30 avril 2012
29 avril 2012
Le FN remplacera-t-il l'UMP ?

C'est
une vraie question, une question qui se pose d'autant plus que l'on
constate un inévitable effritement des valeurs fondamentales du
Front National, alors même que la droite « parlementaire »
racole de plus en plus du côté de l'électorat d'extrême droite.
Mais l'extrême droite restera-t-elle longtemps extrême ? Elle
s'en défend avec une ardeur qui, comparée au peu de scrupules de
l'extrême gauche à affirmer son « extrémisme »,
démontre son désir de rentrer dans le « droit chemin ».
Pour exemple évident l'Union Européenne, dont Jean-Marie Le Pen
voulait sortir à tout prix, quand Marine Le Pen se contente de
vouloir sortir de la monnaie unique. Je n'ai aucune vérification de
cette information, mais un commentateur politique mentionnait
récemment que déjà, en interne, certains membres du Front
National souhaitaient renoncer au rétablissement de la peine de
mort. Par ailleurs, au lendemain du premier tour de l'élection
présidentielle 2012, certains militants affirmaient que leur
objectif était de profiter d'un inévitable effritement de l'UMP
pour devenir le premier parti de droite.
Et
pourquoi pas après tout ? J'ai déjà dit ici une bonne partie
de ce que j'en pensais, mais quoi qu'il en soit la peine de mort
est-elle vraiment si importante à défendre même si l'on est en sa
faveur ? Je veux dire par-là : est-il si important de
défendre ce projet-là, avec ce qu'il implique de violence et de
débats sordides, au sein d'un projet politique prétendant à élever la
France ? Tuer n'est jamais gai, fut-ce tuer un meurtrier
sanguinaire. L'expérience démontre également que c'est assez peu
dissuasif. De même que j'invitais ici les partisans de Mohamed Merah
à regarder des vidéos d'exécutions d'otages par des islamistes
pour mesurer la violence de ce genre d'actes, j'invite les partisans
de la peine de mort « occidentale » à regarder des
vidéos de chaises électriques ou de guillotines.
C'est à peu près aussi écœurant. Pourquoi alors s'acharner à
défendre quelque chose d'aussi peu « sexy » que la mise
à mort d'un être vivant, lorsque – avouons-le – le progrès et
la protection de notre société impliquent bien d'autres débats,
bien d'autres décisions autrement plus importantes et moins sordides
que l'exécution des meurtriers ?
Parce
que la défense de la peine de mort fait partie d'un package-deal
idéologique. C'est la seule et unique raison d'un tel
acharnement. Il ne s'agit pas de défendre la peine de mort en tant
que telle mais de défendre un package-deal qui, à l'instar
de ses équivalents d'extrême-gauche, défend mordicus une certaine
vision du monde, et associe des concepts parce qu'ils vont
ensemble sans plus se soucier de les analyser objectivement un
par un (sinon a posteriori, pour en justifier la validité).
Ainsi
donc – et je caricature à peine – on va adopter tout dogme de droite antérieur aux années 1960 et rejeter tout dogme
(nécessairement gauchiste ou du moins décadent) qui leur est postérieur. Staline, Mao et Pol Pot
étaient des monstres sanguinaires, mais ni Pinochet ni Franco ni Milosevic n'en étaient : ils ont « sauvé » leur pays et ils n'ont tué personne ou s'ils l'ont fait c'était pour le bien commun. La
vie est sacré lorsqu'il s'agit d'avortement mais elle ne l'est pas
lorsqu'il s'agit de peine de mort (et je ne parle même pas de
végétarisme !). Il faut faire des bébés pour contrer les bébés des immigrés. L'islam est obscurantiste par
essence et à jamais mais la chrétienté est vouée au
progrès et à la tolérance. La colonisation européenne était un
cadeau offert aux peuples occupés mais les autres occupations de
l'Histoire étaient néfastes. L'éducation doit être vue comme une
transmission de savoir et rien d'autre, car l'idée qui consiste à
« apprendre à apprendre » a ruiné notre système éducatif à elle-seule. La musique
classique et le jazz sont formidables mais les musiques actuelles ne
sont que du « boum-boum ». Les blagues racistes sont
drôles même quand on les fait devant les caméras. Les
civilisations noires et arabes sont inférieures aux civilisations
asiatiques et occidentales, ce qui est prouvé par des études sérieuses, etc, etc.
Ce
à quoi je répond : Toute idée postérieure aux années 1960 a
le mérite de prendre en compte celles qui étaient antérieures,
quand les idées antérieures ne pouvaient anticiper leurs
descendantes. Staline, Mao, Pol Pot, Pinochet, Franco et Milosevic étaient tous des monstres sanguinaires. Il est plus raisonnable de s'efforcer de respecter la vie dans tous les cas : quelle que soit notre position envers la peine de mort, l'avortement et le végétarisme, il convient de faire preuve d'une grande prudence. Est-il nécessaire d'opposer les bébés des uns à ceux des autres et de vouloir à tout prix maintenir notre population à soixante millions quand le Canada et l'Australie s'en sortent très bien avec une densité de population autrement plus faible ? Les
religions ont toutes vocation à abrutir ou à élever, selon
l'interprétation que l'on fait des textes. Les colonisations et
occupations non-souhaitées sont toujours un « cadeau »
empoisonné, parce que l'occupant n'a jamais rien à faire du sort de
l'occupé, que ce soit ici ou là, mais pour autant il est
complètement débile d'accuser les français actuels des crimes
commis par leurs ancêtres : tournons la page une fois pour toute ! L'éducation
peut être vue comme un transfert de connaissances et un
« apprentissage de l'apprentissage », l'un n'est pas
contraint d'exclure l'autre. Toutes les esthétiques musicales se
valent, chose évidente pour n'importe-quel musicien sérieux, étant
entendu que l'on ne saurait réduire le génie artistique à une
simple performance technique. Les blagues racistes peuvent être
drôles si elles sont vraiment bonnes, mais pas si on les fait devant
les caméras. Hiérarchiser les civilisations est un exercice très
dangereux compte-tenu de la multiplicité des paramètres à prendre
en compte, la preuve étant que le test de Q.I. qui place les Noirs
derrière les Caucasiens et sert à justifier la colonisation, place
les Asiatiques devant les Caucasiens et devrait donc justifier
dès demain une occupation immédiate de l'Europe par les Orientaux (mais cela
l'extrême droite ne le propose jamais), etc. etc.
Tout
cela, toutes ces idées qui une à une méritent d'être débattues
mais qui, prises en bloc, démontrent une totale absence de recul, tout cela se
limite à refuser le temps qui passe au nom d'une équation simplissime :
« c'était mieux avant ». De quoi que l'on parle, de quoi
qu'il s'agisse, c'était mieux avant. Cette idée, ou en tout cas ses modes d'expression actuels, je pense que
nombre d'électeurs du Front National la refuseront bientôt pour la bonne raison qu'ils sont nés après 1960 et la fin d'un certain monde. L'étonnant succès du FN auprès des jeunes va, à mon avis, accélérer ce processus de modernisation. Les
aînés, Jean-Marie en tête, seront bientôt morts, et les jeunes
frontistes pourront ajuster le tir, chose que Marine a déjà
commencé de faire. Les militants du FN continueront de se battre
pour une « Europe des Nations », pour une Europe
chrétienne, pour un protectionnisme économique, pour que cesse
l'immigration, mais ils le feront au nom d'arguments qui se voudront
de plus en plus pragmatiques et de moins en moins idéologiques. Ils
ne toléreront bientôt plus les rêveries obsolètes d'une
génération en voie de disparition. Ils n'iront plus affirmer
que la colonisation était une bonne chose, faire des blagues
douteuses sur l'holocauste, comparer les mérites des dictateurs
fascistes aux défauts de leurs homologues communistes, prétendre
que tel genre musical est supérieur à tel autre. Ils admettront
bientôt l'avortement parce qu'il arrangera les plus jeunes
d'entre-eux. Ils renonceront bien-vite à la peine de mort parce que
c'est finalement un débat assez vain. Feront-il cela par pure
démagogie ? Même pas ! Ils le feront parce qu'ils se
moderniseront ! Et ils auront raison ! Ce faisant, ils se
donneront précisément les moyens de concurrencer l'UMP, qui se veut
respectable et républicain en dépit du mauvais goût assez
outrancier de la gouvernance sortante. L'UMP a marché sur des œufs,
flirté de trop près avec la division quand il eut fallu prôner
l'union, mais l'UMP reste respectable pour nombre de ses électeurs,
les mêmes qui crachaient sur le FN au second tour de l'élection
présidentielle de 2002. Ces mêmes électeurs se tourneront volontiers vers Marine Le Pen, lorsqu'elle aura fait amende honorable du passé douteux de son parti.
Le fera-t-elle ? Oh que oui ! Le
FN va même aller jusqu'à changer de nom : c'est annoncé et c'est habile,
parce qu'un « front » est toujours « contre »,
là où un « parti », un « mouvement », une
« union » peuvent être « pour », c'est à
dire non plus dans l'opposition mais dans la majorité. Alors oui :
peut-être que le Front National sera, à terme, le prochain parti de
droite dominant. Mais le temps qu'ils en arrivent là, deux ou trois
élections présidentielles de plus à mon avis, ils se seront
sagement alignés sur les idées de la droite « parlementaire »,
ils seront sagement devenus tout ce qu'ils dénoncent aujourd'hui. À
force de compromission, ils n'auront plus rien d'extrême et ils ne
seront alors ni plus dangereux ni plus répugnants que Nicolas
Sarkozy et ses amis.
Est-ce
à dire qu'il ne faut plus lutter contre le FN si l'on est opposé
aux valeurs qu'il défend ? Certes non. Mais si l'on craint
qu'il ne transforme un jour la France en dictature fasciste, alors je
crois qu'il n'y a pas grand chose à craindre : l'avidité
politicienne et les compromis qu'elle entraîne sont les mêmes
partout, de gauche comme de droite. Le mythe du FN fascisant et
anti-républicain vient d'être entamé par Marine Le Pen. Son
succès sans précédent ne saurait que l'encourager à poursuivre en
ce sens !
Et à vrai dire, si tout cela pouvait amener les gens à parler franchement, à dire ouvertement ce qu'ils pensent, j'aimerais autant. Parce qu'autant le gouvernement Sarkozy me donne la gerbe à force de flirter avec ce qu'il a toujours prétendu dénoncer, autant je préfère que ceux qui ne veulent pas de l'islam ou des maghrébins en France, ou de l'Union Européenne, puissent en débattre publiquement plutôt que de se cacher et d'être finalement au second tour tels un lapin sorti du chapeau en mai 2002 ! Et puis même, je le dis franchement : on a le droit de se poser ces questions, ce n'est pas qu'une affaire de droite ou de gauche. Il n'y a rien de pire que le tabou. On a quand même des problèmes liés à l'immigration de seconde ou de troisième génération et ce n'est pas nécessairement être contre l'immigration dans l'absolu que d'évoquer ces problèmes-là. De ce point de vue-là, c'est le package-deal idéologique de gauche qui mérite d'être montré du doigt : à force de ne pas parler des choses qui posent un petit problème, elles deviennent un gros problème. De même que l'on peut être pour une Europe fédérale et contre l'obscurité kafkaïenne des institutions européennes actuelles.
Mais pour en en revenir au FN, d'ici à ce qu'il se soit « réhabilité », il est probable qu'un autre dirigeant politique apparaîtra, qui exhumera
les idées les plus radicales de Jean-Marie Le Pen, les modernisera vaguement, traitera Marine Le Pen de vendue et récupérera les insatisfactions d'une France en souffrance. Anticipant cela, je ne dirai qu'une chose : il est temps
d'enterrer les idéologies du dix-neuvième et du vingtième siècle,
qu'elles soient de gauche ou de droite. Le monde a trop changé. Nous
avons trop changé. Le clivage droite/gauche est une momie. Et s'il faut à tout prix fonctionner en dogmes,
réinventons au moins nos dogmes en fonction de ces changements.
27 avril 2012
Touche pas à mon sondage !
Ils ont bon dos, les instituts de sondages, bientôt accusés de faire les élections à eux seuls. Pourtant, ce qu'on ignore souvent, c'est qu'ils sont soumis au contrôle de la très officielle Commission des Sondages.
Cette commission n'est pas pas non plus exempte de toute critique mais néanmoins, si l'on s'en réfère aux dossiers qui sont posés sur ses bureaux, elle est profondément attachée aux valeurs de la République :
22 avril 2012
Les bébés tuberculeux de Canal +
Moi, je voulais juste regarder Le Petit Journal sur le site de Canal +. J'avais pas du tout envie de mater des bébés tuberculeux avec la tronche pleine de sang...
Ben ouais... sauf que... regardez en bas à droite :
Vous voyez ce que je vois ? O_O
Wesh... c'est juste complètement dégueu !
Alors voilà... je sais pas ce qui leur a pris mais moi du coup ben au lieu de regarder Le Petit Journal, je suis allé gerber pis maintenant je fouille dans mes placards voir si j'ai pas une corde pour me pendre...
Merci Canal + ! XD
17 avril 2012
La nouvelle coquille de David Pujadas
Après ça, David Pujadas revient en forme sur ce blog, avec une belle belle coquille... C'est à peine si, lors de sa série d'interviews des candidats à l'élection présidentielle, lors de l'émission Des paroles et des actes, il n'a pas traité ouvertement François Hollande de menteur. Vous n'avez rien entendu ? Moi non plus, mais regardez un peu ce qu'il y a écrit en arrière plan :
Message subliminal ? Presque : il y avait en fait écrit « Parlement européen » dans plusieurs langues et nous avons ici la version italienne. Juste au-dessus, c'était écrit en français : nous sommes passés à deux doigts de voir M. Hollande sur fond de « ParleMENTEURopéen ».
Tout de même, M. Pujadas : est-ce bien sérieux tout cela ?
15 avril 2012
C'est peut-être un détail pour vous...
Une
anecdote qui est bien plus qu'une anecdote, vécue pas plus tard que
cet après-midi. Je ne tenterai pas de vous l'expliquer mais après
plus d'un an à Phnom Penh, je puis vous dire que cette « anecdote »
en dit très, très long sur l'âme khmère...
Nia
et moi commandons une seconde tournée de bières. J'ai fini mon
verre, il reste dans le sien deux centimètres de boisson. Juste à côté
du verre, sur la table, le téléphone portable de Nia. La serveuse
arrive, pose sur la table deux verres de bière pleins. Totalement
pleins, au millilitre près. Elle s'empare de mon verre puis de celui
de Nia, constate avec angoisse que ce dernier n'est pas tout à
fait vide, hésite deux secondes. Le laisser signifie qu'elle ne
débarrasse pas la table. Le prendre signifie qu'elle ne laisse pas
Nia terminer la boisson qu'elle va payer. Dans les deux cas, c'est un problème. Une solution s'impose : la
serveuse s'apprête à déverser le contenu du verre presque vide...
dans le verre totalement plein, ce qui aura pour conséquence
immédiate de faire déborder celui-ci, d'en foutre plein la table et à côté jusque sur les genoux de Nia, et de bousiller au
passage le téléphone portable. Voyant venir la catastrophe, Nia se
précipite, arrache le verre des mains de la serveuse et finit sa
bière cul-sec. Satisfaite, la serveuse prend le verre désormais
vide et s'en va.
Elle
a bien fait son travail, nous soupirons de soulagement, la journée
poursuit son cours.
13 avril 2012
De l'expression des femmes regardant les couchers de soleil...
« Que
fait-on dans un lieu tel que Capri ? Qu'attendront de nous nos
parents et amis, lorsqu'il faudra leur raconter Capri ? On
regarde le soleil se coucher. Une excursion à Capri n'a de sens
qu'agrémentée d'un coucher de soleil. Alors, l'heure venue, on
trouve une terrasse de café bien placée. Sandra, les yeux plissés,
prend cette expression sérieuse qu'ont souvent les femmes en face
d'un coucher de soleil. On regarde toujours le soleil se coucher avec
émerveillement, oubliant que l'on regarde en fait un crépuscule. Il
est intéressant de constater combien l'expression « coucher de
soleil » se vêt d'une connotation douce et romantique, quand
le mot « crépuscule » – qui désigne pourtant la
même chose – assombrit les visages. C'est probablement ce qui
explique que les femmes, en dépit de la béatitude que leur inspirent les couchers de soleil, prennent cet air sévère
lorsqu'elles en admirent un. Sans doute l'instinct leur dicte-t-il
que les ténèbres approchent, qu'il faut songer à se protéger des
bêtes féroces. »
Extrait de L'ami imaginaire, roman en cours d'écriture.
11 avril 2012
Vous reprendrez bien un peu de discodéine ?
Alors
voilà : ça fait un petit moment que j'avais envie de partager
davantage de musique avec vous, de vous faire découvrir des trucs un
peu différents, des artistes oubliés ou méconnus dont le travail
mérite d'être exposé davantage. Pour autant, je craignais que ce
blog - qui a vocation à répandre mes idées tordues sur le monde -
ne se transforme en blog musical au détriment de l'écrit.
Le
mieux était encore de couper la poire en deux. J'ai donc la joie de
vous annoncer la naissance du Shaomix, un blog 100% musical.
Cela ne signifie pas que je ne posterai plus jamais de musique ici,
ou que je ne posterai pas certaines choses sur les deux blogs à la fois, mais
ça sera globalement plus ordonné. Par ailleurs, ce système me
permettra d'indexer les morceaux (par artiste, par genre, par
année, par nationalité...) : les curieux s'y retrouveront mieux.
Quant
au contenu : attendez-vous à un joli bordel (comme d'hab', quoi)... Peu de chance, certes, de trouver ici du heavy-metal ou du classique...
Mais pour le reste ça sera assez large : musiques électroniques et
expérimentales en tous genres, du trip-hop à l'ambient en passant
par des choses très dansantes ; world music et jazz ; funk et hip-hop
; niaiseries synthpop des années 80 et pop-songs irrésistibles ; trucs bizarres importés du
Japon ; musique classique indienne ; outrages post-punks et autres raffinements sont au programme.
Cette
fois, vous ne pourrez pas dire qu'on ne vous a pas prévenus !
10 avril 2012
9 avril 2012
Pour une campagne électorale haute en couleurs !
Cette campagne électorale est un peu molle, il faut bien l'avouer... D'aucuns parlent d'un manque de ferveur, d'autres dénoncent un manque de propositions de la part des candidats... Il y a comme une absence : celle d'un véritable élan démocratique.
Heureusement, entre en scène Marc Fesneau, secrétaire général du MoDem ! Ce jeune homme créatif a eu l'idée brillante de teindre ses cheveux de la couleur emblématique de son parti :
Je trouve la démarche admirable : c'est exactement le genre de choses dont on a besoin pour donner à cette campagne une véritable dynamique ! J'irai même jusqu'à dire que cette idée pourrait bien révolutionner notre conception de la politique !
C'est pourquoi, avec l'assistance technique de Nia et son salon de coiffure virtuel, j'ai décidé d'inciter vivement les premiers secrétaires et secrétaires généraux des autres partis à en faire autant !
Martine Aubry pour le Parti Socialiste :
Jean-François Copé pour l'UMP :
François Delapierre pour le Parti de Gauche (Front de Gauche) :
Cécile Duflot pour Les Verts :
Sans oublier Steeve Briois pour le Front National :
ERRATUM : Heu... alors en fait, là on me dit que... en fait il est... heu... que en fait Marc Fesneau et ben... il est roux...
C'est ballot...
8 avril 2012
Psychanalyse d'une intelligence artificielle
C'est
assez curieux, parce que je ne connais que des gens qui détestent
A.I. Intelligence artificielle
de Steven Spielberg. Je dis « curieux » parce que c'est
sans aucun doute son meilleur film, celui qui transcende le plus le
genre auquel il appartient, qui s'apparente le plus à ce que l'on
nomme pompeusement un « film d'auteur ». C'est aussi
celui que Spielberg a le plus soigné visuellement. Je ne parle même
pas des effets spéciaux mais d'une réalisation magistrale, d'une
photographie irréprochable, de cadrages incroyables, d'une volonté
de se dépasser artistiquement que je ne retrouve dans aucun autre de
ses films.
Je
crois que la raison pour laquelle A.I.
a tant déplu, c'est parce que tout le monde est passé à côté de
son véritable propos. La plupart des spectateurs en attendaient un
divertissement, une grande aventure épique comme Spielberg sait si
bien les conter, la démesure de Kubrick en plus : A.I.
leur a paru mou et niais. D'autres s'attendaient sans doute à une
réflexion sur ce que c'est d'être humain, sur la limite entre la
machine et l'homme, etc. Mais ce thème phare de la S.F. était déjà
tant rabâché qu'il n'y avait plus grand chose à ajouter. Il en est
certes question dans A.I.
mais ce n'est pas le cœur du propos. Personne ne semble, par contre,
avoir songé à interpréter ce film sous l'angle psychanalytique.
C'est assez dommage car si A.I.
parle sérieusement de quelque chose, c'est bien de psychologie.
Moi,
ce film il me fait chialer à chaque fois, et ce n'est pas à cause
du sentimentalisme qu'on lui prête (à tort), ni parce qu'il est
triste ou beau ou touchant, mais parce qu'il fait référence à une
déchirure que nous connaissons tous. La plus terrible, la plus
irréparable, la plus intime. Et aussi, sans doute, la plus répandue.
Celle du jour où nous réalisons que nous ne sommes pas uniques, ni
parfaits, ni autant aimés qu'on a bien voulu nous le faire croire.
Celle du jour où nous réalisons que notre mère est une salope et
notre père un lâche. Celle du jour où nous comprenons que nous ne
sommes pas le centre du monde et que, à vrai dire, le monde n'a cure
de notre devenir. Celle du jour où nous comprenons que nous sommes
seuls.
Je
n'ai pas fait d'études en psycho et je ne sais pas exactement à
quel âge ce drame intérieur est censé se produire, je pense
d'ailleurs qu'il ne se produit pas d'un coup mais peu à peu, tout au
long de notre enfance. Cela correspond en tout cas à la première
partie du film, celle durant laquelle David ne peut empêcher qu'on
le rejette après l'avoir aimé, jusqu'au moment où on le balance
dans le monde, dans la vie, dans l'âge adulte en somme, sans l'avoir
averti des horreurs qui l'attendent (sa mère le lui dit d'ailleurs,
au dernier moment : « Je suis désolée de ne pas t'avoir
parlé du monde »).
Arrive
la seconde partie du film : la quête de la Fée Bleue, celle
qui doit transformer le robot en « vrai » petit garçon,
celle qui rendra possible l'impossible et annulera la déchirure de
la séparation. Qui est la Fée Bleue ? C'est le mythe que nous
recherchons toute notre vie, essentiellement à travers la relation
amoureuse, parfois dans l'amitié, voire dans la parentalité. C'est
la quête, au milieu d'un monde hostile, d'un être spécial qui
n'existe pas. Parce qu'il n'y a pas de bonne fée mais juste d'autres
êtres comme nous, blessés, abandonnés. C'est la lutte pour
survivre au milieu des cannibales qui, comme à la « Foire de
la Chair », tuent sous prétexte de célébrer la vie. La
boucle est d'ailleurs bouclée d'avance par le postulat du film
lui-même : que cherche donc un couple qui adopte un
enfant-robot qui ne vieillit jamais, dont la dévotion est
inconditionnelle ? Quoi d'autre que l'amour que leurs propres parents leur ont confisqué ?
La
dernière partie, enfin, sans même parler de cette fin hallucinante
avec les aliens,
aborde la question de l'acceptation. Tout le monde a hurlé au
scandaleux happy end
mais ce n'est pas du tout un happy-end !
David ne retrouve l'amour de sa mère que le temps d'une journée,
pour ensuite le perdre à jamais. Cet éphémère, il doit s'y
soumettre sans révolte et c'est alors, à ce prix seulement, qu'il
pourra profiter de ces brèves retrouvailles. Cette fin nous dit que
si nous acceptons de goûter à de courts instants de tendresse, sans
attendre d'eux qu'ils se transforment en un amour éternel, immuable
et indestructible, alors peut-être saurons-nous jouir de
l'existence. Ce n'est qu'à cette condition que, tout comme David qui
accède à une certaine forme d'humanité (puisqu'on nous explique
qu'il se met à rêver dans son sommeil), nous accédons enfin à
nous-même, libérés des illusions d'une désillusion refoulée.
La
dernière image (pas seulement celle de David et sa maman blottis
dans le lit mais le plan séquence, lorsque la cadre s'élargit pour
inclure peu à peu le robot-nounours, la fenêtre, les autres
fenêtres de l'immeuble qui s'éteignent peu à peu) est
particulièrement signifiante (et émouvante) parce qu'elle évoque
l'idée que se fait un jeune enfant du monde rassurant, chaleureux
qui l'entoure. Essayez de vous souvenir de votre petite enfance, de
la perception que vous aviez du monde à l'époque où il vous
semblait encore inoffensif : il y a des chances pour que le
tableau colle parfaitement. Et ce tableau si doux, si beau, si
parfait, c'est ce à quoi le film nous dit de dire adieu parce que
nous l'avons déjà perdu, irrévocablement.
Et
c'est pour ça qu'A.I.
me fait chialer : parce qu'il parle à mon inconscient, au petit
garçon qui est tapi tout au fond de moi. Parce qu'il lui dit que ce
qu'il croit avoir perdu n'a, en fait, jamais existé. Parce qu'il lui
dit qu'il faut y renoncer pour de bon. Et cela, comme tout un chacun,
j'ai encore un peu de mal à l'entendre.
Alors
on dira ce qu'on veut : je trouve assez extraordinaire qu'un
« simple » film de science-fiction tape aussi juste,
cible aussi habilement la cause première de nos souffrances et de
nos colères, pour finalement nous offrir quelques pistes quant à la
manière d'en guérir ! Pas si mal pour un prétendu nanar...7 avril 2012
Moi je sais pour qui il faut voter !!!
6 avril 2012
4 avril 2012
A Night And A Day
Pepe Deluxé - A Night And A Day (2011).
3 avril 2012
31 mars 2012
La paranoïa est-elle un virus informatique passant de la machine à l'homme ?
Il faut arrêter de faire circuler tous ces trucs conspirationnistes... Les gens sont en train de péter complètement les plombs avec ça sur internet... Ça a toujours été là mais récemment, avec les réseaux sociaux, ça prend des proportions alarmantes. Tout le monde y va désormais de son lien vers telle vidéo ou tel article démontrant que nous ne vivons en dictature, que nous sommes tous manipulés par un petit groupe d'Illuminati, que les médias sont tous et ne sont que les vassaux de cette élite politique, etc.
Je ne crois pas que cela serve en aucune manière la démocratie ou nos libertés individuelles...
D'une part, cela banalise la diffusion de faux documents dont la fausseté, lorsqu'elle est démontrée, n'est même plus un problème ! On m'explique régulièrement que même faux, tel ou tel document a le mérite d'éveiller les consciences et doit donc continuer d'être diffusé ! Sans rire, c'est un argument de plus en plus repris par les « champions de la vérité » ! C'est comme ça que certains, depuis plus d'un siècle, justifient leur usage odieux des Protocoles des Sages de Sion, soit dit en passant ! (Je parlais déjà de ce problème ici.)
Dans d'autres cas, la preuve par l'enquête devient superflue. Je connais des gens qui font des recherches approfondies, afin de savoir si la version officielle des attentats du 11 septembre est ou non une fraude. Fort bien : il y a là un désir de preuves. Pour nombre d'autres internautes, néanmoins, il n'est plus nécessaire de vérifier les choses : la théorie, si elle est vraisemblable, est nécessairement vraie. Ainsi, plusieurs internautes m'ont affirmé que Mohammed Merah a été abattu sur instructions, qu'il n'a jamais été question de le capturer vivant. Sa mort n'est donc ni plus ni moins q'une exécution sommaire, un meurtre. C'est une accusation très grave contre les hommes politiques concernés ! Moi je veux bien y croire, ce n'est pas si fantaisiste comme idée après tout, mais qu'on me fournisse des preuves : un témoignage, un document, quelque chose ! Mais non, m'explique-t-on, il n'est pas nécessaire de chercher des preuves parce que c'est évident. C'est évident donc c'est vrai, point ! Il est donc légitime de hurler au scandale et de traîner nos institutions dans la boue sur les réseaux sociaux ! Et je me suis évidemment, dans la foulée, fait traiter d'imbécile et de naïf, qui fera moins le malin quand son tour viendra (allusion au célèbre poème First they came, donc atteinte du point Godwin). (De tout cela, je parlais déjà ici.)
Par ailleurs, je crois que toutes ces thèses complotistes endorment les gens qu'elles sont censées réveiller. Celui qui est convaincu que tout est décidé dans l'ombre, par un pouvoir secret et inaccessible, renonce de fait à user des outils démocratiques dont il dispose. Si le système tout entier est une mascarade, un mensonge, il est inutile de réclamer qu'on fasse des enquêtes, qu'on cherche des preuves de telle ou telle fraude, qu'on lutte contre les abus (j'entends devant un tribunal, pas en braillant sur Facebook). Le pouvoir ne permettra jamais qu'on le déstabilise donc tout est vain ! Je suppose que certains renoncent même à leur droit de vote et à tout droit de contestation juridique des institutions politiques et des grandes entreprises. Si tout est mis en scène, à quoi bon faire acte de citoyenneté ?
On peut donc imaginer que le meilleur moyen d'endormir les masses est au bout du compte... de leur faire croire qu'on essaie de les endormir ! Le citoyen-internaute déprimé, pessimiste, obsédé par ses théories du complot, sera plus docile encore que celui dont il se moque tant, à savoir le gros pigeon endormi par la télé-réalité.
Ne soyons pas naïfs. Bien sûr qu'on nous ment souvent, sur plein de trucs. Ne soyons pas non-plus paranoïaques. On ne nous ment pas toujours, ni sur tout. Reste aussi à déterminer qui est ce « on ». « Il » n'est certainement pas si uni ni unique. Ne plus rien croire et ne plus croire en rien a priori et par principe, c'est renoncer à faire preuve de discernement. Sans discernement, nulle vigilance. Sans vigilance, nulle démocratie.
29 mars 2012
Crever bio ou pas bio ?
![]() |
| Dessin : IV |
– C'est
pas toi qui parlait de pragmatisme à l'instant ? C'est plutôt
pragmatique de préserver son organisme après un certain âge. Que
tu n'aimes pas ça, c'est un autre problème, mais tu vivras mieux en
bonne santé que malade ! Alors quoi ?
– Alors
fuck !
C'est complètement déprimant ! File-moi une clope !
27 mars 2012
Et ça continue, encore et encore...
![]() |
| (Photo : auteur inconnu) |
L'affaire
Merah déchaîne (évidemment) les passions et, comme toujours à
présent, Internet se fait le théâtre de la vindicte populaire.
Sans
surprise, il y a les croquantes et les croquants chers à Georges
Brassens, qui s'empressent de maudire l'infâme islamiste, de se
frotter les mains qu'on l'ait pendu haut et court sans autre forme de
procès et qui répandent sur la toile un flot d'injures allant de la
méchanceté gratuite à l'anti-islamisme (voire au racisme)
flagrant. De ceux-la, je ne m'occuperai pas : nous savons depuis
Brassens que ce sont des idiots.
De
l'autre côté du cyber-bar, il y une autre catégorie de gens
que je ne sais trop comment qualifier. Intellos de gauche sans
doute ; humanistes autoproclamés ; issus de milieux
populaires pour la plupart (ils n'aiment pas les riches, c'est
évident !) ; immigrés de seconde ou troisième génération
pour certains ; conspirationnistes, altermondialistes et autres
antistes, et j'en passe... Difficile de leur coller une
étiquette, mais ils sont partout !
J'en
parlais déjà ici : ils sont toujours les premiers lorsqu'il il
s'agit de colporter n'importe-quel hoax sans en vérifier les
sources. Pour exemple : il y a quelques semaines, un article a fait le tour
du web, qui expliquait que les citoyens américains seraient
contraints, en 2013, de se faire implanter une puce électronique
sous-cutanée. Information dont il était facile de vérifier qu'elle
était fantaisiste, mais qui fut pourtant reprise en chœurs et assortie de
« Oh ! » et de « Ah ! » et autres
« Quelle horreur ! », « C'est le début de la
fin ! », « Big Brother est parmi nous » et
j'en passe...
Mais
la folie ne s'arrête pas là : je le mentionnais déjà dans mon article, ces
mêmes gens qui s'empressent de colporter tout et n'importe quoi - dès-lors que cela provient d'un internaute isolé - se méfient par
contre de toute information émanant de sources « officielles ».
Friands de théories du complot, allant du faux alunissage de 1969 à
George W. Bush dézinguant lui-même le World Trade Center, ils
dénoncent sans arrêt la propagande, les manipulations, les
mensonges auxquels se livrent nos gouvernants, nos multinationales,
nos médias. Non pas qu'on nous dise toujours la vérité, mais enfin
tout de même, on ne nous ment pas tout le temps non plus !
C'est vérifiable.
Ainsi
donc, pour en revenir à l'affaire qui nous préoccupe, dont j'ai déjà causé il y a quelques jours, le web se déchaîne et l'on
peut lire à propos de Mohammed Merah toutes sortes de choses un
tantinet curieuses. Mais avant d'aller plus avant, je préciserai
prudemment ma pensée quant à quelques points (on n'est jamais trop prudent ^^) :
-
Oui, je me suis demandé comme tout le monde s'il n'y aurait pas eu
moyen de capturer Mohammed Merah vivant, d'user par exemple de gaz
soporifiques (apparemment non). J'ai déploré
qu'il ait fallu l'abattre : un procès équitable aurait été
plus profitable à la société française qu'une exécution,
fut-elle en légitime défense (ce que je ne conteste pas). Par ailleurs, j'ai déjà
exprimé ici ma position concernant la peine de mort.
-
Oui, je reconnais que la classe politique a tenté, et tentera encore
de s'approprier cette affaire en vue des élections à venir. C'est
pitoyable certes, mais cela fait partie du jeu politique. Bien sûr
que les critiques de Mme. Le Pen à l'égard de l'appareil judiciaire
et policier, qui ont laissé le loup en liberté, sont faciles. Bien
sûr que la déclaration éclair de M. Sarkozy, suite à la mort de
Merah, était ridicule. Je viens en hâte ; j'assène d'un ton
sec et empressé un speech où tout s'enchaîne en vrac ;
j'annonce ni vu ni connu qu'un nouvel arsenal juridique sera mis en
place – usant du futur et non du conditionnel, comme si en France
l'exécutif avait le pouvoir de décider de telles choses sans l'aval
du législatif, de surcroît à la veille d'un probable changement de
gouvernement ; je dis au revoir et je me casse tout aussi
empressé que je suis venu, parce que j'ai une campagne
présidentielle à poursuivre. Oh, monsieur Sarkozy !
N'étiez-vous pas censé avoir compris votre erreur, rétablir la
dignité de la fonction présidentielle ? Imaginez-vous l'un de
vos prédécesseurs faire pareil numéro devant les caméras ?
Enfin bref, tout ça pour dire que nos politiques n'ont pas fait
preuve du plus grand panache dans cette affaire, comme d'hab'.
Amen.
-
Oui, j'ai déjà affirmé sur ce blog que Mohammed Merah était un malade
mental et non l'incarnation du mal. J'ai déjà admis qu'il
n'était pas impensable de faire preuve de compassion même à
l'égard d'un meurtrier, de même qu'à l'égard de ses proches.
-
Oui, ce genre de situations, ce genre de drames, doivent nous servir
de piqûre de rappel, nous rappeler qu'il y a des points sur lesquels
la République a échoué, en matière d'intégration, d'éducation,
de pédagogie, de suivi social et psychologique, de réinsertion, de
banlieues... La société ne peut se substituer à la responsabilité
individuelle de chacun, moralement et pénalement, mais il est urgent
de réagir et de guérir nos banlieues malades, avant que ce ne
soient elles qui ne nous nettoient au Kärcher.
Ceci
étant dit...
Je
lis des choses incroyables !
Par
exemple que Mohammed Merah n'a tué personne, qu'à part lui personne
d'ailleurs n'a été tué car on n'a vu aucun corps (?), que les sept victimes n'existent donc tout simplement pas, que tout
cela a été ourdi par l'UMP afin de récupérer des électeurs et de
monter les Français contre les immigrés, que ce pauvre Momo s'est
trouvé pris dans un piège diabolique et qu'on l'a exécuté
froidement et sciemment afin qu'il ne puisse clamer son innocence...
Wow !
Plus
modérés mais à peine moins délirants, il y a ceux qui affirment
que oui, Mohammed Merah a bien tué sept personnes, qu'il a bien tiré
sur la police, mais que ce n'est pas sa faute. Pas du tout sa
faute. Il a fait tout ça parce qu'il était pauvre, parce que
les Français sont tous racistes et indifférents à la misère des
immigrés, parce que cette indifférence l'a poussé dans les bras du
Djihad. Lui c'est une victime. Les criminels ce sont tous les
autres : les sales Français, les sales Juifs, les sales
riches, les sales flics et même le graphiste Christophe Lacaux (à
en croire un commentateur anonyme de mon article précédent)... Nous devrions tous
avoir honte. Nous devrions élever un monument à la mémoire de
Mohammed Merah, tombé non pas pour mais par la France, et verser des dommages
et intérêts à sa famille, victime elle aussi de notre ignominie.
Heu...
Non
mais attendez là...
Alors
déjà il y a des vrais gens dont les proches ont été
assassinés par Mohammed Merah. Des gens qui n'avaient rien demandé.
C'est assez odieux de leur imposer ce genre de déni ! Non
non Madame : votre enfant n'est pas mort, il a pas été
assassiné, il n'a jamais existé en fait. Sans déconner ?!
Ensuite,
concernant le mensonge d'État, je veux bien qu'on nous balnave
sur des trucs comme l'Affaire Karachi ou les histoires de fric avec Liliane Bettancourt. Mais d'ici à inventer sept
cadavres, sur le sol français, dont des enfants exécutés dans une école devant témoins,
c'est un peu fort de café ! De même qu'aller fabriquer
des fausses preuves (je pense à cette voiture pleine d'armes) et
mettre en scène un siège de trente heures pour choper un innocent
qui en fait ne serait ni fou ni armé... Heu...
Non. Là, vous hallucinez les mecs. On est en France, pas en Corée du Nord. Le président est pote avec les patrons des médias,
OK, mais il y a des limites à tout.
Quant
au scénario de la victime de la société dans son ensemble à
commencer par ce pauvre Christophe Lacaux (dont j'affirme qu'il s'agit d'un type généreux, profondément humain et
certainement pas raciste !), moi je veux bien mais ça nous mène
où exactement ? Il faut toujours aller jusqu'au bout des
raisonnements que l'on prétend défendre. Toujours. Ça
permet de mesurer la portée de
ce que l'on affirme.
Sous
prétexte qu'il y a des injustice, une inégalité des chances au
départ, de l'indifférence et du racisme, de la pauvreté, toute
personne issue de l'immigration est donc totalement lavée de sa
responsabilité en cas d'acte criminel ? Érick Schmitt,
lui, c'était un sale forcené. Marc Dutroux n'en parlons pas :
un odieux pervers ! Parce qu'ils s'appelaient Schmitt et Dutroux, ils n'avaient pas d'excuses mais par contre, si tu t'appelles Merah et que
t'as grandi en banlieue, c'est pas de ta faute ? Putain mais ça
craint ce genre de dérive ! Vous feriez mieux d'aller
voter pour Marine direct, parce qu'avec des discours pareils vous lui
tendez le bâton pour se faire élire !
Dans
un cas, la dérive communico-politique justifie l'injustifiable et
transforme le meurtrier en victime dès-lors que ça passe à la
télé. Dans l'autre, les échecs socioculturels de la République
justifient l'injustifiable et transforment le meurtrier en victime
dès-lors qu'il est pauvre et/ou issu de l'immigration.
Dans
les deux cas, l'individu est déresponsabilisé. C'est pas sa faute.
C'est une victime, voire un héros, un martyr non-pas de l'islam mais
de la bienséance alterantigauchoparano.
Et
une fois encore, le citoyen qui se veut militant creuse sa propre
tombe, affirmant le contraire de ce qu'il devrait affirmer s'il
voulait être cohérent avec les idées qu'il croit défendre !
De même qu'en répandant sans discernement des infos erronées ou
mensongères, l'internaute flingue sa liberté d'expression si chérie,
c'est sa citoyenneté qu'il démolit lorsqu'il nie son propre droit à
être responsable de ses actes.
Il
faut toujours aller jusqu'au bout des raisonnements que l'on prétend
défendre. Toujours.
Ça permet de mesurer la portée de ce que l'on affirme.
Si
Mohammed Merah n'est pas responsable, si Mohammed Merah est une
victime du complot politico-médiatico-industriel ou de la société
française indifférente et raciste, alors moi non plus, toi non
plus, plus personne n'est responsable de ce qu'il dit ou fait. Nous
sommes tous des enfants. Nous sommes tous soit manipulés soit
conditionnés. Nous pouvons écrire n'importe quoi sur internet,
battre nos femmes et nos gosses, lancer des insultes racistes à nos
voisins, rouler bourrés, poser des bombes... Ce n'est pas
notre faute, c'est la faute de
la société, c'est la faute du pouvoir ! Ce que ces internautes affirment,
c'est que le citoyen français n'est pas capable
d'assumer les droits et les devoirs qui sont les siens. Ce qu'ils
affirment, c'est que le citoyen français est un enfant. Et si l'on ne parle que du Français issu de l'immigration, c'est encore pire : on retombe dans les pires heures du paternalisme colonial ! Affirmant que le pauvre Arabe (ou le pauvre Noir) n'est pas capable de porter le poids de ses problèmes (dont est responsable le Français de souche, certes, mais cela sous-entend que ce même Français de souche est de facto plus fort, plus solide), l'argument anti-raciste devient plus odieusement raciste que tout ce qu'il dénonce ! Le pauv' petit Arabe, il est pas capable de faire face. C'est un enfant.
L'enfant,
il est sous la tutelle de ses parents ou, faute de parents, de la
nation. Il n'a pas le droit de disposer de lui-même. En sombrant dans de délirantes théories du complot ou de victimisation,
l'internaute justifie donc ce qu'il voudrait
dénoncer ! Si le citoyen français (de souche ou non) est à ce point naïf, à ce
point manipulable, si peu maître de son destin, alors cela signifie
que le citoyen français est indigne des libertés qui lui sont
offertes. Indigne de voter, voire de s'exprimer librement. Ainsi
donc, il serait plus raisonnable de rétablir dès aujourd'hui un
régime autoritaire, de type fasciste ou communiste, qui prendrait en
charge la destinée des gens comme vous et moi. Plus de droit de vote. Plus de liberté d'expression. C'est pour votre bien !
Et
voilà comment, après avoir noyé leur liberté d'expression sous le
poids d'une désinformation citoyenne,
les internautes sont en train d'enterrer la démocratie sous les
décombres de la paranoïa et de la bienséance.
Heureusement,
il y a au milieu de la mêlée des tas d'autres gens raisonnables,
modérés, prudents. Je les conjure de redoubler de
vigilance. Ne soyons plus passifs face aux hoax, aux théories du complot, à la mauvaise foi. Ces spectres pas si innocents, qui n'ont pas fini de hanter
nos écrans...
C'est
que le début, d'accord d'accord...
25 mars 2012
La mort inutile de Mohammed Merah
Il
était jeune, il était beau, il sentait bon le sang chaud... Il
était mort et il avait tout fait pour...
Mohammed
Merah est mort. Il a défrayé la chronique et il est mort. Affaire classée...
Qu'est-ce
que t'as branlé, Mohammed ? Elle a servi à rien, ta mort de pseudo-martyr...
Qu'est-ce
que t'as branlé, Mohammed ? À l'heure où j'écris ces lignes,
samedi soir, tu pourrais être quelque part en boite, en train de
rigoler avec tes potes, de séduire une minette aux yeux de biche, de
faire des conneries de petit con peut-être, mais des conneries qui
au moins ne prêteraient guère à conséquences. Après ça, tu te
serais sans doute marié, t'aurais eu quelques gamins, t'aurais
p'têt' ben divorcé aussi au bout du compte mais quand même ta
mère, là, au lieu de pleurer toute seule dans son lit jusqu'à la
fin de ses jours, elle aurait pu faire sauter ses petits-enfants sur
ses genoux. Tu crois pas que ça aurait été plus joli, comme
tableau ?
Non.
Toi, à la place, c'est avec des bombes que tu rêvais de faire
sauter les petits enfants. Tu l'as lu dans quel sens, le Coran ?
C'est où qu'y a écrit que Dieu est un vicelard qui prend Son pied quand les croyants shootent des petits enfants ? Non
parce qu'attend, là, il faut visualiser les choses. Dieu,
selon toi, Il kiffe qu'on tue les Infidèles. Il a décidé
d'instaurer une Loi sur la terre, et Il a décidé de laisser à ceux
qui la suivent la lourde tâche de botter le cul de tous les autres.
Admettons : je vais pas remettre en cause tes convictions les
plus intimes. Mais alors allons jusqu'au bout : visualisons.
Essaie de te L'imaginer, ton Bon Dieu, en train de te regarder tirer
sur les petits enfants. Essaie de L'imaginer en train de regarder les
balles qui déchirent la chair du gosse, la grimace de douleur sur le visage du gosse,
le petit corps qui s'écroule. Essaie d'imaginer Dieu en train de mater ça en se frottant les mains, jubilant de voir que Son
brave petit Mohammed travaille bien, sert bien la Cause. Tu
as rigolé, toi, quand t'as regardé les vidéos après coup ?
Tu trouvais ça beau ? C'est bien possible remarque, puisqu'il
paraît que tu regardais les snuff-movies des Talibans. Tu trouvais ça beau, la mort ? Le sang qui
gicle, la peur dans les yeux, la chair qui se déchire, les os qui
explosent ? Tu crois que c'est ça qu'Il kiffe, Dieu ? Le
spectacle de Ses créatures détruisant Ses créatures, désacralisant
la chair qu'Il a créée, la réduisant en bouillie ? Tu crois
que Dieu est un vieux Taliban pervers, qui mate des snuffs sur
internet, qui se marre devant ça comme d'autres rigolent d'une blague
cochonne ? Je les ai regardés jadis, ces snuffs, curiosité
malsaine oblige. Je sais à quoi ça ressemble,
Mohammed, une balle qui fait sauter une cervelle, une gorge tranchée
au couteau pendant que le mec gueule comme un cochon à l'abattoir.
Ça m'a rendu malade, évidemment. Et je peine à croire que Dieu,
là-haut, Il trouve ça joli. J'ai du mal à croire qu'Il trouve ça
drôle. J'ai du mal à croire qu'Il trouve ça bien.
Tu
te Le figures vraiment comme ça, Dieu : comme un vieux sadique ?
Ou tu Le vois façon Premier Testament : implacable et
sévère, genre totalement dépourvu d'humour ? Dans tous les
cas, tu crois pas qu'Il est un peu moins raz-les-pâquerettes
que ça, Dieu ? Tu crois pas qu'Il est un peu trop haut,
rapport à nous autres, pour aller se réjouir du fait qu'un pauvre
con s'en aille flinguer quelques flics et quelques enfants juifs ? Tu Le réduis
vraiment à peau-de-chagrin, ce Dieu que tu prétends honorer. Tu Le
réduis vraiment à un tout petit être, qui aurait de toutes
petites préoccupations. Et des désirs par trop humains.
Ah
oui, j'oubliais : il fallait aussi venger les enfants palestiniens.
Ils sont bien contents, les morts de Palestine, avec tes conneries.
Ça leur fait une belle jambe de bois, tiens ! C'est sûr qu'en
flinguant les flics et les petits enfants, t'as rudement fait avancer la
cause palestinienne. À donf'. Bouffon, va !
Mais
toi tu t'en fous, parce que maintenant parait-il que t'es un Martyr,
bien pépère là-haut au Paradis, avec des vierges et buffet à
volonté. On s'est bien fichu de ta gueule, Mohammed. Pourtant le
Vieux de la Montagne il est mort depuis neuf-cent ans, t'étais pas
au jus ? Je crois pas trop au Paradis ni à l'Enfer, c'est vrai.
Je suis plutôt porté sur la transmigration des âmes, tout ça. Je
sais pas où t'es, mon vieux, mais je sais que t'es pas en train de
baiser des vierges au paradis, ni en train de jouir de la félicité
de ton Créateur satisfait, en récompense des services rendus. C'est
des contes de bonnes femmes, pour faire faire ce qu'on veut aux
idiots, ton Paradis des Martyrs. À vingt-trois ans, t'étais pas un
peu vieux pour croire au Père-Noël ?
Perso,
j'imagine plutôt ton âme en train de errer, hagarde, dans les
ruelles sombres de Toulouse. Je te vois bien en fantôme effarouché, en
train de te demander si t'es vivant ou mort, si on t'aurait pas menti
sur la marchandise, et si tu vas pas devoir commencer à regarder la
vérité en face. La vérité grotesque de la chair déchirée des
morts, la vérité tranchante des larmes des vivants. J'en sais rien.
En tout cas t'es pas au Paradis, ça j'en suis sûr. Dieu, il est pas si bête.
T'es
pas un héros non plus, ça tout le monde en est sûr. Ta mort elle était pas courageuse. Elle était pas lâche non plus, remarque. Elle était juste conne. Elle a
servi à rien. La mort des pauvres bougres que t'as flingués, elle a
servi à rien non plus. Ni à faire plaisir à Dieu, ni à servir
l'islam que tu viens de traîner dans la boue (il n'y a qu'à voir
tes « frères » musulmans, qui ne trouvent pas assez de mots pour se
distancer de toi). La France entière te conspue, te traite de
monstre et de boucher mais moi, je sais bien que tu n'étais pas un grand méchant terroriste. Juste un
pauvre petit malade mental, un pauvre erre, un paumé de première classe. C'était pas d'un
juge d'instruction que t'avais besoin, c'était d'un psychiatre. Tes
actes ont causé trop de peine, ont fait coulé trop de sang...
L'horreur bien souvent masque le ridicule. Pourtant, le ridicule est
bel et bien là. T'étais juste l'idiot du village, comme on disait
autrefois. Un pauvre petit fada qui croyait aux contes de
fées, qui a foutu sa vie en l'air au nom des contes de fées.
Alors
cet article, bien-sûr, c'est pas pour toi que je l'écris. Toi t'as
perdu. T'as sombré, corps et âme. Ça sert à rien de frapper l'ennemi à terre. Je t'en veux pas, Momo. T'es à blâmer, certes, mais t'es aussi à plaindre. Non, cet article je l'écris
à l'intention des bouffons du monde entier, à qui viendrait l'idée
de t'imiter, qui s'imaginent que le Djihad, c'est cool. Ce que
je veux leur dire, c'est que ta mort ridicule, elle est pas cool.
Elle est pas glorieuse non plus. Elle est insignifiante. Elle a fichu un beau bordel mais
tout cela sera bien vite oublié, effacé par la course de
l'actualité. C'était pas un truc important comme une guerre, un
coup d'état, une élection, un tsunami, une nouvelle loi. Même la
putain de loi sur l'interdiction de fumer dans les bars, elle est
plus importante que la vie et la mort de Mohammed Merah.
J'ai
de la peine pour lui. Parce qu'il est pas en boite ce soir,
en train de rigoler avec ses potes et de séduire une fille aux yeux
de biche. J'ai de la peine pour lui parce qu'il a sans doute brisé
le cœur de sa maman et ça, c'est pas dans le Coran. J'ai de la
peine pour lui parce que ce petit con, il est mort comme un gros con. Mais par-delà la compassion, j'ai quand même un peu envie de me foutre de
lui. C'est pas méchant, c'est juste lucide : Mohammed Merah était pathétique, ridicule, grotesque. Ses grandes phrases aux négociateurs du RAID, ses petites convictions de moudjahidin à deux balles : c'était du bidon, tout ça... Alors je me moque un peu, puis je pense à autre chose, et puis j'oublie... Quinze ans après, qui se souvient encore de Khaled Kelkal, de ce qu'il a fait et de pourquoi il l'a fait ? Personne. Tout le monde s'en branle de Khaled Kelkal...
Du coup, chers apprentis-Talibans qui songez à passer à l'acte, si la question de savoir si
c'est bien ou mal vous semble tranchée, si vous êtes en outre convaincus que Dieu kiffe les snuff-movies, demandez-vous juste si c'est digne ou ridicule. Parce qu'être un Martyr du
Djihad, être un killer un vrai, être l'Ennemi Public Numéro
Un, ça vous excite peut-être. Mais n'être au fond qu'un clown triste, un bouffon de seconde zone, risible et vite oublié, je sais pas trop si ça vaut
la peine de tuer...
Ni de mourir...
Ni de mourir...














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