23 novembre 2008

Ganesh, version 1

Ganesh est un projet de bande dessinée dont existent trois prototypes, les deux premiers ayant été illustrés par mon ami Jérôme Dupré La Tour. Ceci est la première version, réalisée en 2005. il devait s'agir de trois albums de 46 pages, le scénario du premier ayant été écrit dans son intégralité.

La genèse du projet remonte au début de cette même année 2005 : nourri par les bandes dessinées
Howard The Duck de Steve Gerber et Vext de Keith Giffen, j'avais voulu travailler sur un personnage en décalage, un freak perdu dans l'enfer d'une grande ville contemporaine. L'idée d'utiliser le dieu Ganesh m'avait été insufflée quelques années plus tôt par la pochette du 1er album de Tabla Beat Science : j'avais envie depuis longtemps de donner vie à ce petit Ganesh en baskets...

La première version de
Ganesh était traitée sur un ton assez léger, dans l'idée d'une BD tout public mélangeant humour et aventures fantastiques. Le pitch de base des trois versions reste le même : un petit bonhomme avec une tête d'éléphant se retrouve perdu dans le Londres contemporain, amnésique et sans aucune idée de son identité. Très vite, il rencontre Ayanna, une jeune Anglaise d'origine indienne qui vit seule avec sa mère, Patricia. Un petit groupe se constitue rapidement autour de Ganesh, constitué des deux femmes, de Pooja (une étudiante indienne qui s'enivre de la démesure de Londres) et de Brian (le meilleur ami d'Ayanna, un jeune homme bien anglais). Pour certains, Ganesh est le Dieu réincarné. Pour d'autres, il n'est qu'un handicapé, malformé. Pour la plupart des gens, il n'est qu'un enfant avec un masque. Perdu au milieu de ces interprétations de lui-même, dont aucune ne lui convient ni ne lui correspond jamais vraiment, Ganesh doit faire son chemin dans la société moderne, trouver un travail et surtout donner un sens à son existence, puis échapper aux griffes du Dr. Puri, qui dirige une secte pseudo-hindouïste et qui tente de le manipuler pour convertir de nouveaux adeptes. Dans cette première version, la divinité de Ganesh est finalement admise, et il réalise qu'il est ici pour démanteler les plans du démon Râvana (grand méchant du Ramayana), revenu prendre sa revanche sur l'humanité et travaillant à notre destruction avec la complicité de politiciens et d'hommes d'affaires véreux.

La critique de la société occidentale était soft dans cette première version (elle sera un peu plus mordante dans les suivantes), mais elle restait au cœur du propos. Les personnages d'Ayanna et de Patricia furent inspirés avec tendresse par l'une de mes grandes histoires d'amour et sa maman, occasion pour moi de mettre en scène les contradictions d'une femme arrachée à sa culture et d'une jeune fille qui a grandi dans un monde tout en étant élevée dans les valeurs d'un autre. Occasion également d'exprimer mon affection profonde pour la culture indienne et tout ce qu'elle a à nous apporter.

Cette première version sut retenir l'attention de Corinne Bertrand, qui dirigeait alors la collection
Expresso chez Dupuis. Corinne quitta peu après son poste, pour finalement reprendre la collection Quadrants, chez Soleil. En dépit de ces turbulences dans sa carrière, Corinne sut prendre le temps de nous accompagner avec patience et bienveillance sur l'évolution d'un projet qui, comme je vous le disais, devait mûrir et revêtir plusieurs formes. Mais je reviendrai là-dessus dans quelques temps, lorsque je posterai les planches de la deuxième version. Même si le projet ne fut finalement pas signé, faute de trouver la maturité, la forme définitive, qu'y cherchait Corinne, nos échanges avec elle furent riches et constructifs ! Un grand merci à elle pour le temps qu'elle nous a alors consacré, et surtout à Jérôme pour avoir su à deux reprises donner forme à ce projet.

Je vous laisse à la lecture des planches réalisées et esquissées pour le dossier éditeur (il vous suffit de cliquer dessus pour les agrandir). J'espère de tout cœur que ce début vous donnera l'eau à la bouche.

Prototype de couverture #1 :

























Prototype de couverture #2 :


























Pages 1-5, finalisées :



























































































































Pages 6-12, esquissées :










































































Pour explication, cette page introduisait Râvana et ses deux tueuses bisexuelles (on ne voit pas très bien les personnages sur cette esquisse) :

























Retour à Ganesh, qui s'aventure dans les rues de Londres :

















































Où l'on rencontre Brian, le meilleur ami d'Ayanna :

























Quelques recherches de personnages, à présent. Tout d'abord, Râvana et ses deux tueuses bisexuelles :

























Ganesh et ses amis :













Quelques autres personnages :
























Et, pour finir en beauté, Ganesh au milieu des
freaks de Camden :

22 novembre 2008

... (14)

v’la des mutants sans gène qui pissent
sur les fleurs & puis pleurnichent
lorsque les roses les piquent
même au jardin d’éden, les anxiogènes engendrent
le chaos



21 novembre 2008

Improbable

« On devrait toujours être improbable. »
Oscar Wilde




18 novembre 2008

La subversion n'est plus ce qu'elle était...

Une amie, âgée de 22 ans, m’explique l’autre jour que la veille, elle a passé la nuit à se tripoter devant une webcam avec un type de 25 ans récupéré sur Meetic. Elle conclut qu’ils doivent bientôt se rencontrer, qu’il a l’air gentil et que peut-être ça pourrait déboucher sur une histoire d’amour. Je suis sûr que le mec est gentil (je suis sûr aussi qu'il est désespéré) et quant à la fille elle est non seulement gentille et parfaitement intégrée socialement mais de surcroît intelligente et très jolie. Mais « internet offre de nouvelles opportunités de rencontres, pourquoi s’en priver ? ». Certes, pourquoi en effet ? Maintenant est-ce vraiment une solution pour la société occidentale que de se montrer sa bite et ses seins en webcam à la première conversation, avant même de s’être rencontrés ? J’imagine le premier rendez-vous : on ne sait presque rien l’un de l’autre mais on a déjà vu la bite de l’un et les seins de l’autre ! Le plaisir du flirt, de se tourner autour, de se découvrir et de s’effeuiller sont tout simplement devenus old-school, dérisoires, obsolètes. J’avoue que je ne comprends même pas où tout ça nous conduit, sinon à être des corps qui s’entrechoquent sans que jamais les personnes qui sont à l’intérieur ne se rencontrent ; sinon à voir disparaître la notion même de séduction, remplacée par un étalage d’organes sexuels destinés à prouver que le produit est bon à être consommé !

Mais j’y reviendrai car les réactions à mon premier article à ce sujet m’ont inspiré quelques réflexions que je suis en train de mettre en forme pour un futur article.

Tout cela m’amène simplement à recopier ci-dessous les paroles, passées inaperçues, de l’un des tubes de l’année 2008 : le magnifique Acceptable In The 80’s de Calvin Harris. Outre que ce morceau restera comme l’une des perles electrofunk de la décennie, il évoque avec nostalgie une époque où (tout au moins dans les chansons - mais ne sont-elles pas un reflet de l'air du temps ?), le romantique, la tendresse, la sensualité et la subtilité étaient encore des concepts acceptables dans les relations hommes/femmes. Un grand bravo à Calvin Harris qui est parvenu à faire un tube d'un texte aussi subversif !

I've got love for you
If you were born in the 80's, the 80's
I've got hugs for you
If you were born in the 80's, the 80's

I'll do things for you
If you were born in the 80's, the 80's
I've got hugs for you
If you were born in the 80's, yeah!

It was acceptable in the 80's
It was acceptable at the time
It was acceptable in the 80's
It was acceptable at the time

15 novembre 2008

Au bout du compte...


Au bout du compte, la seule chose qui compte c'est la compassion que l'on se donne les uns aux autres.

Facile à dire, extrêmement difficile à pratiquer.

Mais la récompense est sans équivalent.

14 novembre 2008

Une incroyable découverte scientifique !

Une expérience menée par un célèbre institut de recherche en produits cosmétiques auprès de 80 volontaires âgés de 12 à 18 ans a démontré que l’écoute intensive de la musique du groupe Mickey 3D guérissait l’acné !

« Au bout de 14 heures d’écoute ininterrompue de l’album Mistigri Torture de Mickey 3D, nous avons constaté que les boutons blancs de 94% des adolescents avaient littéralement explosés. » déclare Valérie Solanas, attachée de presse de l’institut. « C’était tout à fait incroyable à observer, quoi qu’assez dégouttant : les boutons blancs explosaient les uns après les autres, et ce sans qu’aucune pression physique ne soit exercée ! »

L’incroyable découverte fut faite par Mme. Véla Gloryole, dermatologue au sein de l’institut : « Je connaissais l’origine du titre de l’album Mistigri Torture : les membres du groupe Mickey 3D avaient constaté que les gens vivaient effectivement l’écoute de leur musique comme une véritable torture. Je m’étais donc longtemps interrogée sur leur succès pourtant éblouissant auprès des 12-18 ans », explique Mme. Gloryole. « C’est le témoignage de ma fille qui m’a mis la puce à l’oreille : ses innombrables boutons blancs avaient soudainement explosés lors d’un concert du groupe en 1998, alors qu’elle était âgée de 16 ans. Plusieurs de ses camarades avaient subi la même expérience et tous les adolescents boutonneux du lycée avaient immédiatement acheté l’album de Mickey 3D. Il est probable que ce phénomène se soit produit à l’échelle nationale et ait expliqué le succès soudain du groupe auprès des jeunes, pour qui les boutons blancs sont un problème très pesant ! Quand je pense aux années de recherche que nous avons perdues ! Quel dommage qu’il ait fallu 10 ans à ma fille pour me raconter cela ! », conclut Mme. Gloryole.

L’institut - qui préfère garder l’anonymat jusqu’à la fin des négociations - envisage de signer un contrat avec le groupe Mickey 3D afin de concevoir un produit « associant leur prochain disque à l’un de nos produits cosmétiques ». Mme. Solanas ajoute qu’à sa grande surprise, l’écoute des disques de Mick Est Tout Seul n’a aucun effet sur les boutons blancs. Mais des tests sont dors et déjà prévus pour voir s’ils n'ont pas une action quelconque sur les points noirs ou les verrues.

10 novembre 2008

Nia / 2 - Me perdre en toi




















1 - Jungle de toi
2 - Me perdre en toi
3 - Hiroshima en août

pas vraiment désolé de t’aborder comme ça

de te tourner autour à chaque instant thé, de ne plus me contenter
de t’effleurer avec mes yeux tachetés
pas vraiment navré de ne même plus être timide
j’ai passé l’âge d’avoir un âge, je suis juste assez lucide
je suis trop sage pour rester sage

j’ai comme envie d’acheter un billet
un aller simple plus ou moins
vers l’épiderme de ton épicentre, de manger toute une épicerie de toi
j’ai comme envie de faire avancer la science
de vérifier des théories chimiques
sur la manière dont tu griffes & tu mords

viens, je veux juste me perdre en toi
plutôt que de me perdre en moi-même
dans ma tête il y a cette voix
qui m’obsède & qui me dit qu’elle m’aime

à la télé ils parlent d’amour
leurs boites crâniennes débordantes de mots
à ce stade je ne sais même plus
si ce mot existait avant toi
tu as fait de moi un créationniste
« & dieu créa la femme… en 1987 ! »

laisse-moi juste te faire un sort
t’épouser jusqu’à la prochaine cour de réincarnation
servons-nous de nos chairs, amor con carne
tu peux te lover petite chatonne ou bien jouer à catwoman
je veux juste jouer sans règles, juste jouer, juste jouer avec toi
réinventer d’hypnotiques & antiques rituels

viens, je veux juste me perdre en toi
plutôt que de me perdre en moi-même
dans ma tête il y a cette voix
qui m’obsède & qui me dit qu’elle m’aime

tous mes amis qui font des paris
sur des princesses de pacotilles
& puis mes ex qui sont toutes devenues nécrophiles
qui se vautrent dans des vieux qui puent
& toi qui joues aux billes avec un gamin sans voix
le monde se prend pour titanic ou c’est juste moi qui trippe ?

j’ai juste envie de te croquer croquette
pas juste une nuit, plutôt la moitié d’une éternité
j’ai juste envie de dire aux hôtesses de l’air
qu’elles sourient à un homme marié
j’ai juste envie de te toucher encore
de construire mon nid dans ton corps

viens, je veux juste me perdre en toi
plutôt que de me perdre en moi-même
dans ma tête il y a cette voix
qui m’obsède & qui me dit qu’elle m’aime

8 novembre 2008

Batman forever!

Ankara – la Dogan New Agency rapporte que le maire de la ville de Batman, au sud-est de la Turquie, a déclaré mercredi qu’il s’apprêtait à attaquer en justice les auteurs des films à succès « Batman », affirmant que les auteurs en question avaient utilisé le nom de la ville sans autorisation.
« Il n’y a qu’une seule Batman sur cette terre », a déclaré le maire de Batman, Huseyin Kalkan. « Sans nous en informer, les auteurs américains des films ont pris le nom de notre région. »
Huseyin a ajouté que, si nécessaire, il porterait l’affaire devant la justice américaine.

7 novembre 2008

La herse

Texte inspiré par la musique de Laherse, compositeur que j’ai découvert sur Myspace il y a deux mois. Ses compositions nourries, incisives et contemporaines m’ont séduit et dès lors que j’ai su qu’il aimait mes textes, j’ai eu envie de marier mes mots à ses notes. En est ressorti le texte ci-dessous, imprégné non seulement de sa musique mais aussi de ses écrits, puisque je me suis donné pour « contrainte » d’inclure le titre de chacun des morceaux que j'écoutais dans le poème lui-même. C’est donc l'univers de Laherse dans sa globalité qui a donné sa direction à ce texte. Je vous invite donc à aller jeter une oreille à sa page Myspace, ne serait-ce que pour lire ceci en écoutant la bande son, et puisse-t-il vous inspirer comme il m’a inspiré :-D



LA HERSE

un piano s’écrase sur l’ombre
synapse dévergondée
si d’ailleurs synapse il y a
silhouette inanimée d’un possible événement
recraché par le saint journal télévisé
vissée à son cadre image d’un moine clair-obscur
entre sociétaires il n’y a nulle épouvante
qui ne soit concevable

les enfants voudraient se réfugier
en un ailleurs compulsif extensif
extension du moi cultivé en fleur
inapte à la parole donnée
les enfants gerbent nos « il ne faut pas »
(messe rock‘n’roll yeah !)
mais qui leur apprend les « tu pourrais » ?
l’échelle des possibles
est niée en cadence

mangez vos vaches en silence !
hurle la maîtresse aux enfants
la peur lyrique entretenue
(grand méchant lupus)
pour masquer l’agonie des vaches sucrées
la parole n’est que pour ne rien dire
le dogme du soi-même s’élève contre
le don de soi par les mots
si l’anse casse l’homme tombe (croit-on)

on envoie les femmes bronzer sous
un soleil paradoxal
(mais fourni avec crème solaire)
les hommes se gaussent de liquides obscènes
les enfants quant à eux
enfermés dans leurs barbies pendant que
big jim rit dans sa barbe
tic tac, l’heure tourne !
& nul ne s’éveille

mademoiselle lumière choupette chatte
love-toi entre deux pages
renie ta femme sauvage
donne-toi à l’homme poubelle, tu es si belle
(tic tac…)
objet de luxsueur
on te donnera à manger à baal
sa semence imposée à tes dieux païens
ta semence répandue pour trois fois rien

tic tac, que reste-t-il aux morts ?
un filament de l’innocence
un firmament d’existence
une chansonnette de ruelles sombres
mais qui sait ce que font les morts, pourtant
sourit à chaque incongruité
que lui suggère le bruit

5 novembre 2008

... (13)

le temps dévore les luttes
le tampura porte la vie
lorsque s’achève un cycle
les jappements s’abîment
dans l’alap


4 novembre 2008

... (12)

entre zéro et cinq
s’affiche un cryptogramme
le zéro s’éclipse
le un est apocalypse

le reste reste



3 novembre 2008

... (11)

les ambivalences étant inhérentes aux
anges & à leurs danses
noirs de monde sont leurs chapiteaux
de leurs éclats se nourrit
l’utopie



2 novembre 2008

... (10)

ces yeux qui s’allument
sont la preuve inavouable
d’électricité
en une friche déclarée
abandonnée



1 novembre 2008

... (9)

ces lèvres seraient
d’entre toutes les plus goûteuses
mais la norme iso du danseur
lui interdit d’uriner
sur la piste



31 octobre 2008

... (8)

celui qui se veut juste
erre en un labyrinthe sémantique
examine sans cesse
mais ses avancées nourrissent
autrement



30 octobre 2008

... (7)

placer l’éthique au centre de l’acte
est un labeur de funambule
épuisant, sur des œufs permanents
au cœur de cet enfer
réside la joie


29 octobre 2008

... (6)

le rose bonbon de l’œuvre
porte son intégrité
dépourvu de niaiserie
l’art radical est une âme morte

sans recul


28 octobre 2008

... (5)

celui qui ne lit dans le corps de l’autre
qu’un confortable réceptacle
sans fascination esthétique
le sens même du mot « désir »
lui échappe


27 octobre 2008

... (4)

le vrai désir est un chant liturgique
il déborde en celui que consume
des préoccupations d’ordre divin
le corps devient l’autel de cérémonies
sacrées


26 octobre 2008

... (3)

ce qui n’est pas disponible ne peut être acheté
ni par le hurleur ni par le loup blanc
ce qui est libre de droits
sera la pitance lunaire
du hurleur


25 octobre 2008

... (2)

les cryptozoologues peuvent toujours énumérer
les tares des anges
les exobiologistes savent que la lumière
provient des soleils
& c'est un fait


24 octobre 2008

... (1)

la synchronie est illusoire dans la durée
quoi que tissant la toile
elle n’est qu’au service
d’une infinité d’anachronismes
vitaux


23 octobre 2008

Nia / 1 - Jungle de toi




















1 - Jungle de toi
2 - Me perdre en toi
3 - Hiroshima en août

je vis dans une jungle de toi

je suis une fenêtre ouverte sur nos fausses notes
chaque jour
est une nouvelle
chaque jour
répétition
chaque jour
d’un opéra
chaque jour
avorté

je m’efforce de ne rien faire d’autre que des mots
je m’efforce de ne pas
à pas je tourne autour du
potiron
je me force
digne et serein comme un archange en rut !

mes dents du fond baignent dans
nos ambivalences
nos jeux secrets
nos démences imaginaires

où sont les antibiotiques ?!
qui a caché l’antirobe ?!

intuition vaine/sixième sens h.s./médiumnité déglinguée
demain est néant
dramaturgie irrévélée
trajet d’y
irrévérente
le sens est déguisé en je capte que dalle
dé où ? sexe miamachina !
juste un puits d’amour répétitif

je m’interroge en attendant la neige

& toi innocente choupette
tu ignores ton propre âge
tu te crois petite gamine
ha !
vieille âme
réchappée d’ères antiques
vers des lendemains cruciaux

un jour tu sauras !

si tu étais autre chose
je lirais tes pensées
comme je lis les autres
mais tu es un mur de briques
& moi statue
réduite au statut néant
coucou de midwich

tes coucous font mes jours
tes inconnues mes équations
mathématique(s)
je me retiens
je n’effleure que
… (!)
j’effleure quoi ?
tes yeux ?
même pas sûr !

je tourne en rond dans une flaque inflammable
combustion spontanée
tu viens et reviens et tu restes

tu parles de lui
tu es avec moi
tu parles de lui
tu es avec moi
toujours présente indifférente
d’éternelle dernière nuit grave
en éternelle dernière nuit grave
(tue) mens à la santé !

je suis là
où est-il ?

il est ton ombre
je suis ton temps

mais l’éthique m’enchaîne
à un silence enragé
l’impatience déchire mes nuits
pourrit mon sommeil de poèmes impromptus
tu m’habites
tu me hantes
fantômette

exquise

j’aime bien, en fait…

on saura quand l’eau se sera retirée

21 octobre 2008

Sensibilité

















une nuit, les loups hurleront à ta lune
une nuit, tu découvriras que l’on peut faire tomber les objets des murs à condition d’être deux
une nuit, tu regarderas ses mains transformer la cire des bougies en lettre d’amour anti-spam

tourbillon ressenti
ensemble - uni
libère ce que le multiple divise
visitant les hauteurs
tu oublieras l'absence
de sensibilité

l’esprit s'était trop enlisé
longue domination de ce qui freine
(ce qui empêche)
écoutée, la voix qui résonne
qui tape à ton carreau, qui se donne
croire
est le vrai miroir
la sensibilité

emporté
tu
souris
tes sens te guident
rien ne vaut que rien

matin enfin apparu
vérités toutes nues
(ne plus pleurer)
personne n'est assez pour personne
tout est trop pour chacun
seul celui qui abandonne
trouve
(tout ce qui est bon)
voit l’ensemble
expose l'être
la sensibilité

demain tu étais vieux
atteingnais-tu ton mieux ?
la volonté
juste
jour où tu es là-haut
non-erreur, non-fardeau
(archange)
loin de ce qui démange
(ne peux refuser cadeaux !)
tu deviens
sensibilité

un jour, le vent soufflera paisiblement sur la ville, & tu rencontreras des êtres dévoués à l’appréciation du temps
un jour, la radio t’expliquera le chant des tablas & l’odeur des épices
un jour, un bouton, un fil & une aiguille te montreront que celui qui cherche cherche mal, & que la réponse est toujours dans la question

20 octobre 2008

La tentation de l'eau / 2 - Cartographie des conséquences

1- Comme le temps qu'il fait
2- Cartographie des conséquences
3- ???








cartographie des conséquences
enfance, intense
maison douée de raison

le vide était fait
lova-lova light
les lendemains blancs comme neige

on ne sait jamais
à quelle heure
sont livrés les colis-surprise

verts comme neige
disais-je
jusqu’à la vallée multicolore (joie !)

2 perles contre
2 murs de sérénité
2 voies, cartographie : néant

imprévu, toujours
il faudrait pouvoir
se lasser des équivoques

triangle de damoclès (attention : fragile !)
glaive de braise qui s’effrite
au croisement de nos yeux, mais...

tentation du sable, si douce
fuck aux chansons populaires mélodramatiques !
étreinte de shiva

vieillir sage – peut-être
comme un ours
qui se nourrit de dieu

câliner la fée – sans doute
des bisous
exclusivité/compassion - compatibles ?

on doit bien pouvoir se frayer au milieu
il faudrait essayer, un truc comme…
bisounours ???!!!

un compromis persopolitique
un pacte peut-être
2 quêtes, côte à côte

cartographie des conséquences
un beau mariage ?
un beau carnage ?

c’est juste que quand je te vois, je…
dis-moi non, stoppe/
encore !

c’est un peu ainsi
c’est inéluctable ce tremblement
mais je ne veux plus égarer l’extase

la lumière d’en haut
le calme d’en bas
cet amour qui m’arrose

cet inconditionnel que ne valent
ni les mots ni les caresses
mais que peut-être… ?

ne m’emprisonne pas, tentation du sable, emplis-moi plutôt
ne pourrions-nous juste danser
sereinement avec l’eau ?

11 octobre 2008

Lingam
















en exil
répétitif
agonise un bilan commun
proactif, précipice

répétition 
increvable boucle 
exhibition pudique
yin et yang en triangle

toi, toi, mon toi !
illusoire
en/gluant
sournois

veuillez patienter…
déjà dupé !
soufflent
les leurres

quelle heure ?
trop tard
sur le seuil
de l’orgueil

poussif sur le dance-floor
emporté par la fontanelle
les pieds enterrés
dans le sable

la voix qui porte
qui frappe à la porte ?
shiva amoureux
justice ambiguë

ambivalente avalanche
neige qui se déploie
sans loi nulle foi
sans voix nul émoi

savoir
ce que ces mots
creusent
ocre qui se moque ? bric & broc médiocre(s) ?

tout ce verbiage
place du marché
détourné
nié le temps

rentré dans leur jeu
poussé dans le je
sorti sous des pluies acides
rentré dans la nuit lucide

dissection par la démence
âmennemi s’acharne harcèle jusqu’à la gerbe
réactions superflues mais soulevées
par le désir sensuel de transparence

la scène appelle
plus forte
se retirer vraiment ?
éjection précoce ?

en attendant
bon dos (toujours)
lire entre les instants 
aspire hors du monde (?)

lingam
linge-âme salant famille
brûle pourpoint certes
mais roseau en dedans

bref…
vivement lundi, vivement l’indice, exil 2010
exit en l’inde ivre d’humide
l’humilité, enfin !

9 octobre 2008

Crise du logement

Apparemment c'est pire que ce qu'on nous dit :

« LYON 9
Location - Appartement - 1 pièce(s) - 25 m² environ
IDEAL COLOC POUR TROIS LYON 09 AV MEZZANINE STUDIO DE 25M² EN TBE KITCH EQUIP DBLE VITRAGE PX METRO »

Hardcore ! Lol !

4 octobre 2008

So cuuuuuuuuuuuute!!!

C'est tellement mignon, mignon, MIGNON !!!

(Ben ouais, chacun ses vices ^^)



The Vels, Look My Way (1984).

1 octobre 2008

La menace fantôme

La personne avec laquelle j’ai eu une récente altercation par email - oui je sais c'était stupide de réagir comme ça mais à la fois ça fait dix ans que ces gens m'emmerdent et que j'opte pour le silence et j'ai décidé qu'à partir de maintenant ça suffit ! - cette personne, donc, m’a averti qu’il n’était pas dans mon intérêt de « me faire un ennemi supplémentaire ». Très gentil conseil qui me laisse toutefois perplexe : j’aurais des ennemis, moi ? Outre que ce concept d’ennemi me semble peu ou prou sorti d’une cour de récréation d’école primaire, je m’interroge. Parce que pour autant que je le sache, tous les gens qui me connaissent un tant soit peu n’ont peu ou prou que des choses gentilles à dire à mon sujet (la personne concernée n’a qu’à faire son petit sondage si elle tient à le vérifier, je ne fais même pas acte de présomption en affirmant cela !). Ah ben oui, mais ça, ce sont les gens qui me connaissent. Il y a aussi les gens qui ne me connaissent pas. Enfin ceux qui me connaissent de vue, de nom, de réputation, ceux qui ne m’ont jamais adressé la parole, ou au mieux deux minutes, bourrés, lors d’une soirée il y a huit ans. C’est parmi ces gens-là, qui ne me connaissent pas que se sont toujours trouvé mes supposés ennemis. Incroyable, non ?

Il se trouve en effet que, si l’on remonte à l’époque (révolue) à laquelle j’étais un acteur relativement important de la scène culturelle lyonnaise, j’ai appris qu’un certain nombre de gens, tous ou presque inconnus au bataillon, ne m’aimaient pas. J’entendais des rumeurs, des amis m’avertissaient que tel ou tel daubait sur ma gueule et l’on me rapportait des propos totalement ahurissants à mon égard, qui ne manquaient jamais de me choquer et de choquer mes proches. Et puis les années ont passé, j’ai pris du recul et j’aurais bien aimé oublier tout ça mais de temps en temps je croise quelqu’un que je ne connais pas, où bien on me contacte via Myspace, et j’ai droit à des sous-entendus malveillants, des remarques ambivalentes, voire carrément à des « insultes polies » comme ce fut le cas de la part du destinataire du mail évoqué ci-dessus, qui s’étonne que je réagisse grossièrement à ses propos si courtois. Je lui ai quand même présenté mes excuses pour mon vocabulaire, puisque elle me l’a demandé… Mais nous savons elle et moi ce qui a été dit et par qui !

J’ai quand même observé quelque chose : ces gens qui ne m’aiment pas, ces ennemis inconnus avec lesquels je n’ai jamais eu l’honneur de discuter, je sais quand même à peu près qui ils sont. Et ils appartiennent systématiquement à l’un ou l’autre de ces deux milieux : les gauchistes anarchistes ou les artistes vraiment underground. Pourtant, on peut difficilement me reprocher d’être un ultralibéral ou un fasciste dans l’âme, et j’ai assez fait dans l’artistique underground pour partager les galères de la deuxième catégorie. Alors quoi ? Et bien, j’ai fini par comprendre : ces deux milieux socioculturels (si j’ose dire) ne supportent pas la joie de vivre. Les premiers parce qu’il est indécent d’être heureux dans un monde gouverné par les méchants, les seconds parce qu’il est indécent de ne pas être dépressif quand on est un vrai artiste et que si l’on a le culot de s’amuser, l’on ne peut être qu’un imposteur. Ou alors il faut être cynique, ne rire qu’à travers l’ironie la plus grinçante. Enfin je dis ça, je peux me tromper : mais j’ai assez fréquenté ces deux milieux pour ne trouver aucune autre explication. Ah oui, il y a aussi le fait que dans ces deux milieux il faut absolument être humble. Pas humble vis-à-vis des autres car il est de bon ton de les critiquer et de leur signifier son mépris, mais humble dans le sens de s’habiller en noir avec des fringues bien usées, de faire semblant de ne pas s’aimer soi-même pour justifier son manque d’amour pour les autres, de raser les murs, de baisser la tête en marchant, de ne surtout jamais se la ramener. En tout cas jamais d’une manière glamour, mais toujours en douce, avec cynisme et froideur. Et puis il y a aussi le crime suprême, qui est de se vouloir fédérateur, d’organiser du culturel, parce que ça c’est forcément vouloir être au centre de tout, tout ramener à soi et essayer de faire de la récupération. Enfin ça dépend du degré d’underground de la programmation, bien sûr. Si l’on ne fait que dans l’underground glauque (suivez mon regard), c’est différent, c’est pas pareil. Il y a le bon chasseur et le mauvais chasseur, vous connaissez la chanson…

Je suis désolé les mecs mais il se trouve que oui, il y a des gens qui s’amusent dans la vie (ce qui ne les empêche pas d’avoir leurs bonnes phases dépressives comme tout-un-chacun, d’ailleurs) et oui, il y a des gens qui aiment la vie et d’ailleurs elle n'est pas si moche que ça ! Et oui, il y a des gens qui aiment les entreprises fédératrices et qui trouvent en toute spontanéité que c’est chouette de faire des trucs ensemble entre artistes (seulement il faut bien que quelqu’un les organise, ces trucs ensemble). Il se trouve aussi, c’est vrai, que certaines personnes aiment parader en soirée, être la plus belle pour aller danser parce que, pris comme un jeu, l’ego-trip a quelque chose de délicieux en terme de mise en scène. À condition que cela ne reste qu’un jeu et ça n’a jamais été autre chose pour moi. Mais il est vrai que si j’étais un gothique ou un punk, et que j’arrivais en soirée avec des piercings et des colliers à pointe ou un nain en laisse, ce serait parfaitement acceptable pour ces gens-là. Je préfère le pourpre, je n’y peux rien si je suis disco dans l’âme et si j’écoute du funk. Je suis une star dans ma salle de bain, baby !

Et puis au bout du compte, peut-être que cela se limite à une inversion de valeur : si les gens pourris daubent sur les gens qui s’efforcent d’être bienveillants et respectueux, c’est peut-être parce qu’ils espèrent faire croire que, si les gens biens sont pourris, eux sont les vrais gens biens. Raisonnement pervers s’il en est mais l’humanité ne manque pas de perversités de ce type et je crois bien qu’il s’agit beaucoup de cela. Mais peut-être que j’exagère, peut-être que c’est juste la légèreté, la désinvolture, qui exaspèrent ceux qui sont plein de morgue et de sérieux. De tout temps, la désinvolture et la légèreté ont toujours attisé la suspicion la plus vive. Avant c’était les bons cathos qui les détestaient parce que Dieu avait dit qu’il fallait souffrir. Maintenant, c’est les anars et les underground qui font ce sale boulot pour le compte d’un Dieu indéterminé mais, c’est certain, païen.

Alors quoi, on daube sur moi dans les soirées branchouilles artistrucs ? Ça tombe bien parce que ça fait des années que je ne les fréquente plus, ces soirées-là ! Alors quoi, j’aurais des ennemis ? Vu que ce sont des gens que je ne connais pas, avec lesquels je n’ai jamais eu la moindre interaction, qu’y puis-je si eux n’ont rien de mieux à faire que de me faire des procès d’intention. Qu’ils daubent sur moi entre eux si ça les amuse : maintenant je sais pourquoi j’ai un acouphène lol ! Mais de grâce, que dorénavant ils me foutent la paix ! Je n’ai qu’une chose à leur dire : Il est tellement dommage que les gens qui dansent exaspèrent les gens qui sont assis !

Qu’ils restent assis s’ils aiment ça mais en ce qui me concerne, je n’ai pas fini de danser !

Et je ne suis pas seul sur la piste. Ou comme dirait Yelle : « Tu es bien plus forte que moi mais nous sommes nombreux » !
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