2 novembre 2013

Derrière le mur (Shaomix)













derrière le mur
il y a des sauveurs conjugués
mon sauveur / ton sauveur / notre sauveur
« télécharge ton sauveur personnalisé pour 7 €uros 77 ! »*
(*offre soumise à soumission)
héros sur papier, idoles sur t-shirts
esclaves des ismes impérieux
petites marionnettes dociles
de la loi / de la foi / de la nation / de la passion
(du nafs & de la caméra)
sous le tapis les philosophes

{interlude musical instrumental – la la la ♫}

des explosions / des gerbes de feu / tout le monde meurt un jour mais ce soir tout le monde mourra avant l'aube & les organes sécheront sur le pavé
la guerre n'est plus la guerre
la guerre est sur youtube
une mélodie
les cris terribles des camés qui s'arrachent l'estomac parce que c'est plus pratique (parce que ça fait vendre)
le culte / écartelé / travesti / au diable la raison
la poésie rêveuse marche seule
au brasier les métaphores !
à terre le grand théâtre !
on ne sait trop le quoi du quiproquo du quant-à-soi du quand va la cruche à l'eau quand est-ce qu'elle casse ?
la tendresse a pris ses bagages & sa fille
elle n'est pas partie parce qu'elle n'a jamais été là
elle nous attendait au tournant mais nous ne l'avons jamais pris
elle n'a laissé qu'une lettre :
m
les cris partout, la terre déserte & nos traces de pas confondues en un seul
flou
des excuses, des prières, des regrets, la nostalgie de ce qui n'a jamais été là
nous pleurons la perte de ce que nous n'avons jamais eu
c'est juste une idyllique excuse pour ne pas enfanter l'avenir

{interlude publicitaire – tralala la la ♫}

derrière le mur
derrière le mur
derrière le mur
plus de cris juste un révolutionnaire de pacotille
plus de cris juste un vieux parolier dépouillé de son verbe
plus de cris juste un innocent qui mange sa famille (un bon père de famille)
plus de cris juste une lumière infectieuse qui brûle les chairs au nom de l'amour
plus de cris juste des consciences émerveillées par le brillant des chaînes qu'elles s'enroulent autour du cou
plus de cris juste le gémissement rassasié d'un ogre

{interruption momentanée des programmes #1 : la guerre – bam bam ♫}

derrière le mur,
est-ce le début ? – non !
est-ce la fin ? – non !
est-ce que c'est trop tard ? – non !
il n'y a que le filtre de la pensée sur le réel

derrière le mur
nos esprits nient la neutralité du monde & se tortillent en vain
derrière le mur
nos peaux se touchent inutilement & nous ne parlerons jamais

{interruption momentanée des programmes #2 : le tsunami – patatrac ♫}

& lorsqu'un homme se lève & parle à l'endroit
la foule s'exclame :
« MONSTRE ! MONSTRE ! MONSTRE ! »
l'enfer n'est pas devant nous
l'enfer n'est pas sous nos pieds
l'enfer n'est pas les autres
l'enfer est un petit jardin secret
l'enfer est mon petit jardin secret
l'enfer est ton petit jardin secret
cultivé avec soin
cultivé avec soin
cultivé avec soin
un désastre (filmé) / des explosions (filmées) / des hurlements (enregistrés) / du sang (collecté pour plus tard)
& le silence pour seul témoin


Texte original de Khalid El Morabethi.
Remixé par Shaomi.

5 commentaires:

Ryko M. a dit…

C'est fort (surtout que je peux le lire en noir sur blanc).
Mais je n'ai pas compris ce lien et ce renvoi qui ne mènent nulle part : j'aime mais j'ai la flemme de jeter de l'huile sur le feu (1)

Cachou a dit…

Hi hi !! l'autre j'aime mais, ben c'est moi. Voilà.

Lelle a dit…

J'aime, et sans conditions. J'ai pas d'huile ni de feu, alors... :-)

Rachou Solemio a dit…

(y) (y) :)

Alain Nemo a dit…

Une poésie qui lance et module ses cris lumineux dans un monde étiolé qui sent la guerre . Merci Shao Mi et amitié .

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