13 juin 2010

Voile ta face...

Pour des raisons déjà évoquées, je ne suis pas certain de savoir quoi penser du projet de loi sur le port de la burq... heu... du niqab (et ce sans parler des conséquences sur le corps de métier des ninjas). Je suis par contre assez étonné de la polémique relative au fait que Laurence Ferrari ait interviewé Mahmoud Ahmadinejad voilée (c'est à dire non pas visage masqué mais les cheveux recouverts d'un voile).

J'ai bien entendu les arguments selon lesquels tout ceci est une insulte décourageante envers le combat des femmes iraniennes, une soumission au régime d'un dictateur fondamentaliste, etc.

Certes...

Il y a dans le monde occidental une idée selon laquelle l'humanisme à la sauce « Siècle des Lumières » est une vérité universelle et, à vrai dire, j'aurais tendance à être assez d'accord avec cette idée. Après, il y a ce qu'on en fait et de ce point de vue-là, que ce soit économiquement ou en terme de dignité de la femme (lien et lien), je crois qu'on est encore loin du compte (donc mal placé pour faire la morale)...

Ce qui est certain, pour en revenir à nos moutons voilés, c'est que l'opinion iranienne n'avait pas manqué de nous épingler lorsque nous avons interdit le port du voile (pardon, le port de « symboles religieux ostentatoires ») à l'école il y a quelques années. Si ma mémoire est bonne, il y avait alors eu dans l'ensemble du monde arabe des manifestations concernant « l'oppression » des musulmans en France. Evidemment, nous savions alors que nous « n'opprimions » personnes (en tout cas pas au sens de « persécuter » qui, pour le coup, peut être le sens commun dans certains pays), mais les citoyens iraniens, eux, ne le savaient nullement...

Depuis il y a eu cet absurde débat sur l'identité nationale (qui a coûté de l'argent au contribuable et servi à... quoi ?) et à présent il s'agit d'interdire le port de la burq... du niqab, dans une démocratie où chacun était jusqu'alors supposé pouvoir se vêtir comme il le souhaite (certes). 

Du point de vue « Siècle des Lumières », porter un voile sur les cheveux est une oppression de la femme. Du point de vue de l'Iranien(ne) moyen(ne), ceci est assez naturel. Il est après tout illégal de se rouler des pelles dans la rue en Inde et pareille interdiction nous semble scandaleuse mais enfin bon... Pour nous c'est une liberté individuelle, pour les Indiens c'est obscène. Si demain, ici, vous voyiez un couple en train de copuler sur la voie publique, vous seriez assez choqués que l'on impose un tel spectacle à vos enfants et vous appelleriez la police, alors que d'un point de vue « Lumières », personne n'est à même de décréter que faire l'amour en public n'est pas un progrès social et une progression des droits de l'homme et de la femme. 

Par contre, il n'existe (encore) aucune loi en Inde qui stigmatise le tapage nocturne car là-bas, on considère comme un « droit » le fait que chacun fasse ce qu'il veut chez lui, alors que les combattants des droits de l'homme et de la femme seront les premiers à appeler la police en cas de tapage (au nom de leur « droit au silence », qui est en fait un déni du « droit de faire ce qui me plait chez moi » de leurs voisins). Que diraient nos Lumières si on leur demandait leur avis quant au fait que le Bon Sauvage copule en public et fasse du bruit dans sa hutte la nuit ?

Désapprouver le régime iranien est une chose (je le désapprouve). Désapprouver que les femmes soient contraintes de se voiler la face en est une autre (je le désapprouve aussi si elles sont effectivement contraintes). Mais par contre, respecter les coutumes d'un pays, n'est-ce pas exactement ce que nous demandons aux musulmanes françaises qui, de leur propre gré (il semble y en avoir), se voilent ? Et au delà de ça, les « Lumières » ne nous ont-elles pas rappelé ce que les philosophes Grecs nous avaient enseigné avant eux, à savoir que toute vérité est relative et qu'il convient de faire preuve de la plus grande prudence avant de poser un jugement ?

Autrement dit : il faudrait ici légiférer au nom du respect des valeurs de notre République mais par contre mépriser les lois des autres Républiques. Il faudrait s'en aller gaiement en Iran, interviewer le président iranien en mini-jupe ? Que dirions-nous si une journaliste iranienne venait interviewer Nicolas Sarkozy en portant la burq... le niqab ? Ne le prendrions-nous pas comme une provocation ?

Il y a les partisans d'un choc des civilisations, les personnes d'extrême droite qui voient en tout ceci une guerre interminable entre la tradition chrétienne et la tradition musulmane. 
Il y a ceux qui croient au progrès en tant que valeur universelle.

Aux premiers, je dirai : vous êtes en train de creuser notre tombeau car on trouve toujours plus fort que soi.
Au seconds, je dirai : patience. Ce que nos ancêtres rêvaient, ils nous a fallu plus de deux siècles pour commencer à peine à le mettre en oeuvre : ne demandez pas au monde entier de se plier d'un coup à nos utopies : le monde y viendra bien à temps.

Quant à Laurence Ferrari... Foutez-lui un peu la paix sur ce coup-là !

Ce qui me ramène à tout un tas de réflexions quant à la politique du gouvernement chinois, politique que l'on regarde d'un autre oeil lorsque l'on commence à comprendre les problématiques et la réalité historique de ce pays. Mais ceci étant lié à mon dernier voyage en Chine, ça sera l'objet d'un autre article, plus tard.

NB : Cet article est un peu décousu et plein de raccourcis mais à la fois il est quatre heures et demi du matin, j'ai bu du vin rouge et de toute façon je ne suis pas journaliste, donc je m'en branle ! 

4 juin 2010

Lorelei





essoufflée, elle se retourne & s’emplit
d’immensités solaires
d’appréciations complexes
de cordes intérieures
de la brise & des feuilles rouges
qui tourbillonnent autour de son cou
petite pause méditative & bilan des
sucreries qui la composent
projets de réunification
réinvention perpétuelle
les yeux qui pétillent
les arbres qui enlacent
sa peau d’herbe

fantômime, elle se joue des tours & nargue
les gammes éthiques
les choix politiques
les images figées de ces familles
embourbées, pédophages
elle se libère des ligaments que ses ancêtres ont enfoncés
dans sa chair
elle regarde les miroirs de son manoir
contemple sa main, noire de charbon
crasse des antithèses avancées
par ses travailleuses
racines
il lui suffira donc 
de purifier le temps

(interlude militaire 1)
la fausse attribution des réputations 
cache-cache avec les loups
cache-cache avec les corps qui se meuvent
dans les artères & les cocktails
derrière la cruauté des uns
derrière la mesquinerie des autres 
elle ne voit plus finalement
que les larmes des petits enfants
trahis
qu’ils étaient

« presque éveillée », se dit-elle
presque éveillée mais comme encore endolorie
cotonneuse, peut-être
il y a tant de fleurs & de coussins sur ce lit
tant de serpents chauds qui s’enroulent avec tendresse autour de ses bras
serpents roses, qui mordillent tendrement
« presque éveillée », murmure-t-elle
aux esprits qui l’accueillent en nuisettes
conseillers de ses songes à rebours
conseillers de cet instant précis & flou
lorsque l’âme flirte avec le véhicule
& qu’il est encore probable
de remonter un peu
la temporalité
d’un soi en devenir

grandes idées, petites mains 
« difficile de bâtir
un monde meilleur », se dit-elle
parfois elle rit lorsqu’elle se souvient
que son propre bonheur
peut être une sorte de filament conducteur
pour les autres âmes
elle ne perçoit pas vraiment
le pourquoi d’un si impétueux
besoin de se connaître
elle-même
mais il y a une évidence
à peine cachée
prête à naître

lorsqu’elle est brave, ses rêves périssent
s’évaporent dans la vanité 
vanité de volonté
vanité d’espérer autre chose
que le réel qu’elle peut toucher
& qui se prête aux jeux
ses désirs périssent car soudain
le réel
est son désir  

un sourire paresseux
c’est son arme de guerre…
dans les chambres environnantes
des guerriers s’agitent, des mégères explorent & implosent
tous à tâtons, tous en train de gigoter
de chercher la nourriture
dans la penderie
leur boucan si souvent l’épuise
qu’elle peut bien laisser libre cours à sa fatigue
en ne faisant rien d’autre
que ce qui a du sens

un clignement d’œil & la voilà partie
un clignement d’œil & la voilà 
décédée
ressuscitée
réinventée
prête à se moquer gentiment des guerriers
& des mégères
c’est le seul cadeau
qu’elle puisse leur faire

(interlude militaire 2)
« nous allons par-delà !
nous allons par-delà les paradigmes !
nous allons par-delà la vérité !
nous allons par-delà la science !
nous allons plus loin, plus vite, plus fort !»
d’un geste vif, elle éteint la télé

(interlude militaire 3)
comme un parfum de combats incessants 
la grâce & tout ce qui est délicat
provoque l’immédiat vomissement
des foules
alors parfois elle se cache
« est-il vrai, se demande-t-elle
est-il vrai que là-bas
des enfants meurent
à la guerre ? »
les prophéties de vie & de mort qui chaque jour
percent les oreilles des spectateurs
ces prophéties lui semblent à elle
la chambre de résonance
du cerveau humain
« si vous n’aviez pas tous ces fusils dans vos têtes, dit-elle
vos enfants ne mourraient pas »
bien sûr, personne n’écoute

charmante, sans colonne vertébrale
si légère que souvent les bourrasques l’emportent
(mais elle se plaît à flotter ainsi)
elle aime bien jouer
avec les bambins
avant qu’ils ne soient
compromis
avant que les insomnies de leurs aînés
n’aient déteint sur leurs paupières
elle caresse leurs cheveux & prie
pour que ces ébauches d’hommes & de femmes 
ne se gâchent pas
parfois les graines deviennent d’autres comme elle
prêtres & prêtresses
voués à l’incompétence
& à la joie

lorelei n’est pas sirène
les marins qui se noient dans les sons cristallins
de l’épopée qu’elle fredonne
ne sont que dommages collatéraux
d’un envoûtement personnel
les veuves & les mères qui la maudissent ignorent
qu’elle est juste ensorcelée
par son propre chant
& qu’ainsi possédée
elle ne peut l’interrompre

elle est à la fenêtre du monde
il y a bien des rondes
qu’elle ne comprend pas
mais en dessous de chacun des cailloux qu’elle soulève
se cache une fourmilière
les économies sans fond qu’on lui conte
les spirales quotidiennes & les incessants débats
ne sont pour elle
que les infernaux symptômes
du psychotique ressac 
collectif

vierges & apsaras
l’entendez-vous ?
entendez-vous le son voisé
de par delà vos vitraux ?
vous délectez-vous de ses ballets ?
vous régalez-vous de ses prières ?
elle vous est dévouée
subjuguée
par les portraits de vous
que sans cesse elle esquisse

ses yeux translucides
fixés sur les toiles d’araignées
tarentelles enchevêtrées
synchronies de toutes ces choses
qui arrivent
ses yeux embués
par l’émotion qu’éveille en elle
la chaleur d’en haut
ce pilier de lumière qui chaque jour un peu plus
la traverse & la dresse
satisfaction immanente
canal du divin

essoufflée d’avoir tant ri
déjà en elle, elle devine
cette vieille femme tout occupée
à câliner un jardin
déjà en elle, elle entrevoit l’apaisement
de son linceul lorsque, enfin
elle quittera ce monde
le corps exténué par tant de voyages intérieurs
l’âme aspirée, tendue vers le tout  
elle se souvient de la tristesse dans leurs yeux
elle se souvient de sa dernière pensée
d’un étonnement candide
« sont-ils tristes parce que je pars ?
ou parce que eux, ils restent ? »

(interlude militaire 4)
& soudain, elle seule est seule 
tout ce qu’il y a autour
s’écroule sans bruit
petites poussières
elle marche dans les décombres
de l’humanité 
livrée à elle-même
les attributions fausses
les conflits & les bombes
les guerriers & les mégères
leurs enfants voués à la catastrophe
les prophéties imminentes
rien de tout cela plus ne compte
rien du tout
pas lorsqu’elle regarde ainsi droit devant elle
& ne voit que des murs de verre
elle les traverse
lave les corps des défunts
embrasse les vivants
& s’en retourne au nid

« le cosmos est un vieil homme ridé, se dit-elle enfin
& j’aime à compter ses rides
à déchiffrer les desseins sur sa peau »
lorsque, au bout du compte
tout est prononcé 
chaque rituel accompli
afin de préserver chaque jour
l’équilibre des choses
lorsque, au bout du compte
la vie s’écoule à reculons
elle peut s’allonger
& retourner aux ritournelles
là-bas au loin
dans sa tête
petite fille, femme & vieille femme
elle ne sait guère laquelle des 3
précède l’autre
ainsi captivée par les cycles
sereine
elle s’assoupit

Inspiré par l’album She Is A Phantom de Harold Budd et Zeitgeist.
L'aquarelle est de Sue, préexistante au texte et généreusement « prêtée » pour l’illustrer. Un grand merci à elle.

30 mai 2010

Les Ninjas se mobilisent contre la loi sur le port du niqab !

Communiqué de presse émis par le Syndicat Français des Ninjas et Shinobis, le 28 mai 2010.

Chère concitoyens, chères concitoyennes.

Le Syndicat Français des Ninjas et Shinobis, après concertation, a décidé de se positionner clairement en défaveur de la loi sur le port de la burq... heu... du niqab.

Cette loi a pour objectif de défendre la dignité de la femme mais, afin de ne pas porter atteinte à la dignité des musulmans, empêchera toute personne de se couvrir le visage dans les lieux publics. Les ninjas, profession issue d'une tradition japonaise, ne sont ni des femmes ni des musulmans, et seront pourtant sujets à des poursuites judiciaires dans le cadre du port rituel de leur costume de travail.

Hier, jeudi 27 mai 2010, Tetsu Yano, un confrère ninja âgé de 28 ans, a été interpelé par les forces de l'ordre alors qu'il conduisait sa trottinette sur les Champs-Elysées et verbalisé parce que, d'après les agents de police, le port de son masque de ninja nuisait au bon maniement de sa trottinette ! M. Yano conteste cette amende et nous le soutenons, face à ce qui est une discrimination pure et simple !

La profession de ninja, depuis plus d'un siècle, a déjà été mise à mal par les lois soi-disant progressistes de ce pays ! L'assassinat pour raison d'État ayant été aboli en France après le Second Empire, nombre de nos confrères ont été contraints de travailler dans l'ombre, sans protection juridique et hors du cadre de la loi. Plusieurs d'entre eux, quoi que travaillant légitimement pour les gouvernements successifs, ont été emprisonnés et condamnés pour avoir simplement exercé leur métier !

Notre dignité a par ailleurs été mise à mal lorsque le port d'arme a été totalement interdit : un ninja qui marche dans la rue sans son sabre est un ninja à demi nu !

Aujourd'hui, notre corporation officie essentiellement dans les domaines de la sécurité et de la protection des personnes et des lieux, ce qui est déjà dégradant en soi compte tenu de notre grande tradition d'assassinats ! Dégradant mais toujours dangereux ! Les ninjas risquent régulièrement leur vie pour protéger les monuments historiques de ce pays : tout le monde se souvient avec émotion du sacrifice héroïque de Yukihiro Watanabe en 1997, qui tentait de protéger Johnny Hallyday du terroriste Pascal Obispo ! 

Nous avons déjà suffisamment souffert de ces injustices, sans même parler de cette mode insultante qui consistait, au début des années 1990, à nous comparer sans cesse à des tortues !

Brice Hortefeux, ministre de l'intérieur, nous a déjà fait part de sa considération, déclarant sur TF1 que les ninjas pourraient continuer à porter leur costume traditionnel dans le cadre de leur métier. Ce que M. Hortefeux semble ignorer, c'est que le ninja vit sa profession à chaque instant. Ninja est d'ailleurs davantage qu'une simple profession, c'est une foi, c'est un engagement, c'est une allégeance à un code strict. Le ninja pense à sa mission tous les matins en se rasant ! Le ninja mange ninja, dort ninja, fait l'amour ninja... L'idée même de ne plus pouvoir aller acheter notre pain le dimanche matin, en arborant fièrement notre costume et notre masque, est une insulte !!!

Par ailleurs, et ce indépendamment de nos intérêts personnels, la loi sur le port de la burq... du niqab nous semble poser de gros problèmes en termes de sécurité publique : interdire aux conducteurs de motos, de mobylettes et de scooters de porter un casque ne manquera pas de causer d'innombrables décès ! Il y a là un contre-sens avec la volonté affichée par le gouvernement de rendre les routes plus sûres ! 

Pour toutes ces raisons, pour la discrimination dont nous serons victimes si cette loi est votée, les 28 membres du Syndicat Français des Ninjas et des Shinobis refusent la loi sur le port de la burq... du niqab, et se mobiliseront chaque dimanche après-midi, avenue des Champs-Elysées, afin de sensibiliser l'opinion publique à notre cause !

Vive la République, vive la France, vivent les ninjas !!!

29 mai 2010

L'aube après eux

si je devais m'aventurer
au-delà du joli col
de leur thé russe, eau travestie
sans les images de plages

si je devais me dissimuler
derrière des abris de chair
pour me protéger
d'un épilogue (leur mort n'est pas la mienne)

si je devais manger ces doigts & ces bouches
d'un appétit d'ogre à la mode
barbarie civilisée 
pêche en ligne, orgasmes soldés 

je me perdrais sur ce chemin
je me noierais dans ces sillons
mais j'ai comme un plan dans ma tête
une prophétie jolie 
pour enrager les banquiers temporels

si je devais me référer
aux vieilles photographies
pour préparer le banquet
de ma révolution

si je devais attendre que
les jungles se couvrent de ciment
ronger les poutres dans les yeux des autres
& répandre des pluies d'acide

si je devais remplir 
des formulaires de vies à vendre
compromettre la cartographie
à grands coups d'emprunts équivoques

je me perdrais sur ces idées creuses
je me perdrais dans ces visions de crises
mais j'ai comme une fantaisie concrète
une autre graine d'apocalypse
pour conjurer les faiseurs d'âmes

si je devais regarder dans les yeux
les barbus obèses des squats
prostituer ma délinquance
pour complaire à leurs anarchies

si je devais passer des nuits avec
des femmes qui ne sont pas ma femme
me contenter de cendriers pleins
aux lendemains d'orgies sans lendemains (beentheredonethat)

si je devais télécharger sans cesse
ce top 50 inépuisable 
bouffer ces ritournelles au petit déjeuner
graver leurs mots dans mon assiette

je me perdrais sur l'autoroute
ma peau tatouée par les pneus
mais j'ai comme un jeu dans ma tête
un tas de concepts éphémères
pour séduire dieu en feux croisés
& me gaver de son sourire

je maudirais ma propre route
si je suivais les avisés 
& leurs conseils de discipline

mais puisque j'ai l'éternité
j'aime autant rester & danser

jusqu'au bout de leur nuit
jusqu'au bout de leurs cris

mes yeux remplis d'encre de chine 
pour savourer l'aube après eux

(Suzhou, Chine - Août 2009)

27 mai 2010

Mystères, contrastes & karmas







































volutes enflammées de l’instant thé, moments choisis
je regarde devant derrière autour je détoure
inspecte la quête & ses impératifs
oui mais quoi ? oui mais pourquoi ?
leurre ? test ? voir ce qui reste…

danses avec les chiens & les chats, boucles entre les angles
ronronnent & repoussent en chœur le dernier des premiers baisers
dixième cigarette, corail croquette, ma joie !
l'instantané de toi me réécrit & m’enlumine
lumière dans la fumée

exercice #1 : positionner clairement ce qui détonne et ce qui tonne
je veux me noyer dans ces tonalités de « shh » & de « jhh »
contempler des crabes & des limules & caresser des crocodiles
je veux sans arrêt mais c’est juste si simple lorsque l’on sait 
que mystères, contrastes & karmas s'accouplent en interdits

le mouvement de ces cils pour mythifier ce lieu
bouleverser le moelleux, grignoter le bleu du ciel
qui là-bas pourrait m’offrir mieux qu’un ici ?
face à l'utopie vibrante & vivante
cristallisation & coraillisation

je savoure juste, tu savoures juste, tout est si juste & juste si…
cache-cache, flanelle & secret de polichinelle
pas de flics entre nos détours de magie
idylle au bout d'une île au bout d'un empire  
sanya l'australe, ayurveda tropical      

le goût des épices est de nouveau sucré sous ces auspices
petit come-back, dépayser m'est familier
mille-feuilles de mangue & quelques acquis partagés
ma bouche est close & mes mains presque muettes 
chuchotent à l'épiderme des berceuses  

mystères, contrastes & karmas
un petit peu de toi, un petit peu de moi
sincères & picotants, écarlates & candides
l’idée d’un idéal renaît à deux fleurs en un flirt
l’avenir se construit de petits bouts d’ailleurs

26 mai 2010

Divination -> exit

levée de boucles liées/ ouverts, les yeux
pensées lascives/ sentiment d’un troisième âge
nuits tombées sans crépuscule
spirale des angoisses/ envies inassouvies
cadavres de célébrités
prétention des ampoules économiques
petits signes
et leçons des anges

athées atterrés/ dur monde
corps qui s’écrasent contre les murs/ traînées de sang
idées blessées
et pourtant
obstination
à sauver des flammes

éclairage des nuées et des foules
acceptation des évidences
l’éternité reflète le vide/ du sommeil aux réincarnations
abnégation
acceptation
divination -> exit

idée de suicide pour diabétiques :
overdose de lait concentré sucré
combien de citernes/ combien de larmes ?
noyades en verres d’eau/ dissolution des armes
la vie : in extremis
samskaras/ loi sur le port de la cicatrice (dans les lieux publics)
en dépit de tout/ en dépit du mal
idée du propre au centre des pissotières

refus de croire
éclatement des sens
dictionnaire d’éponymes
autre chose
que cette triste
planète

baignade sémantique
scepticisme éventré
insignifiantes insignes/ médailles ripailles
quel sari porter pour danser ?
réalisation des nuages
divination -> exit

(une seule chose parvient à m’étonner :
les frissons d’horreur des frères et des sœurs dans leurs cathédrales
lorsque les salives de mara et shiva
dégoulinent
sur leurs prières)

petites annonces : « cherche messie »
guérir plus pour gagner plus
non merci/ jolies groupies
assumer n’est pas jouer/ jouer n’est pas accepter
impossibles anecdotes
tentaculaire vécu
parole exhibée nue
partage des frissons/ exode des frigidités

touche à tout
touche au tout
tout chaud tout/ doute inclus
croyance en l’épreuve
souffre et sourires
au cas où/ ?

éclairage public
enclumage public/ aussi
signalisation des conséquences/ assumée
et la mer qui s’écarte
devant les vacheries sacrées
divination -> exit

23 mai 2010

... (41)

sombres émeutes en clair
éprouvants éclairs zappés
indifférence des yeux devant l’abattoir
post-traumatique
humanité


17 mai 2010

De l'éblouissement...

« La rencontre de l'univers réel des états totalitaires et du « poème » de Kafka gardera toujours quelque chose de mystérieux, et elle témoignera que l'acte du poète, par son essence même, est incalculable ; est paradoxal : l'énorme portée sociale, politique, « prophétique » des romans de Kafka réside justement dans leur « non-engagement », c'est à dire dans leur autonomie totale à l'égard de tous programmes politiques, concepts idéologiques, prognoses futurologiques.
En effet, si, au lieu de rechercher « le poème » caché « quelque part là-derrière », le poète s'engage à servir une vérité connue d'avance (qui s'offre elle-même est qui est « là-devant »), il renonce à la mission propre de la poésie. Et il importe peu que la vérité préconçue s'appelle révolution ou dissidence, foi chrétienne ou athéisme, qu'elle soit plus juste ou moins juste ; le poète au service d'une autre vérité que celle qui est à découvrir (ce qui est éblouissement) est un faux poète »

Milan Kundera, L'art du roman.

7 mai 2010

Harcèlement climatique !!!

Ça s'appelle du harcèlement climatique et ça ne se terminera que lorsqu'il y aura des suicides collectifs devant l'Élysée !!! 12° en mai ? Révolution populaire !!!

Ils ont beau jeu d'invoquer le volcan finlandais pour se couvrir ! Ils savent bien que plus il fera froid et gris plus on votera à droite ! Honte sur le gouvernement : j'appelle à un suicide collectif et populaire devant l'Élysée pour montrer au pouvoir en place qu'on ne tolèrera pas plus longtemps le froid et la grisaille !!! Égorgez vos femmes et vos enfants devant Matignon, posez des bombes dans le métro parisien, explosez les élites polonaises (qui donnent le mauvais exemple) et les élites françaises !!! Quand j'étais petit, il faisait chaud en mai !!! Ça s'appelle du harcèlement climatique et ça ne se terminera que lorsqu'il y aura des suicides collectifs devant l'Élysée !!!

Et quant à la Gauche qui nous fait chier avec la pauvreté, la crise du logement, le chômage, l'exclusion, le racisme, les reclassements et toutes ces conneries : qu'on commence par le B.A.=ba, c'est à dire la chaleur, et on pourra alors discuter du reste !!!

PRIORITÉ AU RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE !!! Ne comprenez-vous pas que tout le reste n'est que diversion, qu'on vous prend pour des cons ?!
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