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14 octobre 2015

The China Experience – 16/ The Lijiang Experience (Pt. 5)

Premier voyage en Chine, septembre-novembre 2002.

Décollage ici.
Expérience précédente : The Lijiang Experience (Pt. 4).


07 octobre 2002 – 02 novembre 2002 : The Lijiang Experience, Lijiang (Yunnan).

Cinquième jour. Je commence ma journée à l'Albert's Café, me demandant qui peut bien être Albert. J'ai rêvé de mon retour et je m'interroge également sur l'état d'esprit qui sera le mien, le lundi 25 novembre, dans un mois et demi. La dernière fois (au retour de l'Inde), c'était spécial : j'étais tellement fatigué physiquement (par la Long Way Home Experience) et moralement (par la Om Beach Experience) que j'avais hâte d'arriver. Mais cette fois-ci, sans toutes ces épreuves, serai-je heureux de rentrer ? Cette petite méditation s'avère d'une ironie mordante lorsque l'on sait ce qui m'attend. Je l'avais déjà écouté vite fait en France, mais c'est à Lijiang que je tombe amoureux de l'album Charango de Morcheeba, que jouent en chœur la plupart des cafés de la ville. Morcheeba étaient parvenus, quelques années plus tôt, à capter parfaitement le zeitgeist. On pourrait dire que c'est en partie ce qui fait le génie d'une œuvre d'art, quelle qu'elle soit : sa capacité à saisir l'esprit du temps. Non pour être, comme disait Rimbaud, « absolument moderne » mais naturellement, spontanément. Le trip-hop est un mouvement musical qui a, mieux que beaucoup d'autres, parfaitement su faire cela au milieu des années 90. Après que Massive Attack et quelques autres aient ouvert le bal, Debut de Björk (1993) exprime parfaitement la frivolité festive mêlée d'inquiétude des jeunes métropolitains chics que nous étions. Les deux titres « dansants » du disque se renvoient d'ailleurs la balle : Big Time Sensuality fait l'apologie d'une fête décomplexée, quand There's More To Life Than This s'interroge immédiatement, en écho, sur le sens d'un tel mode de vie. Un an plus tard, Portishead nous plongeait dans l'incertitude avec leur album Dummy. Cédric Klapisch l'a très bien compris en faisant de Glory Box la chanson-thème de Chacun cherche son chat : le morceau, comme le film, met en exergue la fragilité émotionnelle, la perte de repères qui nous habitaient tous. Encore un bond d'un an et ce fut au tour de Tricky, qui catalysa toute la colère des 90's dans le visionnaire Maxinquaye. Je passe volontairement sur tous les autres (Archive, Moloko, Lamb, Smoke City, Crustation, Louise Vertigo, Alpha, Cibbo Matto... que de disques merveilleux parus en l'espace de quelques années !) puis finalement, ce fut au tour de Morcheeba. Après un premier album remarqué (et remarquable), le trio livra Big Calm en 1998 et ce fut un succès mondial. Certains prétendirent que l'album était trop commercial, trop bisounours, inférieur à son prédécesseur. Le succès de Big Calm, pourtant, n'était pas dû qu'à un bon plan marketing. J'avais vingt-deux ans en 1998 et nous étions tous, moi et mes potes, hypnotisés par ce disque. Il est vrai que Big Calm est un véritable chamallow : avait-on jamais pondu quelque chose d'aussi doux que cet album lounge, porté par la voix suave de Skye ? En quoi Big Calm avait-il capté l'air du temps ? En nous apportant exactement ce dont nous avions besoin ! Ma génération vivait alors ce que Tricky nomma pertinemment une « pre-millenium tension » : les derniers fragments de l'idéal soixante-huitard s'effilochaient, on nous promettait un avenir difficile et notre propre révolution culturelle (cybernétique, électronique) ne faisait la fête que voilée de craintes et de cynisme. Et tous autant que nous étions, jeunes hommes et jeunes femmes, nous avions pourtant besoin de tendresse, d'être rassurés. Et c'est ce que fit Big Calm, disque-berceuse voué à réconforter les enfants apeurés. Alors que leurs prédécesseurs avaient su canaliser nos velléités de fêtes et nos angoisses, Morcheeba sut capter ce besoin de paix, de douceur, de sécurité, composer quelque chose qui vibrait en parfaite harmonie avec ce besoin collectif. Après, il y a eu Fragments Of Freedom, un disque très accessible, un peu facile et épinglé par la critique. Alors, en 2002, Morcheeba revint aux sources, réconcilia les fans du premier album (sombre) avec ceux du second (lumineux) avec un opus mi-figue mi-raison, un tantinet cynique, un tantinet tendre, parcouru de la sensualité intrinsèque à l'esthétique du groupe. Le disque de la maturité pour Morcheeba sans doute, moins surprenant que ses prédécesseurs, mais parvenant à synthétiser tout ce qui en faisait le génie. Captant peut-être aussi à son tour un certain zeitgeist, celui des années post-trip-hop. Nous avions survécu à la fin du monde (celle de l'an 2000, symbolisée à retardement par le 11 septembre 2001). Déjà, nous nous préparions à la prochaine apocalypse (2012 ?). Mais en attendant, il fallait bien vivre, rire et pleurer, s'étreindre et s'engueuler, toutes choses exprimées par Charango

Photo : Dr. Ma Pingke


Plus tard, je fais la rencontre du serveur du Sakura Café. Âgé de trente-et-un ans, marié à une Sud-Coréenne et père d'un bébé de un an, il est issu d'une minorité dont j'oublie aussitôt le nom. Grand voyageur, il a accompli l'exploit de faire le tour de l'Asie en solitaire (Japon, Corée, Laos, Vietnam et Inde). Je dis « exploit » car il peste longuement sur le gouvernement chinois, qui ne délivre habituellement de passeports que dans le cadre de voyages organisés (j'apprendrai, en 2009, que les choses ont heureusement changé). Il envisage donc de s'installer en Corée avec sa femme, afin de bénéficier d'un passeport coréen et de la liberté qui va avec. Paradoxalement à ce besoin de libertés individuelles, il déplore une évolution trop rapide de la société chinoise. Il évoque l'ouverture du Sakura Café en 1997 : à l'époque, on ne voyait ici que des touristes japonais et occidentaux. La récente affluence de touristes chinois anéantit, selon lui, l'authenticité des lieux (autre paradoxe s'il en est). Les échoppes et les restaurants se multiplient, le turn-over est tel qu'il ne parvient que rarement à mener de véritables conversations avec les gens. En l'écoutant, je me demande à quoi pouvait ressembler Lijiang il y a encore cinq ans, tout en songeant que si je reviens dans quelques années, je constaterai sans doute maints autres changements (et en effet, je les constaterai). Rien à voir, mais je m'étonne d'un détail : alors que les Indiens semblent généralement plus vieux que leur âge, les Chinois paraissent systématiquement plus jeunes. Un autre serveur prend alors le relais de la conversation. Lui est un jeune homme plein d'entrain, fasciné par les femmes occidentales. Il me demande comment on dit « tu es belle » et « faire l'amour » en français. Á peine le lui ai-je enseigné qu'il se met à déclamer « faire l'amour ! », « faire l'amour ! » à toutes les Occidentales qui passent par là. Heureusement pour lui, il semble qu'aucune ne soit francophone.

Au Photo Café, j'avale mon premier café depuis un mois et je me sens revivre ! Je repense à ce projet de BD de super-héros pour adultes entamé dans le désert du Thar un an et demi plus tôt, et en conclue que décidément, le format BD ne correspond pas à ce récit. La brièveté qu'exige le marché français (48 pages par album) impose une superficialité qui m'interdit de traiter correctement mon sujet : il vaudrait mieux en faire un roman ! Déjà en 2002, je m'interroge sur les limitations que m'impose la bande dessinée. Il me faudra encore huit ans pour renoncer tout à fait à ce format, et admettre qu'il n'y a qu'en littérature ou en poésie que je puis aller vraiment au bout des choses !

De retour au Prague Café, je tchatte brièvement avec ma princesse indienne sur internet. Comme elle reparle de mariage, je lui propose, plutôt qu'un mariage définitif et légal, de se remarier symboliquement chaque année, chaque 22 juillet. Ne vaut-il pas mieux renouveler nos vœux régulièrement, que de nous y enfermer à jamais ? Elle semble trouver l'idée séduisante. Ouf ! Ensuite je note que je me sens comblé : j'ai la liberté de voyager, je suis en couple avec la femme de mes rêves, ma créativité littéraire est à son comble, mon groupe Shoona Sassi s'affirme comme une formule musicale originale (nous faisions en fait de l'electroclash sans le savoir, ce qui nous plaçait à l'époque au top de l'avant-garde), j'ai à Lyon une vie qui me convient, nombre d'amis proches… Je me demande si, enfin, je n'ai pas atteint l'équilibre. Je l'ai en tout cas atteint à ce moment précis : je n'ai que rarement connu pareille sérénité. J'apprendrai par la suite que l'équilibre est une chose fragile, qui se gagne, se perd, se regagne, se reperd…


Prochaine expérience : The Lijiang Experience (Pt. 6).

Premier voyage en Chine, septembre-novembre 2002.

30 avril 2015

Des agneaux pourpres et des poètes maudits

Alors l'autre jour, je lisais sur Facebook (oui, toujours cette putasserie chronophage) un poète maudit qui expliquait que l'écriture la vraie ne pouvait être que le cri du cœur d'un écorché vif battu par son père, sans emploi ni argent, moche, dépressif, alcoolique, cynique, désenchanté, désabusé, plaqué par sa meuf et délaissé par ses amis (tu m'étonnes), et que ce n'était que dans ces conditions que l'on pouvait prétendre faire de la littérature, avec l'encre de ses larmes et de son sang et de sa chiasse aussi sans doute. Comme disait mon pote safran, c'est un peu le mec qui essaie de se suicider parce qu'il n'arrive pas à se trancher les veines.

J'avoue que cette conception torturée du processus créatif, là, comme ça, ça me laisse un peu dubitatif. Perso, déjà, j'ai du mal à écrire quand je suis préoccupé. J'ai plutôt besoin d'avoir l'esprit libre, allégé du poids des emmerdes. Plus je vais bien, plus j'écris et mieux j'écris.

Par ailleurs, quand je suis en train d'écrire ou de bricoler un texte et que ça se passe bien, ça ressemble – JE ressemble – exactement à ça :


Alors voilà...

8 janvier 2015

7 janvier 2015


Une semaine après les attentats du 11 septembre 2001, Prince réagissait en postant cette mixtape atmosphérique sur son site.

C'était simple. C'était beau. C'était plus pertinent que toutes les déclarations du monde.

Sans vouloir faire de comparaison grotesque entre deux événements incomparables, je ne peux m'empêcher de retrouver quelque chose de la gueule de bois et de l'état de choc de 2001 lorsque, de mon ailleurs, je vois les réactions sur internet.

Alors voilà, ça m'a paru un bon moment pour déterrer la mixtape des archives.

C'est tout.

20 août 2014

« Ils ont l'air de bien s'amuser »

Bon je sais, je vous avais promis un article énervant sur Israël et la Palestine et tout ça, mais ces derniers jours j'étais bien trop occupé à écouter de la house music et à danser pour me préoccuper de trucs chiants comme ça. Mais vous l'aurez, vous l'aurez, promis.

La faute à la house music, dont la grande explosion remonte à peu près à 1988, je me suis remémoré mes jeunes années pas très glamour, quand je ne connaissais pas encore le sens du mot « hipster » et que Jean-Pierre Foucault et consorts me pourrissaient systématiquement mes soirées avec leurs émissions répugnantes. Heureusement il y avait Canal +, mais comme mes parents n'avaient pas eu la délicatesse de s'équiper d'un décodeur, je ne pouvais jouir que de Nulle Part Ailleurs, du Top 50 et du porno du premier samedi du mois en crypté. Les plus jeunes ne le savent pas, mais Canal + est coupable d'avoir fait croire à tout une génération d'adolescents que la vulve d'une femme ressemblait à peu près à ça :


L'année précédente, avant de retaper lamentablement ma sixième parce que ma famille ressemblait à un asile de fous sans psychiatre, j'avais trouvé dans mon manuel d'instruction civique une image un peu étrange : perché tout en haut d'une colline, un enfant coupable d'école buissonnière contemplait rêveusement, au loin, une cour de récréation en songeant « ils ont l'air de bien s'amuser ». On ne devait pas fréquenter le même établissement. Bref, cette phrase m'était quand même rentrée dans la tête d'une manière un peu pernicieuse, suggérant que peut-être, quelque part sur terre, il existait un endroit, une communauté que je pourrais contempler rêveusement du haut d'une colline en songeant « qu'ils avaient l'air de bien s'amuser » et que j'aimerais mieux être avec eux que tout seul comme un con sur ma colline ou, pire encore, que de ressembler à mes parents et à leurs amis.

Et puis un jour, ça devait donc être début 1989, je suis tombé sur un clip en crypté sur Canal +. La musique ressemblait à peu près à ça : « krrr krrrr kr krrrr / krr krr / kr krrr ! » et il était assez difficile de différencier les personnes en train de danser d'un vagin en close-up mais quand même, j'en discernai assez pour songer « ils ont l'air de bien s'amuser ». Il faut dire qu'à l'époque mes camarades de classe envisageaient tous de devenir des trucs chelous comme docteur, avocat, enseignant, voire chauffeur de poids-lourds comme leur papa pour ceux dont la vie avait déjà écrabouillé les rêves à coups de massue. Elle avait bien essayé avec moi aussi, mais mes rêves étaient tenaces et je n'avais pas du tout envie de ressembler à mon père, rentrant tous les soirs du boulot avec son gros ventre, sa cravate moche et sa chemise à carreaux rentrée dans le pantalon, résigné à se taper les crises de démence de ma mère après avoir baisouillé vite fait avec une de ses connasses de maîtresses entre la poire et le dessert à midi. Je sais pas, déjà je savais que cette vie-là, cette gloriole de notable de province pourtant prestigieuse aux yeux de ceux qui avaient moins d'argent de poche que moi (à peu près tout le monde au collège), ça allait me faire chier à mort. Et donc j'ai vu ce clip en crypté sur Canal et ça a comme qui dirait résonné en moi... 

Quelques jours ou semaines (je me souviens plus) plus tard, j'ai enfin pu découvrir l'objet de ma convoitise, en clair et en technicolor, avec le son et tout, dans une émission non-cryptée. Et là, faute de savoir exactement quel métier j'allais bien pouvoir faire pour y parvenir, j'ai su immédiatement que quand je serai grand, je voulais être exactement comme ces gens-là :


Alors si vous avez des enfants, souvenez-vous de leur montrer ce clip : ça leur sauvera peut-être la vie ^^  

16 octobre 2013

Jihad artistique

Musicien touche à tout et hyper prolifique, Bill Laswell a coutume de s'embarquer dans des projets musicaux un peu extrêmes : son second album sous le pseudonyme d'Automaton compte certainement parmi les plus extravagants. Quoi que publié la même année que le seul autre disque d'Automaton (1994), il ne reste pas grand chose du dub assez traditionnel de Dub Terror Exhaust dans Jihad: Points Of Order.

Ce disque nous livre deux instrumentaux de vingt-trois minutes chacun, le premier bâti autour du violon de Lily Hayden et le second autour de la guitare de Nicky Skopelitis, collaborateur régulier de Laswell. Les deux titres partagent une structure similaire : l'instrument principal apparaît d'abord en solo, enrobé de textures sonores composées par Tetsu Inoue et Robert Musso. Ce n'est qu'au bout d'un assez long moment que Laswell entre en scène avec un beat et une ligne de basse obsessionnels qui dès-lors ne cesseront de disparaître et réapparaître, de manière souvent abrupte. Le titre de l'album provient vraisemblablement des chants arabes fantomatiques qui se font entendre ça et là. Quant aux performances de Haydn et Skopelitis, elles sont totalement abstraites : pas même l'ébauche d'une mélodie à l'horizon ! Je soupçonne Laswell de leur avoir simplement demandé d'improviser ce qui leur passait par la tête et de s'être ensuite servi des bandes comme d'une matière première. Il maltraite d'ailleurs volontiers leurs contributions, jouant avec les dissonances en superposant plusieurs couches du même instrument. Le son est très brut, on dirait presque une démo par moments, une sorte d'expérience hasardeuse faite à cinq heures du matin par des musiciens exaspérés, qui n'aurait jamais dû sortir du studio mais qui, par bonheur et par hasard, serait parvenue jusqu'à nos oreilles. En ce sens, c'est un témoignage magnifique du processus créatif dans ce qu'il a de plus désinhibé, une source d'inspiration sans fin pour les poètes tordus dans mon genre. C'est d'ailleurs un des mes albums favoris de Bill Laswell (ce qui n'est pas peu dire si l'on considère que j'en possède plus d'une centaine).

D'aucuns trouveront ce disque totalement inécoutable. C'est certes une œuvre bizarre et plutôt sinistre mais c'est improbable et beau. Jihad: Points Of Order à des allures de marécage hanté, nous plonge dans une atmosphère surnaturelle, nostalgique et un tantinet angoissante. On a parfois la sensation d'un écho d'outre-tombe, de chants désespérés fredonnés par les morts dans l'espoir que quelqu'un, parmi les vivants, écoutera... Quoi qu'il en soit, cet acte de bravoure porte bien son nom : c'est un jihad artistique, une déclaration de guerre aux compromis esthétiques et, de fait, un exemple de la guerre sainte que tout créateur digne de ce nom se doit de mener parfois !

Comme la plupart des albums de Laswell, ce disque est épuisé depuis des lustres mais si vous avez quelque sympathie pour les expérimentations ambient-dub du maître, c'est un must-have ! En attendant de mettre la main dessus, je vous autorise à l'écouter ici mais c'est à condition d'éteindre la lumière (les bougies sont toutefois autorisées ^^).




Musique: ℗ 1994, Strata.

16 septembre 2013

Joyeux Noël à tous !

Bon, alors ça y est : la Semaine du mauvais Goût est enfin terminée et nous allons pouvoir oublier toutes ces images de nains en laisse, de tronçonneuses, d'orgies de viande, de Télétubbies, de fauteuils roulants, de petites filles mortes, de vomis et de cadavres découpés en morceaux qui nous étaient restées dans la tête ! Ouf !

Bref, pour marquer le coup je vous propose aujourd'hui de fêter Noël tous ensemble et en musique, en compagnie du duo The 2 Bears.

Parce que l'amour, c'est beau !

(Vous pouvez zapper l'intro, la chanson commence à 1:40)


Voilà ! Maintenant ce blog est purifié :)

12 septembre 2013

Vous reprendrez bien un peu de mauvais goût ?

Bon, je suis content de voir aux commentaires que la vidéo de Sex Dwarf n'est pas perçue par tous mes lecteurs comme insoutenable (la version Télétubbies c'est une autre histoire). J'avoue qu'en tant que fan de films d'horreur ce genre de trucs trash me font plus marrer qu'autre chose mais j'ai préféré avertir parce que d'habitude, je me pointe chez mes potes en disant « Hé les mecs on va mater un truc super marrant ! » et je me fais insulter parce que c'est juste too much.

Par exemple une fois, avec un ami qui est plutôt branché films de genre, on s'est fini un soir de cuite avec Cannibal Holocaust, qui est une sombre merde mais une merde bien dégoulinante, et mon pote est parti avant la fin parce que le mélange bière + gore était en train de lui mettre la gerbe, ajoutant au passage que quand même j'aurais pu le prévenir que c'était aussi hardcore.

Une autre anecdote : un jour une copine m'a fait découvrir le clip de La femme de fer du Klub des Loosers et comme j'étais mort de rire, je me suis empressé d'aller la montrer à deux potes et les deux, en chœur, m'ont balancé que non-vraiment-là-c'est-trop-dégueu-c'est-complètement-écœurant-ce-genre-d'humour-tu-fais-chier-avec-tes-vidéos-à-la-con !

Alors depuis je prends mes précautions ^^

Bref, si les culs-de-jatte ça vous fait pas rire, ne regardez pas la vidéo ci-dessous :

11 septembre 2013

Des télétubbies, du sexe et des télétubbies

Hier, je vous proposais la vidéo censurée de Sex Dwarf de Soft Cell, qui a certainement traumatisé grand nombre d'entre vous avec ses nains, son sexe et ses tronçonneuses. Ma chronique n'aurait toutefois pas été complète si je ne vous avais pas présenté la version Télétubbies de Sex Dwarf, qui va plus loin encore dans l'horreur ! Âmes sensibles, encore une fois, abstenez-vous ^^


10 septembre 2013

Des nains, du sexe et des tronçonneuses

En 1981, le duo Soft Cell entrait dans l'Histoire avec le tube Tainted Love. Tourné la même année par le réalisateur Tim Pope, le clip du morceau Sex Dwarf fit scandale avant même d'être diffusé. MTV annonça immédiatement son intention de le boycotter et la presse anglaise s'enflamma autour des photos de tournage qui lui parvinrent. Finalement, la justice britannique s'empara de l'affaire et déclara le film « pornographique » : les studios du groupe firent l'objet d'une perquisition et les bandes furent confisquées. Ce n'est qu'en 2007 que Tim Pope – qui en avait sauvegardé une copie – se décida enfin à diffuser l'objet du délit sur son site internet.

Plus de trente ans après son tournage, Sex Dwarf reste sans doute le vidéo-clip le plus dérangeant jamais réalisé, ramenant les clips les plus choquants de Madonna, Aphex Twin et autres au rang de films pour enfants. On y trouve en vrac un nain en laisse, des tronçonneuses, des femmes se masturbant avec des bouts de barbaque et des acteurs à demi nus se livrant à une orgie sanguinolente. Évidemment, le film reste inédit à la télévision, interdit de programmation jusque dans les programmes consacrés... aux vidéos interdites ! Je vous l'offre aujourd'hui, parce que je kiffe grave et que cette petite merveille de provocation mériterait d'être diffusée sur TF1 en prime time, mais je vous aurai prévenus : âmes sensibles, s'abstenir.

29 septembre 2012

Terrifiante planète

J'adore ce montage entre le morceau Blood And Snow, du compositeur japonais Susumu Yokota et le film La planète sauvage, du réalisateur français René Laloux. Le résultat est très, très angoissant, évoque pour moi l'idée d'un monde cruel et incompréhensible, dans lequel le vivant est une chose fragile en proie à des menaces incessantes et absurdes.

L'ignorance et la vulnérabilité sont communes à chacun d'entre nous, riches ou pauvres, éduqués ou non, mais le Cambodge en reste une illustration intéressante : on y croise beaucoup d'hommes et de femmes sans éducation (par là, je veux dire au point d'ignorer que la terre tourne autour du soleil), sans fortune, sans assurance maladie ni allocations chômages, vulnérables aux coups du sort. Ils contemplent le monde avec des yeux effarés. Leur regards craintifs, parfois, me font froid dans le dos. 

Le regard du simple d'esprit n'est pas un regard de quiétude, c'est un regard de peur et d'incompréhension... 

12 juillet 2012

Allez bébé : danse !


Je voulais la mettre dans le Shaomix mais en plus d'être de mauvaise qualité, la bande son est légèrement accélérée. Alors j'ai mis la version audio HD là-bas, et gardé la jolie version vidéo (non-officielle) pour ici.

17 mai 2012

Les Sud-Est Asiatiques écouteraient-ils légèrement n'importe quoi ?

Alors voilà : heu... c'est assez surréaliste comme truc mais... Bon ! Vous vous rappelez la scène musicale, dans la cour de Jabba le Hutt, au début du Retour du Jedi... Non ! Pas la bouse blues-rock du remaster de 1997 mais l'espèce de happening bizarroïde de la version originale, en 1983 :


Bon, heu... alors cette chanson, Lapti Nek, dont les paroles sont en langage Hutt (spécialement créé pour l'occasion), fit immédiatement l'objet d'une reprise disco par le producteur Meco (spécialiste de ce genre d'opérations fumeuses). Le single fit (évidemment) un bide partout dans le monde sauf en Thaïlande où, heu... Lapti Nek fut l'un des plus gros tubes de l'année 1983 !

Ainsi donc, les jeunes Thaïs du début des 80's ont adoré une chanson interprétée dans une langue extra-terrestre imaginaire (ce dont ils n'avaient probablement aucune idée), et celle-ci a sans aucun doute enflammé les dance-floors de Bangkok.

Et alors là, c'est sûrement d'habiter au Cambodge et de voir les vidéos musicales effrayantes qu'ils diffusent par ici, mais je n'ai aucun mal à imaginer les jeunes Thaïs se dandiner sous les stroboscopes, arborant des sourires niais, vêtus des fringues les plus improbables, au son de Lapti Nek version Meco. 

C'est tout un monde, évidemment, alors au cas où vous n'arriveriez pas trop à vous figurer la chose, j'ai fait un petit montage à l'arrache :


11 avril 2012

Vous reprendrez bien un peu de discodéine ?

Alors voilà : ça fait un petit moment que j'avais envie de partager davantage de musique avec vous, de vous faire découvrir des trucs un peu différents, des artistes oubliés ou méconnus dont le travail mérite d'être exposé davantage. Pour autant, je craignais que ce blog - qui a vocation à répandre mes idées tordues sur le monde - ne se transforme en blog musical au détriment de l'écrit.

Le mieux était encore de couper la poire en deux. J'ai donc la joie de vous annoncer la naissance du Shaomix, un blog 100% musical. Cela ne signifie pas que je ne posterai plus jamais de musique ici, ou que je ne posterai pas certaines choses sur les deux blogs à la fois, mais ça sera globalement plus ordonné. Par ailleurs, ce système me permettra d'indexer les morceaux (par artiste, par genre, par année, par nationalité...) : les curieux s'y retrouveront mieux.

Quant au contenu : attendez-vous à un joli bordel (comme d'hab', quoi)... Peu de chance, certes, de trouver ici du heavy-metal ou du classique... Mais pour le reste ça sera assez large : musiques électroniques et expérimentales en tous genres, du trip-hop à l'ambient en passant par des choses très dansantes ; world music et jazz ; funk et hip-hop ; niaiseries synthpop des années 80 et pop-songs irrésistibles ; trucs bizarres importés du Japon ; musique classique indienne ; outrages post-punks et autres raffinements sont au programme.

Début des festivités ici (avec Goldfrapp parce que Goldfrapp est le meilleur groupe du monde !).

Cette fois, vous ne pourrez pas dire qu'on ne vous a pas prévenus !

2 mars 2012

City Of Light

Je vous parlais déjà l'autre jour de mon histoire d'amour avec la musique de Bill Laswell...

Voici (via quelques Youtubenautes avertis), l'album City Of Light (1997) dans son intégralité. Voix par Lori Carson (USA), tablas par Trilok Gurtu (Inde), collages sonores par Coil (UK) et Tetsu Inoue (Japon), le reste par Laswell. 

Montez le son, éteignez la lumière, fermez les yeux...







27 janvier 2012

La pénétration de Bill Laswell


Pas nécessairement le meilleur morceau de l'album, mais un petit morceau de magie néanmoins.

Pas nécessairement le meilleur album de Bill Laswell, mais probablement l'un des plus envoûtants, ce qui n'est pas peu dire dans le cadre d'une oeuvre qui en compte plusieurs centaines...

Ce disque fut en tout cas ma première rencontre avec Laswell, en 1996. Depuis, notre histoire d'amour n'a connue nulle intempérie. Et pour paraphraser W.G. Darling, ma perception tout entière de ce qu'était la musique, de ce qu'elle pouvait être, en fut changée à jamais.

Et comme ce morceau qui n'est peut-être pas le meilleur mais qui n'en n'est pas moins magique est le premier de l'album, ce sera pour vous une entrée en matière comme une autre...

Si ça a marché pour moi, ça ira bien pour vous ^^


14 janvier 2012

De l'insomnie et de la France qui se lève tôt...

L'insomnie est parfois une pression, une contrainte, une abomination pour celui ou celle qui ne l'a pas choisie et qui doit se lever le lendemain. Pour cela, Dieu a inventé les somnifères.

Mais l'insomnie est avant tout une pulsion, une envie, un besoin, un élan de vie... Parce que peu importe combien nous dormons, nous allons tous mourir un jour, et nous avons parfois besoin d'aller au bout des choses...

Ils disent que l'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt (et M. Sarkozy nous a assez fait chier avec ça !), mais pour me lever tous les matins à six heures et m'endormir à coups de Stilnox depuis sept mois, pour être crevé néanmoins, et ce bien que cela soit un choix de ma part et que j'aime ce pourquoi je me lève, je puis dire que cette expérience d'enseignant -destinée à durer encore plus ou moins un an (après quoi je prends ma retraite, je retourne à mes errances en Asie et à l'écriture de livres que personne n'achètera !)- me coûte davantage d'espérance de vie que toute la fête, toutes les drogues et toutes les saines nuits blanches d'écriture que j'ai pu ingurgiter auparavant. Faire ça quelques mois, une fois de temps en temps, à l'autre bout du monde, c'est cool. Mais quand je pense aux pauvres gens qui doivent faire ça toute leur vie... Mama mia !

Alors qu'on ne vienne pas m'emmerder avec la France qui se lève tôt parce que désormais, je sais que cette France, elle souffre ! Hors il n'y a aucun mérite à souffrir sauf pour être beau. Hors cette France-là n'est pas belle (ou en tout cas très rarement). 

Et même si je dois me lever à six heures lundi matin, et même si je dois me traîner toute la semaine, ce soir je veille ! Quoi qu'on en dise, l'aube est un spectacle épouvantable quand on vient de se lever, et magnifique lorsque l'on n'a pas dormi... Ce n'est pas Annie Lennox et Dave Stewart, qui me diront le contraire (et pourtant, M. Sarkozy, ils sont bien plus riches que vous ne le serez jamais !)...


Les animaux sont arrivés
Jour par jour se travailler

Dans les trains

En auto
Sur les bicyclettes
Dans les rues
C'est partout
Dans les places publiques

Les animaux sont arrivés
Jour par jour se travailler
Jour par jour se travailler

Dans les trains
Chaque semaine
Sur les bicyclettes
Dans les rues
C'est partout
Dans les places publiques

Toutes les bêtes de la cité

Toutes les personnes fatiguées
A les maisons retournées
Les métiers c'est terminé

Dans les trains

En auto
Sur les bicyclettes
Dans les rues
C'est partout
Dans les places publiques

Les animaux sont arrivés

Jour par jour se travailler
Regardez Regardez
Toutes les personnes fatiguées

Quelle horreur qu'est ce que c'est ?

C'est la vie juste la vie
Quelle horreur qu'est ce que c'est ?
C'est la vie juste la vie
Quelle horreur qu'est ce que c'est ?
C'est la vie juste la vie

(PS : à peine sept heures du matin et déjà j'entends les disqueuses des artisans forgerons qui bossent en bas de chez moi... un dimanche... sans déconner, ils sont complètement malades ces Cambodgiens des fois !!!)
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