25 août 2007

Ah... la pub !

Long silence, je sais. Marseille me fait parfois l’effet d’un exode dans le désert… sans le désert ! J’ai donc pris le temps de réfléchir et réfléchir prend du temps et tout ça m’a éloigné de ce blog mais me revoici en pleine forme !!!

Tout d’abord je tiens à remercier les commerciaux de Gillette, qui ont pris très au sérieux mon article les concernant. J’ai en effet été témoin d’une nouvelle campagne de publicité pour leur rasoir à cinq lames. Gillette y fait état du réel progrès technologique que représente le rajout de lames et nous le démontre en affirmant que huit brevets – pas moins ! - ont été déposés pour en arriver là. Cette publicité n’aura pas manqué d’épater les téléspectateurs et de me ridiculiser au passage : quel ignare étais-je donc pour ainsi me figurer que l’on ajoute des lames comme ça, sans devoir d'abord sacrifier à de longues recherches scientifiques ! Humble quant à mon inculture, je suis par contre très fier d’avoir ainsi orienté les campagnes de publicités d’une grande marque française. Et puisque Gillette est sensible à mes opinions, je m’en vais leur prodiguer un conseil !


Puisque le nombre (de lames et de brevets) est de toute évidence un argument de vente, je pense que Gillette devrait se lancer dans la fabrication de passoires !!! Imaginez le potentiel commercial : on sort tout d’abord une passoire à deux-cent trous. Faisons maintenant un peu de mathématiques : puisque l’ajout de deux lames nécessite huit brevets, l’ajout de cent trous devrait selon toute logique en nécessiter quatre-cent. Deux ans après la première passoire, Gilette peut donc lancer la passoire à trois-cent trous et associer cet événement glorieux à une campagne publicitaire vantant les quatre-cent brevets déposés en deux ans. Puis, disons cinq ans plus tard, lorsque les ventes de la passoire à trois-cent trous s’essoufflent, on explose le marché avec la passoire à six-cent trous et les mille-deux-cent brevets déposés entre temps, etc. Il est certain que Gillette décuplerait son chiffre d’affaire grâce à la passoire !

Tout cela m’amène à la campagne de publicité de Century 21, qui sponsorise la météo sur i-télévision en faisant usage du slogan suivant : « vous aurez toujours une bonne raison de regarder la météo avec Century 21 ». Oui, je sais, nous avons l’habitude de nous faire asséner des pubs par dizaines sans prendre le temps d’y songer, mais arrêtons-nous deux minutes pour réfléchir à cet étonnant slogan : « vous aurez toujours une bonne raison de regarder la météo avec Century 21 ». Vous conviendrez que cette phrase induit clairement que c’est le fait d’être client de Century 21 qui nous donne une bonne raison de regarder la météo. Hors, quelle est l’activité de Century 21 ? La vente et la gestion de biens immobiliers. En quoi le fait d’acheter ou de louer un logement chez Century 21 peut-il nous donner « toujours une bonne raison de regarder la météo ? ». J’ai longuement médité sur cette question et je n’ai pu en venir qu’à deux conclusions rationnelles, deux explications possibles quant au sens de cet ésotérique slogan.


Ma première explication est que les logements fournis par Century 21 sont dans un tel état de délabrement que les toits fuient (la pluie dégouline donc directement chez vous) et que les portes et fenêtres sont si mal isolés qu’ils laissent passer le vent et, en hiver, le froid. Dans ces conditions, on comprend que l’heureux locataire/propriétaire d’un logement Century 21 aura toujours une bonne raison de regarder la météo, frissonnant d’effroi à chaque annonce de pluie, vent et autres intempéries. Cette première théorie me parait la plus vraisemblable mais l’expérience Gillette m’a appris à ne pas asséner de grandes vérités, comme ça, sans réfléchir. J’ai donc élaboré une seconde théorie, au cas où : les logements Century 21 sont si lugubres, sinistres, tristes et mal fichus que leurs occupants s’efforcent de passer l’essentiel de leur temps à l’extérieur, faute de quoi ils sombrent dans un état dépressif profond. Des lors, ils n’ont de cesse d’espérer une météo clémente, qui leur permettra de passer leurs journées au parc ou à la mer sans se geler les fesses.

Voici donc, en tout cas, le parfait exemple d’une entreprise honnête, qui ne craint pas de dévoiler les défauts de son produit à ses clients potentiels. Je dis donc un grand bravo à l’agence de publicité qui a conçu ce slogan, et un plus grand bravo encore aux commerciaux de Century 21 qui l'ont approuvé et qui, depuis des semaines, versent une fortune à i-télévision pour diffuser quarante-huit fois par jour un message d’une telle sincérité !

Tout cela m’inspire et je pense désormais créer ma propre société de consulting, domaine autrement plus rentable que la littérature et la bande dessinée ! 
À n’en point douter, Gillette et Century 21 figureront parmi mes premiers clients.

10 mai 2007

Mots fléchés

Un petit exercice de style auquel je me suis livré l'été dernier, sorte de « cut-up » à la Burroughs : j'ai composé ce poème en récupérant les indications d'un mot-fléché, dans un journal. À quelques bidouilles près je n'ai presque rien modifié et je me suis trouvé assez émerveillé de la cohérence du résultat :

Procédé linguistique
Pour qualifier un nom
Signe de l’addition

Amoureuses nous font perdre la tête
Forme d’avoir intégral

Périodes historiques révisées
Accompagnées par mesures de sécurité
Entourées de près
Mesure de Pékin

Toiles
Enseignants familiers
Matières de défense
Repliées sur elles-mêmes

Avoir un propriétaire
Lésion cutanée
Plaque de neige durcie
Liquide infectieux

Pièce du complet masculin
Dont la charpente corporelle est saillante
Château provençal

Ajouter un nom à la liste
Groupes d’habitations
Embellir avec des
Eléments décoratifs
Ces repaires de bêtes sauvages

Images intercalées
Passées sous silence
Oui, oui !
Nommer une nouvelle fois
Les caractères indispensables

Nez salubre
Acte plaisant
Oiseau fossile
Embrouillé

Coup de lune
L’au-delà
Couvre les bêtises

Enivrant
Le touché
Hilarité
Partie de jupe

Attiré, il tourne en rond
Rendu sot, il dégage des conduits

9 mai 2007

Vous reprendrez bien une petite lame ?

Déjà, en 1998, je m’interrogeais devant le tout nouveau « Mach 3 » de Gillette : un rasoir à trois lames. Trois lames : pour quoi faire ? Moi, j’en avais deux et ça me semblait suffisant. Quelle preuve de mon ignorance crasse en matière de rasage !!! Car en 2005, voilà que débarquait le « Quattro » de Schick, avec quatre lames. Il semble que Gillette n’ait pas digéré cette humiliation car, il y a tout juste quelques semaines, sortait le tout nouveau « Fusion » de Gillette… à cinq lames !!! (Vous noterez le défi technologique que représente l’ajout d’une lame, puisqu’il fallut sept ans à Schick pour surpasser Gillette, puis deux ans à Gillette pour relever l’insolent défi de son concurrent.)

J’attends donc avec impatience le rasoir à six lames de Schick, puis celui à sept lames de Gillette, etc. Notez qu’à ce train-là, nos enfants se raseront sans doute avec dix ou douze lames.

L’homme de l’an 2100 bénéficiera quant à lui d’un véritable arsenal à cinquante ou soixante lames, qui remplira à lui seul sa trousse de toilette, mais garantira un rasage plus parfait que parfait !!!

30 avril 2007

Star Wars, une oeuvre politique ?

Le monde se divise en deux catégories : ceux qui considèrent Star Wars comme un chef d’œuvre incontournable, et ceux qui n’y voient qu’un bon divertissement. Je ne reviendrai pas ici sur les vertus shakespeariennes de la saga Skywalker, tant elles me semblent évidentes, mais plutôt sur un aspect largement ignoré de l’œuvre de George Lucas : sa dimension politique ! La trilogie originale n’était déjà pas exempte de métaphores politiques : le totalitarisme de l’Empire était le fruit d’une époque encore marquée par l’ombre du nazisme, d’un monde encore à demi écrasé par le communisme ; sans parler de la double trahison du gouvernement Nixon envers le peuple américain : la guerre du Vietnam, imposée à une jeunesse qui n’en voulait pas, et le scandale du Watergate. George Lucas avait d’ailleurs déjà exprimé sa peur du totalitarisme à travers son premier film, THX 1138, libre ré-interprétation du 1984 d’Orwell et du Meilleur des Mondes d’Huxley, un film profondément humaniste et lucide ! Mais après tout, toute bonne saga de SF ou de fantasy se doit d’avoir un méchant cruel et puissant : l’Empire remplissait aussi (surtout ?) cette fonction dramatique.

Beaucoup plus complexes sont les manipulations politiques du Sénateur Palpatine dans le seconde trilogie, et leurs liens avec l’actualité sont si flagrants que je suis effaré de voir à quel point nul n’y fait jamais référence ! Dès l’ Épisode I, l’ennemi désigné (la Fédération du Commerce) rappelle étrangement des institutions qui font peur (l’OMC et le FMI, sans parler des multinationales). Le nerf de la guerre n’est d’ailleurs pas, pour la FDC, l’accession au pouvoir, mais l’augmentation des profits. On notera au passage le caractère hautement féministe du personnage de la Reine Amidala, digne successeur de la Princesse Leia (éternelle figure cinématographique d’une femme à la fois diplomate et guerrière, indépendante et forte). Dans les Épisodes II et III, le récit renvoie de nouveau à l’actualité : la façon dont Palpatine joue double jeu, fomente et nourrit un conflit militaire à seule fin de prendre, puis conserver, le pouvoir politique, ne renvoie-t-il pas à un certain George W. Bush ? L’instrumentalisation du terrorisme, la guerre sous de faux prétextes, le durcissement du régime au nom de la sécurité des citoyens… Autant de méthodes communes à Bush et Palpatine ! Le financement de l’ennemi afin d’ériger un épouvantail en est une autre : de même que Palpatine soutient en sous-marin les Séparatistes, les  États-Unis ont longtemps armés les Talibans et l’Irak. Et de même que Palpatine écrase ses « pantins » lorsqu’il n’en a plus besoin, les Etats-Unis… Vous me suivez…

George Lucas a-t-il consciemment voulu cet aspect politique de son œuvre ? Il ne l’a jamais dit ouvertement. Mais, comme on nous l’apprend à l’école, il y a ce que l’auteur a voulu dire et ce que l’œuvre dit. Quelles qu’aient été les intentions de Lucas, son œuvre est éminemment plus engagée qu’il n’y paraît ! Quant à Lucas lui-même, beaucoup le considèrent aujourd’hui comme une vulgaire « major », bonne à abattre. C’est oublier à quel point le cinéaste a toujours lutté pour maintenir son indépendance vis-à-vis des géants d’Hollywood. Le tournage de la première trilogie fut un âpre combat contre la Fox tout d’abord, puis contre les puissants syndicats Hollywoodiens. Lucas est aujourd’hui a la tête d’un empire économique, mais il reste seul maître à bord de son navire et se dit conscient du paradoxe qu’il est lui-même devenu. Il continue pourtant de se revendiquer comme un cinéaste « indépendant » et le fait est qu’il l’est.

Star Wars, un simple divertissement ? Oui, mais aussi, en vrac : les six plus grands films de SF jamais réalisés ; un pamphlet politique anti-libéral, pro-démocratie et féministe ; une vulgarisation acceptable des spiritualités orientales ; une œuvre visionnaire qui révolutionna en son temps la manière dont on fait les films ; un progrès technologique majeur ; un rejet violent des studios hollywoodiens ; une tragédie héritière tant des Grecs que de Shakespeare ou Racine…

Pas si mal, pour un simple divertissement…

23 avril 2007

La gauche est lamentable... et c'est un drame !

Alors que Sarkozy, finaud, nous fait un véritable discours de gauche et appelle à un débat « digne », les représentants de Ségolène Royal (Fabius et Hollande en tête) aboient en chœur sur TF1, tels des roquets, n’ayant rien d’autre à dire que « Sarkozy est un monstre », sans toucher un mot de leurs « cent propositions ». En face d’eux, les représentants de Sarkozy, l’inattaquable Simone Veil en tête, sourient avec condescendance et défendent coûte que coûte un projet politique qui, quoi qu’on en pense, a au moins le mérite d’être clair ! Voilà ce que fut, hier soir, l’affrontement gauche/droite sur la chaîne la plus regardée de France. Fidèle aux mauvaises habitudes qu’elle a prise depuis 2002, la gauche ne sait plus s’exprimer que pour critiquer l’adversaire, incapable de comprendre que c’est précisément cela qui dégoûte les Français (le succès de Bayrou n’en est-il pas la preuve ?). Quant aux petits partis de gauche et d’extrême gauche, ils se limitent à « tout sauf Sarkozy » : leurs consignes de vote font davantage penser au « votez Chirac pour vider Le Pen » de 2002 qu’à un véritable soutien au projet de Ségolène Royal !

Quant au discours de Ségolène elle-même, il fallait la voir, raide comme un piquet, récitant son texte sur le ton d’une élève de CM2, les yeux rivés sur son texte… Après l’engouement de Sarkozy, après l’enthousiasme de Bayrou, elle paraissait bien fadasse, bien peu convaincue par son propre projet, notre candidate numéro 2 !

Le Parti Socialiste aurait voulu se tirer une balle dans le pied, hier soir, qu’il ne s’y serait pas mieux pris ! L’UMP est sûr de lui, déterminé, sérieux et recentré sur des propositions concrètes (une fois encore, quoi qu’on en pense), alors que le PS semble nous dire de voter pour lui non parce qu’il va résoudre les problèmes de la France, mais parce qu’il vaut mieux une gauche molle qu’une droite ferme !
Le sectarisme du Parti Socialiste, sa détermination à se placer en contre pouvoir lorsqu’il est plus que jamais temps pour lui de se réaffirmer comme pouvoir, m’inquiète terriblement parce qu’il ouvre une voie royale (sans jeu de mot) à Nicolas Sarkozy et parce que, même en cas de victoire, il inquiète sur la capacité de la gauche à gouverner. Notre gauche agonise et c’est un drame pour ce pays qui s’est toujours reconnu dans la pluralité et l’alternance gauche/droite. Et c’est surtout un drame pour tous ceux qui ne veulent pas de Sarkozy !
Reste quelques bonnes nouvelles : la chute, que j’espère inéluctable, de l’extrême droite et la participation massive des Français à cette élection. Mais il reste deux semaines à Mme Royal pour se réveiller et faire taire ses roquets. Tout se jouera, sans doute, lors du débat entre les deux candidats… Mais Sarkozy, qui aspire depuis si longtemps au pouvoir, n’en a jamais été aussi proche. S’il gagne cette élection, il ne faudra pas s’en prendre aux électeurs, mais bien au PS, qui n’aura pas voulu défendre ses idées, ni comprendre que les électeurs en ont marre de voir les querelles politiques prendre le pas sur un véritable débat.

On verra bien… mais c’est mal barré !

12 avril 2007

Samedi soir

LUI : Allo ?
ELLE : Robert ? C’est Stella.
LUI : Oh, Stella, ça va ?
Bon, là Robert 'faut qu’t’assures !
ELLE : Ouais, ça va, ça va...
LUI : T’appelles d’où, là ? Y’a comme un bruit de foule.
ELLE : Je suis au Barbaramix avec des potes. Tu veux passer ?
Bon, Robert, y faut la jouer finement !
LUI : Heu, c’est à dire que mon chat est malade. Il a chassé une souris dont la date de péremption était dépassée.
ELLE (l’air déçue) : Oh...
LUI (l’air content qu’elle ait l’air déçue) : Rien de grave, mais il vomit à peu près tous les quarts d’heure et je pense qu’il vaut mieux que je reste près de lui.
ELLE (l’air contente qu’il ait l’air content qu’elle ait eu l’air déçue) : Oh... Assure, tu peux bien le laisser une petite heure ou deux. Barbara mixe et ça tue !
Allez Rob’, à toi d’jouer !
LUI : Pourquoi tu ne passerais pas un peu plus tard, plutôt.
ELLE (confuse) : Plutard plus tôt ou plutôt plus tard ?
LUI : Plutôt plus tard.
ELLE : Oh.
LUI : Alors, ça te dit ? J’ai des sugar-snaps, en plus.
ELLE : Des sugar-snaps ? Oh oh oh ! C’est tentant.
Oh oui chérie laisse-toi tenter.
ELLE : Mais je sais pas, j’ai deux copines avec moi, ‘faut que je leur demande. En plus on dépend du métro.
DEUX copines !!! Fouloulou !
LUI : Vous n’avez qu’à dormir chez moi.
ELLE : On va pas te déranger.
LUI : Y’a pas de problème, je t’assure.
ELLE : T’es un ange. Je leur demande et je te rappelle, OK ?
LUI : OK. Bises.
Malheureusement pour Robert, une pelleteuse alla se crasher dans le Barbaramix quelques secondes après, provocant l’écroulement de l’immeuble entier. Non seulement les clients du bar furent-ils tous tués sur le coup, mais de surcroît le Barbaramix n’obtint jamais sa licence de trois heures du matin. La pelleteuse était en effet pilotée par un client du bar, ivre bien entendu.
Aujourd’hui, trente ans plus tard, Robert est toujours vierge.

10 avril 2007

Ouvrez le feu sur les majors, leurs complices & leurs « cuisiniers ! »

Ils monopolisent le marché de la musique, les ondes radio et la télévision et, de fait, écrasent les petits labels et artistes tout en abrutissant la population !

Ils mentent, en accord avec les grands médias, sur la nature de l’art et des artistes, faisant passer leurs Lara Fabian, Elie Chouraqui et autres Pascal Obispo pour de « grands artistes ! »

Ils poursuivent en justice les internautes qui téléchargent sur les p2p, prenant pour boucs émissaires quelques pauvres bougres, au lieu de réfléchir à l’inévitable solution alternative ! Et en plus ils prétendent ainsi défendre la diversité musicale (« télécharger Johnny nous empêche d'investir dans de nouveaux talents ») alors qu'on sait bien que les nouveaux talents, ils ne les découvrent plus, ils les fabriquent. Quant à la diversité, il suffit d'allumer la radio ou la télé pour constater que vingt ou trente merdes tournent en boucle, ou alors ce sont les éternels vieux « tubes » ressassés jusqu'à ce que mort s'en suive !
Et maintenant…
Ils nous volent, nous les internautes qui mettons notre travail en ligne…

Vous n’y croyez pas ? Cliquez donc sur ce lien !

Mort à Universal !
Mort à Sony BMG !
Mort à Warner Bros. !
Mort a EMI !
Mort à MTV !
Mort à MCM !
Mort à TF1M6 !
Mort à RFMRadioNostalgieEurope2FunRadioNRJSkyrock !

(Oui, je sais, je suis d’humeur guerrière aujourd’hui mais après trois vols de ma carte bleue en six mois - contre zéro en onze ans à Lyon, Marseille commence à me rendre nerveux et puisque je ne peux pas m’en prendre aux petits truands sans lancer un débat huileux en cette période électorale et/ou passer pour ce que je ne suis pas (un Sarkosiste), je m’attaque aux grands voleurs hé hé !)

En parlant de Sarkozy, il « inclinerait à penser qu'on naît pédophile », pour des raisons génétiques. Je déplorais il y a quelques mois l'ignorance crasse des gens qui nous gouvernent lorsqu'il s'agit de la nature & de la psychologie humaine, nous voilà en plein dedans !

Bonjour chez vous ;-)

3 avril 2007

La conjuration des imbéciles

Tout d’abord, un petit cours de chimie :

Mercure sans liquide = www.mercure.com
Pas très bandant, hein ?

Liquide sans mercure = www.liquide.com
Encore pire…

Mercure + Liquide = www.mercureliquide.com
Et là, c’est TOP !

Plus sérieusement, je voulais vous toucher deux mots d’un roman tout à fait étonnant, que je rangerai dans la catégorie des œuvres « improbables » au même titre que Le Château de Kafka et La Conjuration des Imbéciles de John Kennedy Toole, dont je vous parlais plus tôt sur ce blog. Par « improbables » j’entends des œuvres si surprenantes, si inattendues, que l’on n’eut jamais imaginé qu’elles puissent venir au monde. L’extraordinaire film Punch-Drunk Love, de Paul Thomas Anderson, entrerait aussi dans cette catégorie.

Le roman en question c’est L’ange des Ténèbres, de l’écrivain Argentin Ernesto Sabato (aujourd’hui âgé de quatre-vingt-seize ans !), un roman qui n’est pas vraiment un roman, mais plutôt un assemblage de saynètes, de réflexions sur (en vrac) la création littéraire, le statut de personnage public, les relations entre l’art et la politique, la paranoïa, la torture pratiquée par les régimes autoritaires, et j’en passe… Plutôt que de m’étendre dans une critique littéraire dont je suis incapable, je préfère laisser parler l’auteur à travers quelques extraits absolument délicieux (la traduction est de Maurice Manly).

« Ces rêves me rendront folle, lui disait-elle en le regardant fixement, comme essayant de déchiffrer ses secrètes intentions. Oui, oui, répondit-il, j’y veillerai, n’aie pas peur. »

Le passage suivant décrit l’incapacité de Sabato à se mettre à écrire, assailli qu’il est d’incessantes interruptions venues de l’extérieur. Sabato parle de lui-même à la troisième personne.
« À ce moment-là, Isabel l’appelle au téléphone pour lui dire qu’Alfredo dit que quelqu’un lui a dit que G. a dit (où et comment ?) que lui, Sabato, a dit je ne sais quoi, de sorte qu’Isabel pense que Sabato devrait faire savoir (mais à qui, quand, comment ?) que telle version de ses propos est inexacte.
Il s’ensuit plusieurs jours de dépression durant lesquelles il se dit : 1) que ça ne vaut pas la peine d’expliquer à G. quoi que ce soit qu’il ait pu dire auparavant ; 2) que ça ne vaut pas la peine d’expliquer quoi que ce soit à qui que ce soit sur n’importe quel sujet passé, présent ou à venir ; 3) qu’il vaudrait mieux ne pas être une personnalité et 4) qu’il vaudrait encore bien mieux ne pas être né du tout. C’est un programme si vaste et si difficile à mener, surtout en ce qui concerne le fait de n’être pas né du tout, que sa formulation le plonge plus avant dans la dépression qu’avait commencé d’annoncer la douleur au bras. »
S’ensuivent quatre pages hilarantes où Sabato poursuit l’énumération des incessantes perturbations, jusqu’à renoncer à écrire.

Voici à présent quelques extraits d’une longue lettre à un jeune écrivain qui lui demande conseil, sorte de « remix » personnel des Lettres à un jeune poète de Rilke. Le jeune écrivain se demande notamment comment réagir à la critique.
« Il n’y a que l’art des autres artistes pour te sauver en de tels moments, pour te consoler et t’aider. Seule peut t’être utile - c’est effrayant ! - la souffrance des êtres vraiment grands qui ont parcouru ce calvaire avant toi. »
« Tu auras besoin à la fois de modestie vis-à-vis des géants de l’art et d’arrogance vis-à-vis des imbéciles, tu auras besoin d’affection et du courage de rester seul, de refuser la tentation - qui est aussi un danger - des petits groupes, des galeries des glaces. »
« L’avenir est triste de toute façon : si tu échoues, parce que l’échec est toujours pénible et, dans le cas de l’artiste, tragique ; et si tu réussis, parce que le triomphe est toujours une sorte de vulgarité, une somme de malentendus, une manipulation ; on devient cette chose dégoutante que l’on appelle une personnalité. »

Un dernier extraits, enfin, que je jetterais volontiers à la figure de tous les babapunks qui s’insurgent contre l’art « individualiste » et « non-militant » :
« La faute de logique que vous commettez est à peu près la suivante : l’introspection consiste à s’enfoncer dans le moi, or le moi solitaire est un égoïste qui se moque pas mal du monde, ou bien un contre-révolutionnaire qui essaie de nous faire croire que les problèmes se trouvent au fond de l’âme au lieu de résider dans l’organisation sociale, etc. Vous négligez seulement un petit détail : c’est que le moi solitaire n’existe pas. L’homme existe dans une société ; s’il souffre, s’il lutte, même s’il se cache, dans cette société. Vivre, c’est coexister. La coexistence du moi et du monde. Il n’y a pas que les attitudes volontaires et à l’état de veille qui soient la conséquence de cette coexistence. Même vos rêves et vos cauchemars. Même les délires des fous. De ce point de vue, le roman le plus subjectif est social et, directement ou par des détours, porte témoignage sur la réalité tout entière. Il n’y a pas des romans d’introspection d’un coté et des romans sociaux de l’autre, mon petit ami, il y a de grands romans et des petits romans. Il y a la bonne littérature et la mauvaise. Et vous pouvez être tranquille, l’écrivain en question, même s’il est tout riquiqui, fournira toujours son témoignage au monde. »

Ernesto Sabato est un observateur fin et insatiable du monde, qui, à l’instar d’un Dantec, ne supporte pas l’imposture intellectuelle et les débats médiocres. Mais à l’inverse de Dantec, Sabato souffre de devoir (d’être obligé de) prendre la parole pour défendre sa vérité. C’est ce qui rend le personnage et ses personnages aussi touchants et fait de L’ange des Ténèbres un livre profondément humaniste, en dépit de son intransigeance. Ainsi qu'un succulent auto-portait de célébrité paranoïaque.

En parlant de débats médiocres, je voulais vous citer une conversation que j’ai eue avec un babapunk :
LUI : Oui, je suis contre le droit de propriété ! Tu trouves ça normal que des gens travaillent pour payer un loyer à quelqu’un d’autre, toi ?
MOI : Ok. Et toi, tu fais quoi ?
LUI : Rien.
MOI : Comment rien ?
LUI : Je bois, je sors, je parle. J’ai renoncé à toute autre activité.
MOI : Et tu vis de quoi ?
LUI : Je suis au RMI.
MOI : Et tu trouves ça normal que des gens travaillent pour te payer ta bière et tes clopes ?
LUI : Mais c’est pas du tout pareil !

Non que je sois contre le RMI (je serais vraiment mal placé) mais par contre, je suis vraiment contre les raisonnements scabreux, malhonnêtes, qui mettent la raison au service de l’idéologie. Un peu comme ces candidats d’extrême gauche qui prétendent que les émeutes de la Gare du Nord sont la faute aux transports en commun payants. Que les transports soient gratuits pour tous : mille fois oui ! Décréter que leur non-gratuité pousse les gens à la violence : non ! J’ai fraudé mille fois et je n’ai pas pour autant asséné une beigne au contrôleur lorsque je suis fait gruger !

Dans le genre de discours à la con (qui recoupent les propos de Sabato sur le statut de célébrité), je terminerai en vous citant une autre conversation avec le même crétin cité plus haut, qui m’affirmait que la chanteuse du groupe Le Tigre était un imposteur parce que, lesbienne assumée, elle sortait avec un des Beastie Boys. En gros : une fois que vous avez publiquement choisi une orientation sexuelle, vous n’avez plus le droit d’en changer (ou de faire une exception) sous peine d’être taxé d’opportunisme (parce que, oui, ça fait bien d’être « lesbienne » dans certains milieux féministes et donc, la demoiselle se serait revendiquée telle quelle pour vendre plus de disques aux babapunks).

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8 mars 2007

Je rêvais de faire une BD de zombies...

…mais Robert Kirkman a tout gâché !

Il y en a eu, des films de morts-vivants, des dizaines depuis La nuit des morts-vivants de George A. Romero en 1968. Des dizaines de nanars et quelques rares vrais bons films : La tétralogie du même George A. Romero (La nuit des morts-vivants, Zombie, Le jour des morts-vivants et plus récemment, le moins réussi Land of the dead), les remakes des deux premiers (La nuit des morts-vivants de 1990 et L’armée des morts en 2004), deux dérivations poétiquo-humoristiques (Dellamorte Dellamore et Shaun of the dead)... On peut à la rigueur ajouter à la liste la sympathique trilogie des 
Retour des morts-vivants et le respectable 28 jours plus tard de Danny Boyle, et voilà tout.

Donc, contrairement à ce que l’on pourrait penser, faire un bon film de zombies est une tâche extrêmement ardue.

Pourquoi les films de Romero sont-ils des chefs d’œuvre incontournables, des films exceptionnels bien au-delà du genre horrifique auquel ils appartiennent ? Parce que ce sont des films politiques. Certes ils font peur, mais surtout ils font réfléchir. Car dans ces films, la cause de tous les désastres, ce n’est pas les hordes de zombies mais l’homme lui-même. Difficile de croire que des êtres décérébrés, lents, puissent anéantir la civilisation tout entière. Pourtant, de film en film, c’est ce qui se produit. Parce que nous sommes nuls, idiots, contre-productifs et violents. Parce que la peur et l’égoïsme en nous sont plus forts que notre capacité à travailler ensemble, fut-ce pour survivre. C’est 
en tout cas ce que démontrent ces films, qui nous plongent en outre dans une tension psychologique inouïe et qui (surtout Zombie et Le jour des morts-vivants) mettent en scène la vision d’apocalypse la plus effroyable de l’histoire du cinéma : un monde hanté par des cadavres ambulants, parsemé ça et là de quelques groupes de survivants livrés à eux-même… La fin pure et simple de notre espèce et de notre civilisation ! Sans parler de ce tabou millénaire, la profanation des cadavres, dont le phénomène des morts-vivants est l’expression la plus atroce.

Alors forcément, le scénariste que je suis rêvait d’écrire un jour une BD de morts-vivants, de poursuivre les thématiques de Romero à travers une longue saga, en montrant l’évolution des personnages à long terme…

Et puis Robert Kirkman est arrivé et il a publié The walking dead (le premier tome a été traduit chez Semic, la série se poursuivant en juin prochain chez Delcourt).

Évidemment, je me suis empressé de lire ça et... misère de misère ! La BD que je rêvais de faire depuis toujours… c’était The walking dead. Je n’avais plus qu’à me mettre ma BD de zombies là où je pense ! Vous me direz que l’un n’empêche pas l’autre mais The walking dead traite le sujet exactement comme j'aurais voulu le traiter. Pour citer l’auteur : « Avec The walking dead, je voulais parler de la façon dont des gens se débrouillent de situations extrêmes et comment cela les fait ÉVOLUER. ». Encore mieux : « Pour moi, le pire moment de chaque film de zombies est la fin. Je veux toujours savoir ce qui se passe ensuite. (…) Je veux que cela continue. (…) The walking dead sera le film de zombies qui ne se termine jamais ».

Si au moins il s’était planté…

Mais non, The walking dead est une excellente bande dessinée, qui exploite avec brio le thème abordé. Bien sûr, le médium a ses limites : la BD ne sera jamais le cinéma et le degré d’horreur que l’on ressent en voyant les dix premières minutes de Zombie est impossible à retranscrire sans les moyens narratifs du septième art. Dans la séquence susnommée (choquante, terrible, éprouvante, hallucinante de violence psychologique et physique), tout se joue sur le montage, le rythme, quelque chose que l’on ne maîtrise pas autant lorsque le lecteur est maître du temps (alors qu’au cinéma le spectateur subit le temps). Mais pour le reste, tout dans The walking dead est irréprochable : la psychologie des personnages, leur évolution, leurs relations, le contexte et ce jusqu’à poser les questions que je me suis toujours posé (par exemple : comment les zombies font-ils la différence entre eux et nous ?). Les questions que je voulais poser, justement. Sans parler du dessin épatant de Tony Moore, parfaitement au service du récit.

Alors voilà, Robert Kirkman a tout foutu en l’air, c’est un salaud, je le hais !

Et je vous conseille de vous précipiter lire The walking dead : un classique instantané, comme on dit en anglais.

22 février 2007

Mercure Liquide sans moi et c'est cool !

Ainsi donc, Mercure Liquide #5 est paru ce week-end, à grand fracas. Je dis à grand fracas parce que la soirée organisée pour l’occasion à Grrrnd Zero fut un succès au-delà de nos attentes : deux-cent-cinquante personnes soit le double de ce que l’on espérait !

Enfin, quand je dis « on… »

Certes, je reste responsable de la diffusion en librairie sur Lyon, Paris et à présent Marseille, mais pour le reste, je ne suis plus directement impliqué dans la création de Mercure Liquide et des événements qui l’accompagnent. Justement, je me demandais quel effet ça me ferait : j’ai découvert ce #5 comme un lecteur lambda alors que j’avais participé à chaque étape de la conception des quatre premiers. J’ai assisté à l’événement en tant que barman, sans contribuer à la gestion de la soirée, moi qui l’an dernier était encore « responsable de l’évènementiel »
 

Mon bébé a grandi, je suis parti, je le retrouve adulte et parfaitement capable de se débrouiller sans moi, et j’ai le soulagement de n’éprouver aucune nostalgie : juste la joie de voir que tout ça continue et que moi aussi je suis devenu adulte et passé à autre chose. Il faut comprendre que Neweden (l’association derrière Mercure Liquide) fut une longue aventure commencée il y a plus de dix ans, il était donc temps pour moi de tourner la page. Hors, ce qui est fantastique c’est d’avoir pu le faire ! Neweden fut une aventure partagée (par plus de deux-cent artistes et bénévoles, si l’on fait le total sur ces dix ans) mais soyons réaliste : jusqu’à deux ans en arrière, si je partais, tout s’arrêtait. Pourtant, lorsque j’ai fondé ce collectif, mon rêve secret était de créer quelque chose de plus grand que moi-même, une aventure humaine et artistique qui, un jour, me dépasserait et existerait par elle-même. Grâce à Marion Blangenois, safran et toute l’équipe actuelle de Mercure, cela est enfin possible ! Pour cela et pour le travail exemplaire que j’ai vu ce week-end, je les remercie de tout cœur !

Alors, vraiment pas nostalgique ? Non. Neweden fut et reste un terrain d’expérimentation actif et phénix (Combien de fois avons-nous cru le collectif mort pour le voir renaître ? - un jour, je vous raconterai tout, promis, car en dix ans il s’en est passé, des choses - des belles et même des moches, lol.)

J’ai pu voir ce week-end la joie des artistes publiés et programmés, celle du public et des lecteurs, celle de l’équipe qui est au cœur de l’aventure… Et cette joie est la même que celle de toutes les incarnations du collectif à s’être succédées ! En terme de satisfaction personnelle, je sais que tout ça n’aurait jamais eu lieu sans moi, puisque je suis, à l’origine, seul responsable de tout ce bordel. Constater l’impact que ça continue d’avoir sur la vie de ceux qui le font, les rencontres artistiques et humaines qui en découlent, toute cette VIE ! Wow ! Putain j’ai pas fait tout ça pour rien et ça me survit, je peux clapser demain, Neweden existera encore quelques années au moins ! C’est idiot, mais c’est le genre de choses qui vous font vous dire que votre vie a un sens, qu’elle ne se limite pas à votre ego capricieux, que vous avez fait un peu de bien autour de vous…

Peut-être, qui sait, dans cinq ou dix ans Marion et safran passeront la main comme je l’ai passée, assureront la transition pour que le projet leur survive… C’est tout le bonheur que je leur souhaite…

8 février 2007

Il fait parfois gris aussi à Marseille !!!


Ça donne envie de voter pour le réchauffement de la planète...
"The world doesn’t have to tell me what i need
I know how to fail & how to succeed"
Anne Clark.

Angoulême s’est bien passé et me laisse avec tout un tas de travail sur un éléphant, des super-héros et une guerre mondiale… La manière dont les histoires se construisent, se déconstruisent et se reconstruisent ne cessera jamais de ma fasciner, ainsi que la multitude des angles d’attaque. On me demande souvent ça : comment on construit une histoire ? Pas de recette miracle et en dépit d’une méthodologie plus ou moins acquise, les angles d’approche sont innombrables. Part-on des personnages pour construire le récit ou du récit pour construire les personnages ? Vais-je finaliser mon synopsis avant d’écrire les premières planches ou, comme souvent, vais-je faire un ping-pong entre les deux, qui me permettra d’affiner mon récit ? Parfois c'est cette approche plus poétique qui consiste à écrire des bouts de scènes, des dialogues afin de mieux cerner les personnages. Parfois c’est tellement mathématique (j’ai tel truc à montrer, tel texte à placer en deux pages, un maximum de X cases par pages…). Autant d’approches que d’histoires… On construit une histoire en apprenant à la connaître, en la découvrant et en devinant ses multiples aspects. C’est de l’archéologie : on époussette morceau par morceau les pièces d’un puzzle, on se familiarise et on essaie des configurations. On apprend à faire des connections entre des idées, à déduire des probabilités… On se fait des amis de ces personnages qui, lorsqu’on les a créés, étaient encore si étrangers…


J’adore ;-)

Pour passer du coq à l’âne, je vous invite à faire un tour sur www.mercureliquide.com puisque le #5 de la revue sort le 17 février (ça se fera à Grrrnd Zero Gerland - Lyon), puis en librairies à Lyon, Paris et Marseille.

Voilà.

22 janvier 2007

Je suis pas un fermier !!!

Bordel de merde !

Si vous tapez « Shaomi » sur Google vous tombez sur Détail d'un fermier: Shaomi, et en cliquant vous arrivez  !

Le comble, c'est que l'avatar est un mouton !

Juré, c'est pas moi !

Les agents de sécurité ont la vie dure...

Voici quelques vidéos tournées par mon ami, le peintre Nicolas Manenti, lorsqu'il était « agent de sécurité », en 2001.

Les nuits, alors, étaient longues (et comme nous avions le même job d'étudiant, je puis en témoigner) !!!





















21 janvier 2007

Nicolas Monin est mort.

Evolve in peace, brother.

May your next life be sweeter than this one was.

16 janvier 2007

Wow !

Alors voilà, c'est pas pour me la ramener mais on vient juste de me faire le plus beau compliment qu'on puisse me faire ! Et ça vient d'une personne qui n'a aucun intérêt à être gentille avec moi et qui, de surcroît, n'a aucune idée de mes goûts littéraires ! Le commentaire est relatif à mon recueil, Tabloïde.

Je cite : « Ce que tu écris me fait penser à Kundera, avec la petite touche fantastique qu'il fallait pour élever le niveau ».

Bon, évidemment je tempère tout de suite : ce n'est pas demain la veille que j'élèverai quoi que ce soit par rapport à Milan Kundera ! Mais quand on sait que cet auteur est pour moi un dieu vivant de la littérature, quand on sait à quel point je considère son oeuvre comme une référence absolue, quand on sait l'impact que celle-ci à eu sur mon travail, alors on peut comprendre que ce compliment m'ait touché, et pas à moitié !!!

Voilà. Dans huit jours mes chevilles auront dégonflées et je partirai humblement au le festival d'Angoulême pour démarcher quelques projets BD et poursuivre des négociations concernant l'un d'entre eux. De fait, j’ai beaucoup de travail. J’essaierai quand même, si c’est possible, de poster des choses ici, d’ici-là.

10 janvier 2007

2007 !

Bonne année à vous, lecteurs d’un jour, amis fidèles, noctambules du web et autres passagers de ce blog !

Mon cadeau de noël pour vous, c’est la mise en ligne de mon recueil de nouvelles, Tabloïde, en attendant une éventuelle parution papier. Merci à ceux qui me liront du temps qu'ils m'accordent, et n’hésitez pas à poser vos commentaires ! Et ce n’est qu’un début car d’ici quelques semaines arrivera (enfin !) mon recueil de poèmes inédit : Fragments Nocturnes ! Autre nouveauté pour ceux qui ne sont pas venus depuis longtemps : une page de liens vers les sites et blogs de tout un tas de gens cool qui squattent le web. Certains sont de très bons amis, d’autres ne sont que de vagues connaissances dont j’apprécie le travail, mais enfin toujours est-il qu’il y en a pour tous les goûts, allez donc y faire quelques clics et laissez-vous surprendre (oh le mauvais slogan de pub qu’y nous fait, le Shaomi !)

@ tous ceux qui m’ont envoyé un mail de bonne année, désolé de mon silence et pas d’impatience : je vous réponds dès mon retour !

Peace & b wild !

18 décembre 2006

Boire et fumer tue, pas le ridicule !

Je ne vais pas ici remettre en cause les campagnes gouvernementales contre l’alcool au volant ou la cigarette : on peut en penser ce qu’on veut, on ne peut pas reprocher à l’État de vouloir protéger la santé des individus, puisque c’est là sa tâche. Non, ce qui m’afflige c’est l’absolue stupidité avec laquelle certaines de ces campagnes sont menées.

Je commencerai avec l’hilarant épisode des baby-foot. Pour mémoire, il y a quelques semaines, après le vote de l’interdiction de fumer dans les bars, Jean-François Copé nous annonçait avec le plus grand sérieux son idée géniale : pour éviter que les fumeurs ne désertent bars et cafés, le gouvernement va baisser la taxe sur les jeux, afin que tous se réunissent autour des flippers, billards et baby-foot ! Cette déclaration prouve une chose ou l’autre : soit le gouvernement actuel méprise les Français et l’affiche avec une audace qui frise la provocation ; soit il est complètement déconnecté des réalités quotidiennes ! M. Copé semble avoir du bar une vision qui se réduit à celle du PMU de son village, où les jeunes jouent au flipper pendant que les vieux se saoulent au petit déjeuner. L’idée que 90% des gens qui vont discuter dans un café ou boire des coups dans un pub se moquent éperdument du baby-foot ne semble pas l’avoir effleuré… Et puis franchement, le baby-foot en boite de nuit…

Évoquons à présent des vieux qui ne se saoulent pas au petit déjeuner : ceux qui croupissent dans ces mouroirs que l’on nomme maisons de retraite ! Ces personnes âgées sont les premières victimes d’une loi qui ne tolère pas l’exception : les voilà, en maison de retraite, interdits de fumer jusque dans leur chambre ! Lorsque l’on sait le désespoir que connaissent souvent les pensionnaires de ces établissements, on trouvera bien cruelle une loi qui leur ôte même le plaisir de fumer au lit !!! D’autant que beaucoup de ces personnes très âgées n’ont guère la force de sortir se geler quinze fois par jour pour fumer leur clope en hiver. À moins bien sûr que tout cela ne participe d’un plan secret visant justement à résoudre le problème des retraites en provoquant la pneumonie chez les vieux que le cancer du poumon persiste à épargner. En ce cas, qu’on le dise et que l’on cesse la grotesque comédie de culpabilisation à laquelle on a droit chaque été depuis la canicule de 2003 !

Petite leçon de psychologie fondamentale, à présent. Les paquets de cigarettes et de tabac doivent, depuis trois ans, porter une étiquette stipulant que « fumer tue », « fumer provoque le cancer », etc. Cette mesure superflue (nul n’ignore aujourd’hui les dangers du tabac) va provoquer, à terme, l’inverse de l’effet escompté : une hausse des décès liés au tabac ! Hein ? Quoi ? Qu’est-ce qu’il raconte ? Je m’explique : on néglige encore bien souvent le pouvoir incroyable de l’inconscient mais n’importe quel psy ou sophrologue vous l’expliquera mieux que moi : un propos qui est asséné à l’inconscient s’ancre dans la psyché et devient un « programme ». C’est ce qu’on appelle un lavage de cerveau et cela fait appelle à la répétition forcenée de ce que l’on nomme des « messages subliminaux », autrement dit des messages qui s’adressent directement à l’inconscient. Si vous êtes fumeur, vous conviendrez que vous ne « voyez » plus le sticker « fumer tue ». Consciemment, vous n’y faites plus attention. Pourtant, tous les jours votre regard glisse un nombre incalculable de fois sur votre paquet de clopes posé sur la table. C’est donc probablement cent fois par jour que votre inconscient capte le message « fumer tue ». Le pouvoir de notre inconscient est époustouflant, bien plus important que l’on ne le croie généralement. Quelqu’un qui fume et dont le cerveau capte à longueur de journée que « fumer tue » va intégrer cette donnée dans son programme inconscient, ce dernier finira par transmettre à son tour cette information au corps, qui appliquera le « programme » et développera une maladie liée au tabac. Je ne dis pas que cela arrivera à TOUS les fumeurs, mais peut-être à plusieurs centaines -voire milliers- de personnes, d’ici dix ou vingt ans (le temps que le message subliminal fasse son effet à force de répétition), mourront à cause des étiquettes fumer tue. J’ai l’air de déconner mais c’est très sérieux ! Alors attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : les campagnes anti-tabac qui s’adressent au conscient sont nécessaires. Celles qui s’adressent de façon pernicieuse à l’inconscient auront des conséquences dramatiques (mais certes indécelables). Ceci prouve en réalité une chose : l’ignorance totale (et tragique) qu’ont nos députés et hommes politiques de la nature humaine. Quelles que soient leurs connaissances en économie, en sciences sociales, en droit ou en géopolitique, nos dirigeants n’ont aucune idée des bases de la psychologie humaine. Et c’est peut-être là que le bât blesse : notre société tout entière fonctionne sur des lois et des mœurs qui négligent notre nature fondamentale, de même que l’on élève généralement nos enfants dans des aberrations psychologiques qui n’aboutissent qu’à engendrer des adultes névrosée, perturbés, en souffrance… Mais je m’égare car c’est là un autre débat… Il reste que cette petite anecdote tabagique conduit à se demander quand est-ce que l’on se décidera à mettre au pouvoir des gens qui comprennent les fondamentales du psychisme humain.


De fil en aiguille, on arrive à une autre maladresse de nos chers pouvoirs publics : la campagne anti-alcool au volant adressée au jeunes. J’évoquerai brièvement l’épisode vite avorté du « capitaine de soirée ». Jusque là, en effet, le jeune qui héritait de la responsabilité de conduire était officiellement dénommé « capitaine de soirée ». Et les campagnes publicitaires affirmaient sans frémir que ce titre serait porté avec fierté, voire que les jeunes se battraient entre eux pour l’obtenir. C’était faire peu de cas du mépris qu’ont les jeunes envers la hiérarchie militaire et maritime (sinon envers la hiérarchie en général). C’était aussi ne pas bien faire la différence entre le jeune des années 50, supposément fier de sa conduite morale, et le jeune des années 2000, un peu plus « sex, drugs & rock’n’roll » que ses parents avant lui. Bref, l’erreur fut apparemment conscientisée puisque, cette année, le capitaine de soirée est officiellement renommé « Sam ». Pourquoi « Sam » ? Je suppose que ça fait d’jeun’s et c’est vrai qu’on imagine plus volontiers les jeunes rigoler en nommant toute la soirée leur pote sobre « Sam ». Va pour « Sam », donc, mais le slogan, lui, n’a pas changé : « Celui qui conduit, c’est celui qui ne boit pas ». C’est certes moins autoritaire qu’un « celui qui conduit ne boit pas » mais c’est douteux du point de vue de la langue et donc très ambigu. Du point de vue syntaxique, la phrase « Celui qui conduit, c’est celui qui ne boit pas » implique que « celui qui ne boit pas » préexiste à « celui qui conduit ». En d’autre termes : avant cette campagne de prévention, il y avait obligatoirement un jeune qui ne buvait pas dans chaque groupe mais ce n’était pas lui qui conduisait. Outre que cela implique que les jeunes sont vraiment cons (il y en a un de sobre mais celui qui conduit est un de ceux qui sont bourrés !), cela implique aussi qu’il y a dans chaque groupe des buveurs et des non-buveurs. En réalité, on sait bien que dans la plupart des cas les buveurs se dépouillent ensemble et les sobres font la fête à leur manière. Il est en tout cas ridicule d’imaginer que dans chaque groupe de jeunes il y en a forcément un qui ne boit pas ! Il suffit d’avoir été jeune depuis moins de trente ans pour savoir que c’est faux : tout le monde se déchire la tronche en chœur ! Alors vous allez me dire que je joue sur les mots et que tout le monde comprend ce slogan et que je me complique la vie pour rien. Peut-être, mais les mots sont mon métier et il est donc bien naturel que je m’en préoccupe. Et puis si l’on utilise les mots n’importe comment, ils finissent par ne plus rien vouloir dire. Pour exemple, cette pub que l’on voyait en 1995 chez tous les boulangers : « Le pain, c’est encore meilleur quand on le mange », qui sous-entendait qu’un aliment peut-être ressenti comme étant bon sans être mangé (!!!). Je pourrais aussi vous parler de mon ascenseur qui affiche être « réservé au transport de personnes » et de fait interdit aux « enfants non accompagnés, aux livreurs et aux déménageurs ». Donc, les enfants, les livreurs et les déménageurs ne sont pas des « personnes ». On en revient presque à l’époque où les femmes et les Noirs n’avaient pas d’âme !

Sur ces belles paroles, je vous souhaite de joyeuses fêtes ;-)

22 novembre 2006

Marseille, donc...

Marseille ! Après onze ans de vie lyonnaise, me voici Marseillais pour une durée indéterminée, d’au moins quelques années en tout cas. Dépaysement ou déracinement ? Un peu des deux sans doute. Ce déménagement me fait en tout cas prendre la mesure - indépendamment de ma joie d’être dans l’ailleurs - de mon attachement à Lyon ! L’autre jour je me suis demandé si je devais corriger la mention « auteur lyonnais » dans la bio de mon ancien blog et le négatif m’est apparu comme évident. Je vis à Marseille mais je vis Marseille comme une étape, un transit, une « house » mais pas un « home ». Lyon est la ville où je me suis formé, humainement comme artistiquement. Toute ma vie d’adulte s’y est déroulée, Lyon m’a nourri, énormément apporté : l'homme et l'artiste seraient radicalement différents si ces onze ans s'étaient déroulés ailleurs ! J’ai parfois détesté cette ville à force d’y errer, mais quelle histoire d'amour n'a pas ses moments difficiles ? Lyon et sa Croix-Rousse resteront donc mon « home » pendant longtemps, en tout cas mes racines et une partie de mon identité. Pourtant, si je n'ai pas fini d'y retourner en week-ends, je sais que je n’y revivrai pas, jamais, parce que ce serait revenir en arrière. Hors, où que me mène ce départ sur Marseille, ce ne peut être que vers l’avant (et encore plus de soleil !). Cela fait d’ailleurs partie de l’aspect un peu vertigineux de ce départ à Marseille : l’après Marseille est un ailleurs inconnu, il n’y a pas de rassurant retour en arrière possible. J’ai fait le « grand saut ». Mais si je dois rattacher mon nom et ma fonction à une ville, ce sera encore longtemps à Lyon. Donc : Shaomi, auteur lyonnais vivant à Marseille.

Une des principales raisons qui m’ont poussé à partir (hormis une certaine jolie brune), était de me retrouver seul face à mon travail d’auteur. 
À Lyon, je cohabitais avec de très nombreux amis et par extension de très nombreux projets collectifs. Entre les Combustions Spontanées, Bébé Coma, Mercure Liquide et autres, les « distractions » étaient nombreuses. Non que je plaque tout en bloc, je reste solidaire et acteur (même lointain) des dits projets mais au quotidien, c’est désormais devant mon ordinateur que ça se passe. Je n’ai plus grand chose d’autre à faire de mon temps - hormis, certes, aller nager - que d’écrire et démarcher les éditeurs. Me voici donc face à moi-même (et paradoxalement face à l’autre puisque je n’habite plus seul) et pour le moment, depuis début septembre, c’est plutôt efficace : je travaille enfin tous les jours mon écriture et les pages s’accumulent heureusement. Mais nous y reviendrons dans les jours qui viennent (promis)...

Je voulais aussi dire quelques mots de mes coups de cœur de l’été. Je me suis bouffé un gros paquet de romans ces derniers mois et j’ai notamment (enfin !) découvert Kafka. J’ai lu Le Château, précisément, et je suis tombé des nues. Je m’attendais à quelque chose de très bon, mais pas à cette folie géniale qui confine à l’hystérie littéraire. Kafka aurait écrit que « Le Château n’existe que pour être écrit, pas pour être lu ». Comment pourtant jeter la pierre à Max Brod, héritier des manuscrits de Kafka, pour les avoir publiés contre la volonté du défunt ? Il eut été criminel de priver l’humanité d’un tel auteur ! Mais ce qui est extraordinaire c’est que Le Château est un chef d’œuvre justement parce qu’il n’a pas été écrit pour être lu ! Bien que Kafka ait fait de nombreuses corrections sur le manuscrit de ce récit inachevé, le roman laisse l’impression d’un premier jet déstructuré, brouillon, sauvage dans sa construction, presque insolent tant le lecteur n’est pas pris en compte ! Et tout est là ! Le génie de Kafka réside justement dans les apartés inattendus, les digressions interminables, les commentaires superflus (voire incompréhensibles), les détails absurdes et les conversations surréalistes qui sont partout présents dans ce livre ! Le Château fait état d’une réalité aussi mouvante que l’est le style de Kafka, qui évolue au fil du récit. La sensation de flottement qui en découle nous rend solidaire du géomètre K. dans sa détresse. Car le lecteur est malmené en même temps que le personnage ! Peut-être même davantage car, alors que le géomètre K. semble partager l’absurdité comportementale des autres personnages, le lecteur est pris au dépourvu à chaque instant. Et je vous parle de mon point de vue de lecteur de 2006, qui en a vu d’autres, qui connaît Ionesco, Beckett et David Lynch. Je n’ose imaginer la stupéfaction du lecteur de 1926 ! Bref, Le Château m’a bien scotché et si vous ne devez lire qu'un classique cette année, que ce soit celui-là !

En cadeau de bienvenue et pour finir, un petit coup de cœur musical et vidéo.
ADULT. est un groupe que j’aime bien, mais les lecteurs habitués de ce blog le savent : je suis gourmand d’electroclash.

Voilà, ce sera tout pour aujourd’hui mais à très bientôt puisque ce blog est réactivé !!!

23 juin 2006

Incroyable mais vrai !

Je ne vous dirai pas qui, mais quelqu’un m’a écrit ça dans une lettre :

« L’idée de tirer la chasse des chiottes n’est pas une bonne idée. Tu penses aux pauvres rats d’égouts intoxiqués ? Non, franchement faut penser aux problèmes de pollution. Et puis le chapelet qu’il a autour du cou, il faudrait penser à lui tirer. J’ai une idée sensationnelle, regarde : quand il arrive dans un pays, il embrasse le sol. Donc, il faut enduire le sol de mouille comme ça il aura commis un péché et se suicidera sur-le-champ. Bon, comme j’ai des nouvelles fraîches qui m’arrivent de Frédéric, je suis d’accord avec toi, moi aussi je t’aime. Je te l’avoue mais nous ne pouvons plus nous voir que dans les lettres. »

Moi ça m’a fait tripper !!!

21 juin 2006

Romantic

Flower my flower
I want to share the sound of silence
With you
In a nest of peace
Warm & full of light
Please take my hand
Trust the sky
Be my friend
Until the end of time
Then you can see i'm your angel
Then i can see the bird you are

18 avril 2006

Electrofunk

Dans mon tout premier post sur ce blog, je vous parlais du collectif Nam:Live et de leur electrofunk moite, sensuel et poisseux, héritier du Minneapolis Sound de Prince et partie intégrante du mouvement electroclash (Wikipedia est ton ami). Je déplorais malheureusement de ne pouvoir vous orienter vers un site diffusant leur musique.
Je peux à présent remédier à cela : clique sur le lien et épate tes oreilles !

Nam:Live est tout à fait représentatif de l'état d'esprit que je voulais donner à mon défunt projet Shoona Sassi (mentionné à quelques reprises sur ce blog).

9 avril 2006

Bilan

94: 02/02, 1 (1) b 95: 04/12, 4 (3) mb/b/b 96: 06/12, 1 (1) mb 97: 12/12, 2 (1) mb 98: 02/12, 2 (1) b 99: 04/12, 2 (1) b 00: 00/12, 2 (1) dgl 01: 02/12, 4 (2) mb/b 02: 06/12, 3 (2) dgl/dgl 03: 12/12, 1 (0) 04: 11/12, 2 (1) mb 05: 07/12, 3 (2) mb/dgl 06: 03/03, 1 (1) dgl

r :
05m w/b 01m w/mb 20m w/mb 04m w/b 02m w/mb 24m w/dgl 07m w/mb 01m w/mb 06m w/dgl 9m w/b, 31m w/mb, 30m w/dgl
t : 9 (2 b, 5 mb, 2 dgl)

h :
t : 7 (4 b, 1 mb, 2 dgl)

t :
16 p (6 b, 6 mb, 4 dgl !!!)
71 mc/137 m
1,45 np/a
2,45 p/a

Pas si mal !!!
;-D

8 avril 2006

Perles aviaires

Il y a quelques semaines, le premier ministre me laissait déjà rêveur en appelant les français à ne pas laisser leurs chats « divaguer » dehors.

Belle expression s’il en est ! Personnellement j’aimerais bien que mes chats cessent de divaguer dedans, considérant l’état dans lequel ils ont mis mon canapé (en faisant leurs griffes) et mon amoureuse (en la réveillant cinq fois par nuit à coups de ronrons.)

Mais le meilleur remonte à quelques semaines plus tôt, dans le no. 897 du journal Métro (édition Marseillaise), daté du 22/02/06. Un article nommé Pigeons sous surveillance stipule en effet que la très officielle Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments « recommande d’interdire les rassemblements pour tous types d’oiseaux afin de prévenir l’éventuelle diffusion du virus à ces occasions. »

!!!

J’ai longuement imaginé des CRS en train d’interpeller des pigeons sur la place publique et les emmener au poste pour « rassemblement illicite ». Si ce n’est pas ce que voulait dire la très officielle A.F.S.S.A., alors quoi ?

Au delà de ça, la grippe aviaire est une occasion de se souvenir du délire hygiéniste dans lequel est désormais plongé le monde occidental ! L’autre jour, je marchais en ville avec mon filleul Théotime (trois ans et demi) lorsque nous avons vu un pigeon mort sur le trottoir (je précise qu’il était juste mort, pas en bouillie). Théotime se posant beaucoup de question sur la mort ces temps-ci, nous avons dû nous arrêter et nous accroupir au-dessus de l’oiseau afin que Théo le regarde et me demande tout un tas de choses (est-ce qu’il fait dodo et pourquoi est mort et pourquoi ci et pourquoi ça…?). Pas question, évidemment, qu’il ne touche le pigeon, mais s’accroupir pour regarder et discuter me parut le moindre de mes devoirs envers un enfant intrigué.

Nous avons du rester comme ça, quoi, une minute trente ? Et bien tenez-vous bien : pas moins de deux personnes se sont arrêtées pour me dire de « faire attention » car « on ne sait pas ce que cet oiseau a » et que « c’est dangereux. » Sans commentaire…

Sinon, ça n'a rien à voir et vous allez me détester mais cliquez sur ce lien, ça vaut le coup !

Et quand vous vous en serez remis, allez aussi faire un tour sur ces chefs d'oeuvre du cinéma... à faire vous-mêmes.

Amusez-vous bien !

7 avril 2006

Supreme Power et Ultra

Les premières pages donnent le ton et les règles du jeu : dans un champ du Kansas, un couple de fermiers trouve une capsule spatiale écrasée contenant… un bébé. Attendris par le nouveau-né, les fermiers décident de l’adopter et le ramènent chez eux. Cette histoire vous paraît familière ? C’est normal puisque c’est celle de Superman. Mais il suffit de tourner la page pour que commence la dérive : une équipe de soldats suréquipés entrent en force chez les pauvres fermiers et réquisitionnent le bébé. Superman, ou plutôt Hyperion, sera pupille de la nation, arme secrète… et objet de propagande. Cette bande dessinée n’est donc pas Superman mais Supreme Power, série Marvel récemment traduite en français par Panini Comics, écrite par J. Michael Straczynski (créateur de Babylon 5) et dessinée par le talentueux Gary Frank.

Si je vous parle de ce comic-book c’est parce qu’il est de ceux qui mettent le doigt sur le véritable enjeu dramatique du genre super-héroïque. Il arrive souvent que des fans de BD française se demandent où est l’intérêt de ces histoires de gus en costumes qui se battent entre eux. Pour eux, les comics se cantonnent à la lutte entre super-héros et super-villains, restant tributaires d’un cliché manichéen. En réalité, le véritable enjeu du genre est ailleurs. La véritable question soulevée par les comics appartient au domaine de la science-fiction : que se passerait-il si, demain, des êtres surpuissants apparaissaient sur terre ? Le sujet ne manque pas de ramifications : que feraient ces êtres de leurs pouvoirs ? Comment le commun des mortels réagirait-il à leur existence ? Que ressentiraient ces êtres semi-divins et pourtant humains ? Quelles seraient les implications géopolitiques de leur existence ? Posez-vous un instant sérieusement ces questions et vous verrez qu’elles ne manquent pas de soulever des problèmes fascinants.

Staczynski n’est pas le premier à s’attaquer au sujet sous cet angle : Watchmen d’Alan Moore, Marvels de Kurt Busiek, Kingdom Come de Mark Waid, The Authority de Warren Ellis et bien d’autres ont proposé des regards adultes sur la problématique. Supreme Power, elle, est l’héritière d’une BD oubliée et pourtant historiquement cruciale dans l’évolution du genre. Squadron Supreme, scénarisée en 1985 par Mark Gruenwald, influença probablement le Watchmen de Moore. Supreme Power est en fait un « reboot » de cette série, reprenant à zéro ses personnages (eux-même au départ inspirés des héros de DC, compagnie rivale de Marvel, d’où le clin d’œil suscité à Superman). Squadron Supreme mettait en scène une équipe de surhommes à laquelle l’humanité avait délégué son destin. Une organisation déterminée à régler les problèmes mondiaux, de gré ou de force, quitte à prendre des choix éthiquement douteux. Supreme Power met en scène des surhommes isolés, victimes de leurs propres peurs et de leurs passés, en quête d’identité. Le monde, ils le sentent bien, leur devient étranger au fur et à mesure que leurs pouvoirs les éloignent de la normalité, sinon de leur propre humanité.

Hyperion (pastiche de Superman) passe rapidement du statut de héros à celui de menace publique ; Nighthawk (pastiche de Batman) est un noir si obsédé par le racisme des blancs qu’il en devient lui-même raciste ; Zarda (pastiche de Wonder Woman) est une créature cannibale, fascinée par sa propre beauté et son propre pouvoir ; Blur (pastiche de Flash) est un personnage médiatique dépendant de ses sponsors et donc de son image, etc. Cette galerie d'individus très différents les uns des autres nous est proposée dans un contexte hyperréaliste, avec un gouvernement Bush manipulateur, des services secrets impitoyables, des médias avides de sensationnel, une populace craintive et influençable... Reste encore, après quatre albums, à tisser les liens qui vont unir ces êtres encore isolés, et à voir comment il vont trouver leur place en ce monde.
Pour le moment, Supreme Power est encore un puzzle incomplet : Staczynski prend le temps de camper ses personnages et leur environnement. On ignore donc où il veut nous mener mais en tout cas, il nous y mène avec un talent fou ! Si, donc, vous voulez découvrir le genre super-héroïque dans ce qu’il offre de meilleur, vous laisser emporter par une intrigue complexe et passionnante et, qui sait, y prendre goût, jetez un œil à Supreme Power.

Dans le même registre, mais sur un ton tout à fait différent, vous pouvez également lire Ultra, des frères Luna, traduite chez Delcourt. Cette BD aborde quant à elle le genre super-héroïque sur le ton du soap-opéra ! Les super-héros sont des stars : ils dépendent d’agences au même titre que les top-models ou les acteurs et sont toujours sous le feu des médias. Ultra est pourvue d'une force surhumaine et elle peut voler, elle est également riche et célèbre, mais c’est avant tout une jeune fille qui aime à sortir avec ses copines et qui attend le prince charmant. Rien de gnangnan, rassurez-vous, mais plutôt le portrait hyper-touchant d’un personnage vulnérable et très humain, en proie à des problématiques qui pourraient être les vôtres ou les miennes. C’est drôle, c’est intelligent, c’est plein de détails qui rendent les personnages très attachants : bref, à lire absolument !


Évitez par contre la pathétique WildGuard de Todd Nauck, traduite chez Angle Comics : quoi que proche d'Ultra dans ses thèmes, et donc apparemment novatrice, WildGuard est en fait un ramassis de clichés, d’intrigues creuses et de combats sans intérêts : à ne surtout pas lire si vous voulez vous faire une meilleure opinion de la BD américaine !

Sur ce, bonnes lectures (ou pas).

10 mars 2006

Son rêve

« Nous habitons dans une immense ferme avec plusieurs bâtisses et dans une des cours intérieures semi-ouvertes sur plein d’arbres on se prélasse sur un hamac géant en visionnant Mon voisin Totoro sur une vraie toile de cinoche pendue au mur et je glissais ma main dans ton pantalon pendant que tu me caressais les cheveux… puis Lucie est arrivée pour de vrai. »

Elle fait chier cette Lucie !!!
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