28 février 2010

Small City

Small City (a.k.a. The Madcapulsize Experience et, plus tard, Grande ville, petites gens) fut un projet de film d’animation expérimental, que souhaitait réaliser mon amie Pulsize, dont j’étais censé écrire le script. Le film ne vit jamais le jour, mais cette expérience aboutit néanmoins pour moi à quelques trucs intéressants.

Il y eut deux versions, très différentes, du projet en lui-même. En septembre 2000, Pulsize m’avait simplement proposé de travailler sur le concept de dépendance, et donné carte blanche. À l’origine, le texte du film se présentait comme une suite de monologues intérieurs et de dialogues. C’est de mes recherches sur ce projet qu’émergea inopinément la Confession publique, qui au départ n’était qu’un exercice de style consistant à appliquer à ma propre personne le type d’introspection que je cherchais à appliquer aux personnages.

Finalement, Pulsize décida qu’elle voulait quelque chose de plus narratif et du coup, j’écrivis début 2002 un véritable scénario de long métrage, dans la même ambiance mais avec d’autres personnages. Le résultat était totalement irréalisable (faute de moyens et de temps) et Pulsize finit par se tourner vers des projets plus raisonnables. Du coup, entre août et octobre 2003, je remaniai le scénario en question dans l'idée d'en faire la base de mon second roman, que j'abandonnai finalement inachevé pour écrire Tabloïde à la place (je publierai sans doute ici, tôt ou tard, les rushes de cette version-ci, qui avait de vrais bons moments).

Pour la petite histoire, Pulsize et moi avons de nouveau collaboré en 2007, sur le scénario d'un clip qu'elle devait réaliser pour le groupe Human E.T Crew. Je ne sais plus si elle a fini par faire le clip ou pas, mais je sais que le groupe n'avait pas retenu la version du scénario sur laquelle nous avions bossé ensemble. Un grand merci à elle en tout cas, parce que même si nous n'avons jamais réussi à aboutir quoi que ce soit ensemble, ses propositions m'ont amené à réaliser plein de trucs cools de mon côté !

Ce que vous lirez aujourd’hui provient des rushes de la version 2000-2001 (les monologues et les dialogues). 95% de ce que j’ai écris à l’époque ne mérite pas d’être publié aujourd’hui, mais j’ai quand même extirpé du lot les deux petits fragments ci-dessous : rien d’extraordinaire mais je les aime bien ^^ Je serais malhonnête de ne pas mentionner que les deux personnages qui parlent ici (il y en avait neuf en tout) étaient librement inspirés de personnages créés quelques mois plus tôt par mes amis Céline Z. et Ben T., dans le cadre du spectacle pluridisciplinaire Rumeur publique, que nous avions écrit et monté ensemble en septembre 2000 (plus de détails sur ce projet-ci ici et ).

***

SMALL CITY : EXTRAIT DES MONOLOGUES D’ERUTIRCE (décembre 2000)

Perdue…

Je suis… perdue…

Je erre entre les traboules en rasant les murs et parfois, lorsqu’une silhouette m’interpelle, je lui barre le chemin et j’ose lui dire un mot, parfois deux, puis je fuis car je crains ses réponses. Mieux vaut pour moi la laisser sans voix.

Qui… m’écoute ?

Personne, puisque je ne parle pas. Je voudrais bien, mais les mots ne sortent pas, ou alors à l’envers, tordus, confus, mal fichus. Alors je fuis et me contente d’envoyer des sourires, des regards, des phrases impersonnelles : « aujourd’hui j’ai fait ça, je suis allée ici, j’ai vu un truc et découvert un machin ».

Des faits : voilà ma journée, voilà ma vie. Je décris des faits mais ce que je ressens vraiment, je suis incapable de le dire avec des mots.

Et je déteste me sentir obligée de le faire.

« Parle, putain ! »

Mes amis me pressent. Sont-ils mes amis ? Je suis toujours avec des gens, d’appart’ en appart’, de squat en squat. La solitude a quitté mon quotidien. Chez moi n’est plus chez moi. J’y passe et n’y reste jamais.

Chez moi, c’est partout, tant qu’il y a des gens.

Chez moi, c’est nulle part.

J’aime les gens. Pas tous, bien sûr. J’ai besoin d’eux pour avancer, me libérer de ce que j’étais. Plus de petite fille sage et méthodique. Je me préfère en cinémascope, en technicolor… et en muette.

Parfois il y en a un, ou une, qui me presse :

« Mais parle ! »

Quoi, parle ?

« Dis ce que tu ressens, vraiment. »

Comment ferais-je ? Je change, tout change et si vite que je suis incapable de dire le pourquoi et le quoi de moi.

Je vole.

Haut.

J’aime ça.

Et c’est tout.

Je veux juste être là, avec vous, faire avec vous, jouer avec vous, danser avec vous, rire, manger et dormir avec vous.

De temps en temps, comme pour m’excuser de si peu me dévoiler, je fais un petit cadeau.

Et des fois je craque et pleure dans le creux de votre épaule.

Ça c’est déjà beaucoup vous en dire. Pour moi en tout cas c’est beaucoup.

***

SMALL CITY : EXTRAIT DES MONOLOGUES DE R’JKA (décembre 2000)

Je n’en peux plus.

Je n’en peux plus du regard des autres. Je n’en peux plus de mon propre regard sur moi-même. Une pression permanente, ces regards : c’est comme autant de verdicts sans appel, des verdicts sans procès ni preuves, arbitraires et dont nous sommes tous tellement tributaires que nous en venons à n’être plus que des compromis incarnés.

Les gens savent s’y prendre pour vous remettre à votre place. D’ailleurs, c’est quoi cette expression : « remettre à sa place » ? C’est des conneries : on ne se fait pas remettre à sa place, jamais ! On se fait remettre à la place où l’on ne dérange plus personne, qu’importe que ce soit la sienne ou non, tant qu’on passe suffisamment inaperçu pour ne plus gêner le groupe.

Il faudrait peut-être tous se crever les yeux pour avoir la paix, pour en finir avec les regards.

27 février 2010

26 février 2010

... (38)

l'appartenance non choisie à une caste
est un abaissement sans nom
racaille rappeur ou progéniture de dentiste
qui ne cherche pas sa voie propre est un
clone creux


25 février 2010

... (37)

les murmures du ciel sont innombrables
portés par des vents multiples
le croyant se doit d'admettre que le verbe
s'adapte aux sensibilités
terrestres



21 février 2010

Mystique féline : la suite

Tout d'abord, je vous invite à aller lire ceci pour comprendre le quoi du comment (et éventuellement le pourquoi et qui va faire la vaisselle) de l'article qui suit... Ensuite, vous pouvez revenir ici.

Comme nous l'avions découvert en août 2008, les chats ont une religion : ils vénèrent le Chien Unique. Cette révélation m'a poussé à enquêter sur le terrain des mois durant, interrogeant nombre de chats sur leur foi et sur les textes sacrés de leur religion.

Il existe encore des zones d'ombres sur l'histoire de Long John, Long Johnson et Don Piano aussi n'aborderai-je pas le sujet aujourd'hui. Par contre je peux désormais répondre à ces deux questions fondamentales :
- Pourquoi les chats vénèrent-ils le Chien Unique alors qu'ils sont connus pour détester cordialement les chiens terrestres ?
- Pourquoi le Chien Unique se nomme-t-il ainsi, alors qu'il y a des millions de chiens sur terre ?

Il y a bien longtemps, le Chien Unique créa les chats pour peupler le monde. Les chats vénéraient le Chien Unique et le Chien Unique protégeait les chats. En ce temps il n'y avait nul chien sur la terre, aussi les textes sacrés des chats disaient « Il n'y a qu'un seul Chien » (« There is only one Dog »). Il est à noter que ceci fut une nette progression dans l'histoire de la civilisation : jusque-là, la plupart des espèces animales étaient polythéistes, alors que de nos jours, et ce grâce aux chats, seuls les arthropodes croient encore à tout un panthéon de divinités.

Puis vint l'être humain, une espèce bipède qui vénérait elle aussi un seul dieu, du nom de Jéhovah. L'homme écrivit alors un bouquin nommé « La Genèse » pour expliquer ses origines aux enfants. Il est écrit dans ce texte que « Dieu créa l'homme à son image ».

Le Chien Unique, curieux de cette nouvelle espèce et de son étrange religion, se procura un exemplaire de la Genèse et fut très étonné par cette affirmation ! Il regarda son canin reflet dans un miroir et ensuite il regarda les chats et il constata qu'il n'avait pas du tout créé ceux-ci à son image.

L'espèce humaine était en plein développement, et faisait des choses étonnantes comme de construire des maisons et autres trucs que les chats ne faisaient pas... Le Chien Unique, soucieux d'être « dans le coup », se dit qu'il valait peut-être mieux suivre la tendance et que si le dieu des hommes obtenait pareils résultats, peut-être le Chien Unique aurait tout intérêt à créer une nouvelle espèce qui soit « à son image ».

Ainsi arriva ce que les chroniqueurs de ces temps éloignés nommèrent « la Multiplication des Chiens ».

Le Chien Unique créa un chien, puis il le dédoubla, le tripla, le quadrupla... jusqu'à peupler le monde de millions de chiens ! Puis il annonça aux chats que désormais, le « peuple élu » serait le peuple canin et non plus le peuple félin. Vous imaginerez sans peine que les chats entrèrent dans une rage folle : non seulement ils perdaient leurs privilèges mais en plus tous ces chiens enlevaient son « unicité » au Chien Unique !

Les chats et les chiens se livrèrent alors une grande guerre sur la terre entière, qui dura 103 ans et 103 jours. Le conflit prit de telles proportions qu'il s'étendit jusqu'au Paradis ! Nombre de chiens et de chats s'y étaient rendus pour parler au Chien Unique et l'implorer de favoriser son camp, et ceux-là se livrèrent bataille par delà les nuages. Les corps des défunts tombaient du ciel et s'écrasaient sur la terre et c'est à cette époque qu'est née l'expression anglaise « it's raining cats and dogs » (« il pleut des chiens et des chats », équivalent anglo-saxon de notre « il tombe des cordes »).

Finalement, une trêve fut signée entre les deux camps, qui convinrent de se partager la planète. Mais, en dépit des siècles, les deux espèces continuent de se haïr cordialement. Les chats, quant à eux, vénèrent toujours leur créateur, le Chien Unique, malgré sa « trahison »...

Amis du bon goût, merci de votre attention, et puisse le Chien Unique veiller sur vous.

19 février 2010

... (36)

lorsque l'ironie du sort fait preuve
de réserves d'imagination
au-delà du bon sens
le juste compliment est de s’emplir
d'humour



17 février 2010

Ombres sur papier

Lorsque ma grand-mère maternelle nous quitta, en octobre 2005, c'est à ma tante et à moi qu'incomba la tâche de trier ses affaires. Dans la cave, bien enfouies dans des cartons qui avaient été enterrés là vingt-cinq ans plus tôt, nous trouvâmes de vieilles photographies. À vue de nez, des portraits pris entre 1890 et 1910. Des hommes tout en moustaches et en costumes noirs, et des femmes et des enfants qui sans doute étaient les leurs, tous capturés dans la non-expression des poses de l'époque.

Ma grand-mère savait-elle qui étaient tous ces gens ? Du haut de ses quatre-vingt-treize ans, elle eut sans doute été capable d'en nommer quelques-uns, et il est probable qu'elle eut été la dernière personne en ce monde à pouvoir le faire. Toutes ces photos ont fini à la benne : liquidation totale...

Ces gens, les hommes surtout, semblaient si fiers, débordants d'un sentiment d'importance. Étaient-ils médecins, avocats, instituteurs, notables de leur temps ? Étaient-ils simplement agriculteurs, artisans, commerçants endimanchés pour la photo ? Nous ne le saurons jamais, mais la façon dont ils toisaient l'objectif avec autant de rigueur qu'ils le pouvaient m'apparut totalement dérisoire... parce que quoi que ces hommes aient accomplis dans leurs modestes vies, il n'existe pas un être humain vivant sur cette terre qui serait capable de mettre un nom, une histoire, sur leurs visages fermés. Pourquoi alors ces photos ? Quel intérêt, quel sens avaient-elles si personne ne pouvait les contextualiser ?

Je ne connais pas ces gens, peut-être, sans doute, étaient-ils de braves hommes. Leur apparente arrogance n'était sans doute que le fruit d'une mode qui voulait l'homme austère et grave, mais cette apparente arrogance, combien semblait-elle soudain ridicule, dans l’abîme sans fond de leur anonymat...

Peu après, je voyais le film Dogville de Lars von Trier, et le générique de fin me plongea dans une grande mélancolie : une succession de portraits en noir et blanc, âme d'une Amérique profonde qui avait souffert, s'était contentée de peu. Nombre de visages étaient ici souriants et humbles, mais ils m'inspiraient la même sensation de vertige : des visages sans nom, sans histoire, des visages d'hommes et de femmes qui ont traversé des océans de misère, mais dont nul ne se souvient aujourd'hui...

C'est ce paradoxe de la photographie, du cinéma, de la vidéo... Ils figent une infinité de visages, pour l'éternité, mais contrairement aux témoignages écrits ils ne nous disent rien (ou si peu) sur la vie personnelle des gens qu'ils capturent. Durant des siècles, l'image se fondait dans le néant avec l'homme. Seuls les peintres (mystérieuses Joconde et Jeune fille à la perle...) nous laissaient la trace d'inconnus sans le mode d'emploi, mais ces quelques portraits abandonnés à l'histoire n'étaient pas les centaines de millions de portraits enfantés par la photographie...

Au fond, ces photos m'ont fichu froid dans le dos, parce que je voudrais bien pouvoir dire à ces gens que je sais qui ils sont, que quelqu'un sait qui ils sont. Mais personne ne sait ni ne saura plus jamais. Rien de ce qu'ils ont fait ou dit ne sera jamais plus évoqué par personne.

Mon père me reprocha par la suite d'avoir « bazardé » ces clichés, comme si j'avais commis un sacrilège à la mémoire de ces gens, de ma propre histoire familiale, de mon hérédité et éventuellement de la société occidentale tout entière. En fait, en envoyant tout ça à la benne, en offrant enfin la crémation à ces âmes mortes, j'ai eu le sentiment de leur rendre leur honneur, leur dignité. Enfin allaient-ils cesser d'être des visages sans identité. Puisque la mémoire de leurs descendants les avait trahis, mieux valait qu'ils retournent complètement au néant. Ainsi, la dérisoire vanité de leurs regards fiers, l'humiliation que leur infligeaient mon regard et celui de mes contemporains, notre insolente ignorance quant à leurs joies, leurs passions, leurs douleurs, leurs actes de bravoures, le son de leurs rires... tout cela a péri dans les flammes.

Qu'ils soient réincarnés ça ou là ou qu'ils ne soient plus du tout, ils ne méritaient pas de rester là, emprisonnés sur du papier, incompris pour l'éternité.

23 janvier 2010

Blastann Zeimer

Projets Angoulême 2010 (clique sur les liens & épate tes amis !) :
1/ 1916
2/ Abattoir
3/ L'âge de Tantale
4/ L'ami imaginaire
5/ Blastann Zeimer

Cinquième des cinq projets que je m'apprête à soumettre aux éditeurs cette année, Blastann Zeimer, réalisé avec le dessinateur Enrique Alcatena. Les couleurs et le lettrage sont de German Nobile. Blastann Zeimer est de ces histoires qui ont une longue histoire mais je vous la raconterai une autre fois. L'essentiel de l'univers, de l'histoire, et des personnages sont la création de mon ami Christophe Lacaux, qui m'en a confié le développement.

Les bandes dessinées d'Enrique ont été publiées, au cours des 30 dernières années, aux USA, en France, en Italie, en Angleterre et bientôt en Inde. Il a travaillé sur Conan the Barbarian et Fantastic Four pour Marvel, sur Batman, Superman, Flash et Hawkman pour DC Comics, et Judge Dredd Vs. Predator pour Dark Horse. En France, ses travaux ont parus chez Albin Michel et Soleil. A noter que Quique a encré Hawkworld de Timothy Truman (DC Comics, 1989), qui est l'une de mes BD de chevet depuis plus de dix ans : c'est donc un honneur pour moi que de pouvoir travailler avec lui.

Je vous laisse en compagnie des premières planches, sans un mot de plus sur le scénario ^^ Il suffit de cliquer sur les planches pour les voir en grand format.


















































L'ami imaginaire

Projets Angoulême 2010 (clique sur les liens & épate tes amis !) :
1/ 1916
2/ Abattoir
3/ L'âge de Tantale
4/ L'ami imaginaire
5/ Blastann Zeimer

Quatrième des cinq projets que je m'apprête à soumettre aux éditeurs cette année, L'ami imaginaire, réalisé avec le dessinateur Roberto Viacava (son blog et son autre blog).

Roberto a publié aux USA et en Italie, notamment les bandes dessinées Zombie Highway (traduite en France par Wetta) et Absolution avec le scénariste Christos Gage (publiée par Avatar Press).

Je vous laisse en compagnie des sept premières planches, sans un mot de plus sur le scénario ^^ Il suffit de cliquer sur les planches pour les voir en grand format.








































22 janvier 2010

L'âge de Tantale

Projets Angoulême 2010 (clique sur les liens & épate tes amis !) :
1/ 1916
2/ Abattoir
3/ L'âge de Tantale
4/ L'ami imaginaire
5/ Blastann Zeimer

Troisième des cinq projets que je m'apprête à soumettre aux éditeurs cette année, L'âge de Tantale, réalisé avec le dessinateur Tomás Aira (son blog, son autre blog et encore son autre blog)

Tomás a publié l'album 78kmph en Argentine, et réalisé la mini-série Night & Fog avec les scénaristes Alex Leung et Mark Bradford, publiée aux USA par Studio 407 et dont les droits viennent d'être achetés à Hollywood.

Je vous laisse en compagnie des sept premières planches, sans un mot de plus sur le scénario ^^ Il suffit de cliquer sur les planches pour les voir en grand format.













































































































































Abattoir

Projets Angoulême 2010 (clique sur les liens & épate tes amis !) :
1/ 1916
2/ Abattoir
3/ L'âge de Tantale
4/ L'ami imaginaire
5/ Blastann Zeimer

Second des cinq projets que je m'apprête à soumettre aux éditeurs cette année, Abattoir, réalisé avec le dessinateur German Nobile.

German a déjà publié un album en Argentine. Il travaille aussi beaucoup pour l'industrie des cartes à jouer. Il est le coloriste et le lettreur de la bande dessinée Homo Superior, que je réalise actuellement avec le dessinateur German Ponce, et qui paraîtra en 2010 aux éditions Ankama.

Je vous laisse en compagnie des quatre premières planches, sans un mot de plus sur le scénario ^^ Il suffit de cliquer sur les planches pour les voir en grand format. 






























































































































1916

Projets Angoulême 2010 (clique sur les liens & épate tes amis !) :
1/ 1916
2/ Abattoir
3/ L'âge de Tantale
4/ L'ami imaginaire
5/ Blastann Zeimer

Premier des cinq projets que je m'apprête à soumettre aux éditeurs cette année, 1916, réalisé avec le dessinateur Danilo Guida (son site et son blog), avec qui j'avais déjà composé Les nymphes cannibales l'an dernier. Les couleurs et le lettrage sont de German Nobile.

Danilo travaille beaucoup pour l'industrie du jeu de rôle. Il a également publié dans divers magazines, dont Heavy Metal aux USA, et été l'assistant de Tomàs Giorello sur Star Wars, publié chez Dark Horse.

Je vous laisse en compagnie des quatre premières planches, sans un mot de plus sur le scénario ^^ Il suffit de cliquer sur les planches pour les voir en grand format.



































































































La page 5, qui normalement comporte du texte (mais là on n'a pas eu le temps ^^) :





20 janvier 2010

... (35)

les reproches ne sont que
les yeux jaunâtres de crapauds vautrés
il convient de les accueillir comme
la luxure avide
du malheur


18 janvier 2010

... (34)

il est temps, parfois
de payer tribut & de s'en régaler
mais avant cela
un peu de contemplation s'impose
& situe


17 janvier 2010

Comment Shaomi devint (presque) sans-papiers

C’est amusant que je n’aie jamais pensé à raconter ça ici, depuis plus de deux ans que c’est arrivé… mais je suis presque sans papiers…

Avant, j’avais une carte d’identité et un passeport (je n’ai jamais vu l’utilité de passer le permis de conduire en vivant en plein centre de Lyon). En avril 2007, lors de l’Épouvantable Expérience Marseillaise (E.E.M.), on m’a volé mon portefeuille avec ma carte d’identité dedans.

Alors je porte plainte et tout le tralala puis début juillet, comme j’avais un passeport périmé et qu’un voyage en Inde se profilait à l’horizon, je suis allé refaire tous mes papiers. Le passeport pas de souci, mais pour la carte on me demande « le papier jaune ». Quel papier jaune ? « Le papier jaune que la police vous a donné quand vous avez déposé plainte ». La police ne m’a jamais donné de papier jaune, tout ce qu’ils m’ont donné c’est une copie de ma plainte. « Je comprends Monsieur, ça arrive et j’aime autant vous prévenir qu’ils vont le nier, mais il faut y retourner et demander un duplicata ». Et la dame (une très gentille jolie dame blonde de quarante ans à qui j’avais très envie de mordiller les pommettes) d’ajouter « Et puis aussi vous allez avoir des soucis parce que le papier jaune stipule que vous avez deux mois pour renouveler votre carte, et là ça fait trois mois, mais récupérez déjà le papier jaune et puis on verra ensuite. »

Bon… Je vais au commissariat. « Ah non Monsieur c’est impossible on donne toujours le papier jaune. » Ben non, vous me l’avez pas donné et puis en plus vous m'avez pas dit que j'avais que deux mois. « Si, obligatoirement, on donne toujours le papier jaune et on dit toujours qu'il y a un délai de deux mois. ». Ben vous auriez pu oublier à la fois, ça arrive ces choses-là. « Non Monsieur ça n’arrive jamais, on donne toujours le papier jaune et on précise toujours pour le délai. » Bon, OK, admettons que vous m'ayez dit pour le délai et que j'aie oublié, mais par contre je suis navré mais je persiste à nier pour le papier jaune. « Ah, attendez : vous dites que c’était en avril ? Oui alors à cette époque on n’avait plus de papier jaune donc on a dû vous l’imprimer sur du papier blanc mais on vous l’a donné c’est certain. » Bon, OK, soit, on va pas y passer la nuit, admettons qu'il ait été blanc et que je l’aie perdu : il me faut un duplicata. « Nous ne pouvons pas faire de duplicata ». Comment ça, vous pouvez pas faire de duplicata ? « On ne peut pas ». Il doit bien y avoir un moyen, il suffit de me réimprimer le truc. « On n’a pas le droit et de toute façon même si on voulait on peut pas, il y en avait un pour vous et un pour la préfecture et nous on n’a pas gardé de copie et on ne peut pas en refaire un comme ça. » Ah, bon, alors je fais quoi moi ? « Allez à la préfecture au service des papiers et demandez-leur une copie de leur copie. »

Bon… Je vais à la préfecture. « Monsieur, le service des papiers ne reçoit pas le public ». Oui mais la police m’a dit de… « La police vous a raconté n’importe quoi, le service des papiers ne reçoit pas le public : même si moi je vous laisse passer, ils ne voudront pas vous recevoir ». Oui mais la mairie dit que sans papier jaune vous ne me referez pas ma carte et que la police doit me donner le papier jaune mais la police dit que c’est à vous de me donner le papier jaune. « La police peut vous refaire le papier jaune : dites-leur de vous refaire le papier jaune ». Mais madame ils refusent, ils disent qu’ils n’ont pas le droit. « Ils vous mènent en bateau parce qu’ils ont la flemme. Retournez-y et demandez à parler à un gradé pour qu’il vous fasse le papier jaune, parce qu'ici on ne vous recevra pas ».

Bon… Je retourne au commissariat et on m’amène un gradé et là c'est pas la peine que je me fatigue à écrire : vous remontez de deux paragraphes et vous relisez le premier passage au commissariat parce que c’est la même conversation mot pour mot et on me dit de retourner à la préfecture ou sinon à la mairie mais qu'ici ils ne peuvent plus rien pour moi.

Alors finalement je décide de faire une pause et trois semaine plus tard je retourne à la mairie récupérer mon nouveau passeport et je raconte tout à la dame aux jolies pommettes et elle hausse les épaules en me disant qu’elle n’a aucune idée de ce que je devrais faire pour ravoir une carte d’identité mais que si elle envoie un dossier sans papier jaune la préfecture va le lui renvoyer de toute façon comme étant incomplet. Comme à cette époque je suis encore comme qui dirait lié à une ex/future/future-ex, je n’invite pas la dame blonde à se faire mordiller les pommettes ni même à boire un café, et je rentre chez moi.

Quelques mois plus tard, un ami bien placé m’expliquera que mon seul recours est de porter plainte au tribunal administratif parce que l’État n’a pas le droit de me refuser une carte d’identité et que ça sera long et compliqué mais que je suis sûr de gagner et d'avoir ma carte au bout du compte. Mais entre temps j’étais retourné en Inde et j'avais pris certaines décisions, et du coup je me suis dit que honnêtement ce passeport m’irait très bien en guise de seul et unique papier d’identité, vu que de toute façon je vais probablement passer l’essentiel de ma vie future comme expatrié, et que citoyen du monde, ma foi si ça convient à Ryuichi Sakamoto ça me convient bien à moi aussi ^^

Et c’est ainsi que Shaomi devint (presque) sans papiers…

15 janvier 2010

Un opéra... electroclash ?!

L'electroclash a toujours été une musique d'intellos. Derrière ses apparences superficielles, dansantes, parfois salaces, le genre ne s'est pas contenté de reinventer l'electro des années 2000, d'y ré-insuffler la pop que l'electro des années 1990 avait chassée à grand coups de breakbeat et de glitch (pour paraître, justement, très intello). L'electroclash est un manifeste, le retour d'une attitude sex, drugs & rock'n'roll si exagérée qu'elle en devient caricaturale, et au bout du compte fait le procès d'une société de consommation où même l'autre devient un objet (sexuel) qu'on achète et qu'on jette. Paradoxalement, c'est aussi (quand même) le retour de la légèreté, du droit au glamour et à l'autodérision. Et encore, pourrait-on dire, une régurgitation parfaite de tout ce qui s'est fait de Elvis Presley à Aphex Twin en passant par Cocteau Twins, The Human League et James Brown...

Le duo suédois The Knife s'illustre depuis 2001 comme l'une des plus fascinantes bizarreries de ce mouvement. Les quatre albums parus à ce jour (dont une musique de film) sont autant de perles minimalistes, expérimentales, ténébreuses ou dansantes (parfois tout ça à la fois). On peut ne pas apprécier leur esthétique radicale, leur déconstruction systématique de la cold-wave et de la dance music, deux langages qu'ils maîtrisent parfaitement, mais on ne peut que s'incliner devant la singularité de leur esthétique.

Le nouveau projet de The Knife, Tomorrow, In A Year, s'annonce comme un tournant décisif dans leur carrière puisqu'il s'agit... d'un opéra ! Pas un opéra rock à la con comme on en a tant vu, mais bel et bien une pièce contemporaine, qui s'inscrit autant dans la lignée des musiques dites « savantes » (contemporaines, répétitives, etc.) que dans la tradition électronique. Commandité par la compagnie Hotel Pro Forma dans le cadre plus global d'un spectacle sur Darwin et sa théorie de l'évolution (!!!), le double album sera disponible au mois de mars, et le premier extrait (une pièce de onze minutes en écoute sur leur Myspace) met l'eau à la bouche !

Il faut dire que Tomorrow, In A Year marque aussi la première collaboration entre The Knife et les musiciens Planningtorock et Mt. Sims. Planningtorock est anglaise (mais vit à Berlin) et s'est faite remarquer avec l'album Have It All en 2006. Cet album est lui aussi une bizarrerie, quelque part entre la douceur baroque de Kate Bush et l'hystérie élégante de Dandi Wind. Mt. Sims, lui, est canadien (mais il vit aussi à Berlin). En 2002, il débutait sous le nom de Mount Sims avec Ultra Sex, une merveille de synth-pop boostée au Minneapolis Sound façon Prince, un album qui contribua grandement à lancer l'explosion electroclash des années 2002-2005. Ont suivis un disque plus sombre, à la limite de l'indus,
plus difficile d'écoute mais d'une assez fascinante morbidité, jusqu'à la formation du groupe Mt. Sims à Berlin et l'album cold-wave qui en découla.

Alors voilà : trois des entités musicales les plus remarquables de la décennie se réunissent pour composer un opéra, il serait étonnant que ça ne donne pas quelque chose de mémorable ! Une expérience qui marque en tout cas le véritable début d'un mouvement post-electroclash (ce mouvement qu'on ne sait plus comment appeler puisque la presse musicale a décrété la mort de l'electroclash en 2005 !). C'est tout une génération de musiciens qui va enfin se libérer de son image suave, sex, drugs & rock'n'roll. Ainsi, le mouvement qui a su ramener la pop dans l'electro finirait donc par la réconcilier avec ses origines electroacoustiques... L'electroclash est mort ? Vive l'electroclash ! Une boucle se boucle en tout cas...

Colouring Of Pigeons, premier extrait de l'opéra
Tomorrow, In A Year, est donc en écoute ici. C'est prometteur, c'est magique, c'est beau, c'est ce vers quoi nous autres artistes devrions tous tendre (et moi l'écrivain le premier) !

14 janvier 2010

Georges Mélies est mort en 1938

Pauvre lapin, pauvre doudou, qui n'avait rien vu du tout...

(Ne vous inquiétez pas, ça nous arrivera à nous aussi ^^)

11 janvier 2010

Bébé Coma Solo

Bébé Coma est un projet de semi-improvisation pluridisciplinaire qui a une longue histoire. Issu de sessions d'écriture intensives de l'automne 2003 en vue de futures Combustions Spontanées, héritier thématique d'un spectacle similaire avorté en 2002, produit sur scène à cinq reprises en 2003-2004 avec votre humble serviteur au texte, NeSty NeSs au son, et selon les cas Pierrick Maitrot ou Jean-Pierre Olinger à la peinture, Stéphan Meynet à la vidéo ou safran en projection photographique... Vous pouvez trouver une historique plus détaillée du projet ici.

Après que la première version ait vécue, le projet repartit dans une nouvelle direction en 2005, avec le musicien Vincent Palumbo, la danseuse Florence Bordarier et la vidéaste Isa Borgo. Malheureusement je suis parti deux ans à Marseille, Vincent est parti en Angleterre puis à Paris, et tout ça est resté en stand-by depuis trois ans. Nous nous sommes revus tous les quatre il y a peu, et on s'est dit qu'on finirait bien le travail, pas en live mais en studio, pour une version qui serait alors diffusée online : à suivre donc...

En attendant, Florence eut l'occasion de présenter une partie de son travail sur le spectacle en 2006. Chorégraphié par ses soins sous la direction de Dominique Buttaud, danse silencieuse (d'où la vidéo sans musique), Bébé Coma Solo est tout ce qui est visible à ce jour du projet... J'espère que vous pourrez un jour découvrir Bébé Coma dans son intégralité et d'ici là, je vous laisse en compagnie de Florence.

9 janvier 2010

... (33)

toucher les cieux
fermer les yeux
& les rouvrir sur un torrent
entre deux prises de conscience
hurler à la vie


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