9 mars 2015

The China Experience - 2/ The Great Leap Forward Experience

Premier voyage en Chine, septembre-novembre 2002.

Décollage ici.
Expérience précédente : A prelude 2 the China Experience.


04 septembre 2002 – 07 septembre 2002 : The Great Leap Forward Experience, de Lyon (France) à Hohot (Mongolie Intérieure) en passant par Munich (Allemagne), Shanghai (Shanghai) et Beijing (Beijing).

Ma princesse indienne m'enlace longuement et pleure même un peu. Je lui promets que ces trois mois passeront vite (pieux mensonge : je m'apprête à manipuler le continuum spatio-temporel, à transformer trois mois en une éternité). Le temps d'embarquer, me voici dans l’avion qui me mène à Munich, d'où je saute dans un autre en direction de Shanghai. Tout me semble totalement irréel, à commencer par le fait que je serai en Chine dans moins de vingt-quatre heures. Je pensais que le fait de l’avoir « déjà fait » rendrait les choses différentes et pourtant je ressens exactement la même chose qu’au départ pour l'Inde. Le même frisson. La même petite appréhension. La même excitation. La même joie immense d'accomplir quelque chose de dingue et d'inédit ! Le transit à Munich est rapide et à peine me suis-je installé dans le second avion (le vrai !) qu’une passagère chinoise m’indique du doigt une pièce de deux euros, à mes pieds. Je n’en ferai rien là-bas, mais cela me renvoie immédiatement à l’épisode du bouton, du fil et de l’aiguille. Dieu kiffe les private jokes. Je souris.

Je voudrais converser avec la vieille Chinoise. Ça serait la chose logique à faire. Mais je suis trop remué intérieurement. Je ne parviens pas à sortir de ma bulle. Évidemment, je ne dors pas une seconde durant les douze heures de vol. Comme la fois d’avant, comme les fois d’après, la première sensation au sortir de l’aéroport est celle d’être enlacé par l’air-cocon, moite et épicé de l’Asie. Pas de contemplation mystique comme à Karachi : sans vraiment réaliser où je suis, je saute dans une navette et m’étonne en chemin des gratte-ciels aux formes arrondies, aux couleurs d’émeraudes et de rubis. Là où nos tours semblent n’avoir été construites que pour être là, sans raffinement, simples pics de béton et de verre érigés en sexes triomphants de l'Occident, les tours de Shanghai rivalisent de couleurs et d’audace architecturale. La navette me dépose près de la gare et je teste mon accent chinois en répétant « wo-tche-djanne ? » à des autochtones serviables, qui m’indiquent le chemin. Je me débrouille pour acheter un billet pour Beijing et poireaute devant la gare, assommé de fatigue et fasciné par des mouches aux carapaces vertes argentées, exactement semblables aux gratte-ciels. Un jeune chinois anglophone vient s’asseoir à côté de moi et nous conversons une demi-heure. Premier contact. De ce que nous nous disons, je ne garderai aucun souvenir.

Mon train démarre à vingt heures trente. Comme en Inde, des marchands arpentent les wagons en clamant leurs slogans mais la comparaison s’arrête là. À ma grande surprise, la ligne Shanghai-Beijing est aussi moderne et confortable qu’un TGV, avec en bonus les hauts parleurs qui diffusent de la pop chinoise. Entre les sièges, un long tapis rouge se déroule comme pour signifier aux voyageurs qu’ils sont importants et reçus avec les égards qui leur sont dus. Une femme me demande d’où je viens et me souhaite un « wonderful time in China » avec un grand sourire sincère. J’écoute les gens parler et immédiatement, je tombe amoureux des sonorités de cette langue chantante, tout en « sshh » et en « jjhh ». Le trajet doit durer quinze heures et je ne descendrai de ce train que pour sauter dans un autre, alors je m’autorise à sombrer dans un sommeil réparateur…

Le train me dépose à quatorze heures trente et je ne repars qu’à vingt-et-une heures trente. Mon plan est de me rendre directement en Mongolie et d’y passer deux ou trois semaines, puis de revenir en Chine pour rendre visite aux Miaos et aux Dongs. Je prévois tout de même de faire une petite halte à Hohot, capitale de la province chinoise nommée Mongolie Intérieure, histoire de me reposer et surtout de reprendre mes esprits, un peu comme je l’avais fait au Temple d’Or d’Amritsar. Au guichet de la gare, je constate que « Ho-hotte » n’inspire guère le guichetier qui, lorsque je lui montre finalement le nom de la ville en caractères chinois, s’exclame « Aaaah ! Hou-heu-ho-teu ! ». Ma prononciation laisse encore à désirer…

Laissant mon lourd sac à dos aux bons soins de la consigne, je m’en vais tuer le temps en centre-ville et, logiquement, vagabonder sur la place Tian’anmen. Le centre de Beijing est tout en immenses avenues à je-ne-sais combien de voies, en rues commerçantes aux couleurs de KFC, McDonald’s et Pepsi Cola… Rien à voir avec le bordel poussiéreux qui règne partout en Inde : ici, tout est propre et flambant neuf. Parvenu à Tian’anmen, je peine à me figurer que seulement treize ans auparavant, sur cette même place majestueuse, plusieurs centaines de manifestants se faisaient massacrer par l’Armée Populaire de Libération. Au voisinage des enseignes américaines, le portrait gigantesque de Mao Zedong veille sur ses enfants. Sa coupe de cheveux me fait penser aux oreilles de Mickey Mouse : la boucle est bouclée.

Comme je me laisse étourdir par la démesure des lieux, le jeune Zhou Yang m’aborde. Il étudie les beaux-arts et sa promo organise une exposition à quelques rues de là. J’accepte avec plaisir son invitation. Les œuvres qu’il me montre sont tout à fait classiques (au sens chinois du terme). Belles, délicates, habiles représentations des paysages féeriques, dieux et démons, tigres et dragons de la Chine de ses ancêtres. On est bien loin des installations conceptuelles de mes potes beauzardeux et je m’en réjouis. La Chine, après cinquante ans de blackout maoïste, reconquiert enfin son patrimoine. Il faudra en passer par là avant de pouvoir basculer dans l'art contemporain : pour rompre avec la tradition, il faut d'abord en posséder une. Avant de me laisser repartir, un étudiant prend le temps d’écrire mon nom en calligraphies chinoises sur une feuille d’un beau papier, signe l’œuvre de son sceau rouge comme le veut la tradition et m’offre ce souvenir bien à l’abri d’un petit tube en carton.

Il me faut alors manger et je m’engouffre dans un boui-boui. Je ne suis encore végétarien que depuis quelques mois, aussi je décide de m’autoriser quelques incartades et goûte à une sorte de poulpe. Le problème c’est qu’on me sert ça avec une paire de baguettes et que je n’ai jamais réussi, en France, à manipuler ces ustensiles. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé ! Se produit alors une sorte de miracle : je me saisis des baguettes et, spontanément, comme si j’avais fait ça toute ma vie, en use à la perfection. Pourquoi, comment, je l’ignore. J'ignore également que, durant ces trois mois, je tomberai tant et si bien amoureux des baguettes que la première chose que je ferai à mon retour sera d’en acheter et de bannir définitivement la fourchette, cet instrument grossier, de mon quotidien ! Je mâchonne les tentacules caoutchouteux en compagnie de quelques étudiants sud-coréens, tout aussi chaleureux que les Chinois. Je marche ensuite sur ce qui me semble des kilomètres, fais une sieste sur une pelouse immaculée et rejoins finalement la gare. Le train est bondé mais les passagers sont d’une bienveillance sans borne à mon égard. Devant les toilettes, un écriteau indique en mauvais anglais qu’il est « interdit de saigner du doigt », ce que je présume être un avertissement contre le risque de se coincer les doigts dans la porte (?). Au matin, je découvre un décor bien différent de celui de la côte : doucement, la steppe s’installe dans le paysage.


Prochaine expérience : The Hohot Experience.

3 mars 2015

The China Experience - 1/ A Prelude 2 the China Experience

Premier voyage en Chine, septembre-novembre 2002.

Expérience précédente : The Long Way Home Experience (Pt. 2).


17 février 2002 – 3 septembre 2002 : A prelude 2 the China Experience, Lyon (France).

(Ce qui suit est le récit d'un voyage en Chine mais, comme tout récit de voyage digne de ce nom, c'est également le récit d'un voyage intérieur. C'est pourquoi nous espérons que le lecteur nous pardonnera les nombreuses digressions autobiographiques que comporte ce texte… )

(Ce récit fait suite à celui de mon voyage en Inde l'année précédente : les deux récits en forment, en quelque sorte, un seul. Aussi je vous invite, si vous en avez le goût, à lire d'abord le premier – ça commence ici.)

Là encore, tout commence par une fille et un canapé…

Elle est rousse et belle comme la nuit. Il a les yeux verts et il brille dans le noir. Ils sont amoureux mais ils ne se comprennent pas, c'est comme s'ils parlaient deux langues. Elle s'enfuit à l'aube avec des mots cruels. On est le 17 février 2002, trois jours après la putain de Saint-Valentin. Il cautérise sa blessure dans le sommeil, s'éveille bien après le crépuscule et plonge aussitôt dans l'oubli d’un joint et d’un zapping effréné. Son petit cœur de vingt-cinq ans est en bouillie. Encore. Il tombe sur un documentaire. Ils s’appellent les Miaos et les Dongs. Ils vivent dans des villages de pierre, égarés dans la brume au milieu de collines verdoyantes et de rizières. Ils sont deux minorités d’un empire que l’on nomme Chine. Il les regarde vivre. Il les trouve wow ! Il veut aller là-bas. Il y a un an déjà, il a découvert le voyage et l’Inde. Depuis, il ne rêve que de repartir. La décision est prise aussi subitement que la fois précédente, de manière aussi définitive et sur le même canapé : il ira voir les Miaos et les Dongs. Il a des tâches à accomplir avant, tant au niveau professionnel que personnel. Il décide que six mois lui permettront de s'en acquitter et se fait une promesse : sauf à être mort ou cloué à un lit d’hôpital en septembre 2002, il partira et rien ne l'empêchera. Rien.

La jeune fille aux yeux de miel l'avait poussé dans les bras de l'Inde. La rouquine le pousse dans ceux de la Chine.

Il s'était précipité dans la Grande Inde sans savoir où il mettait les pieds et c'était bien. Il a envie, cette fois-ci, d’amadouer un peu la Grande Chine. Il s'instruit grâce aux livres de Lao She, Lucien Bodard, Shan Sa et d'autres, se laisse charmer par la musique classique chinoise et le son de l’erhu. Plus il découvre la Chine, sa culture, son histoire, sa sensibilité, plus il s’y sent chez lui. Confortable. Familier. Bien. L’Inde a planté en lui une graine, mais il ignore encore s’il est tombé amoureux du pays ou simplement du voyage (en réalité, c’était les deux). Ce sera l’occasion de le savoir.

Les mois passent. Il étudie tout un tas de parcours possibles, envisage de s'embarquer dans le transsibérien, caresse l'idée d'un détour par le Kazakhstan et se souvient finalement qu’il a toujours voulu aller en Mongolie. Urga. La steppe est idéale pour une nouvelle Desert Experience. Chine et Mongolie. Oui. C'est bien. Ça sonne juste. Ce sera donc un voyage de trois mois.

Le temps s'écoule, dense. Il fait ce qu’il a à faire. Il se produit quelques miracles. Un filleul et une princesse indienne entrent simultanément dans sa vie de la manière la plus improbable, par un ensoleillé 22 juillet. Il nous racontera tout cela par la suite, aussi n'en dirons-nous pas davantage. Il décide également de quitter son appartement : il est temps de tourner une page, de s'extirper des Pentes de la Croix-Rousse et de la Sainte Fête Permanente. La jeune fille aux yeux de miel, nomade en quête d'un point de chute, fait un come-back et propose de reprendre le logement, de sorte qu'il puisse y entreposer toutes ses affaires sans se soucier de quoi que ce soit…

Il y a trop de princesses dans cette histoire, ça ne peut que mal se terminer.


Prochaine expérience : The Great Leap Forward Experience.

28 février 2015

Les films et séries de super-héros pour les nuls : 2/ Marvel Comics

En l'espace d'une décennie, les films de super-héros se sont imposés comme LE genre dominant à Hollywood et à en croire les annonces des différents studios, l'invasion ne fait que commencer ! J'ai toujours été branché comics donc je m'y retrouve sans mal mais du coup, il est assez fréquent que des amis me disent qu'ils sont un peu perdus, qu'ils ont du mal à comprendre quels films fonctionnent ensemble ou pas, pourquoi tel super-héros ne rencontre jamais tel autre, pourquoi deux versions d'un même personnage apparaissent dans deux films différents, etc. Du coup je me suis dit que ça pourrait être pas mal de pondre un petit résumé de l'histoire des principaux super-héros au cinéma et à la télévision. Un petit guide à l'attention des néophytes, en somme.

MARVEL ET DC, C'EST QUOI ?
Deux éditeurs se partagent 80% du marché de la BD américaine : Marvel Comics et DC Comics. Je me concentrerai sur les films tirés des publications de ces deux éditeurs. Sur le papier, la plupart des personnages de chaque éditeur évoluent dans un univers et une continuité partagés (les bien nommés Marvel Universe et DC Universe) et sont amenés à se croiser régulièrement. Par contre, les personnages de Marvel n'ont pas vocation à rencontrer ceux de DC et vice versa, ce qui explique que, par exemple, vous ne verrez jamais un film mettant en scène Superman et Spider-Man. Ceci dit, la plupart des adaptations ciné et télé de ces personnages fonctionnent de manière autonome, constituant généralement une « continuité » à part entière. Cela est généralement dû à des raisons de simplicité narrative, au fait que les personnages sont régulièrement rebootés (repris de zéros) et aussi parfois à des questions de droits d'exploitation. Par exemple, DC Comics appartient à Warner Bros, aussi Warner a tous les droits d'exploitation du catalogue DC. Marvel, de son côté, appartient depuis 2009 à Disney, qui supervise les productions de Marvel Studios. Mais avant le rachat, Marvel avait délivré la licence de certains personnages à d'autres studios (X-Men et Fantastic Four à Fox, Spider-Man à Sony...), ce qui explique que tout le monde ne se retrouve pas gaiement dans The Avengers.

MARVEL, DONC...
Après un premier article consacré à l'historique des personnages DC, nous poursuivons aujourd'hui avec les personnages Marvel. Marvel Comics fut créé en 1939, ce qui nous ramène loin en arrière. Si vous ne vous intéressez qu'aux productions actuelles, il vous suffit de vous précipiter à la fin de cet article : les « continuités » vous sont présentées dans l'ordre chronologique, des plus anciennes aux plus récentes. On compte actuellement trois franchises en cours : X-Men/Wolverine (lancée en 2000), Marvel Cinematic Universe (lancée en 2008) et The Fantastic Four (qui sera lancée en 2015). Pour que vous vous y retrouviez facilement, chaque paragraphe du texte ci-dessous correspond à une « continuité » spécifique. Nombre de « continuités » sont contenues en un seul film ou une seule série mais, comme vous le verrez, il y a parfois des spin-offs et des séquelles et c'est là que cet article vous sera utile. Le pompon de la complexité arrivant avec le Marvel Cinematic Universe, lancé en 2008 avec Iron Man.

J'ai aussi, pour plus de simplicité, exclu de cette liste toutes les adaptations en dessin animé (y compris Big Hero 6, sorti en salles), ainsi que les adaptations de séries publiées par Marvel Comics dont les droits n'appartiennent pas à l'éditeur mais aux auteurs de la BD concernée (la trilogie Men in Black, les deux Kick-Ass et Kingsman: The Secret Service). Cet article sera régulièrement mis à jour, au fil des sorties.


CONTINUITÉS LANCÉES DANS LES ANNÉES 1940
Dans les années 40, les Américains étaient friands de serials, l'ancêtre des séries télé sur grand écran, qui sortaient au rythme d'un épisode par semaine et duraient plusieurs mois. C'est sous ce format que parut Captain America, la première adaptation d'un comic Marvel au cinéma.

CAPTAIN AMERICA (1944)
- Captain America (serial, 1944)
Créé en 1941 par Joe Simon et Jack Kirby, Captain America était à l'origine un pur produit de la Seconde Guerre Mondiale. Ce serial a en fait été tourné à partir du scénario d'un autre serial de super-héros qui avait capoté. Ce Captain America-là n'avait donc en commun avec l'original que le nom et le costume : son identité était radicalement différente, il ne combattait pas les Nazis mais un vulgaire super-vilain, était dépourvu de super-pouvoirs et armé d'un bon vieux flingue en lieu et place du traditionnel bouclier. Le serial n'en fut pas moins un succès, et reste jusqu'à aujourd'hui considéré comme l'un des meilleurs de l'époque.


CONTINUITÉS LANCÉES DANS LES ANNÉES 1970
Il aura fallu trente ans pour qu'un personnage Marvel ne parvienne à investir de nouveau les écrans ! Dans les années 70, la télévision fit montre d'un intérêt croissant pour les comics et toutes sortes d'adaptations furent tentées avec plus ou moins de succès et beaucoup de kitsch : pas moins de trois séries différentes consacrées à Spider-Man (dont une au Japon !) et quelques téléfilms consacrés à Captain America et Dr. Strange. La mythique série The Incredible Hulk dura quant à elle cinq saisons et marqua toute une génération, mais Hollywood continua de bouder Marvel.

SPIDEY SUPER STORIES (1974–1977)
- Spidey Super Stories, saisons 1-3 (série, 1974–1977)
Créé en 1962 par Stan Lee et Steve Dikto, Spider-Man n'a plus besoin d'être présenté. Le tisseur avait déjà fait l'objet d'une série animée dès 1967, mais il fallut attendre 1974 pour sa première apparition en live action. Spider Super Stories est en fait une série de mini-épisodes de cinq minutes, destinés aux tout petits et diffusés dans le cadre du légendaire programme pour enfants The Electric Company. C'est assez mignon mais c'est vraiment pour les bébés. On ne sait même plus, aujourd'hui, combien d'épisodes exactement furent tournés.

THE AMAZING SPIDER-MAN (1977–1979)
- The Amazing Spider-Man, saisons 1-2 (série, 1977–1979)
Très mal reçue par les fans et désavouée par Stan Lee, cette série cheap connut néanmoins un certain succès à l'époque. Les effets spéciaux étaient évidemment très rudimentaires et Spider-Man n'y affrontait que des criminels ordinaires. Trois téléfilms furent également remontés à partir d'épisodes de la série : Spider-Man (1977, qui sortit en salles en France et fit tout de même sept-cent-mille entrées !), suivi de Spider-Man Strikes Back (1978, également sorti en salles en France) et Spider-Man: The Dragon's Challenge (1979).

THE INCREDIBLE HULK (1977–1990)
- The Incredible Hulk, saisons 1-5 (série, 1977–1982)
- The Incredible Hulk Returns (téléfilm, 1988)
- The Trial of the Incredible Hulk(téléfilm, 1989)
- The Death of the Incredible Hulk (téléfilm, 1990)
Créé en 1962 par Stan Lee et Jack Kirby, le titan vert n'a guère, lui non plus, besoin d'être présenté. La série lancée en 1977 connut un succès phénoménal et restera éternellement associée à la pop culture de l'époque. De manière notable, aucun autre personnage de la BD n'apparut jamais dans le show, qui se voulait très réaliste. Cela changea lorsque, six ans après la fin de la série, les producteurs tentèrent un come back avec trois téléfilms cheap. The Incredible Hulk Returns introduisit une version totalement ridicule de Thor et The Trial of the Incredible Hulk une version à peine plus crédible de Daredevil. Le personnage trouva finalement la mort dans le bien nommé The Death of the Incredible Hulk en 1990, et ce fut la fin d'une époque... Trois téléfilms furent également remontés à partir d'épisodes de la série : The Incredible Hulk (1977, sorti en salles en France), Return of the Incredible Hulk (1977) et The Incredible Hulk Married (1978, également sorti en salles en France).

SPIDER-MAN (1978-1979)
- Spider-Man, saison 1, épisodes #1-10 (série, 1978-1979)
- Spider-Man, (film, 1978)
- Spider-Man, saison 1, épisodes 11-41 (série, 1978-1979)
Les Japonais ne font décidément rien comme tout le monde ! En 1978, le légendaire studio Toei acheta les droits d'exploitation de Spidey pour une série exclusivement destinée au public nippon. Cette incarnation du personnage s'inscrivait dans le genre super sentai (super-héros aux commandes de robots géants vs. grands monstres) et n'avait rien à voir avec le matériel source à l'exception du nom et du costume. Louée par les rares fans qui l'ont vue, cette série fait donc figure d'ovni parmi les adaptations Marvel.

DR. STRANGE (1978)
- Dr. Strange (téléfilm, 1978)
Créé en 1963 par Steve Dikto, Dr. Strange est le « maître des arts mystiques » du Marvel Universe. Ce téléfilm assez étonnant commence comme un véritable film d'horreur de série B, avec une ambiance super-glauque et tout, puis se transforme peu à peu en serial kitsch façon Mandrake le Magicien. Le film devait servir de pilote à une série, mais l'audimat fut faible et la chaîne décida d'en rester là. Dr. Strange n'est pas une œuvre mémorable, mais c'est un peu une curiosité.

CAPTAIN AMERICA (1979)
- Captain America (téléfilm, 1979)
- Captain America II: Death too Soon (téléfilm, 1979)
Cette seconde adaptation de Captain America est presque aussi éloignée de la version comics que le serial de 1944, sinon que le héros y a au moins son bouclier et ses pouvoirs (il porte aussi, en permanence, un casque de moto ridicule !). Ces deux téléfilms, ennuyeux à mourir, ne sont même pas assez kitsch pour être drôles (mise à part cette scène d'anthologie). Sauf à vouloir perdre trois heures de votre existence ou à être un nostalgique hardcore des séries à chier de votre enfance, mieux vaut regarder autre chose. Incroyable mais vrai : Death too Soon trouva pourtant son chemin jusqu'aux salles françaises !


CONTINUITÉS LANCÉES DANS LES ANNÉES 1980
Malgré le succès des films consacrés à Superman et une explosion des ventes de comics aux USA, Hollywood n'embrassa guère le genre dans les années 80 (la faute aux effets spéciaux, encore limités). Outre la série The Incredible Hulk qui se poursuivit jusqu'en 1982 et engendra deux téléfilms en 88 et 89, il n'y eut que deux adaptations médiocres de personnages de second rang : le film Howard the Duck et le téléfilm The Punisher.

HOWARD THE DUCK (1986)
- Howard the Duck (film, 1986)
Créé en 1973 par Steve Gerber et Val Mayerik, Howard est un canard anthropomorphique qui se retrouve par accident téléporté de son monde (où tout le monde est comme lui) au nôtre. George Lucas se prit d'affection pour la BD, une satire intelligente et débordante d'humour, et décida de porter le personnage à l'écran. Cette bonne idée eut tôt fait d'en devenir une mauvaise : le film de Willard Huick se cherche du début à la fin, déchiré entre son envie de conserver le cynisme adulte du comic et celle de réaliser un film d'aventures destiné aux enfants. Classé parmi les « plus mauvais films de tous les temps » (j'ai vu bien pire, pourtant), Howard the Duck fit un bide historique. Il a néanmoins son charme, à condition d'avoir une tendresse nostalgique pour les séries B des années 80. Et si vous vous demandiez qui pouvait bien être ce canard parlant dans la scène post-générique de Guardians of the Galaxy, et bien justement : c'est Howard !

THE PUNISHER (1989)
- The Punisher (téléfilm, 1989, sorti en salles en France)
Créé en 1974 par Gerry Conway, Ross Andru et John Romita, le Punisher est un tueur psychopathe en guerre contre le crime organisé. Très critiqué à sa sortie, ce téléfilm misait sur le succès des films d'action big guns, alors popularisés par Stallone et Schwarzenegger. Cette adaptation, assez fidèle à l'esprit du comic, est plutôt sombre et pas trop cheap pour l'époque. Il faut dire qu'elle était destinée au cinéma, mais les producteurs se dégonflèrent au dernier moment. Du coup, The Punisher fut projeté à peu près partout sauf aux USA, où il connut une sortie direct-to-video. Perso, je trouve que ça a plutôt bien vieilli : ce n'est pas Piège de cristal mais si vous aviez treize ans en 1989, ça vous replongera dans les cheap thrills de votre préadolescence.


CONTINUITÉS LANCÉES DANS LES ANNÉES 1990
Dans les années 90, le monde n'avait d'yeux que pour les mangas japonais et Marvel dut se contenter d'accumuler des téléfilms plus anecdotiques les uns que les autres : un ultime soubresaut de la série The Incredible Hulk, une nouvelle incarnation de Captain America et quelques personnages secondaires avec Power Pack, Generation X et Nick Fury: Agent of S.H.I.E.L.D. Côté séries, il n'y eut que l'obscur Night Man. Pourtant, en 1998, un seul film allait tout changer, pour toujours ! Blade, film à gros budget avec la star Wesley Snipes, connut un succès retentissant et démontra pour la première fois à Hollywood que, pour peu d'y mettre les moyens, le catalogue Marvel avait un potentiel commercial. Ce fut, pour l'éditeur, le début de la gloire !

CAPTAIN AMERICA (1990)
- Captain America (téléfilm, 1990)
Censée commémorer le cinquantième anniversaire du personnage, cette troisième adaptation eut au moins le mérite de lui être plus fidèle que les précédentes. Ce fut, à vrai dire, son seul mérite. L'absence de budget se fit cruellement sentir et le réalisateur affirma par la suite que c'était l'unique raison pour laquelle son téléfilm était mauvais. Je pense, pourtant, que l'incompétence des scénaristes et le jeu épouvantable des acteurs y est peut-être aussi pour quelque chose ! Comme The Punisher, Captain America devait sortir en salles (ce fut d'ailleurs le cas en Angleterre), mais les producteurs pressentirent le bide et, après deux ans d'hésitations, reléguèrent finalement leur navet à une sortie direct-to-video en 1992. Le rejet fut évidemment planétaire. Captain America n'a même pas vraiment le charme typique des films d'action de son époque, c'est plutôt un truc hors du temps, une bizarrerie qui ne séduira que les geeks les plus acharnés.

POWER PACK (1991)
- Power Pack (téléfilm, 1991)
Créés en 1984 par Louise Simonson et June Brigman, Power Pack sont quatre enfants, frères et sœurs, dotés de pouvoirs extraordinaires. Contre toute attente, le comic abordait au départ des thèmes plutôt adultes, mais il était assez logique de songer à en faire un programme pour enfants. Ce pilote, typique des productions destinées aux plus jeunes du début des 90's, ne fut pas développé en série mais rediffusé régulièrement aux USA. Il servit essentiellement à présenter les personnages, leur environnement et un méchant sorcier tout droit sorti de Scooby-Doo. Vous serez probablement séduit si vous avez moins de dix ans, mais sinon ça n'a évidemment pas grand intérêt.

GENERATION X (1996)
- Generation X (téléfilm, 1996)
Créé en 1994 par Scott Lobdell et Chris Bachalo, ce spin-off des X-Men est un groupe de jeunes mutants grunges et rebelles. Le comic faisait partie de ces œuvres qui parviennent à capter l'air du temps : il exprimait à merveille l'insolence désenchantée de ma génération. Ce fut un hit immédiat et l'idée d'en faire une série pour ados coulait, donc, de source. On testa le concept avec ce téléfilm, qui ne se montra malheureusement pas à la hauteur du matériel source. Les personnages y sont bien des ados confus et en colère mais leurs personnalités sont à peine effleurées, les effets spéciaux sont réduits au minimum syndical et l'intrigue ne tient tout simplement pas debout. Il aurait fallu confier ça à Kevin Smith... Faute de pertinence, le téléfilm ne rencontra pas le succès escompté et on en resta là.

NIGHT MAN (1997-1999)
- Night Man, saisons 1-2 (série, 1997-1999)
Créé en 1993 par Steve Englehart et Darick Robertson, Night Man est un justicier insomniaque et télépathe. Le personnage était à l'origine publié par l'éditeur Malibu Comics, dont le catalogue fut acquis par Marvel (et intégré au Marvel Universe) en 1994. La série, apparemment trop kitsch pour les années 90, fut appréciée par certains pour son insouciance (on la compara au Batman de 1966) et dénoncée par d'autres pour son manque d'originalité. Un téléfilm fut également réalisé à partir d'épisodes remontés : Nightman: World Premiere (1997).

NICK FURY: AGENT OF S.H.I.E.L.D. (1998)
- Nick Fury: Agent of S.H.I.E.L.D. (téléfilm, 1998)
Créé en 1963 par Stan Lee et Jack Kirby, Nick Fury est le directeur du S.H.I.E.L.D., l'agence de contre-espionnage du Marvel Universe. En dépit d'un budget respectable, le téléfilm hérita d'un scénario banal (une variante du script de Captain America: Death Too Soon : il faut sauver les USA d'un attentat au super-virus) et fut vivement critiqué pour son manque d'ambition.

BLADE (1998-2006)
- Blade (film, 1998)
- Blade II (film, 2002)
- Blade: Trinity (film, 2004)
- Blade: The Series, saison 1 (série, 2006)
Créé en 1973 par Marv Wolfman et Gene Colan, Blade est un chasseur de vampire qui a sur Buffy l'avantage d'être lui-même un hybride humain-vampire, ce qui lui confère certains pouvoirs. Le succès du film de Stephen Norrington prit tout le monde par surprise, et conféra soudain à Marvel une crédibilité inédite à Hollywood. Les deux suites, réalisées respectivement par Guillermo del Toro et David S. Goyer, connurent une popularité comparable. La série, quant à elle, eut moins de chance et ne dura qu'une seule saison. Les critiques furent, dans l'ensemble, moyennement séduits par la franchise et je dois avouer que je peine moi-même à comprendre son succès : ce n'est à mes yeux qu'une suite de films d'action plus crétins les uns que les autres, destinés à des ados en manque de testostérone. Un téléfilm fut également réalisé à partir du pilote de la série, augmenté et non-censuré : Blade: House of Chton (2006).


CONTINUITÉS LANCÉES DANS LES ANNÉES 2000
La première décennie du vingt-et-unième siècle est celle qui a tout changé : les effets spéciaux permettant désormais de faire tout ce qu'on voulait, les super-héros entamèrent leur invasion d'Hollywood et Marvel fut en tête de file. Tout démarra avec le succès de Blade et ses deux séquelles, mais c'est le X-Men de Bryan Singer (2000) et le Spider-Man de Sam Raimi (2002) qui démontrèrent vraiment que les super-héros Marvel étaient capables d'attirer les foules et de rapporter des centaines de millions de dollars ! Outre les suites et spin-offs, très lucratifs, de ces deux films (deux Spider-Man, deux X-Men et un Wolverine), une foule de films Marvel s'abattit sur les écrans avec plus ou moins de succès critique et commercial : Hulk, Ghost Rider, pas moins de deux versions différentes de The Punisher, Daredevil et son spin-off Elektra, Fantastic Four et sa suite... Mais un nouveau tournant eut lieu en 2008, lorsque Marvel commença de produire ses propres films avec Iron Man et une nouvelle incarnation de The Incredible Hulk. L'univers partagé qui se dessinait là, le Marvel Cinematic Universe, allait conduire des pontes d'Hollywood à multiplier ce genre de franchises basées sur le principe du crossover. Concentré sur le cinéma, Marvel fut plutôt timide à la télé avec seulement deux séries (Mutant X et une suite aux aventures de Blade) et un téléfilm (Man-Thing).

X-MEN / WOLVERINE (2000-en cours)
- X-Men (film, 2000)
- X2 (film, 2003)
- X-Men: The Last Stand (film, 2006)
- X-Men Origins: Wolverine (film, 2009)
- X-Men: First Class (film, 2011)
- The Wolverine (film, 2013)
- X-Men: Days of Future Past (film, 2014)
Annoncés :
- Deadpool (film, 2016)
- X-Men: Apocalypse (film, 2016)
- Wolverine 3 (film, 2017)
Crées en 1963 par Stan Lee et Jack Kirby, les X-Men n'ont plus besoin d'être présentés. La superproduction de Bryan Singer consolida en 2000 la crédibilité de Marvel auprès des studios, et lança une franchise qui se poursuit encore aujourd'hui. La saga, qui connaît un immense succès, s'est jusque-là constituée en trilogies. X-MenX2 (Singer) et The Last Stand (Brett Ratner) décrivent le combat pour la survie des mutants. First Class (Matthew Vaughn), Days of Future Past et bientôt Apocalypse (de nouveau Singer) nous présentent leurs origines, des années soixante aux années quatre-vingts. Mon chouchou absolu est X2, qui allie un script particulièrement intelligent à une mise en scène magistrale, mais je vous conseillerai sans hésiter de tout voir.
Créé en 1974 par Roy Thomas, Len Wein et John Romita, Wolverine est de loin le plus célèbre des X-Men : il était donc logique d'en tirer un spin-off. Le premier film dépeint la genèse du personnage et le second se déroule au Japon. Je ne trouverai jamais assez de mots pour exprimer le dégoût que m'inspire le X-Men Origins: Wolverine du cancre Gavin Wood ! Le « scénario » (si j'ose dire) de cette sombre merde n'existe que pour justifier d'ennuyeuses et interminables scènes de combats. The Wolverine, de James Mangold, est plus présentable mais ne m'a pas vraiment passionné. Les critiques partagèrent dans l'ensemble mon scepticisme mais le public, lui, fut au rendez-vous.
Il faut tout de même noter un certain nombre d'incohérences de continuité entre les sept films, qui se contredisent allègrement à l'occasion. Days of Future Past était censé tout expliquer (vous savez, comme dans Star Trek : le coup des voyages dans le temps qui changent le passé et justifient l'incompétence des scénaristes) mais n'a finalement fait que compliquer les choses. Bon, il vaut mieux parfois ne pas trop réfléchir à ces trucs-là. Trois nouveaux films sont annoncés d'ici à 2017.

MUTANT X (2001-2004)
- Mutant X, saisons 1-3 (série, 2001-2004)
Créé en 2001 par Avi Arad, Mutant X est une équipe de mutants (tiens donc) qui, comme les X-Men, luttent pour protéger leurs semblables de l'intolérance des uns et de l'exploitation de leurs pouvoirs par d'autres. Mutant X a la particularité de n'avoir été adaptée d'aucun comic, mais développée directement pour la télévision par Marvel. À la différence des X-Men, dont les pouvoirs sont le fait d'une évolution naturelle, ces mutants-ci ont fait l'objet de manipulations génétiques. La série se distance également du genre super-héroïque par une absence de noms de code et de costumes. Le show trouva son public en dépit de son manque d'originalité, mais fut abandonné après trois saisons, lorsque l'un des studios qui produisait fit faillite.

SPIDER-MAN (2002-2007)
- Spider-Man (film, 2002)
- Spider-Man 2 (film, 2004)
- Spider-Man 3 (film, 2007)
En 2002, Spider-Man termina de convaincre les studios de la rentabilité des super-héros, et fut sans doute aussi le premier film du genre à séduire le public féminin (ce qui n'est pas négligeable : le succès actuel des adaptations de comics n'est possible que parce que les filles ont fini par s'y mettre). La trilogie de Sam Raimi, acclamée à juste titre, se voulut très proche du matériel source, mettant en scène un Peter Parker sensible dont la vie privée comptait autant que les aventures de son alter-ego. Comme X-Men et The Dark Knight Trilogy, la série atteignit son crescendo avec le second film, inoubliable. Le troisième opus en déçut certains mais, malgré ses vilains peu convaincants, clôtura honorablement la saga. Je ne vous cache pas mon affection pour ces films, qui font honneur au personnage grâce auquel je suis tombé amoureux des comics à l'âge de neuf ans.

DAREDEVIL / ELEKTRA (2003-2005)
- Daredevil (film, 2003)
- Elektra (film, 2005)
Créé en 1964 par Stan Lee et Bill Everett, Daredevil est un justicier aveugle dont les autres sens se sont développés bien au-delà de la normale. Le film eut un franc succès au box office mais fut éreinté par les critiques, de manière à mon sens un peu injuste. Il vaut mieux, certes, voir le director's cut, qui approfondit le scénario et réhabilita d'ailleurs le long-métrage aux yeux de certains. Daredevil comporte des failles indéniables mais Mark Steven Johnson, qui l'a écrit et réalisé, s'est réellement investi dans ce projet et l'a envisagé, quoi que parfois maladroitement, comme un film d'auteur. Le bât blesse en fait surtout de par la présence de scènes légères, qui vont à l'encontre de l'ambiance sombre de la BD, ainsi que par des personnages inégaux : le Bullseye de Colin Farrell est fabuleux, mais la bisounours Elektra n'a rien à voir avec l'anti-héroïne des comics. Elektra, justement, fit l'objet d'un spin-off deux ans plus tard. Créée en 1981 par Frank Miller, c'est à l'origine une tueuse à gage impitoyable. Le nanar aseptisé de Rob Bowman, conspué par la terre entière, est une sorte de film d'action pour enfants : plutôt mignon mais sans grand intérêt.

HULK (2003)
- Hulk (film, 2003)
Ang Lee fit le pari risqué de réaliser un film d'auteur et fit, en conséquence, des choix esthétiques très marqués (dominantes vertes et violettes omniprésentes, technique du split screen en hommage aux années 60/70, un Hulk absolument gigantesque, etc.). Adulé par les uns, honni par les autres, Hulk attisa les passions d'une manière peu commune pour un film de super-héros. Après une première réaction plutôt négative, c'est un long-métrage que j'ai appris à apprécier pour ses qualités artistiques. Je vous conseille particulièrement de le voir dans un état second, de préférence un cocktail alcool + cannabis : Hulk se transmue alors en trip psychédélique et c'est assez cool.

THE PUNISHER (2004)
- The Punisher (film, 2004)
Cette seconde adaptation du Punisher, réalisée par Jonathan Hensleigh, déçut tout autant que la précédente et, de surcroît, s'égara totalement. D'une part, le héros cherche à venger sa famille au lieu de, simplement, prendre un plaisir malsain à dézinguer du criminel. D'autre part, ce Punisher-là est beaucoup trop gentil : la déchirure psychologique qui transforme un bon père de famille en tueur sanguinaire est complètement éludée ! Un nanar d'action impersonnel à éviter.

MAN-THING (2005)
- Man-Thing (téléfilm, 2005)
Créé en 1971 par Stan Lee, Roy Thomas, Gerry Conway et Gray Morrow, Man-Thing est un homme qui, suite à un accident tragique, se retrouve métamorphosé en créature végétale (ça vous rappelle quelque chose ?). Ce téléfilm d'horreur minable dévia totalement du matériel source et fit de Man-Thing une sorte de démon amérindien environnementaliste. Les producteurs envisagèrent un temps une sortie ciné puis se ravisèrent : vu l'accueil plus que glacial suscité par Man-Thing, ils furent bien inspirés de le réserver au petit écran.

FANTASTIC FOUR (2005-2007)
- Fantastic Four (film, 2005)
- Fantastic Four: Rise of the Silver Surfer (film, 2007)
Créés en 1961 par Stan Lee et Jack Kirby, les Fantastic Four ont acquis leurs pouvoirs à la suite d'une exposition accidentelle à des rayons cosmiques. Ce sont des personnages importants, car leur série BD servit de point de départ au Marvel Universe tel qu'on le connaît aujourd'hui. Plus qu'une équipe, les FF ont également la particularité de former une famille. On était donc en droit d'attendre beaucoup des deux films de Tim Story et la déception fut quasi-universelle en dépit d'un bon score au box-office. Ce n'est pas que ces adaptations soient complètement ratées mais il leur manque, si j'ose dire, un supplément d'âme. Les FF, leur allié le Silver Surfer et leurs adversaires Dr. Doom et Galactus sont des personnages touchants, complexes, aux psychologies tourmentées. Les comics mêlent, adroitement, des scènes de leurs vies quotidiennes à des aventures d'une démesure cosmique. Il ne reste pas grand-chose de tout cela dans les films...

GHOST RIDER (2007-2012)
- Ghost Rider (film, 2007)
- Ghost Rider: Spirit of Vengeance (film, 2012)
Créé en 1972 par Gary Friedrich, Roy Thomas et Mike Ploog, Ghost Rider est un cascadeur qui se retrouve possédé par un démon et, logiquement, métamorphosé en « motard fantôme » (les anti-héros fantaisistes étaient chose courante dans les années 70). Si le réalisateur Mark Steven Johnson s'était investi dans Daredevil, il ne s'est guère piqué d'intérêt pour Ghost Rider : le premier film est un navet fade, ennuyeux à mourir. La suite, que l'on doit à Mark Neveldine et Brian Taylor, eut au moins le mérite de ne pas se prendre au sérieux : Nicolas Cage, loin du pathos de sa première interprétation du rôle, y incarne un Ghost Rider complètement déjanté. Ne vous y trompez pas : malgré ces améliorations, Spirit of Vengeance reste très décevant. Les deux films furent épinglés par les critiques mais, de manière un peu étrange, remplirent les salles.

MARVEL CINEMATIC UNIVERSE (2008-en cours)
- Iron Man (film, 2008)
- The Incredible Hulk (film, 2008)
- Iron Man 2 (film, 2010)
- Thor (film, 2011)
- Captain America: The First Avenger (film, 2011)
- The Consultant (court-métrage, 2011)
- Something Funny Happened on the Way to Thor's Hammer (court-métrage, 2011)
- The Avengers (film, 2012)
- Item 47 (court-métrage, 2012)
- Iron Man 3 (film, 2013)
- Agent Carter (court-métrage, 2013)
- Agents of S.H.I.E.L.D., saison 1, épisodes 1-7 (série, 2013-présent)
- Thor: The Dark World (film, 2013)
- Agents of S.H.I.E.L.D., saison 1, épisodes #8-12 (série, 2013-présent)
- All Hail the King (court-métrage, 2014)
- Agents of S.H.I.E.L.D., saison 1, épisodes #13-16 (série, 2013-présent)
- Captain America: The Winter Soldier (film, 2014)
- Agents of S.H.I.E.L.D., saison 1, épisodes #17-22 (série, 2013-présent)
- Guardians of the Galaxy (film, 2014)
- Agents of S.H.I.E.L.D., saison 2, épisodes #1-10 (série, 2013-présent)
- Agent Carter, saison 1 (série, 2015)
Annoncés :
- Agents of S.H.I.E.L.D., saison 2, épisodes #11-23 (série, 2013-présent)
- Avengers: Age of Ultron (film, 2015)
- Daredevil, saison 1 (série, 2015)
- Ant-Man (film, 2015)
- A.K.A. Jessica Jones, saison 1 (série, 2015)
- Captain America: Civil War (film, 2016)
- Iron Fist, saison 1 (série, 2016)
- Doctor Strange (film, 2016)
- Luke Cage, saison 1 (série, 2016)
The Defenders, saison 1 (série, 2017)
- Guardians of the Galaxy 2 (film, 2017)
- Spider-Man (film, 2017)
- Thor: Ragnarok (film, 2017)
- Black Panther (film, 2018)
- Avengers: Infinity War Part 1 (film, 2018)
- Captain Marvel (film, 2018)
- Avengers: Infinity War Part 2 (film, 2019)
Inhumans (film, 2019)
(La liste ci-dessus vous présente toutes les productions qui se déroulent dans le Marvel Cinematic Universe, dans leur ordre chronologique de sorties.)
Marvel fit l'événement en 2008, d'une part en commençant de produire ses propres films, mais surtout en faisant évoluer ses personnages dans un univers partagé comparable à celui des comics : le Marvel Cinematic Universe (MCU). Depuis, l'aventure Marvel Studios est une incroyable success story : triomphe commercial et critique total, la franchise est en passe de devenir un phénomène culturel comparable à Star Wars ! En plus des neuf films produits à ce jour, le MCU a déjà fait l'objet de deux séries et cinq courts-métrages. Et ce n'est que le début, puisqu'au moins douze films et cinq séries supplémentaires sont annoncés d'ici à 2019 ! Pour moi comme pour de nombreux fans, c'est un rêve devenu réalité, et ce malgré la regrettable absence des Fantastic Four et des X-Men. En tout cas, je ne peux que m'associer à l'enthousiasme général : les films m'ont tous conquis et seule la série Agent of S.H.I.E.L.D., sympathique mais bien trop cheap, a échoué à me convaincre vraiment. Voici, donc, un petit tour d'horizon des principales « sous-franchises » de cet univers déjà très riche :
Iron Man : créé en 1963 par Stan Lee, Larry Lieber, Don Heck et Jack Kirby, le playboy en armure a su séduire le monde entier grâce au flamboyant Robert Downey, Jr. Star d'Iron Man (Jon Favreau, 2008), Iron Man 2 (Favreau, 2010) et Iron Man 3 (Shane Black, 2013), le super-héros est également présent dans The Incredible Hulk et The Avengers.
Hulk : Cette nouvelle incarnation du titan vert n'a, pour l'instant, fait l'objet que d'un seul long-métrage : The Incredible Hulk (Louis Leterrier, 2008). On l'a toutefois retrouvée dans The Avengers et Iron Man 3.
Thor : créé en 1962 par Stan Lee, Larry Lieber et Jack Kirby, le dieu nordique est à l'affiche de Thor (Kenneth Branagh, 2011) et The Dark World (Alan Taylor, 2013). On le retrouve également dans The Avengers.
Captain America : il aura fallu s'y reprendre à quatre fois mais Cap aura finalement eu droit à une adaptation digne de ce nom grâce à The First Avenger (Joe Johnston, 2011) et The Winter Soldier (Anthony Russo et Joe Russo, 2014). On le retrouve également dans The Avengers.
Avengers : créée en 1963 par Stan Lee et Jack Kirby, l'équipe réunit Iron Man, Hulk, Thor, Captain America et plusieurs autres dans The Avengers (Joss Whedon, 2012). Ce film, dont le succès fut comparable à Titanic et Avatar, a bouleversé la donne à Hollywood et terminé, si besoin était, d'imposer le genre super-héroïque.
S.H.I.E.L.D. : créée en 1965 par Stan Lee et Jack Kirby, l'agence de super-espionnage du MCU est, depuis 2013, à l'affiche de la série Agents of S.H.I.E.L.D. On la retrouve également dans tous les films, à l'exception de Guardians of the Galaxy. Bizarrement, le succès critique de la série (très mal reçue au départ) augmente proportionnellement à sa perte de parts d'audimat (au départ excellentes).
Guardians of the Galaxy : cette bande hétéroclite d'aventuriers cosmiques, composée de Star-Lord, Rocket Rackoon, Groot, Gamora et Drax, fut créée en 2008 par Dan Abnett et Andy Lanning. Guardians of the Galaxy (James Gunn, 2014) était un pari risqué, puisque mettant en scène des personnages inconnus du grand public et plutôt éloignés du reste du MCU. Son succès encouragea Marvel à porter davantage de personnages obscurs à l'écran dans les années à venir.
Agent Carter : créée en 1966 par Stan Lee et Jack Kirby, la super-espionne est à l'affiche de la mini-série éponyme. Elle apparaît également dans The First Avenger, The Winter Soldier et Agents of S.H.I.E.L.D.
Au fil des productions, on rencontre également de nombreuses autres « stars » du catalogue Marvel, parmi lesquelles Nick Fury, Howard the Duck, War Machine/Iron Patriot, Doc Samson, Black Widow, Hawkeye, Bucky/Winter Soldier, The Howling Commandos, Deathlok, Falcon, Quicksilver, Scarlet Witch et Mockingbird...

PUNISHER: WAR ZONE (2008)
- Punisher: War Zone (film, 2008)
Plutôt que de donner une suite au film de 2004, on préféra rebooter encore la franchise. Le réalisateur Lexi Alexander jura ses grands dieux que, écœuré par la version bisounours de 2004, il rendrait toute sa noirceur au personnage. Résultat des courses : le toujours très gentil Punisher protège... une petite fille ! Sans déconner ?! Le film fit un bide encore plus spectaculaire que son prédécesseur, et tout cela me conduit à penser qu'il faudrait confier le prochain reboot à Abel Ferrara. Un Punisher réalisé sur le ton de L'ange de la vengeance : voilà qui ferait, enfin, honneur au matériel source !


CONTINUITÉS LANCÉES DANS LES ANNÉES 2010
C'est l'explosion ! Alors que Fox continue d'exploiter les franchises X-Men et Fantastic Four (deux nouveaux X-Men, un second Wolverine et plusieurs autres films en cours de production), Sony celle de Spider-Man (rebooté en 2012, re-rebooté en 2016) et Columbia celle de Ghost Rider (une suite), Marvel multiplie ses propres productions, accumulant les succès et enracinant son concept d'univers partagé à travers une série de films (deux nouveaux Iron Man, deux Thor, deux Captain America, The Avengers, Guardians of the Galaxy), de séries (Agents of S.H.I.E.L.D., Agent Carter) et de courts métrages exclusifs en DVD. En tout, au moins quinze films et cinq nouvelles séries sont prévus d'ici à 2019 et Marvel, longtemps snobé par les studios, règne désormais en maître incontesté sur Hollywood !

THE AMAZING SPIDER-MAN (2012-2014)
- The Amazing Spider-Man (film, 2012)
- The Amazing Spider-Man 2 (film, 2014)
Lorsque Sam Raimi quitta le navire, Sony choisit de rebooter la franchise avec Marc Webb aux commandes. Succéder à la trilogie de Raimi n'était pas un défi simple mais Webb s'en tira avec les honneurs : le premier film, qui offre une lecture un peu plus sombre et contemporaine du personnage, suscita un enthousiasme planétaire que je partage entièrement. Le second volet mobilisa le public mais fit l'objet de nombreuses critiques, que je partage également : les vilains sont « plus-cliché-que-moi-tu-meurs » et, comme Man of Steel, The Amazing Spider-Man 2 est un feu d'artifice de scènes d'action qui ne laisse aucune place au développement psychologique des personnages. plusieurs suites et spin-offs devaient voir le jour, mais cette version du personnage sera finalement abandonnée au profit d'un nouveau reboot, intégré au Marvel Cinematic Universe.

- THE FANTASTIC FOUR (2015-en cours)
Annoncés :
- The Fantastic Four (film, 2015)
- The Fantastic Four 2 (film, 2017)
On ne sait pas encore grand-chose de ce reboot prévu pour août 2015, sinon qu'une suite lui a déjà été programmée. Espérons qu'il fera, cette-fois-ci, honneur aux majestueux Fantastic Four.
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