur et un escroc. Parce que, que l'on ait été d'accord avec ces déclarations ou pas, il avait promis de « passer les banlieues au karcher » et de « nous débarrasser de toutes ces racailles », et que, sept ans après qu'il ait été nommé Ministre de l'Intérieur, deux ans après qu'il ait été nommé Président de la République, les « racailles » continuent de rigoler quand on leur dit qu'on va appeler les flics, et de filer en toute impunité, et les Institutions de la République refusent que l'on porte plainte lorsque l'on est agressé jusque chez soi et grâce à ça, on nous affirme que la criminalité baisse. 

Ce qui, par contre, est la faute des flics, c'est d'humilier les victimes comme ils l'ont fait en affirmant, sans aucune raison, que je ne travaillais pas !

Je n'ai pas encore décidé si j'y retourne demain et si je menace les policiers de porter plainte contre eux si ils refusent de prendre ma plainte. Je me donne la nuit pour réfléchir. Mais je suppose que je vais m'écraser : porter plainte contre la police, c'est porter plainte contre l'État, et porter plainte contre l'État c'est toujours compliqué...

C'est un peu comme ce prof, la semaine dernière, qui a plaqué au sol et accidentellement tué cet ancien élève qui avait pénétré chez lui par effraction, les avait arrosé lui, sa femme et sa petite fille d'essence et sorti un briquet, et qu'on a inculpé pour « homicide volontaire ». Dernier point pour les filles qui veulent plus coucher avec moi : j'aurais passé un des trois mecs par le balcon (j'aurais pu en me jetant fort sur lui), je serais en taule à l'heure qu'il est.

Vive la République, vive la France !

En attendant (mais ce sera le sujet d'un autre article), les jeunes Indiens et Chinois, quels que soient leurs défauts, se souviennent du sens du mot « civilisation ». Pour le moment.

Jusqu'à quand ?

Jusqu'à-ce que McDo et Nike les aient asservis !

4 novembre 2009

Shaomi a un nouvel ami

Il s'appelle Machine Dreams, c'est le dernier album du groupe Little Dragon et il est merveilleux !

Vous pouvez en écouter des bribes sur leur site et leur myspace, ou simplement en regardant les vidéos ci-dessous.

Vu que l'apocalypse de 2012 me fait une petite avance sur droits d'auteur ces derniers jours, autant dire que ce genre d'ami est précieux pour le moral ^^

Ceci dit, j'y crois pas une seconde à cette histoire d'apocalypse en 2012...









3 novembre 2009

Shaomi se pose beaucoup de questions

Le nouveau slogan des pubs Mamie Nova, « Mamie Nova, il n'y a que toi qui me fait ça », est-il un appel à la gérontophilie ?

Si une entreprise refuse la candidature d'une personne parce qu'elle est décédée, la famille du défunt peut-elle porter plainte pour discrimination ?

Quand quelqu'un termine d'écrire une phrase par « ^ » au lieu de « ^^ », s'agit-il juste d'un étourdi ou a-t-on affaire à un cyclope ?

2 novembre 2009

Pennac et moi...

Je viens de terminer Chagrin d'école, le dernier essai de Daniel Pennac. Retrouver cet auteur, ou plutôt retrouver cette personne abstraite que je pourrais nommer « les livres de Pennac », m'a fait la sensation de boire un café avec un vieil ami, un qui m'avait manqué, un qui a toute ma confiance... et qui me fait du bien à chacun de nos rendez-vous.

Je dois beaucoup à Daniel Pennac, en fait. Je lui dois beaucoup en tant qu'écrivain, je veux dire. Lorsque je découvris la Saga Malaussène, ce fut un choc qui devait contribuer à modifier définitivement mon rapport à la littérature, en tant qu'acteur (modeste) de celle-ci. Tout comme les romans de Milan Kundera, que je découvrais d'ailleurs à la même époque, les romans de Pennac me firent l'effet d'une grande baffe bienfaisante, parce qu'ils constituaient à mes yeux un idéal de roman. Un idéal qui devait me servir de guide, qui me dévoilait la possibilité de sentiers que je devinais, sur lesquels je tâtonnais, mais que je n'osais m'avouer à moi-même comme des sentiers praticables, en terme d'écriture. Bref, une baffe de celles qui vous réveillent, qui vous donnent tout d'abord l'impression d'être passé à côté de l'essentiel, puis qui vous font finalement réaliser que vous y aviez toujours été, dans l'essentiel ! Sauf que vous vous sentiez seul au monde, en marge de votre discipline, cancre en somme, et que votre travail en souffrait...

Je me souviens d'une conversation, peu après. J'expliquais le choc de cette double découverte : Kundera et Pennac, deux pierres angulaires de la littérature contemporaine, pourtant aux antipodes l'une de l'autre. Et mon interlocutrice de me faire remarquer que, quoi qu'ayant aimé les livres de Pennac, elle ne les qualifierait pas de « littérature » au sens de ceux de Kundera, au sens de « grande littérature ». Oh putain ! Que n'avait-elle pas dit ! Je me revois en train d'expliquer que si, c'était précisément de la putain de grande littérature, en tout cas les quatre premiers Malaussène sans le moindre doute ! J'expliquais combien, à mes yeux, la plume de Pennac était débordante de style, dégoulinante de subtilités. Derrière leur apparence « simple », voire « facile », j'avais trouvé dans ces livres une mine d'or, que ce soit en terme de construction de personnages, de style, de ton, de construction dramatique, de sens du dialogue...

Surtout les dialogues ! Mon Dieu, ces dialogues !!! Moi qui avais toujours accordé, dans mon propre travail littéraire, une très grande importance aux dialogues (déformation professionnelle du scénariste de BD ?), je trouvais en Pennac l'incarnation ultime du dialoguiste-romancier ! Ai-je jamais lu dialogues plus pétillants, pétaradants, dynamiques, insolents, qui sonnent vrai, que chez Pennac ? Pas que je me souvienne. Et j'avoue être tombé fou amoureux de cet usage du « - … » en tant que réplique (la technique peut sembler anodine, elle est en fait d'une efficacité redoutable !).

Et puis, ça n'a pas grand chose à voir mais cela crève tant la page dans ses romans et mille fois plus encore dans ses essais : il y a Pennac l'écrivain, qui est juste là derrière. Pennac l'écrivain donc Pennac l'homme. Un homme qui semble déborder de ce mot qu'il décrit comme un « gros mot » dans les dernières lignes de Chagrin d'école : l'amour. Pennac n'est pas naïf, ses livres ne sont pas niais ni spécialement consensuels. Son humour est, en fait, aussi acide qu'il semble, au premier abord, inoffensif. Mais Pennac n'est pas cynique. Moqueur, oui. Taquin, oui (coriace dans la taquinerie, même). Insolent, c'est indéniable ! Mais pas désenchanté ni cynique. Ce n'est pas une qualité en soi, du point de vue littéraire je veux dire. Mais c'est un morceau de sucre appréciable de temps à autre, entre deux livres plus amers. Et l'idée que ce type chaleureux, intellectuellement honnête, existe, quelque part, met de meilleure humeur les jours où l'on désespère de l'espèce humaine...

Alors voilà. Pennac n'a pas vraiment besoin de moi et de mon petit blog pour vendre ses livres, puisque ce sont des best-sellers. Mais si vous êtes de ceux qui n'avez jamais été voir par chez lui, par peur que son succès ne cache un auteur édulcoré, ou pour quelque autre raison, courez acheter Au bonheur des ogres (autant commencer par le début), parce que là vous êtes en train de rater un auteur essentiel !

Quant à moi, puisque je viens de terminer la lecture d'un livre dans lequel Pennac s'interroge sur ce qui fait ou non un bon professeur des écoles, j'en profite pour lui exprimer mon immense et sincère gratitude. Parce que sur les bancs de l'école de l'écriture, il aura été parmi mes professeurs les plus généreux, les plus encourageants, les plus enrichissants ! Tout ce que j'ai écris au cours des sept dernières années, je le lui dois un peu. Il est probable que sans les « enseignements » de M. Pennac, de M. Kundera et de quelques autres, je n'aurais jamais fini par décrocher ce premier contrat avec un éditeur. Mais surtout, je serais sans doute passé à côté de bien des joies dans ma pratique !

Merci, monsieur Pennac ! Merci, monsieur Malaussène !

28 octobre 2009

Nostalgie d'un soi-temps

« Parce que la véritable nature de tous les êtres est déjà libre de toute souffrance, et qu'en elle se trouve le bonheur permanent. Quand nous cherchons à être heureux et à fuir la souffrance, par quelque moyen que ce soit, nous ne faisons qu'exprimer ce que nous sommes déjà en essence. (…) D'une certaine façon, nous avons le mal du pays de notre véritable nature. »

Yongey Mingyour Rinpotché, Bonheur de la méditation.

23 octobre 2009

23 octobre

C'est gentil tes mots. Tu es la deuxième personne a me laisser un commentaire de ce type aujourd'hui. Ça me laisse perplexe parce que ce n'est qu'un tout petit blog parmi des millions d'autres... Il faudrait que les gens lisent le recueil de nouvelles ou une de ces BD à venir et là peut-être ils pourraient dire que je suis un « grand écrivain », je ne sais pas,... Pour l'instant j'ai l'impression de faire du vent avec ce blog, et de ne pas faire l'essentiel qui serait de continuer à bosser sérieusement une véritable œuvre littéraire comme je l'ai fait jadis... C'est une période : plus tard je me consacrerai de nouveau à écrire des choses sérieusement, quand j'aurai le temps, quand je ne ferai plus un million d'autres trucs à côté comme en ce moment...

Pour le poème t'inquiète ça va avancer doucement mais sûrement, maintenant que c'est lancé...

J'ai passé la soirée avec une ex, celle que d'entre toutes je devrais épouser si je ne partais pas en Inde... mais je pars en Inde donc la question ne se pose pas. Ça me fait du bien de la voir c'est tout parce que c'est un ange et en plus elle va bien, et ça me rend heureux de la voir heureuse. Je suis juste trop ivre pour méditer et pas assez pour m'écrouler dans mon lit... C'est énervant comme état intermédiaire... mais j'ai mon chat blanc qui ronronne blotti contre moi sur le canapé et elle va dormir avec moi comme chaque nuit et ça je kiffe !

L'état de mon père devient ridicule tellement les mauvaises nouvelles se succèdent sans que le diagnostic vital n'évolue. Hier ils parlaient de le réveiller alors qu'il a un tube dans la bouche pour faire fonctionner ses poumons et que rien ne marche dans son corps, aujourd'hui il est question de le réopérer (pour quoi faire ? Je n'en sais rien...). Je voudrais qu'il revienne à la vie pour de bon ou qu'il meure, égoïstement peu m'importe à ce stade, juste qu'on en finisse et qu'on passe à autre chose.

J'ai envie de pleurer mais je suis pas assez ivre pour...

En fait je vais bien, je veux dire je ne suis jamais allé aussi bien de ma vie que depuis un an et quelques, juste je suis dans une immense confusion affective à cause de ce père qui se refuse à vivre ou à mourir et j'ai des gros problèmes de sommeil du coup, et j'ai plus de lave-linge alors qu'il devient crucial que je lave le tapis du salon...

Excuse pour ce mail confus, tu m'as dis que je pouvais te parler alors voilà...

Je relis ce mail avant de l'envoyer et je décide que je vais le publier sur le blog... Sans doute il y en aura pour dire que je suis un génie de la littérature encore demain...

Putain qu'est-ce que je donnerais pas pour être en Inde ou, faute de mieux, pour avoir une bouteille de whisky à la maison...

Je t'embrasse fort.

Sha'

22 octobre 2009

Bouillie médiatique


On nage dans une telle bouillie d'informations, plus inutiles et plus superfêtatoires les unes que les autres...

Livrons-nous à un petit jeu.

Les gros titres de Yahoo News étaient aujourd'hui :
- La défense de Villepin plaide la relaxe et met en cause Sarkozy
- Remise d'un rapport susceptible de relancer l'affaire Grégory
- Un homme porteur de la grippe A décède à Paris
- L'expulsion de trois Afghans provoque un tollé en France
- La fin d'une prise d'otages dans un supermarché à Sevran
- Le Nouveau Centre réclame cinq têtes de listes aux régionales
- Marie Bové, fille de José, future tête de liste verte ?

Maintenant, posez-vous honnêtement la question, auriez-vous capté la différence si les journalistes de Yahoo s'étaient embrouillés et avaient, à la place, titré ceci :
- La défense de Villepin susceptible de relancer l'affaire Grégory
- Remise d'un rapport d'une future tête de liste verte
- Un homme porteur de la grippe A provoque un tollé en France
- L'expulsion de trois Afghans dans un supermarché à Sevran
- La fin d'une prise d'otages réclame cinq têtes de listes aux régionales
- Le Nouveau Centre décède à Paris
- Marie Bové, fille de José, plaide la relaxe et met en cause Sarkozy

Ou encore, si vous aviez lu cela :
- La défense de Villepin décède à Paris
- Remise d'un rapport qui plaide la relaxe et met en cause Sarkozy
- Un homme porteur de la grippe A future tête de liste verte ?
- L'expulsion de trois Afghans susceptible de relancer l'affaire Grégory
- La fin d'une prise d'otages provoque un tollé en France
- Le Nouveau Centre dans un supermarché à Sevran
- Marie Bové, fille de José, réclame cinq têtes de listes aux régionales

Bon, OK, c'est rigolo. Mais sérieusement, si je ne vous avais rien annoncé au départ, combien d'entre vous auraient tilté ? Et si je recommençais ce petit jeu tous les jours, les résultats seraient-ils plus invraisemblables ?

Moi je crois que j'aurais rien capté, rien du tout. Tout au plus me serais-je demandé ce que le Nouveau Centre pouvait bien foutre dans un supermarché à Sevran... Et pourtant, je regarde les infos tous les jours ou presque, mais le fait est que ni l'affaire Clearstream (j'y ai jamais rien compris de toute façon), ni l'affaire Grégory (ça concerne qui à part la famille et les proches de ce pauvre gosse ?), ni la prise d'otage à Sevran (je sais même pas où c'est), ni le Nouveau Centre (parti mort-né), ni les Verts (parti mort-tout-court), ni la grippe A (on verra quand elle arrivera à Lyon, et quand bien même, qu'y pourrais-je ?), ni les clandestins afghans (je suis navré pour eux mais c'est surtout du pain béni pour la Gauche), ne se distinguent à mes yeux des résultats du foot et autres informations, importantes ou non, que les journalistes se plaisent à mélanger sans aucun ordre de priorité, tous les jours. De sorte qu'on est arrivé au point où le début et la fin des gros titres sont interchangeables, sans que ça ne fasse plus aucune différence !

Jésus pourrait réapparaitre et enculer le Pape sur les Champs-Elysées que ça serait traité sur le même ton que l'accident de bus tuant trois personnes en Mayenne et la famine tuant trois millions d'Africains : avec la même (non)-importance, le même sens du spectacle, le même vide...

Et pas plus tard que le lendemain, on ne se souviendrait déjà plus trop qui, de Jésus, d'un bus mayennais ou d'une famine africaine, a enculé le Pape...

L'info, on la consomme, comme le reste, et on nage dans la bouillie...

20 octobre 2009

Les kamikazes de France Telecom

Ça fait un moment que je cogite à cette histoire de suicides chez France Telecom et ces derniers jours rebelote aux infos : une tentative ici, une réussite là, les syndicats accusent, les patrons s'excusent et les médias traitent tout ça comme si c'était la plus naturelle des choses. J'ai comme le sentiment qu'après les séquestrations de patrons qui -n'en doutons pas- deviendront de plus en plus violentes, les syndicats sont en train de nous concocter du bon vieux kamikaze... Je veux dire, je suis pas en train de dire que les syndicats poussent les mecs au suicide mais ils se servent de ça d'une manière qui... je sais pas. Je sais pas et je comprends pas que tout le monde soit d'accord avec cette explication du phénomène : « culture du résultat d'entreprise de merde » + « délocalisations-je-sais-pas-quoi » = « suicides de masse ». Ok on est bien d'accord c'est une ambiance pourrie et les pauv' vieux fonctionnaires pépères de l'époque des PTT y doivent pas en revenir mais...

Réfléchissons deux minutes. Je veux dire y'a un mec qui se flingue tous les mois et ça serait genre juste la faute au taf ? Vous vous suicidez à cause du taf, vous ? On a tous connu des gens qui faisaient des T.S., mais jusque-là j'avais jamais entendu parler de gens qui se flinguent à cause du taf ! Des gens qui font une bonne vieille dépression oui ça d'accord, mais le suicide c'est quand même pas à la portée du premier dépressif venu. Je veux dire c'est quand même méga GRAVE, c'est le NON total à la vie, radical, sans retour. C'est le NON définitif aux gens qu'on aime et qui nous aiment, aux pizzas, à la baise et à la plage et au foot pour ceux qui kiffent (parce que moi le foot...). Sans déconner vous vous flingueriez à cause du taf ? Réfléchissez deux secondes ? Vous préfèreriez pas encore démissionner, vous faire virer, pointer au chômage ou au même au RMI, enfin je sais pas, n'importe quoi plutôt que de vous suicider à cause d'un putain de taf ???

Non, je gobe pas ça. On se suicide pas comme ça parce qu'on est dans une entreprise de merde dirigée par des gros cons. Ça peut peser lourd dans la balance mais y'a d'autres trucs, bien plus profonds, une dépression larvée, une thérapie pas faite, des bons vieux traumas bien enfouis et tout le tralala. On se fout pas en l'air comme ça, à cause d'un seul facteur.

Alors attention je suis pas en train de prendre la défense des dirigeants de France Telecom qui de toute évidence sont des abuseurs de première classe qui ne vivent que pour faire du chiffre et qui seront bien avancés avec leurs chiffres sur leurs lits de mort. Non, tout le mal que je pense de leur soi-disant « culture d'entreprise » qui est tout sauf une « culture », qui est l'aliénation de l'être au groupe non plus au nom de la moindre valeur fut-elle archaïque comme autrefois mais au nom du profit des actionnaires et des cadres, qui vont vous faire croire que si vous avez la « France Telecom Attitude » ou Dieu sait quelle connerie de ce genre, vous allez être heureux alors qu'en fait tout c'est que du bourrage de crâne hyper bien pensé avec techniques marketing et psychologie appliquée et toute une armada de méthodes de propagande éprouvées, bref... Non, cette « culture d'entreprise »-là c'est comme les campagnes de pub des hypermarchés qui se positionnent en alliés du consommateur pour des prix plus bas et toutes ces conneries alors qu'ils ne font que profiter de votre manque d'éducation, de votre illettrisme et de votre vie trop fatigante pour réfléchir pour vous faire gober n'importe quoi ! C'est que de la merde, aux antipodes des préoccupations qui devraient être celles d'un être humain éduqué, éthique, spirituel... Le travail bien fait oui, mais le mec qui s'en branle de son taf tu lui feras pas gober la « France Telecom Attitude », tu lui fera faire semblant jusqu'à-ce que le mec soit encore plus un mensonge sur pattes qu'il ne l'était déjà au départ ! Enfin bref, non, j'excuse pas les patrons de France Telecom qui feraient mieux de se poser des questions et de penser un peu moins au fric et à la « production » et un peu plus au bien qu'ils font autour d'eux dans leur vie quotidienne...

Mais qu'on arrive à leur faire dire, et qui sait peut-être même croire, que les mecs se suicident spécifiquement à cause d'eux !!! C'est ÉNORME !!! Je serais P.D.G. de France Telecom... je sais pas, je me défendrais, je dirais « arrêtez vos conneries, on peut discuter, vous pouvez dire que notre leadership c'est de la merde, qu'on vous prend pour des cons, qu'on vous met la pression comme des enculés, mais putain on n'y peut rien si les gens se flinguent !!! ». Mais non, le type il arrive la queue entre les jambes et il promet de faire des efforts et tout l'arsenal !

C'est le putain de monde à l'envers. Que j'aie tort ou raison c'est le putain de monde à l'envers. Parce que si j'ai raison, on est de plus en plus à côté de la plaque, on est de plus en plus incapable d'identifier clairement les causes de la détresse psychique ou plutôt l'incommensurable ensemble de facteurs qui ont, je l'avoue, de quoi pousser les gens au suicide et ça depuis la maternelle jusqu'aux maisons de retraite si ils n'ont pas les outils psychologiques favorables à un profond travail sur soi. Alors on trouve des boucs émissaires et on oublie tout le reste de ce qui fait l'équation d'une dépression nerveuse, ce qui est aussi stupide que si un mec se suicide parce que sa meuf l'a plaqué. Si vous mettez tout ça sur le compte seul de la rupture, c'est que vous êtes à côté de la plaque ! Et si j'ai tort alors ça veut dire que la soi-disant « culture d'entreprise » l'a emporté sur l'humain, la famille, la religion, l'amitié, l'amour et la lumière du soleil, que le bonheur des gens n'est plus conditionné que par leur taf que de toute évidence ils détestent, par des actionnaires qui n'en n'ont rien à foutre d'eux et qui les manipulent, par des valeurs qui n'en sont pas (le terme « valeurs d'entreprise » me fait encore plus gerber que le terme « culture d'entreprise » !). Ça veut dire que ce n'est plus la peine d'avoir peur de Sarkozy parce que tout ce que vous craignez qu'il ne fasse a déjà été, en fait, totalement accompli par ceux qui l'ont précédé.

Voilà, je sais il est un peu en vrac cet article, écrit d'un-coup-comme-ça-clac-au-fil-de-la-plume et faudra faire avec, parce que pour une fois j'avais pas envie de faire des jolies phrases et de vous balancer une argumentation méga structurée, je peux pas tout le temps taffer moi non plus ^^

Sur ce, bonne semaine, et essayez de pas trop vous suicider, c'est super mauvais pour le karma !

15 octobre 2009

La Compagnizz, la série : épisode 5 - Denis Lecarme ne supporte pas les fausses notes

Explications et épisode 1 ici.
Episode 2 ici.
Episode 3 ici.
Episode 4 ici.

Au printemps dernier, Sylvain Ferlay quittait le trio Denis Lecarme afin de poursuivre une carrière solo sous le nom de... Seul. Après un faux départ avec quelqu'un d'autre (ça arrive), Denis Lecarme s'est vu dans l'obligation d'auditionner des centaines de guitaristes. Mais il est tellement perfectionniste qu'il n'a pas encore trouvé un musicien qui soit à la hauteur de ses exigences ! Et quand Denis auditionne, Denis est impitoyable !

La Compagnizz, la série : épisode 5 - Denis Lecarme ne supporte pas les fausses notes

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A la semaine prochaine pour un nouvel épisode !

14 octobre 2009

13 octobre 2009

Elle me brûle les neurones


Petit exercice de style, composé en mars 2001, lors de mon premier voyage en Inde.

Cette chansonnette, qui fut un temps considérée pour Fragments nocturnes, fut avant tout écrite dans l'idée d'être mise en musique, ce qui fut fait dans le cadre de mon défunt projet electroclash, Shoona Sassi. Vous noterez le petit hommage final à Bashung, qui donnait lieu, lors des concerts, à un ad lib funky au vocoder.


ELLE ME BRÛLE LES NEURONES

Plus besoin d’un pétard
Pour détendre mes soirs
Je la kiffe tant que sa présence me rend serein
Serein…
Câlin…

Plus besoin d’alcool
Pour que mon cœur décolle
Je m’enivre tant de son odeur que j’en meurs
J’en meurs…
J’en pleure…

Plus besoin d’cocaïne
Pour me sentir sublime
Son amour pour moi est la fierté de ma vie
Ma vie…
Reluit…

Cette fille me brûle les neurones
& électrise mon corps
Je me noierais dans le Rhône
Plutôt que de la perdre encore
Oh mon Dieu, que faire
Pour me désintoxiquer ?

Plus besoin de speed
Pour combler le vide
Elle est mon énergie & mon amphétamine
Divine…
Sanguine…

Plus besoin d’kétamine
Plus rien ne me mine
Je n’ai qu’à la regarder pour être scotché
Scotché…
Bluffé…

Plus besoin de psylo
Je m’envole aussi haut
Depuis qu’un psy-link relie mon esprit au sien
Au sien…
Je viens…

Cette fille devient toute ma vie
Mieux qu'la réalité
D’elle seule je n’ai plus qu’envie
Je voudrais fusionner
Oh docteur, que faire
Pour me désintoxiquer ?

Plus besoin d’ecstasy
Pour sourire jour & nuit
Elle est ma pilule d’amour : un geste & je fonds
Je fonds…
C'est bon…

Plus besoin d’acide
Je suis si lucide
Cette fille est un trip, elle me retourne la tête
Ma tête…
S’entête…

Plus besoin de crack
Comme une crise cardiaque
Elle n’a qu'à m’effleurer pour que je craque
Je craque…
Quelle claque…

Cette fille est bien trop parfaite
Existe-t-elle vraiment ?
Elle me semble si concrète
Faite de chair & de sang
Oh bébé, que faire
Pour me désintoxiquer ?

Plus besoin d’un shoot
Pour évincer mes doutes
Elle est mon héroïne & j’en suis accro
Accro…
C'est trop !

Oh Gaboux...
Gaboux !
Faut pas m'laisser comme ça la nuit !
J'écris rien qu'des conneries !
Oh Gabouuuuuuuuux !

12 octobre 2009

La Compagnizz, la série : épisode 4 - La vie conjugale de Sainthomas

Explications et épisode 1 ici.
Épisode 2 ici.
Épisode 3 ici.

La semaine dernière, vous avez pu découvrir les techniques disons... entreprenantes des lalaBolduc, lorsqu'il s'agit de séduire les hommes. Vous allez découvrir aujourd'hui que cela n'a pas été sans poser quelques problèmes de couple à Sainthomas, lorsqu'il a intégré la Compagnizz...

La Compagnizz, la série, épisode 4 - La vie conjugale de Sainthomas

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A la semaine prochaine pour un nouvel épisode !

5 octobre 2009

Perf 74















regarde-toi dans le blanc des yeux

regarde-toi dans le blanc

qu’es-tu qui ne sois pas le contraire de tout ce que le sens implique, toi qui es ce que tu es censé(e) être ?

censé(e)

censé(e)

sensé

être

autour de toi c’est un opéra punk une free-party démesurée le chaos des « bonjours » des « au-revoir » & des « oui » & des « non » & des « peut-être » & des « si » & des « quand » - tu ne me feras pas croire que ta cravate ou ton tailleur mettent de l'ordre dans tout ça ils ne sont que des parapluies !

bonjour & au revoir & oui & non

on exige de toi que tu choisisses ton camp sur toutes les questions c’est « oui » ou c’est « non »

oui ou non bien ou mal noir ou blanc beau ou laid propre ou sale lui je l'aime & lui c'est un gros con

le choix voile & donne l'illusion d'une identité

oui ou non bien ou mal noir ou blanc beau ou laid propre ou sale gentil ou méchant intelligent ou bête

(contrastes en solde !)

on exige de toi que tu choisisses ton temps sur toutes les questions les « si » & les « quand » & ne parlons même pas des « avant » qui t'écrasent sous leurs espoirs pesants leurs regrets tronçonneuses & te coupent du réel qui est là maintenant bien là pourtant mais tu ne le vois pas

le vrai oui est au-delà du « oui »

tu te débats avec ta propre image de toi tu te la construis la figes la projettes dans les allers-retours-détours & d'entre toutes tu finis par être la personne que tu connais le moins au monde !

ton reflet, cet inconnu

avec ton mental-photoshop tu détoures ce qui constitue ce « toi » identitaire et ce « toi » qui va s’opposer au « eux » des autres car en ce monde la dualité est paradigme

tu détoures chaque couche de matière ajoutée à l’être original qui a été créé petite âme vierge tu n’as plus rien de vierge ni de blanc tu n’es qu’un amas de contradictions & de couches !

les premières couches absorbaient ton pipi puis les suivantes ont recouvert ton être & le réel couche sur couche pour absorber l’humain & le monde qui l'entoure il ne reste plus qu’un masque composite de « oui » & de « non » de blancs & de noirs une perception détourée de chaque chose qui constitue ton environnement qui te permet de situer les autres carnivores dans la géométrie variable des opinions

chaque fragment de réel détouré devient une jungle ou un verre d'eau qui te coupe du tout unifié

nulle réalité que celle des interactions certes mais fallait-il que cet être artificiel te remplace ?

si encore tu étais heureu(se)x

si au moins

dans l'abyssale mise à nu des préoccupations contemporaines il n’y a plus que de vaines tentatives pour comprendre le sens de cette ombre sur-imprimée sur nos peaux...

3 octobre 2009

... (29)

l'ineffable perfection des synchronismes
tisse un enivrant séminaire sémantique
ceux qui ont les yeux dans la bouche
surfent sur une vague
de présages


30 septembre 2009

La Compagnizz, la série : épisode 3 - Les plans drague de lalaBolduc

Explications et épisode 1 ici.
Episode 2 ici.

C'est bien connu : la vie des musiciens tourne autour de trois choses : sex, drugs & rock'n'roll ! Un de ces trois trucs est un petit peu plus important que les deux autres pour Carole et Lucile de lalaBolduc, on vous laisse deviner lequel...

La Compagnizz, la série : épisode 3 - Les plans drague de lalaBolduc

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A la semaine prochaine pour un nouvel épisode !

28 septembre 2009

Une « innocente » affaire de viol

L'affaire Roman Polanski défraie la chronique : doit-on extrader, juger et condamner un grand artiste pour une affaire de viol sur mineure datant de 1977, alors que la victime elle-même appelle les autorités américaines à enterrer l'affaire ?

Roman Polanski doit-il payer pour son crime ? Je n'ai jamais cru que l'incarcération ait le moindre intérêt en tant que « punition » : elle ne devrait servir qu'à protéger la population d'individus dangereux et, si elle était pratiquée autrement que dans les conditions épouvantables où elle l'est aujourd'hui, permettre la réhabilitation de ces individus.

Libre, donc, aux autorités américaines et suisses de décider ce qui leur semblera équitable, puisque c'est leur travail. Ce qui m'inquiète, c'est la réaction immédiate et bruyante de la communauté du cinéma en particulier et de la culture en général : « Roman Polanski est un immense artiste, le crime est ancien, laissez-le tranquille ». À ma grande surprise, Costa-Gavras - pourtant grand défenseur des droits de l'homme - a déclaré qu'il ne s'agit, somme toute, que d'une pratique pardonnable car courante à Hollywood. On entend parler d'un « soi-disant », « prétendu » ou « supposé » viol alors que la victime, malgré sa clémence, n'est jamais revenue sur sa version des faits. Cerise sur le gâteau, Frédéric Mitterrand, représentant de la culture française, déclare quant à lui qu'il s'agit « d'une affaire ancienne qui n'a pas vraiment de sens ».

Je serais curieux de savoir quelle serait la réaction du monde du cinéma si Roman Polanski s'était rendu coupable de meurtre, ou même si le viol avait été commis, par sodomie, sur un individu de sexe masculin. Je serais curieux de savoir ce que M. Costa-Gavras ou M. Frédéric Mitterrand en penseraient si la victime avait été leur fille ou leur sœur !

Je n'ai pas à me poser en juge et jury de Roman Polanski mais je me pose en juge et jury d'individus qui minimisent publiquement l'acte de viol. À les entendre, il ne s'agirait que d'un incident inconséquent. À en entendre d'autres, le statut de grand artiste met un homme au dessus des lois, surtout s'il s'agit d'un délit aussi bénin. À en entendre d'autres encore, la victime était consentante, quoi qu'elle en dise et en dépit de ses treize ans.

Une fois de plus, l'ensemble de la société s'accorde à ne pas reconnaître le viol comme un acte d'une gravité extrême, comme un acte qui gâche des vies, comme un crime majeur. Une fois de plus, le message est envoyé aux innombrables femmes victimes d'abus sexuels (environ une sur deux en France d'après certains chiffres) qu'elles doivent garder le silence, qu'on ne les croira pas, qu'elles étaient consentantes, qu'il ne s'agit pas d'une chose assez terrible pour qu'elles osent, en retour, bouleverser la vie de l'homme respectable qui a abusé d'elles.

Allez vous faire foutre, messieurs les cinéastes, vous et votre corporatisme de merde ! Vos propos et votre obscurantisme sont dignes des Talibans que vous vous accordez tous à dénoncer quand il en est question ! Présomption d'innocence mise à part, tout indique que Roman Polanski a violé une gamine de treize ans, il lui a mis de force sa bite dans la chatte : vous voulez un dessin ? Doit-il finir ses jours en prison pour cela ? Je n'en sais rien, peut-être pas, il n'appartient qu'à la justice et à la victime d'en décider. Mais le message que vous envoyez au monde, aux autres victimes de viols, et surtout aux centaines de milliers de violeurs impunis qui parcourent la planète, est sans ambiguïté : « Le viol, ce n'est pas si grave, ce n'est jamais vraiment prouvable et c'est dans tous les cas un écart pardonnable si le violeur est, à d'autres égards, un homme respectable. »

Le monde artistique, je le fréquente suffisamment pour le savoir, se revendique toujours de détenir l'intelligence et de défendre le progrès, le respect des droits de l'homme, l'égalité des sexes... Envoyer ce genre de message au monde, c'est appeler à un retour au patriarcat le plus obscur, à l'irrespect et à la dégradation des droits de la femme. À l'heure où ces droits sont encore si souvent bafoués, ce n'est peut-être pas la chose la plus intelligente à faire !

27 septembre 2009

Nos vieilles cassettes...

Je ne suis pas vraiment nostalgique de l'époque archaïque où la musique était contenue dans des objets ronds et plats que l'on appelait "CD" : j'ai totalement adopté le mp3 et autres formats digitaux, que je trouve cent fois plus pratiques pour tout plein de raisons. Alors ne venez même pas me parler des vinyles et des cassettes avec lesquels j'ai grandi...

Il n'empêche qu'il y a UN truc que j'adorais avec les cassettes, c'était le bruit qu'elles faisaient : quand on les attrapait, quand on les mettait dans le lecteur, quand on fermait le lecteur et quand on les en ressortait... ce bruit-là, je ne l'oublierai jamais.

Petit exemple pour les plus jeunes qui n'ont pas connu ça :

25 septembre 2009

La Compagnizz, la série : épisode 2 - Sainthomas adore les programmateurs

Explications et épisode 1 ici.

Les aventures de la Compagnizz continuent, et vous allez voir que la vie de musicien n'est pas simple tous les jours, notamment au niveau des relations avec la presse et les programmateurs !!!

La Compagnizz, la série : épisode 2 - Sainthomas adore les programmateurs

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A la semaine prochaine pour un nouvel épisode !

21 septembre 2009

L'homme qui vivait la nuit

Après La malédiction du plombier-garou, Justin Chien, Cassandre et Le Long Halloween, voici la cinquième des huit histoires pour enfants écrites à l'automne 2005. En bonus, les recherches sur le personnage de mon ami Jérôme Dupré La Tour, qui avait envisagé un temps d'illustrer l'histoire (et pour ceux qui aiment son trait, nos deux autres collaborations sont visibles ici et ). À noter que l'anecdote des voisins rue de l'Annonciade, qui enduraient le tapage nocturne sans sourciller, mais venaient sonner si je mettais la musique fort à dix heures du matin, est véridique (lol !).


L'HOMME QUI VIVAIT LA NUIT

Il était une fois un homme qui vivait la nuit. Depuis sa plus tendre enfance, Monsieur Lune n’avait jamais pu fermer l’œil de la nuit, et dormait toute la journée. S’il suivait son rythme naturel, il se levait à huit ou neuf heures le soir, et se couchait à dix ou onze heures le matin.

Bien-sûr, cela n’était pas sans lui poser bien des problèmes… Par exemple, il n’avait pas pu terminer ses études parce qu’il dormait toujours en classe, ce qui agaçait beaucoup ses professeurs…

Quant à se faire des amis : à chaque fois qu’on l’invitait à dîner, il manquait le rendez-vous… parce qu’il ne s’était pas réveillé à temps.

Monsieur Lune avait tout de même réussi à trouver un travail qui lui convenait : il s’était fait veilleur de nuit. Mais il dormait mal la journée à cause du bruit des marteaux-piqueurs, des voitures, des voisins, des marteaux-piqueurs des voisins en voiture…

Monsieur Lune était donc toujours fatigué, et sa vie était bien compliquée. Connaissez-vous beaucoup de jeunes filles qui acceptent un rendez-vous galant… le matin ?

Sans parler des magasins, qui l’obligeaient à faire ses courses à l’heure où il aurait aimé se prélasser devant la télé ou dormir…

Non, décidément, il n’était pas facile de vivre dans un monde qui n’était pas fait pour lui. Monsieur Lune aurait voulu lui aussi être un bonhomme de jour… ou que tous les autres soient des bonshommes de nuit…

Un beau jour, pourtant, il commença à avoir de gros ennuis : les nuits où il ne travaillait pas, il passait son temps chez lui puisqu’il n’y avait rien à faire dehors. Alors pour s’occuper, il passait l’aspirateur, faisait la vaisselle, écoutait de la musique, regardait la télévision…

Toutes activités qui n’étaient pas du goût de ses voisins, car l’immeuble était fort mal insonorisé. Monsieur Lune avait beau essayer de vivre en silence, il ne pouvait pas éviter de faire un peu de bruit…

Ainsi, son propriétaire lui annonça finalement qu’il était expulsé pour cause de tapage nocturne à répétition. Monsieur Lune fut bien embêté.

Il passa tout d’abord des matinées entières à chercher un appartement. Mais comme dans les grandes villes il est dur de trouver un appartement, il démissionna de son travail pour avoir le temps de chercher. Mais il s'aperçut alors qu'il est encore plus dur de trouver un appartement quand on n’a pas de travail…

Finalement, il trouva quand même un grand appartement, dans un quartier que l’on appelait « la Croix-Rousse ». C’était au 13 de la rue de l’Annonciade, et Monsieur Lune ne savait pas trop si ce chiffre 13 allait lui porter chance ou malchance…

A peine installé, il décida qu’il en avait assez d’être décalé. Et puis, il ne voulait pas d’ennui avec ses nouveaux voisins ! Puisqu’il ne travaillait plus la nuit, il allait chercher un travail normal, et changer de vie une fois pour toutes ! Monsieur Lune était ravi de cette nouvelle résolution.

Il tâcha donc de se coucher le soir et bien sûr, il eut beaucoup de mal à s’endormir. Il faut dire qu’il ne s’était jamais couché à pareille heure ! Mais en plus, tous ses voisins écoutaient de la musique, parlaient fort et faisaient toutes sortes d’autres bruits, jusqu’à l’aube. Et Monsieur Lune fut agacé par le bruit des bouteilles débouchonnées, des voisins, des téléphones qui sonnaient, des téléphones des voisins qui débouchonnaient des bouteilles...

Le lendemain, fatigué mais déterminé, il partit de bon matin chercher un travail dans le quartier. Il regarda les petites annonces, mais il ne trouva que des emplois nocturnes, comme barman, disc-jockey ou vendeur dans des épiceries de nuit. « Voilà qui est bien curieux », se dit-il.

La deuxième nuit, il ne parvint toujours pas à dormir à cause des voisins et de leur musique. Bien que cela l’embêta, il alla donc sonner chez eux un par un pour leur demander s’ils pouvaient faire moins de bruit. Les voisins le regardèrent tous d’un air ahuri, comme si on ne leur avait jamais demandé quelque chose d'aussi bizarre. Néanmoins, ils dirent tous, très poliment, qu’ils allaient tâcher de faire attention.

Le jour suivant, il voulut commencer la journée en faisant ses courses : il lui manquait encore beaucoup de choses dans son nouvel appartement. A sa grande surprise, toutes les boutiques étaient fermées, et elles n’ouvraient pas avant le milieu de l’après-midi. « Voilà qui n’est pas commun », se dit-il.

La troisième nuit, les voisins recommencèrent à faire un vacarme de tous les diables. Monsieur Lune n’était pas content, mais alors pas du tout content. Mais il n’allait pas sonner chez eux tous les jours… il décida donc de mettre des boules Quies dans ses oreilles.

Il parvint donc à dormir, et se réveilla tôt. Comme il était en forme, il décida de finir de ranger son appartement. Monsieur Lune mit de la musique en faisant le ménage « Au moins, maintenant je ne dérangerai plus personne », songea-t-il avec soulagement.

Mais une demi-heure n’avait pas passé que quelqu’un sonna. Il coupa la musique, et entendit derrière sa porte de nombreuses voix en train de rouspéter. Qui cela pouvait bien être ?

Lorsque Monsieur Lune ouvrit, tous ses voisins étaient là, en pyjamas et furieux. « Vous ne pouvez pas faire un boucan pareil à dix heures du matin ! » crièrent-ils. « Il y a des gens qui dorment ici ! »

Monsieur Lune était effaré : à présent qu’il se décidait à vivre normalement, le monde se mettait à tourner à l’envers ! Désespéré, il se mit à pleurer.

Les voisins, qui n'étaient pas méchants, étaient bien ennuyés : qu’arrivait-il à ce pauvre Monsieur Lune ? Alors il leur raconta sa vie marginale, ses bonnes résolutions, et toutes les difficultés qu’il avait rencontrées depuis le début de notre histoires.

On lui expliqua qu’il était bien mal tombé : dans le quartier de la Croix-Rousse, il n’y avait presque que des artistes, et tout le monde vivait la nuit. A cause de cela, tout était fermé la journée, et la notion de « tapage nocturne » avait été remplacée par celle de « tapage diurne. »

Monsieur Lune n’en revenait pas : ici, c’était ceux qui vivaient le jour qui étaient décalés. Il pouvait donc mener son existence comme il l’avait toujours souhaité, sans gêner personne ! Les voisins l’invitèrent d’ailleurs à une fête qu’ils organisaient la nuit suivante, afin qu’il rencontre tout le monde.

Aujourd’hui, Monsieur Lune s’est fait plein d’amis qui vivent la nuit, tout comme lui. Il travaille dans un bar toute la nuit, et dort toute la journée dans le silence le plus complet. Il a même une fiancée.

Monsieur Lune est donc l’homme le plus heureux du monde. Comme quoi, même lorsque l’on est différent des autres, il y a toujours, quelque part, des gens comme nous. Il suffit de savoir les trouver…

19 septembre 2009

La Compagnizz, la série : épisode 1 - La magie du processus créatif : Denis Lecarme et Lucile Brisset en répétition

Comme Batman, Shaomi a une identité secrète la nuit, et une vie « normale » le jour. La nuit, je brille dans le noir et je vibre sans piles ! Le jour, je suis Fred, chargé de diffusion d'une association musicale nommée La Compagnizz (association composée des groupes lalaBolduc, Denis Lecarme et Sainthomas). Je peux vous en parler ici car personne ne me croira de toute façon : Fred porte des lunettes et Shaomi ne porte pas de lunettes, preuve incontestable qu'il ne peut s'agir de la même personne (de fait, les ennemis de Shaomi ne menaceront pas les proches de Fred).

Si je vous parle de ça c'est parce que Fred, qui n'est pas Shaomi, a créé... une série télé autour de la vie quotidienne de La Compagnizz ! Une sorte de soap-opera bollywood, qui me fait bien marrer ! Je vous invite donc d'abord à jeter un œil au myspace de La Compagnizz histoire de comprendre un peu de quoi et de qui il s'agit, après quoi je vous invite à visionner le premier épisode ci-dessous !

La Compagnizz, la série, épisode 1 - La magie du processus créatif : Denis Lecarme et Lucile Brisset en répétition

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A la semaine prochaine pour un nouvel épisode !

16 septembre 2009

... (28)

le moment si réellement vécu
que les douves de la mémoire s'effilochent
leur emprise réduite à quelques pointillés
celui qui ne fait qu'être réduit à néant
la nostalgie


14 septembre 2009

... (27)

la magie de l'instantané n'a de nuance
que dans l'instantané qui suit
les présents les plus étranges pourtant
s'enlacent & se procréent eux-mêmes
& sans cesse


12 septembre 2009

... (26)

dans le sommeil se dissolvent
idées sombres & nouvelles troubles
pour qui sait la saisir, chaque nuit
est le théâtre d'un profond
nettoyage


10 septembre 2009

Je compte jusqu'à 3 !!!

Je n'ai jamais compris pourquoi les mamans s'obstinent à menacer leurs enfants de « compter jusqu'à 3 », lorsqu'ils sont indisciplinés.

Je veux dire, qu'il y aurait-t-il donc de si terrifiant dans le fait de compter jusqu'au chiffre « 3 » ?

Allez, je vais vous faire une petite frayeur :

1...

2...













6 septembre 2009

Un voyage, une bonne nouvelle, des projets... une rentrée en somme !

Mais non voyons, je n'étais pas mort !

Me voici donc de retour online après deux mois de voyage en Chine. Deux mois magiques et bien remplis, très instructifs aussi, dont je vous ferai le récit dans quelques semaines, le temps de mettre en ordre mes notes et de faire le tri ! Comme cette seconde expérience chinoise comportait plusieurs renvois à la première (en 2002), il m'a également semblé pertinent de farfouiller dans mes vieux cahiers et de vous livrer prochainement le récit du premier voyage et, tant qu'à faire, celui de mon premier voyage en Inde (2001). En attendant, vous pouvez toujours vous référer au récit du second voyage en Inde.

Toujours est-il que cette rentrée commence avec une bonne nouvelle ! Une putain de bonne nouvelle, en fait ! C'est officiel, c'est signé : ma première bande dessinée, Homo Superior, paraitra au début de l'année 2010 aux éditions Ankama, avec German Ponce au dessin, et German Nobile aux couleurs et au lettrage !!! Il s'agira du premier de deux tomes de 72 pages chacun, et je vous reparlerai bientôt du projet plus en détail. Pour ceux que cela intéresse, vous pouvez consulter les premières pages telles qu'elles étaient au moment où j'ai vendu le projet. Notez que le dessin et le texte ont depuis subi quelques modifications, que le lettrage est désormais totalement différent et que la BD paraitra, disais-je donc, en couleurs ! Difficile d'exprimer mon émotion, mon enthousiasme, face à ce premier contrat ! C'est l'aboutissement d'années de travail acharné et de démarchages forcenés... C'est pour ainsi dire un rêve devenu réalité ! Il n'y a plus qu'à espérer que la BD trouvera ses lecteurs, et que vous en ferez partie !

Dans les autres projets en cours :
Je prépare bien entendu l'artillerie lourde pour parvenir à vendre d'autres projets de bandes dessinées au prochain festival d'Angoulême (priez pour moi !). Bientôt des previews ! Reste également à essayer de vendre Les nymphes cannibales aux Etats-Unis, puisque les éditeurs français n'ont pas été séduits (mais le style du dessin semblait, dès le départ, plus adapté au marché US)...
Je viens d'à peu près terminer le scénario du court métrage Ce que font les morts, qui sera produit par Tutella Prod et réalisé par Éric Chmara, avec la participation du comédien Rémy Dumont et du musicien XcyrilÀ noter qu'il ne s'agit pas d'une adaptation de la nouvelle du même nom, mais plutôt d'une variation sur le même thème. Là encore, nous en reparlerons en temps et heure...
Mon second recueil de poèmes avance doucement, et je ne désespère pas de l'avoir terminé d'ici un an (vous pouvez déjà en lire de nombreux extraits sur ce blog, et certains de ces textes devraient d'ailleurs être mis en musique dans les mois qui viennent). En parlant de recueils, je vais bientôt m'atteler à (enfin !) proposer une version papier des Fragments nocturnes et de Tabloïde, via le site Lulu.com... Je m'apprête aussi à démarrer une collaboration avec une amie poète qui doit me maudire de ne pas encore m'être occupé d'elle (qu'elle me pardonne, j'arrive !).
Quant aux Combustions Spontanées, j'ai décidé de prendre un peu de recul par rapport à ce projet, pour me recentrer sur l'écriture. Mais comme d'autres semblent déterminés à reprendre le flambeau, j'y participerai sans doute de temps à autres... Une date s'annonce le 25 septembre à la Friche RVI. Je ne sais pas encore si je serai sur scène ou simple spectateur, mais quoi qu'il en soit je vous invite à visiter régulièrement le Myspace des Combustions pour plus d'infos.
Et puis se prépare doucement mon exil définitif en Asie, que j'envisage pour dans un an environ, mais comme dirait Yoda : « toujours en mouvement l'avenir est », donc nous verrons...

Je tiens aussi à remercier les lecteurs et lectrices, de plus en plus nombreux, de ce blog : près de sept-mille visites en un an !!! C'est un soutien apprécié par le petit agneau pourpre, et je vais m'efforcer de continuer de vous fournir de la lecture (et de faire rager mes auto-proclamés « ennemis », parce que sinon ça serait pas drôle !). Vos commentaires restent, bien sûr, des « plus » appréciés et bienvenus !
Les habitués auront d'ailleurs remarqué que ce blog a désormais un titre : Cette fois, vous ne pourrez pas dire qu'on en vous a pas prévenus ! Ce titre remonte à loin : en 2000-2001, bien avant l'époque des blogs, j'avais lancé un « journal mural » du même nom, que je collais dans la rue, sur les murs de Lyon, à une centaine d'exemplaires. Les deux premiers « numéros » contenaient les textes La croisée des chemins et Confession publique, et le troisième était un pamphlet du suscité Rémy Dumont (qui est aussi auteur à ses heures). Après quoi Gérard Collomb commença à verbaliser l'affichage sauvage, ce qui mit un terme prématuré à l'entreprise. Au fond, ce journal mural était un prélude à ce blog, puisqu'il consistait à exprimer mes humeurs pré-apocalyptiques de façon libre et spontanée. Je ne sais pas pourquoi j'ai repensé à ça l'autre jour, mais toujours est-il qu'il m'a paru approprié de ressortir ce titre du placard !

Et comme je reste funky, c'est en musique que je vous souhaite la bienvenue dans cette saison 2009-2010 ! Felix Da Housecat affirme que « nous voulons tous être Prince », et ce n'est pas moi qui le contredirai ! Clique sur la vidéo et épate tes oreilles :



Je ne sais pas si ça vous a plu, mais j'en connais au moins un qui kiffe, ha ha ! 

Et, comme dirait le même Prince : « Peace... and be wild! »
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