28 août 2008

@ la nouvelle (et aux suivantes...) - deuxième partie


















je te veux danseuse, je te veux heureuse
je nous veux légers, ne sois pas peureuse
si ta joie n’est pas en ce lit douillet
pourquoi persister, pourquoi s’embourber ?

je ne suis là que pour quelques arcs-en-ciel
je ne suis là que pour tes étincelles
au moins transparent, je ne me cache pas
au moins galant, je ne te trashe pas

si ta danse est douce en ce partage-là
reste donc en piste & mmh... croque-moi
si ta danse est sombre & insatisfaite
reste mon amie & vole vers d'autres fêtes

j’ai trop bouffé de mélodrames
pour aimer encore à en perdre larmes
j’aime à jouer dans ta cour, princesse
mais sans nul chantage, sans nulle bassesse

25 août 2008

@ la nouvelle (et aux suivantes...)





















j'aime ton esprit de freak hypnotique
tes hanches savantes & électriques
mais rien, de ton verbe affiné à tes gestes moites
ne vaut l'amour que shiva me porte

si donc ma danse ludique ne te convient pas
va t'asseoir ailleurs, les bancs ne manquent pas
car ma joie sans borne est un rare cadeau
qui saura ravir d'autres beaux oiseaux

22 août 2008

Mariez-vous, faites des gosses, pourrissez-vous la vie !

Compte tenu de ce que j’observe, je me demande pourquoi les hommes et les femmes occidentaux persistent à se marier, à vivre en couple et à enfanter.

Le mariage est devenu une farce obscène (divorce à tous les coups).

La vie en couple est devenue un enfer (prise de choux à tous les coups).

L’enfantement est devenu un drame (séparation, mères célibataires et enfants perturbés à tous les coups).

Ne serait-il pas temps pour l’homme et la femme occidentaux d’admettre qu’ils sont devenus (à vie) des adolescents capricieux et individualistes et qu’ils sont de fait anthropologiquement inaptes à maintenir une relation dès qu’il s’agit de vivre ensemble et de fonder une famille ? Je ne dis pas que c’est bien ou mal, c’est juste un constat. Alors pourquoi s’obstiner à se rendre malheureux au lieu de reconnaître que nous rêvons tous d’être d’éternels célibataires (ou du moins de vivre le grand amour sans engagements ni responsabilités) ?

Non ? Très bien, continuez alors : mariez-vous et faites de votre mariage une farce grotesque, vivez en couple et faites de la vie de votre conjoint un enfer, faites des gosses et pourrissez-les ! On ira loin comme ça !

21 août 2008

Petite méditation avant de dormir...

Tiens, c'est vrai ça : pourquoi faudrait-il à tout prix « connaître » les gens pour leur vouloir du bien (et par extension, pourquoi faudrait-il être indifférent au sort des gens que l'on ne connaît pas) ?

Connaître, pas connaître... Quelle différence cela fait-il ? Au bout du compte, on est bien tous égaux face à la souffrance et à la joie...

16 août 2008

Mystique féline

Alors tout d’abord, je vous invite à vous assurer que le son de votre ordinateur est en marche puis à regarder la petite vidéo ci-dessous :


Outre que tout ça est assez hilarant et tout à fait choupinoux, je pense qu’il ne faut pas se méprendre sur le sens profond de ces mots !

« Oh my Dog,
Oh Long John,
Oh Long Johnson,
Oh Don Piano,
Why I eyes ya
All the live long day? »

Non, ce chat n’est pas sous acide et il n’a pas davantage besoin d’un psychanalyste.

Il est au cœur d’une révolution spirituelle !

Ce chat est en effet en proie à une crise mystique depuis plusieurs jours et les êtres qu’il invoque sont des divinités félines, inconnues de nous autres humains.

« My Dog » est, comme on dirait en anglais, « the Only Dog », le Chien Unique qui protège les chats. Quant à Long John, Long Johnson (le fils de Long John, selon la mythologie) et Don Piano, ce sont des sortes de Saints Protecteurs, qui guident et accompagnent les chats dans leur vie comme après leur mort.

Au moment où cette vidéo a été réalisée, le chat est dans une transe mystique depuis des jours et des jours (d’où son expression effarée), rempli par l’Amour et la Lumière du Chien Unique et des Trois Saints, qu’il contemple dans une extase indescriptible, oubliant de dormir et même de se nourrir !

Ainsi, dans un sursaut de lucidité, le chat réalise qu’il a perdu tout contact avec la réalité, et interroge ses Dieux afin de comprendre pourquoi il a été choisi, lui, simple chat parmi les chats, pour avoir l’honneur de voir Leur grâce et de Les adorer. D’où la dernière question : « Why I eyes ya all the live long day? » (que l’on peut grossièrement traduire par : « Pourquoi suis-je en train de vous contempler tout au long de cette éternelle journée ? »)

Puissent le Chien Unique, Long John, Long Johnson & Don Piano veiller sur vos âmes, amis lecteurs.

(La suite ici).

12 août 2008

Des perles et des cochons...

Une petite chansonnette écrite par Prince, que je publie à la mémoire des taliban(E)s sexistes, des anars-bien-pensants, des faux-humbles, des rebelles politiquement corrects, de ceux qui jugeaient sans chercher ni à connaître ni à comprendre, de ceux qui parlaient beaucoup mais ne faisaient rien, de ceux qui œuvraient pour le bien de l'humanité en buvant des bières dans leurs squats, de ceux qui détenaient l'incontestable vérité et qui - de fait - avaient tous les droits pour critiquer et humilier autrui, et de leurs compagnons antistes de tous bords. Paix à leurs âmes, qu'ils relisent La ferme des animaux de George Orwell et qu'ils reposent en paix...




If I leave my front door open
Would you come and visit me?
Just to slander my name hopin'
That I would pack my bags and leave
If I did would you remember
To feed the dove and clean the cage?
And never count in front of the children
Lest they die of old age

I don't really know
Why we have to go
Our separate ways
Whether or not we grow
After the seeds are sown
Only time can say...

Can I offer you baklava
Or a bagel with cream cheese?
Will we say grace to our father
Holding hands down on our knees?
Are we better off just fighting?
You on your side, me on mine
Are the words that i keep writing
Only pearls before the swine?

What makes men
Claim that you're a friend
When you're not at all?
They knock you down and then
They lift you up again
Just to see you fall...

But like a bird I'll keep on singing
A song that never leaves your mind
If nothing else you've taught me one thing:
"Never cast your pearls before the swine"

11 août 2008

Le but final...

Il nous a fallu deux-cent-cinquante-mille ans d'évolution pour le comprendre mais la véritable raison pour laquelle Dieu nous a donné des dents est pour que nous puissions déchirer les emballages en plastique qui entourent les objets qu'on achète.

3 août 2008

Bénis soient nos enfantillages...

Météo : tempête de soleil.

Marathon festif : vingt-neuvième jour (record explosé !). Ça finit par devenir une sorte de parcours initiatique : on n'en sort jamais tout à fait le même.


Bande son : Chromeo, The Knife, Hong Kong Counterfeit, Calvin Harris, Estelle feat. K. West, Annie, Nam:Live, Phoenix, Kitbuilders, Claire Diterzi, Prince, Avenue D., Dirty Sanchez, Mount Sims, Snax, Tiga, Chicks On Speed and more ! Merci à eux.

Grève terminée !
Reprise des négociations effective et en cours.
Reprise de l'activité : date inconnue.

(OhmyGodwasshecute!)

Problèmes du canapé à peu près réglés, mais il faut encore trouver un cours de Tamoul (ou de Kannada, ou de Malayam…)

Problème du dancefloor réglé : DV1 rules !

Phrase à méditer : « Plus t’es splendide, plus t’es lucide ! » (Bret Easton Ellis). Ça va plus loin que ça en a l’air !

Autel pour Caprica 6 à aménager en septembre.

Bonne nouvelle : il reste encore des freaks et des hippies au milieu du baisodrome ! Caprica 6, veillez sur nous : nous sommes leur seul espoir !

Pourpritude de l’agneau radieuse et irradiante. Groove à 100%.

Bénis soient nos enfantillages !

29 juillet 2008

Sénateur en manque de publicité

D'après Yahoo News :

« Le sénateur de l’Aube, Philippe Adnot, a semble-t-il effectué quelques voyages mouvementés, entre Troyes et Paris. Dans une question adressée début juillet à Dominique Bussereau, secrétaire d’État chargé des transports, ce représentant s’inquiète quelque peu de la prolifération des « ordinateurs portables privatifs » dans les wagons TGV. Plus exactement, des libertés que prennent certains passagers sur ces PC (ou Mac) de consulter des « vidéos non autorisées à tout public ». « Ce type de projections, notamment à caractère pornographique, outre le fait qu'il peut porter atteinte à la liberté publique d'adultes non désireux, mais contraints de les voir en raison de la proximité de leur siège, porte certainement atteinte à celle des jeunes publics », explique le sénateur. L’intéressé qui veut protéger les jeunes publics « auxquels ce type de projections est interdit par la loi », demande ainsi au gouvernement s’il existe une réglementation spéciale pour remettre ces utilisateurs sur les rails ou si un texte est effectivement en préparation pour leur botter le train. »

Alors je suis bien d'accord pour dire qu'un enfant de trois ans n'a pas nécessairement besoin d'assister à une fellation sur PC pour s'épanouir sereinement, mais doit-on vraiment légiférer encore et toujours, plutôt que de laisser les gens s'arranger entre eux sur ce genre de choses ?

Voilà en tout cas ce qui se passe lorsque les médias ignorent trop nos sénateurs : ils trouvent une absurdité pour se faire un peu de publicité et racoler au passage les milieux conservateurs, et nous héritons d'une nouvelle loi visant à restreindre nos libertés individuelles. Pourquoi ne pas, tout simplement, interdire la pornographie en France et, tant qu'on y est, remettre au goût du jour la loi pénale révoquée en 1791, qui condamnait fermement la sodomie ? Je suis certain que ce genre de mesures suffirait à faire entrer un sénateur dans l'Histoire !

Mesdames et messieurs les journalistes, je vous en supplie : n'attendez plus que nos sénateurs se sentent délaissés pour parler d'eux ! Faites des articles sur leur look, sur leurs enfants, sur les recettes de cuisine préférées de leurs femmes, sur leurs vacances à la mer, sur ce que vous voudrez… Mais par pitié, faîtes-leur de la pub avant qu'ils ne soient acculés à proposer des lois !

28 juillet 2008

La vérité sur le Christ

























- Brandon ! Va sauver le chien !
- Peux pas, j’ai mes devoirs à faire !
- Bon… appelle les policiers, alors !
- Peux pas, j’ai ma météo à revoir !
- Tant pis : ce panda géant de la rivière Kwaï va dévorer Médor.
- On en achètera un autre…
- Le cours du chien est cher.
- Pense-tu ! Madame Melonveau en vend un en pack avec un vase rempli de perles de merde : 200 euros.
- Bon… mon fils, c’est bien grâce à toi que cette famille survit…
- Je sais, Papa. Maintenant, sois gentil et va balayer la cour.
- Oui, Brandon.


Le père sort par la porte, puis la mère entre par la fenêtre.

- Brandon !
- Mère ?
- J’ai froid.
- Mettez un pull.
- Vraiment ? Vous pensez que…
- Mettez un pull, je vous dis !
- Bon… si tu le dis.
- …
- …
- Mère ?
- Oui ?
- …
- Pardon ! Merci, Brandon.
- Ce n’est rien. Va nettoyer la baignoire, à présent.

Une heure quatorze plus tard…

- Alors, fils, cette météo ?
- D’après moi, il va faire beau demain soir.
- Mais c’est vrai, ça ! Quel savant tu es !
- C’est faux !
- Mais… Brandon…
- J’ai échoué mon précédent test en météo !
- Oui, mais… en découpage de verrues, tu as eu 21 sur 20, c’est très…
- Ne m’interromps pas, chien !
- Pardon, Madame.

Le client s’en va, Brandon se touche le bout des tétons et crache au sol.

- Saleté d’apothicaire !

Sarah entre.

- Brandon.
- Oui, sœur ?
- C’est confirmé, maintenant.
- Quoi ?
- Je suis enceinte de Papa.
- Qui est le père ?
- Pyrame, l’esclave du voisin.
- Bien ! Lorsque Papa renaîtra, tu le mettras dans une couveuse, et nous le clonerons en septembre.
- Oui, sœur.
Brandon sort un pistolet du tiroir bleu caché sous le lave-vaisselle.
- Prend ça.
- Dois-je…?
- Oui : cette comédie a assez duré !
Sarah tire.
- Aaaaaaaaaaaah !!!

Le plombier s’écroule.

- Mère !

La mère entre.

- Brandon ?
- Jette ce cadavre dans la benne recyclable, et répare le bidet.
- Oui, chéri.

Onze mois plus tard, Brandon se fait prêtre. Il est crucifiée par les Juifs en 2009.

27 juillet 2008

Sassy Shaomi!

& ce jour-là je jure
Que si j'arrive un jour à te coincer entre quatre murs
Je ferai hurler ton murmure
Car la liste des choses que je veux te faire
Est plus longue qu'un ticket de supermarché de famille nombreuse

Extrait de Fragments Nocturnes.

23 juillet 2008

Islam à deux vitesses ?

Pourquoi, dans le couple musulman que j'ai vu hier, la femme portait-elle un voile intégral et une longue robe noire alors que son mari, lui, était en baggy, casquette, t-shirt et baskets (et la barbe rasée, en plus !) ?

Respecter la tradition et la culture, moi je veux bien : mais c'est tout le monde ou personne, non ?

18 juillet 2008

Tendance ?


Shaomi dort avec ses lunettes de soleil et se demande si les pommes sont désormais plus tendance que le lait concentré sucré ?



17 juillet 2008

Des femmes et des enfants hurlaient de joie...

D'après Yahoo News :
« Aniche, France – Un enfant de 10 ans a poignardé son père après que celui-ci a frappé sa mère, enceinte. Rentré ivre au domicile familial, le père a frappé sa femme devant ses enfants. L’un d’entre eux, âgé de 10 ans, aurait alors saisi un couteau à steak et porté un coup au thorax de l’homme. Le jeune garçon se serait ensuite rendu chez les voisins, lesquels ont alerté les secours. Hospitalisé à Lille, l’homme, dont les jours ne sont pas en danger, devrait sortir sous peu. L’enfant devrait quant à lui faire l’objet de mesures éducatives. »

Il est évident que la justice française est trop molle : le pauvre homme devrait toucher une allocation à vie en récompense de son comportement exemplaire, sa femme devrait être lapidée pour l'avoir incité à la battre, et l'enfant devrait être émasculé et condamné à la prison à perpétuité pour avoir osé attaquer son père… 

Et pendant ce temps, Nicolas Sarkozy déclare qu'il ne « négociera jamais avec les Talibans... ». 

Vive la République, vive la France !

13 juillet 2008

Metrosexuality

Une péniche, berges du Rhône, hier soir :
Une fille : Tu te rends compte : j'ai vingt-six ans et je sors avec un mec qui a trente ans ! T'imagines ? La classe !

***

Plus tard, la même péniche :


Moi : Non mais là je fais un petit break, tu vois...

Une autre fille : T'hallucines ! T'as vu les gadjis qu'y a ce soir ? T'as trop moyen en plus, fonce !

Moi : Oui mais à la fois tu sais, là je sors d'un marathon de six ans : j'ai enchaîné non-stop quatre histoires dont les trois plus importantes de ma vie, j'apprécie la pause...

La fille : Mais tu t'en fous ! Vas-y : nique ! Faut s'éclater dans la vie !

***

Durant la semaine :

Une fille : Il m'a envoyé un mail adorable me disant qu'il aimerait beaucoup qu'on fasse l'amour un de ces jours. J'ai répondu que j'étais OK mais qu'il fallait qu'il négocie ça avec sa copine d'abord parce que moi je veux pas d'ennuis avec elle, tu vois ?

***

Samedi dernier :

Un mec : Ah ouais Meetic c'est bien pour des plans culs mais quand même tu tombes sur des tarées !

***

Samedi dernier, plus tard :

Une fille (trente-deux ans, maman) : Non, en ce moment je m'éclate, je me fais des plans culs.

Moi : ...

La même fille : Vraiment je trouve ça trop cool ! Tu t'en branles, tu t'éclates !

***

Samedi dernier, trop tard :

La même fille : Allez, sérieux, viens !

Moi (en pensée) : Je vomis tout de suite ou plus tard ?

***

Une soirée à la campagne, il y a quinze jours :

Un mec : Ouais l'autre soir j'ai réussi à choper le mail d'une meuf super belle. Du coup, qu'est-ce que tu en penses : est-ce que tu crois que je dois customiser mon adresse mail pour la contacter ?

Moi : « Customiser ? »

Un Mec : Ben ouais, est-ce que je dois utiliser mon vrai mail ou en créer un, genre un peu plus glamour ?

***

Plus tard, la même soirée :

Un mec très intello : C'est super ce que fait Alan Parker !

Un autre mec très intello : Ah ouais, Alan Parker, j'écoutais ça à l'époque !

***

Encore plus tard, toujours la même soirée :

L'autre mec, toujours très intello : Putain mais c'était quoi la chanson d'Alan Parker, déjà ?

***

Et tout au long de la putain de même soirée à la campagne (l'anniversaire de deux photographes, en l'occurence) :

Une meuf : Ah mais t'es pas photographe ?

Une autre meuf : T'es photographe, toi, non ?

Un type : Ah ? Mais je pensais que t'étais photographe !

Une troisème meuf : C'est fou, j'étais persuadée que t'étais photographe !

***

Et pour changer, une fois par semaine environ :

Une meuf ou un mec : Ah ! Mais c'est toi Madcap ? Mais t'étais pas parti à Marseille [ou un truc du genre...] ?

Moi : Les nouvelles vont vite !

La même meuf ou le même mec : Comment ça se fait que j'ai tellement entendu parler de toi ?

Moi : Je sais pas, j'étais pas là.

12 juillet 2008

Là, maintenant...

d'un clin d'œil s'éveille
à sa toile illuminée par d'étranges petites lucioles radioactives
& concrètes

Sinon, & ça n'a rien à voir...
La société occidentale m'a démontré aujourd'hui (si tant est que cela reste encore à démontrer) qu'elle avait perdu tout sens du bon sens. Mon futur exil en Inde n'en prend que plus de sens.

& quant à l'attitude :
"You think i'm serious about attitude? This is just the most delicious game, but still... it's just a game!"

11 juillet 2008

Yuk !

Le jus de radis noir est la chose la plus épouvantable que j'aie jamais goûtée !

Je vomis tout de suite ou plus tard ?

27 juin 2008

Frederic W. Taylor

(elle)
- J’aimerais te dire un truc qui risque de te blesser…
(lui)

- Alors ne dis rien ! Par pitié ne dis rien !

(elle)

- J’aimerais te dire un truc qui pourrait nous éloigner l’un de l’autre.
(lui)

- Pourquoi faire ? N’y en a-t-il pas déjà assez ?

(elle)

- J’aimerais te dire un truc mais ça va te mettre en colère.
(lui)
- Tout cela est contre-productif…

25 juin 2008

Le meilleur groupe du monde... et personne ne l'a su !

Qui se souvient encore de Novo Navis ?

Et pourtant…

Retour en 1999 : après un EP remarquable (Back!, paru sous le nom de Navis), le trio Novo Navis, composé de deux Français et une Japonaise, envoyait dans les bacs une petite perle nommée Populations : un album « polyglotte » (Français, Anglais, Japonais) qui devait connaître un cuisant échec commercial et être oublié tout aussi vite.


Et pourtant…

Des centaines de disques que j’ai achetés et téléchargés dans ma vie, Populations restera toujours l’un des plus marquants. Je suis littéralement, à l’époque, tombé fou amoureux de cet album. Près de dix ans plus tard, je l’écoute toujours avec le même émerveillement. Alors oui, c’est un coup de cœur perso, mais au delà de ça je crois que Populations est l’une des plus tragiques histoires de flop de l’industrie musicale française. Parce que, comment dire… il se passait vraiment quelque chose de spécial.

Novo Navis était un groupe difficile à catégoriser : globalement electro (mais quel sens a encore ce mot ?), instrumental et vocal à la fois, un penchant assumé pour la house music, un humour constant, un son un peu étrange, décalé et pourtant en phase avec son époque… Populations est une toile d'araignée musicale eclectique mais cohérante. Tout commence avec trois titres assez trip-hop, portés par des mélodies vraiment exceptionnelles, suaves et envoûtantes. Puis Populations bascule dans des expérimentations pop fantaisistes, un peu dandy, où se mêlent machines et guitares sèches (c’était avant Mirwais) ; vire à une house indo-bollywoodienne ponctués de commentaires hilarants sur la faune des îles Galapagos ; enchaîne avec une techno de free-party ; se calme le temps d’un long interlude folk et planant ; puis repart de plus belle avant de finir en beauté avec un instru electro-funk digne de Prince ou George Clinton (et glissée au milieu de tout ça : une reprise de… Robert Palmer !) Et puis il y a mon petit chouchou : Milles choses à faire. Une chanson sensible, qui faisait alors tant écho à ma vie de petit animal urbain, qui courait en tous sens et compensait le speed de la grande ville par un mélange de suractivité et de rêveries.

C’était début 2000, j’avais vingt-trois ans et j’ai découvert ce disque par hasard, vraiment par hasard. Il a bercé mes matinées et mes nuits pendant des mois, à cette époque où j’avais justement mille choses à faire. Populations m’a porté, réveillé, nourri, amusé et emporté, au point que je le considérais presque comme mon petit antidépresseur secret, un de ces chamallows musicaux, un peu comme Post de Björk et Big Calm de Morcheeba, mais en plus sportif (lol !).

Il y a les disques excellents, que l’on aime parce qu'ils le sont. Mais de temps à autre, rarement, il y a ces disques qui vous marquent, qui font partie de votre histoire et de celle de vos proches, qui vous emmènent loin et qui vous font vraiment, profondément, quelque chose. Populations fut pour moi de ceux-là.

Ignoré par ce monde ingrat, Novo Navis fut de ces groupes qui ne durent qu’un album et disparaissent. Il n’en reste aujourd’hui qu’un myspace posthume. Heureusement, ses trois membres ne se sont pas laissé abattre : la chanteuse Ai va désormais solo sous le nom de Ai-planet et ses mélodies n’ont rien perdu de leur magie. Quant aux deux autres compères, ils ont formé un nouveau groupe, Soda Pop Kid, qui distille une pop raffinée à la Scritti Politti.

Alors voilà : en 1999, Novo Navis était le meilleur groupe du monde, et Populations le meilleur album de l’année !

Jusque-là, personne ne le savait.

Maintenant, vous n’avez plus aucune excuse !

Liens :

Le myspace de Novo Navis.
Le myspace de Ai-planet.
Le myspace de Soda Pop Kid.
Populations (CD) sur Amazon.fr.

23 juin 2008

Une logique implacable

D'après Wikipedia :

« Raoul Villain, (…) est un nationaliste français, assassin de Jean Jaurès. (…) Après cinquante-six mois de détention préventive, il est acquitté lors de son procès, le 29 mars 1919, les jurés ayant estimé qu’il avait rendu service à sa patrie : « Si l’adversaire de la guerre, Jaurès, s’était imposé, la France n’aurait pas pu gagner la guerre. » La veuve de Jaurès doit même payer les frais du procès. »

Oui, ça c'est sûr : si on n'avait pas fait la guerre, on n'aurait pas pu la gagner ! Dans la foulée, si Hitler n'avait pas envahi l'Europe, nous n'aurions pas gagné la seconde guerre mondiale. Quel dommage que Hitler n'ait pas vécu pour être décoré à Nuremberg...

1914-1918 : seize à dix-huit millions de morts et plus de vingt millions de blessés pour entendre... ça !!! :-(

22 juin 2008

Justin Chien

Après La malédiction du plombier-garou, voici un second texte jeune public écrit fin 2005, un texte que j'affectionne tout particulièrement.

JUSTIN CHIEN

Voici Justin.
C’est un chien.
Justin Chien, donc.

Pauvre Justin.
Toi aussi, tu t’es fait avoir par son nom.
Ce n’est pas « juste un chien. » C’est « Justin Chien. »
C’est comme cela qu’il s’appelle.

Dans la ferme où il vit, Justin est le seul chien.
Il aime bien les poules et les moutons et les chats et les cochons et les vaches, mais…
Il aimerait bien avoir d’autres amis chiens.

A chaque fois que Justin se présente à un autre chien, il dit :
« Bonjour, je suis Justin Chien. »
L’autre comprend : « je suis juste un chien. »
Qui voudrait être l’ami de « juste un chien » ?

Quand un animal de la ferme le présente à un autre chien, il dit : « je te présente Justin Chien. »
Et l’autre chien répond, déçu, « Oh… C’est juste un chien. », puis il se détourne.

Qui voudrait être l’ami de « juste un chien » ?
Personne.
Parce qu’à la télévision, ils disent tout le temps qu’il faut être exceptionnel ! Et tout le monde croit ce que dit la télévision.
Alors, quand on est « juste un chien. »

Justin trouve que ses parents, monsieur et madame Chien, n’ont pas été très malins.
Ils auraient pu le nommer « Médor », ou « Rex », ou encore « Pyrame », comme tous les chiens.
Mais ils trouvaient que « Justin », c’était joli. Parce que c’était le prénom… d’un animateur de télévision.
Quelle erreur ils ont fait !

Justin est donc un chien très malheureux.
Les vaches essaient de le consoler en lui disant qu’il est très intelligent.
Les cochons essaient de le consoler en lui disant qu’il est très beau.
Les chats essaient de le consoler en lui disant qu’il est très grand et très fort.
Mais Justin veut des amis chiens, et une madame chien, pour lui tenir compagnie.

Un jour, Justin voit à la télévision qu’il faut se relooker, pour se faire des amis et être exceptionnel.
Alors Justin se teint la fourrure en rose.
Puis il va ainsi rencontrer les chiens du voisinage.
Et tous se moquent de lui : « Ha ! Ha ! Ha ! Un chien rose ! »

Un autre jour, Justin voit à la télévision qu’il faut être riche, pour se faire des amis et être exceptionnel.
Alors Justin vole de l’argent au fermier, et s’achète un collier en or.
Mais les chiens du voisinage sont jaloux du collier, et ils le regardent de travers.
Puis le fermier comprend comment Justin s’est offert son collier, alors il le gronde, et confisque le collier pour se rembourser.

Un autre jour, Justin voit à la télévision qu’il faut voyager, pour se faire des amis et être exceptionnel.
Alors Justin part seul sur les routes.
Il a froid et faim pendant une semaine, et revient tout maigre et tout sale.
Lorsqu’il va voir les autres chiens, tous trouvent qu’il a l’air d’un chien de gouttière et refusent de lui parler.

Un autre jour, Justin voit à la télévision qu’il faut bien parler, pour se faire des amis et être exceptionnel.
Alors il invente tout une série d’aboiements très sophistiqués, avec beaucoup de syllabes.
De telle manière qu’aucun chien ne comprend plus ce qu’il dit, et que tous le prennent pour un fou.

Décidément, Justin enchaîne les échecs. Un jour qu’il se confie à un jeune agneau, l’agneau rit et lui dit qu’il est bien naïf.
« Si les gens arrêtaient de croire les bêtises qu’on leur dit à la télévision, le monde se porterait bien mieux ! »
« Comment saurais-tu cela, toi qui n’est qu’un bébé mouton ? » répond Justin, vexé.
« C’est justement parce que je suis petit, que je sais que la seule façon de se faire des amis est d’être gentil avec les autres. »

Justin songe toute la journée à ce que lui a dit l’agneau.
« Comment être gentil avec les gens s’ils ne veulent pas vous parler ? » gémit-il à haute voix.
Un moineau l’entend, et lui adresse ce conseil.
« N’attend pas que les gens s’intéressent à toi pour être gentil avec eux, voilà tout ! »

Justin décide alors de suivre les conseils de l’agneau et du moineau.
Il aide les vieilles dames chiens à traverser la route.
Il se mêle d’une dispute entre deux chiens, et les convainc de se réconcilier.
Il aide à se libérer une jeune dalmatienne, qui s’est emmêlée les pattes dans sa laisse.
Il partage son os avec un chien mal nourri par son maître.
Etc…, etc…

Et ainsi, pendant une semaine, Justin fait le tour des fermes en apportant son aide…
Sans jamais se présenter.
Bien sûr, tous les chiens du voisinage commencent à se demander qui est ce chien mystérieux, qui est si gentil avec tout le monde.
Et bien vite, ils apprennent dans quelle ferme il vit.

Un beau jour, tous les chiens vont à la ferme de Justin.
« Mais qui es-tu, toi qui es si bon ? », lui demandent-ils.
« Je suis Justin Chien », répond Justin.
Mais cette fois-ci, personne ne se détourne.
« Mais non, tu es bien plus que cela ! » disent les autres chiens.

Justin peut enfin leur expliquer que Justin est son prénom, et qu’en effet, il n’est pas « juste un chien. » Puis il leur raconte ses mésaventures.
Tous les chiens se retrouvent confus de l’avoir ignoré pendant si longtemps. Ils comprennent que quelqu’un n’a pas besoin d’être « exceptionnel » pour que l’on s’intéresse à lui ! Et que la télévision les a donc induits en erreur !

Ainsi, aujourd’hui, Justin Chien a beaucoup d’amis chiens.
Il s’est même marié avec la jeune et jolie dalmatienne.
Ils ont eu de jolis petits chiens… et ils ont bien réfléchi avant de choisir leurs prénoms !

C’est depuis cette époque que les chiens ont compris que la télévision enseignait beaucoup d’âneries, et qu’ils ont cessé de la regarder.

Si tu ne me crois pas, vérifie autour de toi : as-tu déjà vu un chien regarder la télé ?

13 mai 2008

La nuit où j'ai assassiné l'amour...

« It's cold outside, the night love died
On the night you murdered love »
ABC, The Night You Murdered Love.

J'ai assassiné l'amour et je suis le roi des cons ;-(

30 avril 2008

J'ai racheté Google !

Ne sachant pas trop quoi faire de mes millions de dollars, j'ai décidé de racheter le groupe Google. La preuve ici !

12 avril 2008

La malédiction du plombier-garou

Fin 2005, je m'essayai au genre de la littérature enfantine : il en résulta huit histoires à l'intention des plus jeunes. Voici ma préférée (les autres suivront ;-)

LA MALEDICTION DU PLOMBIER-GAROU

Paul était un monsieur tout à fait tranquille.
Il était chauffeur de bus.
Il vivait dans une résidence calme.
Il était célibataire et n’avait pas d’enfants et se couchait tôt et ne buvait pas d’alcool et ne sortait jamais et il était aimable et n’écoutait que de la musique classique et…
Enfin, c’est ce que je disais : Paul était un monsieur tout à fait tranquille.
(D’autres se seraient peut-être ennuyés, mais lui il aimait ça.)

Le souci principal de Paul, c’était de ressembler à l’acteur Gérard Jugnot (parce qu’il aimait beaucoup Gérard Jugnot.)
Il peignait sa moustache avec grand soin, et s’entraînait devant la glace à prendre les mêmes airs que son idole.
Puis, satisfait, il allait fièrement au travail.

Les passagers du bus aimaient bien quand il conduisait, car bien sûr, il conduisait… très calmement.
(Et les vieilles dames n’aiment pas trop faire de la voltige à l’intérieur des bus.)

Un incident très curieux vint pourtant bouleverser la routine de Paul.
Un soir qu’il rentrait du travail après la tombée de la nuit, il vit que quelqu’un était entré chez lui.
Il vit aussi que son appartement était plein d’eau.
Soudain, un plombier surgit de la cuisine.
(Voilà qui expliquait tout !)

« Bonjour », dit Paul. « Les voisins vous ont appelé parce qu’une fuite chez moi les inondait ? »
Le plombier se contenta de grogner bizarrement, et Paul remarqua qu’il avait l’air vraiment fou.
Alors, le plombier se jeta sur Paul et… il le mordit.
(Puis il déguerpit en courant.)

Le plombier n’avait pas mordu très fort, mais Paul saignait quand même un peu. En fait, il était surtout complètement abasourdi par ce qui venait de se passer.
(En plus, le plombier n’avait même pas réparé la fuite d’eau !)

Paul, tout à fait mécontent, du appeler un autre plombier. Et passer la nuit à éponger l’eau, et à nettoyer son appartement.
Le lendemain, il apprit que trois autres voisins avaient eu affaire au plombier fou : il ne les avait pas attaqués, mais il avait démonté leur plomberie. Puis les choses redevinrent normales, et Paul vécut tranquillement, sans autres contrariétés.

Un mois exactement plus tard, Paul se réveilla un matin très, mais alors très, très fatigué : comme s’il n’avait pas dormi.
Lorsqu’il voulut peigner sa moustache, il constata avec effroi qu’il était tout ébouriffé ! Et tout sale ! Il y avait des cochonneries collées dans ses cheveux, et on eut dit qu’il s’était roulé dans la boue.
(Mais enfin, qu’est-ce qui avait bien pu se passer pendant son sommeil ?!)

Il en fut contrarié toute la journée, et conduisit fort mal son bus, ce qui lui valut bien des remarques désagréables. Il apprit aussi que le plombier fou avait frappé de nouveau : quatre appartements avaient été inondés. Heureusement, personne n’avait été mordu.

Un nouveau mois passa, et Paul oublia cet incident. Pourtant, un beau matin, il se réveilla… allongé sur un banc. Il était encore plus sale que la fois précédente !
Il en toucha deux mots à un ami à lui, qui lui expliqua qu’il devait être somnambule, et qu’il n’y avait pas de quoi s’inquiéter : des tas de gens très bien étaient somnambules. Le président de la république, lui-même, se réveillait parfois dans une décharge publique.
(Ce qui ne rassura pas beaucoup Paul.)

Un mois plus tard jour pour jour, l’incident se reproduisit. Cette fois-ci, Paul s’éveilla dans un abri-bus, toujours aussi dégouttant, et avec une énorme bosse sur le crâne. Un de ses collègue passa avec son bus, et le regarda d’un air choqué. Paul était tout à fait honteux d’être vu dans cet état.

Plus tard, comme il conduisait, il entendit une vieille dame raconter qu’elle avait été attaquée par un plombier dément, et qu’elle lui avait donné un grand coup sur la tête pour le mettre en fuite. Elle ajouta que le plombier ressemblait à Gérard Jugnot. Paul commença à se demander s’il était en train de devenir fou.

Le soir, en rentrant chez lui, il croisa ses voisins armés de bâtons. Ils lui expliquèrent qu’ils recherchaient le plombier qui terrifiait le quartier, et mettait les maisons des gens sans dessus dessous. Une petite fille qui passait pas là leur fit remarquer qu’ils perdaient leur temps : elle avait noté que le plombier ne frappait que les nuits de pleine lune. On ne le reverrait pas avant un mois.

Paul décida donc d’en avoir le cœur net ! Il avait vu une publicité à propos d’un nouveau modèle de chiens-robots, et il s’en acheta un. Ces bestioles mécaniques pouvaient être programmées pour suivre leur maître partout. Il accrocha ensuite une caméra sur la tête du robot.
La nuit de pleine lune suivante, il programma le chien-, mit la caméra en route, et s’endormit.
(Enfin, il allait savoir ce qui lui arrivait.)

Le lendemain matin, il se réveilla dans une ruelle, et comme prévu, le chien-robot était à ses cotés. Il rentra précipitamment chez lui, et regarda la vidéo avec inquiétude. Ce qu’il vit lui coupa le souffle !
Au douzième coup de minuit, il s’était réveillé et transformé en plombier ! Il était devenu plus grand et plus musclé, son pyjama était devenu un bleu de travail, et une boite à outils lui avait « poussé » dans la main !
(Quelle horreur, songea-t-il !)

Après cela, il était sorti de chez lui, et il avait pénétré discrètement dans un appartement voisin dont les occupants dormaient paisiblement. Il avait ensuite dégainé ses outils et saccagé consciencieusement les tuyaux de leur évier. Il était reparti en laissant l’eau inonder l’appartement.

Il avait fait cela, tour à tour, dans cinq appartements. Dans le dernier de ceux-ci, une femme s’était éveillée et mise à hurler. Il lui avait sauté au cou, et avait tenté de la mordre. Heureusement, le mari était apparu, et l’avait chassé.
Finalement, à l’aube, il s’était endormi sur un trottoir, et retransformé en lui-même.

Paul était dans tous ses états ! Que lui avait fait ce plombier fou ?! Que lui arrivait-il ?! Il commença par brûler la cassette vidéo pour détruire toute preuve de ses méfaits. Si les voisins l’apprenaient… Puis il réfléchit longuement, et comprit qu’il lui fallait de l’aide.
(Et vite !)

Pour ne pas risquer d’être démasqué, il alla chez un médecin dans une autre ville. Il expliqua son cas, mais le médecin lui rit au nez en disant qu’il était complètement fou, que tout se passait dans son imagination.
Il alla voir différents docteurs, et tous se moquèrent de lui, ou le regardèrent bizarrement, quand ils ne le mettaient pas tout simplement à la porte.

Comme il avait raté le dernier train pour retourner dans sa ville, il prit une chambre d’hôtel. Et comme il s’ennuyait, il regarda la télé. Il vit un mauvais feuilleton américain, puis la speakerine annonça un film : « La nuit du loup-garou. » Paul se demanda ce que pouvait bien être un « loup-garou », alors il regarda le film pour satisfaire sa curiosité.

C’était l’histoire d’un homme qui se faisait mordre par un loup. Suite à cela, toutes les nuits de pleine lune, il se transformait lui-même en loup, et attaquait les pauvres gens. Paul était stupéfait : c’était exactement son histoire ! Il était donc devenu un plombier-garou ! Il resta scotché à l’écran jusqu’à la fin du film, impatient de voir comment le héros allait s’en sortir. Malheureusement, il ne s’en sortait pas : il était capturé et enfermé !

Paul était très déçu ! Ce film n’avait fait que l’angoisser davantage : il ne voulait pas finir enfermé ! Il eut beaucoup de mal à dormir, cette nuit-là, car son problème lui tournait dans la tête. Lorsqu’il parvint enfin à fermer l’œil, ce fut pour faire un terrible cauchemar : il était dans un zoo, et les gens venaient voir le plombier-garou dans sa cage, et lui jetaient des cacahouètes.
(C’était un rêve fort angoissant !)

De retour chez lui, Paul cherchait désespérément quoi faire, lorsqu’il se souvint d’un papier qu’il avait trouvé dans sa boite aux lettres longtemps auparavant. Il fouilla ses tiroirs jusqu’à le retrouver, et lut :
« Monsieur Melonveau, Grand Marabout Africain. Résout tous vos problèmes même ceux que vous n’avez pas. Si ton mari ou ta femme ou ton animal est parti il courra derrière toi comme le chien. Guéris problèmes de santé graves : mal de dos, migraines, bavardage, dépendance à la télévision. Réussite aux examens et aux jeux vidéos si tu n’arrives pas à gagner à Mario tu viens me voir et tu gagneras toutes les parties. Rend riche. Désenvoûtement, exorcisme, si on vous a jeté un sort ou si vous êtes maudits de père en fils. Paiement après résultats ou avant c’est comme vous voulez. Téléphonez-moi au 09-88-66-66-88. »

Ça avait l’air d’un drôle de bonhomme, ce Monsieur Melonveau, songea Paul. Mais il y avait écrit « désenvoûtementé » et « exorcisme. » Si quelqu’un pouvait l’aider, c’était certainement ce monsieur-là.
(Et puis de toute façon Paul n’avait plus rien à perdre.)

Il prit donc rendez-vous avec le marabout. C’était un gros monsieur très impressionnant, qui vivait dans un appartement rempli d’objets bizarres, et Paul fut un peu effrayé lorsqu’il arriva sur place.
« Alors, qu’est-ce qui vous amène ? » demanda M. Melonveau d’une voix grave.
« J’ai peur que vous ne me croyiez pas », répondit timidement Paul.
« Mon garçon, j’ai exorcisé des gens possédés par le Diable en Afrique, j’ai chassé les vampires en Roumanie, et j’ai même été une fois kidnappé par des extra-terrestres, alors je vous assure que je crois n’importe quoi, surtout si c’est bizarre. »
Paul songea qu’à ce compte-là, son histoire n’était pas si étrange que ça.

« Toutes les nuits de pleine lune, je me transforme en plombier, je vais chez les gens et je démonte leur tuyauterie ! Parfois même, je les attaque. », dit-il d’une traite.
« Ah… Je vois. Vous avez été mordu par un plombier-garou ! C’est une maladie très répandue en Chine. Je ne pensais pas qu’elle était parvenue jusque chez nous. »
« Vous pouvez m’aider ? »
« J’ai bien peur, mon garçon, qu’il n’existe qu’un seul remède à votre mal : il vous faut mordre quelqu’un lorsque vous êtes transformé en plombier. Vous lui transmettrez le mal, et en serez libéré. C’est ce qui a du arriver à celui qui vous a mordu. Vous me devez 500 euros. »

Paul paya de mauvaise grâce, et rentra chez lui très fâché : il ne voulait pas mettre quelqu’un d’autre dans l’embarras ! D’un autre coté, il ne voulait plus se transformer en plombier-garou ! Il passa le reste de la journée à réfléchir. Il retourna le problème dans tous les sens, et il eut soudain une idée de génie !
(Du moins serait-ce le cas si son plan fonctionnait.)

Il attendit la pleine lune suivante, et le jour où il devait se transformer, il s’acheta un hamster. Il s’enferma ensuite à double tour chez lui, et jeta ses clefs par la fenêtre, de sorte à ce qu’elles tombent sur le balcon du voisin d’en dessous. Il n’aurait ainsi, pour les récupérer, qu’à téléphoner à ce dernier pour qu’il vienne lui ouvrir.

Lorsque minuit sonna, Paul se transforma comme d’habitude en plombier-garou. Il tenta de sortir de chez lui, mais n’y parvint pas. Furieux, il dévasta alors sa propre plomberie puis, dans l’appartement inondé, il aperçut le hamster. Il ne put s’empêcher de le mordre.
(Le hamster n’était pas ravi.)

Le lendemain, Paul appela le voisin pour récupérer ses clefs, un plombier pour réparer les dégâts qu’il avait commis durant la nuit, et désinfecta soigneusement la morsure qu’il avait faite au hamster. Puis il reprit sa routine quotidienne, prenant bien soin du hamster, qu’il nourrissait et câlinait quotidiennement.

Un mois plus tard, il était impatient de voir si son expérience allait porter ses fruits. Il attendit minuit et, ô miracle ! Il ne se transforma pas en plombier. Le hamster, par contre, grossit un peu, et il lui poussa un bleu de travail et une caisse à outil. Paul avait prévu une cage solide, et le hamster-plombier-garou ne parvint pas à s’échapper. Enfin, le cauchemar de Paul touchait à sa fin !

Aujourd’hui, Paul s’est beaucoup attaché à son hamster, et ils passent de longs moments à jouer ensemble. Chaque nuit de pleine lune, le hamster se transforme en minuscule plombier à fourrure. Mais Paul a tout prévu pour que, même sous cette forme, le hamster ne soit pas malheureux : il a installé dans la cage une minuscule plomberie, que le hamster-plombier-garou démonte joyeusement !

Depuis, Paul et son hamster vivent un bonheur parfait, et la ville a retrouvé son calme les nuits de pleine lune. Mais quoi qu’il arrive, QUOI QU’IL ARRIVE…

Si vous croisez un plombier une nuit de pleine lune : partez en courant !

19 mars 2008

Un beau mariage

Voici une photographie du mariage de mon ami, le célèbre musicien Vincent Palumbo, avec l'actrice méconnue Isabelle Carré :

10 mars 2008

Question

« Can you put a piece of God in a box? »

Peter Milligan, The Minx.

27 février 2008

Femme qui devrait courir avec les loups
















elle avance dans le noir
ses lunettes de soleil
éparpillées sur le visage
elle accroche ses vêtements aux hommes
qui tournent autour du pot
de son sexe
pas à pas
tâtons à tâtons
elle découvre la femme
celle qui dit non & se gagne
celle qui dit oui & s’assassine
celle qui n’a pas le choix
celle qui règne sur un monde de pissenlits
elle vit dans une pornocratie
un triste monde où les lois
sont édictées
par des couvertures de magazines
papier glacé pour faire rêver la femme
femme papier-mouchoir pour essuyer
le sperme
lorsque le latex n’y suffit plus
elle avance en aveugle dans une jungle de chair
& de pensées malsaines
elle se rêve en femme sauvage
ce qu’elle est en profondeur
mais ces choses dégoûtantes que l’on nomme « hommes »
la tiennent entre quatre pinces
pincées d’amour & de tendresse
disséminées entre 2 allers-retours
ils ne sentent rien
ils ne sentent rien
c’est pour ça qu’ils y vont si fort
& qu’ils font mal
parce que les hommes sont frigides
mais cela elle l’ignore (conspiration)
elle rôde comme elle peut entre 2 idées reçues
cherche son propre plaisir sous des assiettes vides
mendie un peu d’amour à qui ignore de quoi il s’agit
se glorifie de leur donner ce qu’elle croit être du plaisir
alors qu’en elle existe un plaisir
en elle existe une notion de l’amour
qu’ils n’effleureront jamais
elle prononce des paroles
« oui », « non », « peut-être » & « je me manque »
lorsque trop souvent, la seule raison pour laquelle elle embrasse
se nomme « pourquoi pas ? »
c’est tout le choix que le dogme lui a laissé
un petit « pourquoi pas ? » en lieu & place
d’un « je veux » que pourtant
elle mérite
car elle est vie
car elle est femme
car bien avant d’être mère ou amante
elle est femme sauvage
force de vie qui devrait courir avec les loups
non avec les porcs
mais les magazines en papier glacé
& sa bonté sans nom
ce miracle insensé qu’elle nomme
indulgence & patience
ont gelé son libre-arbitre
l’ont habituée
à confondre sperme & eau bénite
à confondre ce qu’elle veut
avec ce qu’on lui propose
femme qui court avec les loups
où es-tu ?
avec quel genre de loups cours-tu ?
des hommes brutes & frigides ?
des hommes qui ignorent tout d’eux-mêmes
& plus encore de toi
femme qui te donne à tort & à tort
perle offerte aux cochons
femme sauvage
je t’en supplie
retrouve-toi
reprends-toi
apprends à, enfin
avoir le choix !
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