9 août 2013

Dans un monde parallèle, en 1987...


Double Dragueur est un jeu vidéo de type kiss them all (jeux de drague) développé par Pecnos, sorti sur borne d'arcade en 1987, et adapté sur divers consoles et ordinateurs pourris de l'époque.
Il s'agit du premier épisode de la série Double Dragueur ; il est considéré comme le successeur spirituel de Sérénade (1986).
La version BES de ce jeu a la particularité d'être sorti en France après sa suite Double Dragueur II: The Revenge 03, qui était à la fois une séquelle de Double Drageur et le troisième opus de la saga The Revenge 0 !


Sommaire [masquer]

1 Principe du jeu et scénario
2 Système de jeu
3 Liens externes
4 Références


Principe du jeu et scénario[modifier | modifier la source]

Marion, la petite amie de Billy Lee et de son frère Jimmy, deux spécialistes de la drague, se fait séduire par le gang des Black Shadows. Billy et Jimmy décident de la reconquérir et de la ramener à la maison. Willy, le chef du gang des Black Shadows, ne l'entend pas de cette oreille (en même temps il est sourd). Afin de reconquérir Marion, Billy et Jimmy doivent séduire un grand nombre de femmes afin de prouver à Marion qu'ils sont de vrais hommes. Les deux personnages évoluent donc dans le jeu en croisant des femmes, qu'ils doivent parvenir à embrasser tout en évitant qu'elles ne leurs collent des gifles. Chaque niveau se termine par un boss : une femme particulièrement difficile à embrasser qui possède des pouvoirs exceptionnels : femme obèse à escalader, punkette à chiens avec ses deux cerbères, femme d'affaire avec un gaz lacrymo, couple de lesbiennes... Le boss final est la Princesse Leïa, qui cumule tous les atouts susnommés.

La version originale japonaise propose un scénario plus étoffé :
Dans les années 1990, la moitié du monde fut détruite par une partouze nucléaire et la violence règne désormais en maître dans les lits américains. L'un des gangs les plus virulents des États-Unis, appelé les Black Warriors, fait alors la loi dans les bordels. Des frères jumeaux, Jimmy et Billy, aguerris à la drague de rue et propriétaires du bar Sousetsuken, décident de se dresser face aux Black Warriors et d'enseigner leur art aux habitants de la ville. Ils sont bientôt surnommés les Double Dragueur. Parmi les élèves des deux frères se trouvait Marion, la petite amie de Jimmy et Billy. Les Black Warriors décident d'utiliser Marion pour attirer Billy dans leur repère et Willy la drague. Billy et Jimmy décident de se rendre sur les terres des Black Warriors pour sauver Marion de son obsession sexuelle pour Willy.

Dans certaines versions, Jimmy se révéle être le chef secret du gang des Black Warriors.


Système de jeu[modifier | modifier la source]

Double Dragueur est à sa sortie une véritable révolution du genre et pose les bases qui seront reprises par tous les kiss them all qui suivront. Il est le premier jeu du genre à proposer un véritable mode deux joueurs où ceux-ci peuvent coopérer ou s'affronter afin d'avoir Marion pour eux seuls. La palette des gifles et des baisers est bien plus étendue que ce qui se faisait jusqu'à présent : là où généralement deux ou trois types d'attaques étaient possibles, Double Dragueur vient ajouter aux traditionnelles gifles des coups de poing et de pied dans les testicules, des coups de coude et de genou, des arrachages de tête, des projections de vomi... Les femmes disposent d'attaques variées alors que le schéma de l'époque était plutôt d'un type d'attaque par type de femme. Les armes (mis à part le vibromasseur de Willy) peuvent êtres utilisées aussi bien par le joueur que par les femmes.

L'action ne se déroule pas sur un simple plan horizontal comme pour beaucoup de kiss them all plus anciens tels que Kisser Master (1984) ou encore Trojan Horse (1986). Il est également possible d'évoluer en verticalité. L'introduction de la verticalité apporte un véritable changement dans la manière d'embrasser et de se positionner par rapport aux femmes. Le joueur est amené à constamment réévaluer son positionnement et à choisir son angle d'attaque pour aborder les femmes tout en prenant le moins de risques possible de se faire gifler.

Le jeu à deux joueurs en simultané et en coopération est une vraie nouveauté : les seuls jeux de drague à proposer le mode simultané étaient des jeux de duels où les joueurs étaient forcés de s'affronter et pour les autres kiss them all, il fallait se contenter de jouer à tour de rôle, un peu à la manière d'un jeu de flipper (?). Ici la coopération est indispensable pour arriver au bout de l'aventure mais le jeu laisse la liberté totale aux joueurs de s'affronter s’ils le désirent et encourage même, à la fin, le défi homosexuel pour savoir qui de Jimmy ou Billy aura les faveurs de Marion.

Hormis ces éléments novateurs, le jeu reprend les bases ayant popularisé le genre. Double Dragueur comporte cinq niveaux dans lesquels il faut faire face à des femmes en surnombre et dont la fin est gardée par une boss. Un certain nombre de sex-toys est à la disposition du joueur pour l'aider à se frayer un chemin : les godes, les vibros, les aphrodisiaques, les élongateurs de pénis, le viagra et le poppers...

Le jeu est court et assez facile : il faut moins d'une trentaine de minutes pour le terminer (idéal pour les éjaculateurs précoces).


Liens externes[modifier | modifier la source]


Références[modifier | modifier la source]
Non merci.

26 juillet 2013

Je n'avais jamais vu ça sous cet angle, mais maintenant que tu m'y fais penser...

« J'ai souvent pensé : être écrivain, c'est juste un alibi pour faire chier tout le monde. »

David Foenkinos, Nos Séparations.

14 juillet 2013

Faut-il être un intello élitiste pour écrire correctement ?

Nous sommes nombreux à nous plaindre du fait que les gens écrivent n'importe comment sur internet mais je crois qu'ils sont plus nombreux encore à se plaindre du fait que nous nous en plaignions...

Il m'est déjà arrivé plusieurs fois de faire gentiment remarquer à des gens, sur les réseaux sociaux ou les forums, qu'ils faisaient une faute par mot, que cela rendait leur textes difficiles à lire et qu'il serait bien qu'ils fassent un effort. Parce que regardez, c'est plus facile de lire ce que vous venez de lire que ceci : « Il mé deja arriver plusieur foix de faire gentillement remarqué a des gens sur les réso sociau où les forum qu'il fesait une fautte par mot que ca render leur text dificile a lire et qu'il serai bien qu'il face un efort ».

Systématiquement, la personne concernée et TOUTES les personnes impliquées dans le fil de discussion me sont tombées dessus, m'expliquant qu'ils en avaient marre des « intellos élitistes » qui méprisaient les pauvres gens qui n'avaient pas eu la chance de recevoir une bonne éducation, et que de toute façon on s'en fichait de l'orthographe et que mon « élitisme » portait atteinte à leur liberté d'expression à eux, les « gens du peuple ». Quelques facebookiens m'ont même viré de leurs @mis pour cela !

Oui... sauf que tous les ordinateurs ont désormais un correcteur d'orthographe intégré et que si j'écris « ortografe » sur Facebook le mot sera souligné en rouge, de sorte qu'il me suffit d'un click droit pour que mon mot soit corrigé (et que, au passage, j'apprenne à l'écrire correctement). Moi-même j'ai grandement amélioré mon orthographe, au fil des années, grâce à cette fonction. Alors tout de même, ce n'est pas comme si je demandais à ces pauvres gens de repasser leur bac et d'entreprendre un cursus universitaire de cinq ans ! Il s'agit juste de faire un tout petit effort pour s'exprimer lisiblement.

Mais après tout, à quoi bon ? Peut-être parce que les mots sont porteurs de sens, parce que ce sens est un outil de communication, et que la communication et l'usage de la langue écrite sont ce qui a au départ permis à l'être humain de s'élever, de transmettre aux générations à venir les connaissances des générations passées. Peut-être parce qu'un bon usage des mots et de leur sens est la clé d'un développement exponentiel de nos démocraties et de notre liberté d'expression. La langue est un outil mais c'est aussi un vecteur de concepts. Déformer la langue, c'est déjà déformer les concepts qu'elle véhicule. Il n'est d'ailleurs pas anodin de constater que généralement, les gens qui font une faute par mot ont une pensée totalement confuse : les idées qu'ils expriment s'enchaînent souvent de manière chaotique, ils accumulent les clichés et les lieux communs et sont incapables d'organiser leurs discours de façon structurée. De fait, leur refus d'écrire correctement (du moins d'essayer) s'accompagne généralement d'un refus de penser de manière rationnelle et cohérente. Sans déconner, j'ai lu des trucs hallucinants ! Par exemple ce mec qui commence un post sur Facebook par la nécessité de lutter contre le cancer... en postant tous sur Facebook qu'il faut lutter contre le cancer (!) et qui d'un coup, dans le même fil de discussion, balance qu'il n'a pas parlé à sa grand-mère depuis deux ans parce qu'elle est méchante et qu'il ne sait pas si il doit la rappeler, et tout le monde en cœur saute avec lui du cancer à la grand-mère sans s'émouvoir du fait que ceci n'a rien à voir avec cela ! Et quant à moi, je me suis fait fumer parce que d'une part j'ai milité pour l'orthographe et que d'autre part j'ai refusé d'écrire sur mon mur qu'il fallait lutter contre le cancer en écrivant sur son mur qu'il faut lutter contre le cancer ! Un autre exemple, encore autrement plus dingue : je vous invite à lire les commentaires que j'ai reçus sur cet article, c'est édifiant !

Nous sommes à un doigt de la folie, et si demain un régime totalitaire devait prendre le pouvoir, ces pauvres bougres seraient les premières victimes de son ministère de la propagande. Alors si mon élitisme met en danger leur liberté d'expression, je serais tenté de dire qu'ils se mettent eux-même autrement plus en danger. Parce qu'en refusant de réfléchir à la manière dont ils usent de leur liberté d'expression, ils en font – si j'ose dire – une aliénation d'expression (j'ai déjà abordé ce thème sous d'autres angles ici, ici et ici).

Mais je ne suis pas passéiste : je ne vais pas, comme certains, me lamenter sur le fait que tout part à vau l'eau et que c'était mieux avant. Je vais simplement m'interroger sur les causes de ce phénomène. Il y a d'abord la simple existence d'internet : des tas de gens qui, avant, n'avaient pas la possibilité de s'exprimer publiquement, sont désormais libres de le faire, et ceci reste évidemment une bonne chose. Mais je crois que s'il faut chercher un responsable, c'est du côté de la télévision – et particulièrement des reality-shows – qu'il faut se tourner. Oui je sais : c'est facile de s'en prendre à la télé mais attendez, vous allez voir où je veux en venir ! Je me souviens, lorsque j'étais petit, il n'y avait que trois chaînes publiques, suivies peu à peu par quelques autres (Canal +, La Cinq, M6 et finalement Arte). Certes l'offre télévisuelle était bien limitée en comparaison des dizaines de chaînes francophones que nous offrent désormais le câble, le satellite et la TNT. On y perdait en diversité, on y perdait parfois aussi en qualité (pas de Planète, de National Geographic, de Chaîne Histoire, de Canal Jimmy ni de Paris Première...) mais par contre on n'avait pas encore de télé-réalité. La télévision n'était pas un forum d'expression populaire, c'était un média difficile d'accès, réservé à une certaine élite intellectuelle, triée sur le volet par les animateurs et les programmateurs. Il y avait certes les jeux, mais les gens ne venaient pas y parler de leurs vies. Il y avait certes des émissions de divertissement populaire complètement idiotes mais elles étaient tout de même remplies de gens qui, en dépit du fait qu'ils faisaient de la merde pour faire du fric, n'en étaient pas moins à la base des gens éduqués. De fait, la télévision des années 50 aux années 90 avait tout de même tendance à mettre en valeur, à travers les gens qu'elle exhibait, la culture et l'éducation. La télévision étant, c'est indéniable, un modèle pour les « masses », on peut donc aller jusqu'à dire qu'elle tirait tout de même un peu les masses vers le haut. Parce que tout le monde voulait passer à la télé, mais pour passer à la télé il fallait faire preuve d'une certaine intelligence, d'une certaine culture, avoir accompli quelque chose ou avoir quelque chose à dire !

La télé-réalité a soudain bouleversé cette équation : désormais, n'importe qui est susceptible de passer à la télévision pour n'importe quelle raison ! Vous avez des problèmes de couple ? Venez les résoudre avec notre psychiatre ! Vous avez un look de merde ? Venez vous relooker avec nos spécialistes ! Vous détestez les majorettes ? Mettez-vous une semaine dans la peau d'une majorette ! Etc. Ce à quoi on assiste depuis une dizaine d'années, c'est à l'invasion des écrans par toutes sortes de gens, souvent parmi les plus abrutis, les plus ignorants, les plus inconscients de leurs problèmes psychologiques, de leur vulgarité, de leurs préjugés. Sans déconner, les gens que j'ai vus à la télé dans certains de ces programmes ! C'est à frémir ! Je ne sais même pas si j'ai le droit de les appeler des gens, parce que j'ai vu des chats ou des chiens avoir des moments de vivacité intellectuelle plus dynamique que certains d'entre eux !

Et là, reprenons l'équation citée plus haut (« La télévision étant, c'est indéniable, un modèle pour les « masses », on peut donc aller jusqu'à dire qu'elle tirait tout de même un peu les masses vers le haut. Parce que tout le monde voulait passer à la télé, mais pour passer à la télé il fallait faire preuve d'une certaine intelligence, d'une certaine culture, avoir accompli quelque chose ou avoir quelque chose à dire ! ») et mettons-là au goût des reality shows : « La télévision étant, c'est indéniable, un modèle pour les « masses », on peut donc aller jusqu'à dire qu'elle tirait tout de même un peu les masses vers le bas. Parce que tout le monde voulait passer à la télé, mais pour passer à la télé il fallait faire preuve d'une certaine stupidité, d'une certaine ignorance, ne rien avoir accompli ou ne rien avoir à dire ! ». Aujourd'hui, le dernier des idiots peut allumer sa télé et... voir des gens comme lui ! Cela n'a d'autre effet que de le conforter dans son ignorance : si les gens qui passent à la télé sont incultes et grossiers, cela signifie que la vie, c'est ça ! Cela signifie qu'un Français, ça doit être comme ça, qu'il est tout à fait naturel d'être inculte et vulgaire puisque tout le monde est inculte et vulgaire et que cela n'empêche personne de recevoir la récompense suprême de notre société de spectacles : passer à la télé !

Et ce sont ces même gens qui, fiers de leur liberté d'expression toute nouvellement acquise, écrive des frases totalment ilisible sur internet é raconte nimporte koi san toléré la moindr remark.

Pour avoir érigé la médiocrité en triomphe, les responsables des grandes chaînes de télévision mériteraient d'être déchus de leur nationalité et déportés à Guantanamo ! Parce que dans une société comme la nôtre, en proie à tant de contradictions, à tant de tensions sociales, à une crise économique, à un relatif échec du système scolaire et à des banlieues prêtes à s'enflammer, ériger la stupidité en vertu est un crime contre l'humanité tout entière... en tout cas la porte ouverte à des problèmes sans fin !

Alors je vous en prie @mis internautes, ne laissez pas passer ça : faites-leurs gentiment remarquer, à ces gens qui écrivent n'importe quoi n'importe comment, que peut-être ils pourraient faire un effort, que peut-être cela a du sens d'écrire correctement, que peut-être les mots sont porteurs de sens et méritent, pour cela, d'être bien traités. Et aussi que ce n'est pas totalement inutile d'essayer d'organiser ses idées. Vous pouvez aussi rejoindre le Comité contre la médiocrité linguistique sur Facebook.


(Évidemment, avec ma chance, il est probable que quelques fautes d’orthographe, de conjugaison ou d'accord se seront glissées dans cet article ^^)

1 juillet 2013

Hors de propos

Je viens de passer une soirée formidable avec un Allemand qui s'est émerveillé du fait que je sache ce que je veux, que je m'apprête à faire ce qu'il faut pour l'obtenir et que j'accueille les mauvaises nouvelles avec autant d'indifférence.

Je sais pas trop, j'ai de leçons à donner à personne. Je peux pas tout raconter ici parce que ça n'implique pas que moi mais j'ai perdu beaucoup de choses et d'êtres chers récemment, j'ai eu ma dose de deuils et de renoncements. Cerise sur le gâteau, j'ai appris ce matin que je me voyais refuser un visa de travail pour la Chine qui m'aurait permis de gagner ma vie et d'écrire tout en même temps. Résultat des courses : il me faut obtenir un diplôme universitaire que je n'ai pas encore, un autre job quelque part en Asie en attendant et le temps de bosser, d'étudier et d'écrire tout à la fois. Et j'ai juste dit dit ça au mec en haussant les épaules : qu'il me fallait ça et que j'allais m'atteler à l'obtenir.

Et là quand il m'a dit qu'il trouvait ma détermination admirable je lui ai balancé comme ça, parce que je n'avais rien d'autre à balancer comme effet de style, que c'était la réalité, que c'était un état de fait. J'ai perdu ci et ça et que ça me plaise ou non est totalement hors de propos. Je dois faire avec. Je pourrais bien passer des jours ou des mois à me lamenter mais honnêtement ça ne résoudrait rien. Que ce qui m'arrive me plaise ou non n'a aucune importance : je dois faire avec et trouver le moyen d'avancer en faisant avec. Mes sentiments à ce sujet sont hors de propos, ils ne me mèneront nulle part. Agir me mènera quelque part. Et du coup, puisque être contrarié s'avère au bout du compte totalement inutile, ce n'est même plus la peine de me sentir contrarié ! Autant contempler ce qui est avec une certaine distance, faire ce que j'ai à faire et prendre quand même le temps de kiffer les petits plaisirs du quotidien (par exemple le dernier morceau de Lorde) ! 

Et alors là, tout d'un coup, j'ai réalisé que j'ai enfin grandi, qu'il m'a fallu traverser des océans de merde que les océans de merde de précédents ne m'avaient pas laissé entrevoir mais que, enfin, j'avais trouvé le lien que je cherchais depuis dix ans entre Ayn Rand et le bouddhisme tibétain.

On a beau dire et beau faire, que les trucs qui nous arrivent nous plaisent ou non, c'est hors de propos : il faut juste faire avec !

30 juin 2013

Synthpop au rabais

Comme j'écris ces lignes, j'écoute le nouvel album du groupe Visage, formation mythique de l'âge d'or de la new-wave et de la synthpop qui fait son come-back. Mes lecteurs et les habitués du Shaomix connaissent ma passion pour les synthétiseurs, les boites à rythme et la musique des années 80, ainsi que pour le revival synthpop de ces dix dernières années. Surfant sur la vague, nombre de groupes et d'artistes du début des années 80 réapparaissent et nous livrent des disques qui, souvent, sont leurs premiers depuis très longtemps. Ce qui me frappe pourtant à l'écoute de ce disque de Visage, ce qui m'a frappé à l'écoute des derniers opus de The Human League, Ultravox, Duran Duran, Men Without HatsDepeche Mode et plusieurs autres, c'est l'absence de pertinence quasi totale de ces enregistrements ! Ces artistes, essayant de se réapproprier le son qui a fait leur grandeur, ne parviennent globalement qu'à produire une pale copie d'eux-mêmes, une copie sans âme et à vrai dire assez souvent ringarde. C'est troublant, parce qu'on pourrait s'attendre à ce que ce soit la nouvelle génération, cette génération si empressée de copier ses aînés, qui manque de pertinence. Et en fait pas du tout !

Depuis les débuts de l'electroclash jusqu'au déferlement d'electropop, de dreamwave et de nu-disco qui a suivi, je suis témoin depuis dix ans du plus vibrant hommage que la pop-culture se soit jamais rendu à elle-même. Mêlant les sonorités de mon enfance à des esthétiques electro plus modernes, l'obsession pour l'urbanité des années 80 à celles que nous inspirent aujourd'hui les nouvelles technologies, les frasques sensuelles et provocatrices des 80's aux préoccupations métrosexuelles contemporaines, la nouvelle scène synthpop est vibrante de sincérité, de fraîcheur et d'authenticité, parvient à s'inscrire parfaitement dans l'air du temps en dépit de ses tendances nostalgiques.

En parallèle, les géants d'antan essaient de se refaire une place au soleil et ne parviennent, pour la plupart, qu'à se parodier eux-mêmes, à nous pondre une musique creuse, sans retrouver leur fougue originelle ni proposer quoi que ce soit de nouveau. J'écoute leurs disques et souvent, je les efface aussitôt, déçu. C'est un peu triste, je trouve, que les pères fondateurs n'aient plus rien à dire. Je n'en ai pas moins de respect pour ce qu'ils ont accompli, j'ai trop de respect en général pour le travail des artistes, parce que je suis bien placé pour en mesurer la difficulté. Mais justement, après dix ans d'opprobre dans les années 90, la synthpop a retrouvé sa place au panthéon des grands genres musicaux et, à présent qu'on les a rétablis dans leur dignité, j'aurais apprécié que les anciens se foulent un peu plus, par amour de l'art sinon au moins pour faire honneur à tous ces petits jeunes qui leurs rendent hommage et, ainsi, boucler une boucle !

On me dira que c'est l'âge, que l'inspiration s'étiole, qu'il est difficile de se renouveler. Conneries ! D'autres y parviennent très bien. Il suffit d'écouter les plus récents travaux de Ryuichi Sakamoto, Kate Bush, Prince ou David Bowie pour se convaincre que l'on peut avoir cinquante ou soixante ans et conserver la flamme de ses jeunes années, sinon en tout cas la volonté de produire quelque chose de profond ou d'original.

Alors voilà, ça m'a soûlé...

28 juin 2013

Des pigeons morts et des enfants...

« Je me souviens, quand tu étais toute petite, tu as voulu t'arrêter dans la rue pour observer un pigeon mort. On s'est accroupis et tu m'as questionné. En moins de deux minutes, trois personnes se sont arrêtées pour me dire que c'était mal de te laisser regarder un cadavre d'animal à ton âge. Ces mêmes gens, sans s'émouvoir, laissent leurs enfants regarder des feuilletons ultra-violents. Ils leurs apprennent également qu'il est normal de manger la chair d'animaux assassinés dans des camps d'extermination. Ainsi, ils leur transmettent la rassurante illusion que la mort est quelque chose de lointain et virtuel, qu'elle ne les concerne pas. Ce tabou est l'un des plus grands échecs de la société occidentale. Car la mort frappe à toutes les portes. Alors, lorsqu'elle frappe, elle laisse les survivants confus, remplis de terreur. »

Extrait de Tabloïde.

25 juin 2013

Le point de saturation

Je n'en peux plus, j'avoue !

Depuis un certain temps, je m'attelle aux dernières corrections de mon roman L'ami imaginaire, à paraître d'ici la fin de l'année. Je pense que j'en suis à environ une trentaine de relectures, du début à la fin, de la fin au début, en commençant par le milieu et en revenant au début ensuite. Essayez d'imaginer relire trente fois le même roman en l'espace de quelques mois... Et ce n'est pas encore tout à fait fini !

Au début, c'est un plaisir : on goûte à la joie de redécouvrir ce que l'on a écrit, et les modifications à apporter au manuscrit original sont suffisamment importantes pour nous occuper l'esprit. À présent, j'ai simplement atteint le point où je n'éprouve plus le moindre plaisir à me relire : je connais ce fichu bouquin par cœur et les modifications sont si mineures, si rares, que je n'ai presque plus rien à faire. Pourtant, le travail n'est pas encore tout à fait abouti, il faut continuer...

Je ne suis pas seul à connaître ce désarroi, je pense que tout artiste y a droit. Il y a quelques années, à propos du morceau Where You Go I Go Too (28 minutes !), le musicien Lindstrøm déclarait : « Ce fut un cauchemar de finaliser ce titre. J'ai l'habitude de réécouter un morceau depuis le début à chaque fois que je modifie quelque chose, alors je devais réécouter trente minutes de musique à chaque fois que je modifiais un truc vers la fin. Je ne referai plus jamais ça ! ».

Moi, je sais bien que je vais devoir le refaire, et encore L'ami imaginaire est un roman très court en comparaison des projets qui vont suivre... Je suis pas sorti de l'auberge !

Bon allez, j'y retourne à présent !

18 juin 2013

Ces petites choses qui nous façonnent...

Comme je travaille aux dernières corrections de mon roman, L'ami imaginaire, je m'aperçois que j'ai une dette immense envers Jean d'Ormesson. À seize ou dix-sept ans, j'ai lu son roman Histoire du Juif Errant, livre dont je garde un assez bon souvenir mais qui m'a marqué à cause d'une scène en particulier, une scène très courte, un dialogue entre deux personnages. Alors que tout le roman est écrit d'une manière classique, d'Ormesson a rédigé celle-ci à la manière d'une pièce de théâtre : noms des personnages avant chaque ligne de dialogue et didascalies. Comme ça, balancé au milieu, sans raison apparente ni explication, juste pour le fun. J'étais déjà, à l'époque, préoccupé par le processus d'écriture et cette insert inattendu m'a fait l'effet d'un choc : on pouvait, comme ça, briser les règles de sa propre narration et s'aventurer dans d'autres styles, dans d'autres genres que celui du roman, en toute impunité. Ce petit détail allait conditionner, l'air de rien, toute mon approche de l'écriture littéraire. Certes, ce n'est que des années plus tard, en voyant Fight Club de David Fincher et en lisant les romans de Milan Kundera, que je réalisai vraiment que c'était de cette manière-là, avec cette liberté-là, que je souhaitais écrire mais c'était déjà latent depuis longtemps, comme une envie un peu honteuse et pas vraiment assumée. Cette approche – le changement de styles et de perspectives – est omniprésente dans mon recueil de nouvelles Tabloïde, dans L'ami imaginaire et dans la quasi-totalité de mon travail depuis une dizaine d'années. Sans doute ma plus grande dette va-t-elle à Fincher et Kundera mais pourtant, si d'Ormesson n'avait pas entrouvert la porte longtemps avant eux, peut-être n'aurais-je pas épousé cette démarche avec autant d'enthousiasme. Alors voilà, merci M. d'Ormesson.

1 juin 2013

Le job de mes rêves !

Alors voilà ce que j'ai lu, tel quel, sur une offre d'emploi en Chine aujourd'hui :

« Foreign but Chinese-speaking boss who will assist you with your transition to your new life in China, so you don’t have to deal with asshole bosses who want blood from a turnip. » 

Ce qui en français donne : « Patron étranger mais sinophone qui vous accompagnera tout au long de votre intégration à la vie chinoise, de sorte que vous n'aurez pas à vous farcir des trous du cul de patrons qui demandent l'impossible ».

Je suis... épaté !

30 mai 2013

Love song

Lui
Viscères électroniques
Dans la caverne de mon crâne il y a
Celle qui bat les belles & d’autres…
Femelles passoires
Sur échasses
Prêtes à déguster
En corps & encore

elle
déguisée en moi
en chaos
j’élabore l'intention
la lumière
qui ouvrira son âme
petite fille aux allumettes
allumeuse solaire

Lui
Qui ouvrira sa chair ?
Petit couteau délice
Délice en délice
Je prépare la table du
Festin (nu) (qui risque d’être froid à force d’attendre)
L'âme est verrouillée
Jetée, la clé !

elle
enflammée pourpre
en quête d'effluves
la douceur échangée contre quelques
compromis
con promis
si chance propice
avenir se glisse dans l'interstice

Lui
Con promettant des délices
Me fais mec
Déguisé en bonne bouffe (je croyais que c’était un festin ?)
Magicien charnel
Qui compte à rebours
Les allumeuses scolaires
Comme les moutons

elle
perceuse de façade
déglinguée solaire
brille par ces implosions
d’absurdités juvéniles
déguisée en menu
d’attraction, de traction
& pour vous se sera quoi monsieur ?

Lui (•••)
Écumeur de mer
Aux sentiments cybermystiques
Aux douceurs sensuelles
Au goût conditionnel (mais surgelé)
Ergot conditionnel
Luxueuse démesure du vouloir
Homo-cybernatus

elle
intense insatiable
magmatitude
(profondément)
attention spontanée
pour ceux qui osent...
pour ceux, so close
& pour les autres…

Lui
Calculatrice intégrée
Au sang, tu mens - si bernée, tique (à usage unique)
Sur l'emballage il y a
Eau douce, heure sensuelle
Conte sur la patience
Compte les expiations préméditées
En sorts scellés

elle
carnivore, peut-être
aux heures que l’on n'oublie pas
possibilités d’intempéries
le risque est établi
la conscience sociale
(one shot)
désistée…

Lui
Jouet lumi-nerd optique
Jeux de mot
Option calculette
(Chaton-câlinette ?) (t'inquiète !)
Qui joue à chat
Avec les mots :
Chameau !

elle
mange des anticyclones
mange des hermaphrodites
compte sur les nuages
pour bercer l’amnésique
dictature des mots
accord de peau
de mains fugitives

Lui
Demains fugitifs
Accords-démons

elle
l'illusion pour la fusion
& quelques impressions


(Texte écrit à quatre mains avec Ma Taule Blanche.)

29 mai 2013

La crucifixion du placard à balais

je déteste attendre
nébuleuse fictive
qu’un ange passe

improviser le monde sans règle ni devoir
à des années lumière
des stéréotypes
(j’en ai tant besoin…)

les assiettes s'écrasent sur ma porte
porte          je          te
regarde
trembler
de l'intérieur
happée par le boucan

des clébards (le croirai-je ?) aboient les assiettes
je balaie ma pitance au crépuscule
& grignote jusqu'aux plus petits morceaux
(de mon âme)
de porcelaine

j’adhère au subjonctif
à l’écorce de mes pensées
à l’imminence incertaine
de ces assiettes (si vulgaires !)

le bruit est un facteur troublant
les notes m’enlacent (m'embrassent)
comme pour me faire pleurir
les débris programment l’ouverture
la crédibilité…

écartèle-moi, hurlent les « il faut que »
embrase-moi, réclament leurs queues
« paye, maintenant ! » abat ma mère
en crucifiant ma libido
(le facteur fait un bruit troublant)

les cataclysmes quotidiens
en vain
hurlent dans les tuyaux de cette bâtisse
qui
bientôt
s'affaisse

(sauf si...?)

sauf si
je me décide à avoir peur
à ne plus me prêter aux jeux
prévisibles des facteurs troubles
à m'adonner au facteur x
(ionisante violence)

sain & sauf
si
je tu il
égaré le dernier soupçon
d'impératifs muets (ess muss sein)
qui m’enchaîne à l’abstrait
à la gène cosmique
aux riens qui tuent

j’allume
lâche ma crinière !

(@ moi-même - note
bat, belle !
ébat-toi loin du vomis
de ces pêcheurs d’apitoiement
leur filets vides
sors de la caverne-crâne
clique sur le rien & épate tes amis !)

(sans
doute)

l'interminable énumération des certitudes
lasse & au fond
n'est encline à l'exode que celle qui a d'abord
écartelé
père & mère
testée l'élasticité
des rigidités familiales
& scolaires

(mmmh...?)

naviguer sur des œufs durs plutôt que sur
des poules abstraites !
tester l'éclectisme du courant
qui fourmille & croustille
écartelée de gémissements
transpirée d’ivresse et d’envie

show me !


(Texte écrit à quatre mains avec Ma Taule Blanche.)

19 mai 2013

Quelques photos d'Inde : a long time ago...

En écho aux récentes photos de Nia publiées sur ce blog, voici un diaporama de mon ami Rémy Dumont. Ces images fantomatiques remontent à son voyage en Inde, au Népal et au Sri Lanka en 1977-1978 (j'avais un an !)... Son Inde semble à la fois si proche et si lointaine de la mienne... Bizarrement, étant donné que je ne les ai jamais connus, je ne peux m'empêcher de me demander ce que sont devenus tous ces gens, sur les photos...

11 mai 2013

8 mai 2013

Quelques photos d'Inde : Pune, neuvième ville d'Inde

Photos prises par Nia lors de notre récent séjour à Pune, Maharashtra (neuvième ville d'Inde avec plus de trois millions d'habitants).







3 mai 2013

Quelques photos d'Inde : de Fort Cochin à Pune

Photos prises en train par Nia lors de notre récent voyage de Fort Cochin, Kerala à Pune, Maharashtra.







1 mai 2013

Quelques photos d'Inde : Fort Cochin, Kerala

Photos prises par Nia lors de notre récent séjour à Fort Cochin, Kerala.











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