29 juillet 2010

Les joyeuses funérailles de Shaomi


Bye-bye mes amours...

On se voit dans la prochaine vie ?

D'ici là, ne faites rien de vilain avec vos auréoles ^^


Face down! (Dead like Elvis)

Somebody once told him that he wouldn't take Prince through the ringer
Let him go down as a washed up singer
Ain't that a bitch?
Thinkin' all along that he wanted 2 be rich
Never respected the root of all evil and he still don't 2 this day, huh
Bury him face down, let the motherfuckers kiss a ass, ok?

Face down! (Dead like Elvis)

Told 'em he wanted 2 sing a song about a black child goin' buck wild
And they just laughed in his face
Talk 2 your lawyer but u got no case
What u need 2 do is keep your place
Next time u pull a card, it better be a ace motherfucker
Or u can lay face down

Face down! (Dead like Elvis)

Him and her meaning who I'm singin' about
And his psychoanalyst kinda saw the catalyst
As the devil with the blue jeans on, huh
Ain't it kinda funny when u see the dawn?
Sign the name they gave ya
But when them motherfuckers turn around ass up, u're what?

Face down! (Dead like Elvis)

New Power Generation in the house, bury 'em all!

It's in his will, I read it
He shot 2 kill, he said it
4 those who know the number and don't call
Hmph, fuck all y'all

Face down! 
(Dead like Elvis)

4 juillet 2010

Une voix s'est éteinte...

« Voué depuis toujours à percer le mystère de son existence, l’homme, dans l’éveil de sa conscience a inventé peut-être avant toute chose, la poésie. La poésie fait parole de ce qui avant elle ne l’était pas, et par elle le devient. Parole de ce qui sans elle et par elle ne saurait être dit. Personnellement je ne la considère pas comme un supplément d’âme mais comme l’expression même de la vie. Elle constitue une ouverture vers cette face invisible du monde qui nous relie à tout et à tous, qui réconcilie toute chose même les contraires jusqu’à nous faire entendre le silence des mots, jusqu’à réconcilier nos rêves de la nuit et le rêve éveillé de nos journées. En visitant le monde à l’intérieur de chacun de nous, elle abolit la coupure originelle entre l’objet perçu et la conscience qui perçoit. Tout vrai poète est en quête de quelque chose d’innommé dont l’intelligibilité demeurera toujours problématique. Pour traquer l'inconnu, le poète se doit de ruser avec lui, il a recours à l’analogie, à l’anacoluthe et à la métaphore. Quand Rimbaud dit en parlant de son œuvre (je crois qu’il disait cela à sa mère qui était un peu déroutée par ce qu’il écrivait !) : « ça veut dire ce que ça veut dire dans tous les sens et littéralement ! », il voulait peut-être dire aussi que le sens d’un poème peut échapper à son auteur et que le lecteur peut y découvrir des vérités qui n’étaient pas forcément dans les intentions du poète. On peut aussi dire avec René Char que les « poètes savent faire surgir les mots qui savent de nous ce que nous ignorons d’eux » et Sartre nous dit que contrairement au prosateur, le poète ne se sert pas des mots comme des signes mais comme des choses… C’est ainsi que le poète prend le pari de mettre en mot ce qui relève de l’indicible… »

Ces mots sont de Laurent Terzieff et ils disent à peu près tout ce qu'il y a à dire à propos de la poésie. J'ignorais même qui était M. Terzieff jusqu'à-ce que, il y a quelques semaines, mon amie Valérie Matillat n'attire mon attention sur cette citation. Laurent Terzieff nous a quitté il y a deux jours.

3 juillet 2010

... (44)

bien plus rassurant que l’espoir
est le deuil, dans sa résignation
les chants de l’excitation soudain
font place à l’apaisant repos
du renoncement


1 juillet 2010

Petit prince

La lune sonnait minuit lorsque Antoine, le Saint Exaspéré, arriva devant la porte. Autour de lui, le désert était plus silencieux que jamais. Antoine, quant à lui, était plus exaspéré que jamais : cela faisait déjà deux semaines que son avion s’était lamentablement écrasé au milieu du désert de Gerbi. Quelques jours plus tôt, il avait rencontré un petit garçon blond, qui le contemplait avec curiosité. Que faisait cet enfant au beau milieu du désert, Antoine ne le saura jamais... Sans préambule d'aucune sorte, le petit garçon avait demandé : « S’il te plait, dessine-moi un mouton ». Bonne poire, le Saint Exaspéré s’était exécuté. Mais la vue du mouton lui aiguisa terriblement l’appétit. Certes il était végétarien mais il n’avait rien mangé depuis des jours. Et puis il y avait ce proverbe qui disait : « la faim justifie les moyens ». Or pour avoir faim, Antoine, le Saint Exaspéré avait faim ! Après une courte hésitation, il décida donc de faire une petite incartade à son régime et il égorgea l’enfant avec son couteau suisse. Il l’assaisonna ensuite de jus de cactus puis il le dévora intégralement avant de reprendre sa route. Beaucoup d’historiens considèrent aujourd’hui que cet incident poussa Antoine, le Saint Exaspéré à écrire Le petit prince : Il se serait en quelque sorte repenti en faisant l’apologie de cet enfant qui avait été l’objet d’un crime si terrible, à savoir l’interruption d’un régime végétarien jusqu’alors scrupuleusement respecté. 

Antoine, le Saint Exaspéré avait poursuivi son périple jusqu’à trouver enfin une trace de civilisation. Devant lui se dressait une porte massive, en bois, ornée de symboles abstraits dont Antoine, le Saint Exaspéré ignorait la signification. Tout cela aurait pu augurer une fin heureuse à l’aventure d’Antoine s’il y avait eu quelque chose autour de cette porte. Malheureusement, il n’en était rien : la porte trônait bêtement au milieu de nulle-part, plantée dans le sable, sans être fixée à aucun mur d’aucun bâtiment. Légèrement décontenancé, Antoine, le Saint Exaspéré resta pantois quelques secondes, puis s’avisa de faire le tour de la porte pour finalement constater que l’autre coté n’apportait aucune explication supplémentaire. Il essaya alors d’ouvrir la porte, d’un coté, puis de l’autre, mais bien évidemment elle était fermée à clef. Exaspéré comme il ne l’avait encore jamais été, Antoine, le Saint très, très Exaspéré finit par se résoudre à frapper, à tout hasard. Se demandant de quel coté il valait mieux frapper, il se mit à tourner frénétiquement autour de la porte en s’interrogeant : valait-il mieux sortir du désert ou rentrer du désert ? Il mit tant de temps à se décider et à tourner en rond qu’il finit par ne plus savoir de quelle direction il venait. Résolument perdu, il choisit un côté au hasard et frappa trois grands coups.
Rien.
Trois autres coups.
Toujours rien.
Alors qu’il allait tenter sa chance de l’autre côté, une voix se fit entendre :
- Qui c’est ?
- C’est Antoine, le Saint Exaspéré, répondit Antoine, le Saint Exaspéré. J’ai faim et soif et je suis perdu.
- Le mot de passe ?
Le mot de passe ?! De quoi lui parlait-on, à présent ? En désespoir de cause, il dit au hasard :
- Votez Pompidou !
La porte s’écroula alors au sol, non sans fracas, et à présent horizontale, s’ouvrit. Un nain roux et borgne apparut, contemplant Antoine, le Saint Exaspéré d’un œil inquisiteur.
- Entrez, le Dr Pékinois va vous recevoir. Enlevez vos chaussures et ôtez donc ce bonnet d’âne.
Antoine, le Saint Exaspéré s’exécuta et laissa au nain le soin d’accrocher le bonnet d’âne au porte-manteau et de mettre les chaussures au réfrigérateur. Il fut ensuite conduit dans une salle d’attente en forme d’étoile de mer.
- Attendez là, ordonna le nain borgne en lui faisant un clin d’œil.
L’attente dura une bonne demi-heure, heureusement, il y avait des revues pornographiques sur la table de la salle d’attente. Il entreprit d’en feuilleter une lorsqu’une serveuse barbue se présenta à lui.
- Bonjour, je suis Barbara. Puis-je prendre votre commande ?
- Je prendrai une salade de salade et deux grands verres d’eau, s’il vous plait.
La salade et quelques revues plus tard, Antoine, le Saint Exaspéré commença à s’impatienter, se demandant en outre pourquoi un médecin pékinois avait ouvert un cabinet en plein désert de Gerbi. Il craint même un instant d’avoir été piégé par des Nazis, voire le Klu Klux Klan, mais il réalisa vite que ces barbares-là n’auraient jamais employé un nain borgne et une femme à barbe. Le nain entra d’ailleurs dans la pièce à cet instant précis et invita Antoine, le Saint Exaspéré à le suivre. Ils arrivèrent très vite dans une pièce exiguë. Assis sur le bureau qui trônait au centre de la pièce, un homme d’une soixantaine d’années les attendait.
- Bonjour, Monsieur le Saint Exaspéré, je suis Barnabulle Pékinois.
Quelle déception ce fut pour Antoine, le Saint Exaspéré : il s’était figuré que le Dr Pékinois était pékinois mais il ne s’agissait en fait que d’un simple Bourguignon.
Le Dr Pékinois se leva, attrapa sa chaise et la posa sur le bureau. Il s’y assit et chaussa sur son nez une énorme paire de lunettes.
- Je vous écoute, dit-il, qu’est-ce qui vous amène ici ?
- Et bien, commença Antoine, le Saint Exaspéré, je me suis écrasé en plein désert et je suis perdu. Sauriez-vous m’indiquer la sortie ?
- Ce n’est pas si simple ! s’exclama le docteur. Pourriez-vous d’abord m’expliquer ce qui vous a valu votre titre de Saint Exaspéré ?
- Bien sûr : en réalité, j’ai été canonisé l’an dernier par le Pape Jean CCXLIV lui-même.
- Vous le souhaitiez depuis longtemps ?
- Tout à fait ! Depuis l’âge de quatre ans pour être exact. A cette époque Jacques Martin animait une émission dénommée Incroyable mais vrai. Un matin, il avait invité Krog Gargiulo, l’homme boulet de canon, et dès-lors je n’ai eu de cesse d’être à mon tour canonisé ! J’ai monté un collectif de soutien, fait tourner des pétitions et fait du lobbying pendant des années. L’Eglise a longtemps repoussé mes avances, ce qui eut pour effet de m’exaspérer chaque année davantage. Finalement, j’ai réussi à acheter un cardinal Roumain qui a fait pression auprès du Pape. Mais j’étais déjà tant exaspéré que le Pape n’a eu d’autre choix que de faire de moi le saint patron des personnes exaspérées.
- Très bien, conclut le Dr Pékinois en ôtant ses lunettes. Votre cas n’a pas l’air très grave mais je vais tout de même vous prescrire un antibiotique au cas où la religion vous aurait contaminé.
Le docteur remplit une ordonnance et raccompagna Antoine, le Saint Exaspéré jusqu’à la porte de son cabinet. Comme Antoine, le Saint Exaspéré n’avait pas d’argent, il convint avec le praticien de lui abandonner son bonnet d’âne en guise de paiement. Alors, il sortit et commença de grimper le long d’un interminable escalier en haut duquel, au loin, on pouvait apercevoir une lumière éblouissante.

Antoine de Saint-Exupéry s’éveilla aux commandes de son avion. Il eut juste le temps de se dire qu’il avait fait un rêve fort singulier avant de s'apercevoir que la surface de la mer Méditerranée se rapprochait très, très vite. Beaucoup trop vite. On était le 31 juillet 1944, le soleil tapait fort sur la carlingue de l’aéroplane.  

24 juin 2010

... (43)

les contradictions 
se nouent sans trêve autour du cou
de celui qui sourit
elles sont la robe soyeuse 
de la prêtresse profane


22 juin 2010

Shaomi a trouvé la brebis de ses rêves !


Elle est trop bêêêlle cette brebis !!! 
Je crois que je suis amoureux ^^

18 juin 2010

... (42)

danse avec les soupirs
en cette redécouverte absurde
il est une nuit qui ne finit jamais
celle des écritures vaines
& nécessaires


15 juin 2010

Vuvuzela mon amour

Alors oui je sais, ce n'est pas bien de s'en prendre au football, et c'est un peu facile aussi. Le seul problème c'est qu'il n'y a pas dans ce pays un seul journaliste pour oser prendre position contre le football. Vous pouvez traiter le Président de la République d'escroc, vous pouvez à la rigueur dénoncer le salaire des joueurs, mais c'est à croire qu'on leur apprend dans les écoles de journalisme qu'il n'y a pas plus grand tabou que de dénigrer le football pour ce qu'il est : c'est à dire une nuisance scandaleuse et le pire ennemi de l'intelligence.

Je ne parle pas ici de la pratique du football : c'est sans doute très sain que de pratiquer un sport d'équipe. Je parle du culte du football, de son hyper-médiatisation. On estime que près d'un million de Nord-Coréens sont morts de faim en 1998 mais ça n'avait pas vraiment d'importance puisque la France accueillait la Coupe du Monde. On nous raconte que le football est porteur de valeurs, mais je ne vois guère quelles valeurs... Le patriotisme exacerbé ? L'hystérie collective ? Le passage à tabac des supporters de l'équipe adverse ? Le culte de la testostérone et du pognon ?

Le football occupe une place très importante dans les médias :il arrive qu'un J.T. lui consacre un tiers de sa durée alors que pendant ce temps, des lois moisissent sur les bureaux des ministères sans qu'on n'en signe jamais les décrets d'application, des peuples s'entre-tuent ou crèvent de faim, le déficit des Etats européens se creuse dangereusement, les banques vous volent quotidiennement, des femmes meurent sous les coups de poings de leurs maris et amants, et j'en passe. Le football est la plus généreuse diversion qu'on puisse imaginer et son culte est le plus grand témoignage de l'échec d'un idéal d'éducation. On dit qu'il faut bien que les couches populaires aient leur loisir mais il fut une époque où la République avait pour mission d'éduquer les couches populaires, de leur transmettre l'idée d'une société où la connaissance, la culture, la science, la pensée étaient des choses importantes. On se plaint que les jeunes brulent nos bus mais enfin bon, que leur offre-t-on aujourd'hui comme exemple ? Des personnes qui travaillent dur ? Certes, on ne devient pas footballeur professionnel en ne branlant rien, mais encore, quoi ? De l'intelligence ? Du raffinement ? De la connaissance ? Non : c'est le corps triomphant, la virilité brutale, le fric... Le football n'est pas seul en cause dans l'abrutissement des masses, l'ensemble des médias y participe avec allégresse d'un commun accord avec les grandes entreprises et les dirigeants politiques. Mais le football est peut-être le symptôme le plus visible de la chute de la civilisation occidentale. Ce culte du football, j'en suis convaincu, va nous coûter très cher à terme, très très cher. Je n'ai rien contre Franck Ribéry à titre personnel (je ne le connais pas et il ne m'a rien fait) mais amusez-vous à faire une recherche Google Image juste pour rire (je l'ai fait car je ne savais pas qui c'était, alors des fois je me renseigne ^^), regardez bien les premières images. Voilà le totem, l'exemple pour les jeunes, que la société occidentale demande aujourd'hui à vos enfants de vénérer, un modèle tout en subtilité !

Vous me direz que je suis de mauvaise foi parce que si j'avais googlé Zidane j'aurais eu autre chose, de beaucoup plus distingué, mais bon je me base sur le nom que j'ai le plus entendu dans les médias ces derniers temps... Je constate aussi avec amusement que la troisième image ramène vers le blog de Sylvain Souklaye, un auteur littéraire dont le travail est admirable, comme quoi tout mène à la culture même les choses les plus improbables (lol !).

Alors récemment j'ai entendu tout le monde se plaindre de l'utilisation de la vuvuzela dans les stades africains : les joueurs se plaignent que ça les déconcentre et les empêche de communiquer, les commentateurs se plaignent que ça les empêche de commenter, les téléspectateurs se plaignent qu'on leur gâche tous les matchs avec ce bruit ignoble... C'est vrai que le son de la vuvuzela est assez insupportable... Et soudain (alors que notre dette publique s’aggrave toujours et que des gens meurent toujours de faim), les médias n'ont plus que le mot vuvuzela à la bouche, nous expliquant la polémique, le problème gravissime, la Coupe du Monde foutue en l'air pour tout le monde : joueurs et spectateurs...

Et moi je me marre bien parce que depuis le temps qu'ils nous font chier avec leur foot, qu'ils nous pourrissent le paysage audiovisuel, qu'ils nous forment du benêt à tour de bras en faisant croire aux pauvres gens que tout ceci est quelque chose de positif pour la société alors qu'ils creusent notre tombeau... Ben je dois bien l'admettre, j'éprouve une reconnaissance infinie envers le peuple d'Afrique du Sud, qui est en train de foutre en l'air, pour la première fois dans l'histoire, une Coupe du Monde de football.

Alors je le dis haut et fort : vive la vuvuzela, et que cette pratique se répande dans tous les stades du monde !!!

13 juin 2010

Voile ta face...

Pour des raisons déjà évoquées, je ne suis pas certain de savoir quoi penser du projet de loi sur le port de la burq... heu... du niqab (et ce sans parler des conséquences sur le corps de métier des ninjas). Je suis par contre assez étonné de la polémique relative au fait que Laurence Ferrari ait interviewé Mahmoud Ahmadinejad voilée (c'est à dire non pas visage masqué mais les cheveux recouverts d'un voile).

J'ai bien entendu les arguments selon lesquels tout ceci est une insulte décourageante envers le combat des femmes iraniennes, une soumission au régime d'un dictateur fondamentaliste, etc.

Certes...

Il y a dans le monde occidental une idée selon laquelle l'humanisme à la sauce « Siècle des Lumières » est une vérité universelle et, à vrai dire, j'aurais tendance à être assez d'accord avec cette idée. Après, il y a ce qu'on en fait et de ce point de vue-là, que ce soit économiquement ou en terme de dignité de la femme (lien et lien), je crois qu'on est encore loin du compte (donc mal placé pour faire la morale)...

Ce qui est certain, pour en revenir à nos moutons voilés, c'est que l'opinion iranienne n'avait pas manqué de nous épingler lorsque nous avons interdit le port du voile (pardon, le port de « symboles religieux ostentatoires ») à l'école il y a quelques années. Si ma mémoire est bonne, il y avait alors eu dans l'ensemble du monde arabe des manifestations concernant « l'oppression » des musulmans en France. Evidemment, nous savions alors que nous « n'opprimions » personnes (en tout cas pas au sens de « persécuter » qui, pour le coup, peut être le sens commun dans certains pays), mais les citoyens iraniens, eux, ne le savaient nullement...

Depuis il y a eu cet absurde débat sur l'identité nationale (qui a coûté de l'argent au contribuable et servi à... quoi ?) et à présent il s'agit d'interdire le port de la burq... du niqab, dans une démocratie où chacun était jusqu'alors supposé pouvoir se vêtir comme il le souhaite (certes). 

Du point de vue « Siècle des Lumières », porter un voile sur les cheveux est une oppression de la femme. Du point de vue de l'Iranien(ne) moyen(ne), ceci est assez naturel. Il est après tout illégal de se rouler des pelles dans la rue en Inde et pareille interdiction nous semble scandaleuse mais enfin bon... Pour nous c'est une liberté individuelle, pour les Indiens c'est obscène. Si demain, ici, vous voyiez un couple en train de copuler sur la voie publique, vous seriez assez choqués que l'on impose un tel spectacle à vos enfants et vous appelleriez la police, alors que d'un point de vue « Lumières », personne n'est à même de décréter que faire l'amour en public n'est pas un progrès social et une progression des droits de l'homme et de la femme. 

Par contre, il n'existe (encore) aucune loi en Inde qui stigmatise le tapage nocturne car là-bas, on considère comme un « droit » le fait que chacun fasse ce qu'il veut chez lui, alors que les combattants des droits de l'homme et de la femme seront les premiers à appeler la police en cas de tapage (au nom de leur « droit au silence », qui est en fait un déni du « droit de faire ce qui me plait chez moi » de leurs voisins). Que diraient nos Lumières si on leur demandait leur avis quant au fait que le Bon Sauvage copule en public et fasse du bruit dans sa hutte la nuit ?

Désapprouver le régime iranien est une chose (je le désapprouve). Désapprouver que les femmes soient contraintes de se voiler la face en est une autre (je le désapprouve aussi si elles sont effectivement contraintes). Mais par contre, respecter les coutumes d'un pays, n'est-ce pas exactement ce que nous demandons aux musulmanes françaises qui, de leur propre gré (il semble y en avoir), se voilent ? Et au delà de ça, les « Lumières » ne nous ont-elles pas rappelé ce que les philosophes Grecs nous avaient enseigné avant eux, à savoir que toute vérité est relative et qu'il convient de faire preuve de la plus grande prudence avant de poser un jugement ?

Autrement dit : il faudrait ici légiférer au nom du respect des valeurs de notre République mais par contre mépriser les lois des autres Républiques. Il faudrait s'en aller gaiement en Iran, interviewer le président iranien en mini-jupe ? Que dirions-nous si une journaliste iranienne venait interviewer Nicolas Sarkozy en portant la burq... le niqab ? Ne le prendrions-nous pas comme une provocation ?

Il y a les partisans d'un choc des civilisations, les personnes d'extrême droite qui voient en tout ceci une guerre interminable entre la tradition chrétienne et la tradition musulmane. 
Il y a ceux qui croient au progrès en tant que valeur universelle.

Aux premiers, je dirai : vous êtes en train de creuser notre tombeau car on trouve toujours plus fort que soi.
Au seconds, je dirai : patience. Ce que nos ancêtres rêvaient, ils nous a fallu plus de deux siècles pour commencer à peine à le mettre en oeuvre : ne demandez pas au monde entier de se plier d'un coup à nos utopies : le monde y viendra bien à temps.

Quant à Laurence Ferrari... Foutez-lui un peu la paix sur ce coup-là !

Ce qui me ramène à tout un tas de réflexions quant à la politique du gouvernement chinois, politique que l'on regarde d'un autre oeil lorsque l'on commence à comprendre les problématiques et la réalité historique de ce pays. Mais ceci étant lié à mon dernier voyage en Chine, ça sera l'objet d'un autre article, plus tard.

NB : Cet article est un peu décousu et plein de raccourcis mais à la fois il est quatre heures et demi du matin, j'ai bu du vin rouge et de toute façon je ne suis pas journaliste, donc je m'en branle ! 

4 juin 2010

Lorelei





essoufflée, elle se retourne & s’emplit
d’immensités solaires
d’appréciations complexes
de cordes intérieures
de la brise & des feuilles rouges
qui tourbillonnent autour de son cou
petite pause méditative & bilan des
sucreries qui la composent
projets de réunification
réinvention perpétuelle
les yeux qui pétillent
les arbres qui enlacent
sa peau d’herbe

fantômime, elle se joue des tours & nargue
les gammes éthiques
les choix politiques
les images figées de ces familles
embourbées, pédophages
elle se libère des ligaments que ses ancêtres ont enfoncés
dans sa chair
elle regarde les miroirs de son manoir
contemple sa main, noire de charbon
crasse des antithèses avancées
par ses travailleuses
racines
il lui suffira donc 
de purifier le temps

(interlude militaire 1)
la fausse attribution des réputations 
cache-cache avec les loups
cache-cache avec les corps qui se meuvent
dans les artères & les cocktails
derrière la cruauté des uns
derrière la mesquinerie des autres 
elle ne voit plus finalement
que les larmes des petits enfants
trahis
qu’ils étaient

« presque éveillée », se dit-elle
presque éveillée mais comme encore endolorie
cotonneuse, peut-être
il y a tant de fleurs & de coussins sur ce lit
tant de serpents chauds qui s’enroulent avec tendresse autour de ses bras
serpents roses, qui mordillent tendrement
« presque éveillée », murmure-t-elle
aux esprits qui l’accueillent en nuisettes
conseillers de ses songes à rebours
conseillers de cet instant précis & flou
lorsque l’âme flirte avec le véhicule
& qu’il est encore probable
de remonter un peu
la temporalité
d’un soi en devenir

grandes idées, petites mains 
« difficile de bâtir
un monde meilleur », se dit-elle
parfois elle rit lorsqu’elle se souvient
que son propre bonheur
peut être une sorte de filament conducteur
pour les autres âmes
elle ne perçoit pas vraiment
le pourquoi d’un si impétueux
besoin de se connaître
elle-même
mais il y a une évidence
à peine cachée
prête à naître

lorsqu’elle est brave, ses rêves périssent
s’évaporent dans la vanité 
vanité de volonté
vanité d’espérer autre chose
que le réel qu’elle peut toucher
& qui se prête aux jeux
ses désirs périssent car soudain
le réel
est son désir  

un sourire paresseux
c’est son arme de guerre…
dans les chambres environnantes
des guerriers s’agitent, des mégères explorent & implosent
tous à tâtons, tous en train de gigoter
de chercher la nourriture
dans la penderie
leur boucan si souvent l’épuise
qu’elle peut bien laisser libre cours à sa fatigue
en ne faisant rien d’autre
que ce qui a du sens

un clignement d’œil & la voilà partie
un clignement d’œil & la voilà 
décédée
ressuscitée
réinventée
prête à se moquer gentiment des guerriers
& des mégères
c’est le seul cadeau
qu’elle puisse leur faire

(interlude militaire 2)
« nous allons par-delà !
nous allons par-delà les paradigmes !
nous allons par-delà la vérité !
nous allons par-delà la science !
nous allons plus loin, plus vite, plus fort !»
d’un geste vif, elle éteint la télé

(interlude militaire 3)
comme un parfum de combats incessants 
la grâce & tout ce qui est délicat
provoque l’immédiat vomissement
des foules
alors parfois elle se cache
« est-il vrai, se demande-t-elle
est-il vrai que là-bas
des enfants meurent
à la guerre ? »
les prophéties de vie & de mort qui chaque jour
percent les oreilles des spectateurs
ces prophéties lui semblent à elle
la chambre de résonance
du cerveau humain
« si vous n’aviez pas tous ces fusils dans vos têtes, dit-elle
vos enfants ne mourraient pas »
bien sûr, personne n’écoute

charmante, sans colonne vertébrale
si légère que souvent les bourrasques l’emportent
(mais elle se plaît à flotter ainsi)
elle aime bien jouer
avec les bambins
avant qu’ils ne soient
compromis
avant que les insomnies de leurs aînés
n’aient déteint sur leurs paupières
elle caresse leurs cheveux & prie
pour que ces ébauches d’hommes & de femmes 
ne se gâchent pas
parfois les graines deviennent d’autres comme elle
prêtres & prêtresses
voués à l’incompétence
& à la joie

lorelei n’est pas sirène
les marins qui se noient dans les sons cristallins
de l’épopée qu’elle fredonne
ne sont que dommages collatéraux
d’un envoûtement personnel
les veuves & les mères qui la maudissent ignorent
qu’elle est juste ensorcelée
par son propre chant
& qu’ainsi possédée
elle ne peut l’interrompre

elle est à la fenêtre du monde
il y a bien des rondes
qu’elle ne comprend pas
mais en dessous de chacun des cailloux qu’elle soulève
se cache une fourmilière
les économies sans fond qu’on lui conte
les spirales quotidiennes & les incessants débats
ne sont pour elle
que les infernaux symptômes
du psychotique ressac 
collectif

vierges & apsaras
l’entendez-vous ?
entendez-vous le son voisé
de par delà vos vitraux ?
vous délectez-vous de ses ballets ?
vous régalez-vous de ses prières ?
elle vous est dévouée
subjuguée
par les portraits de vous
que sans cesse elle esquisse

ses yeux translucides
fixés sur les toiles d’araignées
tarentelles enchevêtrées
synchronies de toutes ces choses
qui arrivent
ses yeux embués
par l’émotion qu’éveille en elle
la chaleur d’en haut
ce pilier de lumière qui chaque jour un peu plus
la traverse & la dresse
satisfaction immanente
canal du divin

essoufflée d’avoir tant ri
déjà en elle, elle devine
cette vieille femme tout occupée
à câliner un jardin
déjà en elle, elle entrevoit l’apaisement
de son linceul lorsque, enfin
elle quittera ce monde
le corps exténué par tant de voyages intérieurs
l’âme aspirée, tendue vers le tout  
elle se souvient de la tristesse dans leurs yeux
elle se souvient de sa dernière pensée
d’un étonnement candide
« sont-ils tristes parce que je pars ?
ou parce que eux, ils restent ? »

(interlude militaire 4)
& soudain, elle seule est seule 
tout ce qu’il y a autour
s’écroule sans bruit
petites poussières
elle marche dans les décombres
de l’humanité 
livrée à elle-même
les attributions fausses
les conflits & les bombes
les guerriers & les mégères
leurs enfants voués à la catastrophe
les prophéties imminentes
rien de tout cela plus ne compte
rien du tout
pas lorsqu’elle regarde ainsi droit devant elle
& ne voit que des murs de verre
elle les traverse
lave les corps des défunts
embrasse les vivants
& s’en retourne au nid

« le cosmos est un vieil homme ridé, se dit-elle enfin
& j’aime à compter ses rides
à déchiffrer les desseins sur sa peau »
lorsque, au bout du compte
tout est prononcé 
chaque rituel accompli
afin de préserver chaque jour
l’équilibre des choses
lorsque, au bout du compte
la vie s’écoule à reculons
elle peut s’allonger
& retourner aux ritournelles
là-bas au loin
dans sa tête
petite fille, femme & vieille femme
elle ne sait guère laquelle des 3
précède l’autre
ainsi captivée par les cycles
sereine
elle s’assoupit

Inspiré par l’album She Is A Phantom de Harold Budd et Zeitgeist.
L'aquarelle est de Sue, préexistante au texte et généreusement « prêtée » pour l’illustrer. Un grand merci à elle.

30 mai 2010

Les Ninjas se mobilisent contre la loi sur le port du niqab !

Communiqué de presse émis par le Syndicat Français des Ninjas et Shinobis, le 28 mai 2010.

Chère concitoyens, chères concitoyennes.

Le Syndicat Français des Ninjas et Shinobis, après concertation, a décidé de se positionner clairement en défaveur de la loi sur le port de la burq... heu... du niqab.

Cette loi a pour objectif de défendre la dignité de la femme mais, afin de ne pas porter atteinte à la dignité des musulmans, empêchera toute personne de se couvrir le visage dans les lieux publics. Les ninjas, profession issue d'une tradition japonaise, ne sont ni des femmes ni des musulmans, et seront pourtant sujets à des poursuites judiciaires dans le cadre du port rituel de leur costume de travail.

Hier, jeudi 27 mai 2010, Tetsu Yano, un confrère ninja âgé de 28 ans, a été interpelé par les forces de l'ordre alors qu'il conduisait sa trottinette sur les Champs-Elysées et verbalisé parce que, d'après les agents de police, le port de son masque de ninja nuisait au bon maniement de sa trottinette ! M. Yano conteste cette amende et nous le soutenons, face à ce qui est une discrimination pure et simple !

La profession de ninja, depuis plus d'un siècle, a déjà été mise à mal par les lois soi-disant progressistes de ce pays ! L'assassinat pour raison d'État ayant été aboli en France après le Second Empire, nombre de nos confrères ont été contraints de travailler dans l'ombre, sans protection juridique et hors du cadre de la loi. Plusieurs d'entre eux, quoi que travaillant légitimement pour les gouvernements successifs, ont été emprisonnés et condamnés pour avoir simplement exercé leur métier !

Notre dignité a par ailleurs été mise à mal lorsque le port d'arme a été totalement interdit : un ninja qui marche dans la rue sans son sabre est un ninja à demi nu !

Aujourd'hui, notre corporation officie essentiellement dans les domaines de la sécurité et de la protection des personnes et des lieux, ce qui est déjà dégradant en soi compte tenu de notre grande tradition d'assassinats ! Dégradant mais toujours dangereux ! Les ninjas risquent régulièrement leur vie pour protéger les monuments historiques de ce pays : tout le monde se souvient avec émotion du sacrifice héroïque de Yukihiro Watanabe en 1997, qui tentait de protéger Johnny Hallyday du terroriste Pascal Obispo ! 

Nous avons déjà suffisamment souffert de ces injustices, sans même parler de cette mode insultante qui consistait, au début des années 1990, à nous comparer sans cesse à des tortues !

Brice Hortefeux, ministre de l'intérieur, nous a déjà fait part de sa considération, déclarant sur TF1 que les ninjas pourraient continuer à porter leur costume traditionnel dans le cadre de leur métier. Ce que M. Hortefeux semble ignorer, c'est que le ninja vit sa profession à chaque instant. Ninja est d'ailleurs davantage qu'une simple profession, c'est une foi, c'est un engagement, c'est une allégeance à un code strict. Le ninja pense à sa mission tous les matins en se rasant ! Le ninja mange ninja, dort ninja, fait l'amour ninja... L'idée même de ne plus pouvoir aller acheter notre pain le dimanche matin, en arborant fièrement notre costume et notre masque, est une insulte !!!

Par ailleurs, et ce indépendamment de nos intérêts personnels, la loi sur le port de la burq... du niqab nous semble poser de gros problèmes en termes de sécurité publique : interdire aux conducteurs de motos, de mobylettes et de scooters de porter un casque ne manquera pas de causer d'innombrables décès ! Il y a là un contre-sens avec la volonté affichée par le gouvernement de rendre les routes plus sûres ! 

Pour toutes ces raisons, pour la discrimination dont nous serons victimes si cette loi est votée, les 28 membres du Syndicat Français des Ninjas et des Shinobis refusent la loi sur le port de la burq... du niqab, et se mobiliseront chaque dimanche après-midi, avenue des Champs-Elysées, afin de sensibiliser l'opinion publique à notre cause !

Vive la République, vive la France, vivent les ninjas !!!

29 mai 2010

L'aube après eux

si je devais m'aventurer
au-delà du joli col
de leur thé russe, eau travestie
sans les images de plages

si je devais me dissimuler
derrière des abris de chair
pour me protéger
d'un épilogue (leur mort n'est pas la mienne)

si je devais manger ces doigts & ces bouches
d'un appétit d'ogre à la mode
barbarie civilisée 
pêche en ligne, orgasmes soldés 

je me perdrais sur ce chemin
je me noierais dans ces sillons
mais j'ai comme un plan dans ma tête
une prophétie jolie 
pour enrager les banquiers temporels

si je devais me référer
aux vieilles photographies
pour préparer le banquet
de ma révolution

si je devais attendre que
les jungles se couvrent de ciment
ronger les poutres dans les yeux des autres
& répandre des pluies d'acide

si je devais remplir 
des formulaires de vies à vendre
compromettre la cartographie
à grands coups d'emprunts équivoques

je me perdrais sur ces idées creuses
je me perdrais dans ces visions de crises
mais j'ai comme une fantaisie concrète
une autre graine d'apocalypse
pour conjurer les faiseurs d'âmes

si je devais regarder dans les yeux
les barbus obèses des squats
prostituer ma délinquance
pour complaire à leurs anarchies

si je devais passer des nuits avec
des femmes qui ne sont pas ma femme
me contenter de cendriers pleins
aux lendemains d'orgies sans lendemains (beentheredonethat)

si je devais télécharger sans cesse
ce top 50 inépuisable 
bouffer ces ritournelles au petit déjeuner
graver leurs mots dans mon assiette

je me perdrais sur l'autoroute
ma peau tatouée par les pneus
mais j'ai comme un jeu dans ma tête
un tas de concepts éphémères
pour séduire dieu en feux croisés
& me gaver de son sourire

je maudirais ma propre route
si je suivais les avisés 
& leurs conseils de discipline

mais puisque j'ai l'éternité
j'aime autant rester & danser

jusqu'au bout de leur nuit
jusqu'au bout de leurs cris

mes yeux remplis d'encre de chine 
pour savourer l'aube après eux

(Suzhou, Chine - Août 2009)
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