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25 août 2013
24 août 2013
9 août 2013
Dans un monde parallèle, en 1987...
Double
Dragueur est un jeu vidéo de type kiss them all (jeux de drague) développé
par Pecnos, sorti sur borne d'arcade en 1987, et adapté sur divers
consoles et ordinateurs pourris de l'époque.
Il
s'agit du premier épisode de la série Double Dragueur ;
il est considéré comme le successeur spirituel de Sérénade
(1986).
La
version BES de ce jeu a la particularité d'être sorti en France
après sa suite Double Dragueur II: The Revenge 03,
qui était à la fois une séquelle de Double Drageur
et le troisième opus de la saga The Revenge 0 !
Sommaire
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1
Principe du jeu et scénario
2
Système de jeu
3
Liens externes
4
Références
Principe
du jeu et scénario[modifier | modifier la source]
Marion,
la petite amie de Billy Lee et de son frère Jimmy, deux spécialistes
de la drague, se fait séduire par le gang des Black Shadows. Billy
et Jimmy décident de la reconquérir et de la ramener à la maison.
Willy, le chef du gang des Black Shadows, ne l'entend pas de cette
oreille (en même temps il est sourd). Afin de reconquérir Marion,
Billy et Jimmy doivent séduire un grand nombre de femmes afin de
prouver à Marion qu'ils sont de vrais hommes. Les deux personnages
évoluent donc dans le jeu en croisant des femmes, qu'ils doivent
parvenir à embrasser tout en évitant qu'elles ne leurs collent des gifles. Chaque niveau se termine par un boss : une femme
particulièrement difficile à embrasser qui possède des pouvoirs
exceptionnels : femme obèse à escalader, punkette à chiens
avec ses deux cerbères, femme d'affaire avec un gaz lacrymo, couple
de lesbiennes... Le boss final est la Princesse Leïa, qui cumule
tous les atouts susnommés.
La
version originale japonaise propose un scénario plus étoffé :
Dans
les années 1990, la moitié du monde fut détruite par une partouze
nucléaire et la violence règne désormais en maître dans les lits
américains. L'un des gangs les plus virulents des États-Unis,
appelé les Black Warriors, fait alors la loi dans les bordels. Des
frères jumeaux, Jimmy et Billy, aguerris à la drague de rue et
propriétaires du bar Sousetsuken, décident de se dresser face aux
Black Warriors et d'enseigner leur art aux habitants de la ville. Ils
sont bientôt surnommés les Double Dragueur. Parmi les élèves
des deux frères se trouvait Marion, la petite amie de Jimmy et
Billy. Les Black Warriors décident d'utiliser Marion pour attirer
Billy dans leur repère et Willy la drague. Billy et Jimmy décident
de se rendre sur les terres des Black Warriors pour sauver Marion de
son obsession sexuelle pour Willy.
Dans
certaines versions, Jimmy se révéle être le chef secret du gang
des Black Warriors.
Système
de jeu[modifier | modifier la source]
Double
Dragueur est à sa sortie une véritable révolution du genre et
pose les bases qui seront reprises par tous les kiss them all
qui suivront. Il
est le premier jeu du genre à proposer un véritable mode deux
joueurs où ceux-ci peuvent coopérer ou s'affronter afin d'avoir
Marion pour eux seuls. La palette des gifles et des baisers est bien
plus étendue que ce qui se faisait jusqu'à présent : là où
généralement deux ou trois types d'attaques étaient possibles,
Double Dragueur vient ajouter aux traditionnelles gifles des
coups de poing et de pied dans les testicules, des coups de coude et
de genou, des arrachages de tête, des projections de vomi... Les
femmes disposent d'attaques variées alors que le schéma de l'époque
était plutôt d'un type d'attaque par type de femme. Les armes (mis
à part le vibromasseur de Willy) peuvent êtres utilisées aussi
bien par le joueur que par les femmes.
L'action
ne se déroule pas sur un simple plan horizontal comme pour beaucoup
de kiss them all plus anciens tels que Kisser Master
(1984) ou encore Trojan Horse (1986). Il est également
possible d'évoluer en verticalité. L'introduction de la verticalité
apporte un véritable changement dans la manière d'embrasser et de
se positionner par rapport aux femmes. Le joueur est amené à
constamment réévaluer son positionnement et à choisir son angle
d'attaque pour aborder les femmes tout en prenant le moins de risques
possible de se faire gifler.
Le
jeu à deux joueurs en simultané et en coopération est une vraie
nouveauté : les seuls jeux de drague à proposer le mode simultané
étaient des jeux de duels où les joueurs étaient forcés de
s'affronter et pour les autres kiss them all, il fallait se
contenter de jouer à tour de rôle, un peu à la manière d'un jeu
de flipper (?). Ici la coopération est indispensable pour arriver au
bout de l'aventure mais le jeu laisse la liberté totale aux joueurs
de s'affronter s’ils le désirent et encourage même, à la fin, le
défi homosexuel pour savoir qui de Jimmy ou Billy aura les faveurs
de Marion.
Hormis
ces éléments novateurs, le jeu reprend les bases ayant popularisé
le genre. Double Dragueur comporte cinq niveaux dans lesquels
il faut faire face à des femmes en surnombre et dont la fin est
gardée par une boss. Un certain nombre de sex-toys est à la
disposition du joueur pour l'aider à se frayer un chemin : les
godes, les vibros, les aphrodisiaques, les élongateurs de pénis, le
viagra et le poppers...
Le
jeu est court et assez facile : il faut moins d'une trentaine de
minutes pour le terminer (idéal pour les éjaculateurs précoces).
Liens externes[modifier | modifier la source]
Références[modifier | modifier la source]
Non merci.26 janvier 2012
Mémoires d'un élève amnésique
Un
jour, un petit garçon qui était en fait une petite fille
mais-ça-y-faut-pas-le-répéter amena en classe un sac. Mais un
bruit étrange émanait de ce sac et de fait tous les élèves,
intrigués, se réunirent autour du sac et ce malgré les
imprécations de la maîtresse (qui souhaita que tous les enfants et
petits enfants de ses élèves perdent toutes leurs dents à l'âge
de quatorze ans). En fait, le sac contenait une voiture que son
conducteur tentait en vain de faire démarrer, et le bruit était
celui du moteur. Toutefois, la Ferrari - car c'en était une - démarra
finalement et sortit en trombe du sac. Les élèves stupéfaits
eurent juste le temps d'entendre le pilote leur crier:
-
Prenez garde. Il y a un trou au fond du sac !
En
effet, le sac - maintenant vide - était troué, ce qui fit que tout le
vide contenu dans le sac s'échappa. Son vide s'en étant allé, le
sac n'était donc plus vide. N'étant plus vide il était donc
forcément plein. Mais plein de quoi ? De grenouilles. Le sac était
plein de grenouilles et ces grenouilles jaillirent hors du sac et
s'envolèrent. Elles atteignirent bientôt les nuages les plus bas du
Paradis et en profitèrent pour faire quelques bulles. Toutefois, elles n'avaient pas de temps à perdre et elles se dirigèrent vers
le septième ciel qu'elles rejoignirent sans mal.
La
première chose qu'elles firent une fois arrivées fut de manger
quelques pâquerettes pour se remettre de leur éprouvant voyage,
puis elles allèrent directement voir Dieu pour lui demander:
-
Pourquoi sommes-nous des grenouilles et non des loups-garous ? Et
d'ailleurs, qui a mangé le foie gras du petit chat ?
-
Mais je ne sais pas, moi !, vociféra Dieu. Pour qui me prenez-vous,
pour Dieu, peut-être ?! Je ne peux pas être partout à la fois,
moi. Allez plutôt demander ça à Saint Pierre, il est plus au
courant que moi de ces choses là !
Désappointées
mais nullement découragées, les grenouilles allèrent trouver Saint
Pierre. Mais celui-ci était tant absorbé à jouer aux dés avec sa
femme qu'il ne prêta nulle attention à leur présence. Les
grenouilles eurent beau hurler
« Saint Pierre, vieille vipère
! », ce dernier - dont l'oreille était pourtant sensible à la
poésie - ne réagit même pas. Lassés, les batraciens grimpèrent
sur la table et se mirent en devoir de gober tous les dés - et ils
étaient légions - du couple de joueurs. La femme de Saint Pierre en
mourut. Quant à lui, voyant qu'il n'avait plus ni dés ni camarade
de jeu, il remarqua enfin les grenouilles.
-
Mais qui êtes-vous, et que voulez-vous ? leur demanda-t-il.
-
Nous sommes des grenouilles issues d'un sac qui fut plein de vide et
c'est Dieu qui nous envoie.
-
Dieu ?! Encore celui-là ! Ça n'en finira donc jamais ? Enfin,
puisque vous êtes là... Voyons voir : quel jour sommes-nous ?... Ah,
mardi ! Le jour de la veuve éplorée.
Saint
Pierre se transforma alors en veuve éplorée et s'écria :
-
Dieu ? Jésus Marie Joseph ! Ainsi c'est le Seigneur qui vous envoie
pour me rendre mon époux ! Oh merci Seigneur, que Votre nom soit
béni. Mais dites-moi, vous qui sous cette apparence primaire devez
être des Anges, que voulez-vous de moi en échange ?
-
Et bien, dirent les grenouilles pour le moins étonnées, nous
voulions savoir pourquoi nous étions des grenouilles et non des
loups-garous, qui avait mangé le foie gras du petit chat, et aussi
si le père de ce dernier était Rintintin ?
-
Oh, je comprends, dit la veuve éplorée en fondant en larmes, c'est
une énigme. Attendez voir que je consulte ma boule de cristal.
Elle
dirigea en effet son regard vers une boule de cristal violette qui
venait d'apparaître sur la table et s'exclama :
-
Oui... Je vois... Je vois... Une poule borgne ! J'ai la solution de
l'énigme : il s'agit de l'homme, qui marche à quatre pattes enfant,
sur ses deux jambes adulte et s'aide d'une canne arrivé à la
vieillesse. Ne montez jamais dans un avion avant l'an 2000.
-
Merci, dirent les grenouilles, combien vous devons-nous ?
-
Ce sera cinq-cent francs pour la consultation, plus vingt francs de
pourboire.
Les
grenouilles payèrent, dirent au revoir à la voyante et prirent le
premier métro en direction de Nantes.
Malheureusement,
le métro entra en collision avec un cycliste et dérailla. Les
grenouilles trouvèrent toutes la mort dans l'accident. Mais
l'existence n'est qu'un éternel recommencement et les grenouilles se
réincarnèrent en élèves et, un jour de classe, l'un d'entre eux
amena un sac. De ce sac émanait un bruit étrange et en ouvrant le
sac ils eurent la surprise de constater qu'il contenait un extra-terrestre (qui n'était pas un hamster, précisa l'un d'entre eux).
Pourtant, à leur grand étonnement l'extra-terrestre dégaina son
colt et fit feu. De l'arme sortit un petit drapeau sur lequel il
était inscrit « Je suis un hamster ». Et l'extra-terrestre - en fait un hamster déguisé - éclata de rire, disant aux
élèves qu'il les avait bien eus.
Morale :
L'habit ne fait pas le Martien.
Ce petit texte fut composé en 1993 : l'élève de seconde que j'étais alors faisait ses premières armes ! En 1999, il fut illustré par mon amie Léa et publié dans un numéro hors-série du
fanzine Scrach. Il remporta ensuite un
certain succès à l'occasion de lectures publiques organisées par
Neweden en 2000-2001.
Tiroir(s) :
conte pour adultes,
neweden,
processus créatif
29 juin 2011
27 mai 2011
10 mai 2011
Interlude #7 (prélude à l'Apocalypse)
Le pisteur s'était
absenté plusieurs jours, en quête de troupeaux pour nourrir la
tribu. Il s'en revenait signaler ses découvertes, afin que l'on
procède à la chasse. En ces temps anciens, les hommes vénéraient
encore les animaux, les arbres et les étoiles...
À son arrivée, le
pisteur trouva la tribu réunie autour d'un immense tas d'excréments.
Tous étaient à quatre pattes, couvraient de louanges ce curieux
monument. Scandalisé, le pisteur s'en alla voir le sorcier.
« Quelle est cette
comédie ? Pourquoi la tribu s'est-elle mise à vénérer
cette... chose ? », s'écria-t-il.
« Cette chose,
comme tu l'appelles, nous dictera désormais comment nous devons
vivre ! Nous y trouverons des réponses à nos questions et des
lois à respecter. Nous saurons grâce à elle ce qui est bien et ce
qui est mal, ce qui est juste et ce qui est faux ! »
« Mais ça n'a
aucun sens ! Ce n'est... Ce n'est qu'un gros tas de merde !!! »
Le sorcier se pencha
alors vers le pisteur, un sourire coquin aux lèvres, et lui
chuchota :
« Mon jeune ami,
c'est l'avenir du monde ! »
Le sorcier se prénommait Isme, et nous savons désormais que l'Histoire lui a donné
raison.
29 avril 2011
Interlude #5 (prélude à l'Apocalypse)
Il souhaitait protester contre les conditions de détention inhumaines qu'il connaissait depuis maintenant quatre ans. Il avait commis des erreurs, de très graves erreurs. Il était un criminel et il en était conscient. Mais il aurait souhaité qu'on l'aide, qu'on l'éduque. Il aurait voulu qu'on lui donne les moyens, à sa sortie, d'être un citoyen parmi les citoyens. En lieu et place, on l'avait mélangé à des gens bien pire que lui, on l'humiliait quotidiennement et on le préparait à n'être qu'un ex-taulard, un être voué à l'ignorance et à la violence.
Alors, il entama une grève de la faim. Parce qu'il avait lu qu'un certain Gandhi l'avait fait avec un certain succès. Parce que la vie des prisonniers semblait importer si peu qu'il fallait éveiller l'opinion, rappeler aux Français qu'un détenu était tout de même un être humain.
Sa grève de la faim, suivie par quelques-uns de ses co-détenus, connut quelque retentissement lorsque, tout d'un coup, une chanson se fit entendre sur les ondes. Une chanson qui, elle aussi, défendait une cause fort noble. Une chanson dont le retentissement serait autrement plus important que sa petite grève de la faim.
Les paroles disaient une chose un peu curieuse : « Aujourd'hui, on n'a plus le droit ni d'avoir faim ni d'avoir froid ».
Alors même que du fond de sa cellule, il s'interrogeait sur cette notion de droit, cette phrase devint le leitmotiv du pays tout entier. Les dons affluèrent. Les hommes politiques se saisirent de la question. Les pauvres purent enfin manger un peu. Tout cela était une bonne chose, sinon que l'opinion publique estima en effet qu'on n'avait plus le droit d'avoir faim.
Sa grève, dès-lors, fut considérée comme un snobisme. Les médias la dénoncèrent comme telle, puis l'ignorèrent pour de bon.
Au bout de quarante-sept jours, affamé, il jugea raisonnable de mettre fin à ses jours sans attendre l'inanition. Il se pendit dans sa cellule.
Aujourd'hui, vingt-cinq ans plus tard, nul ne se souvient de son nom, pas même ceux qui l'ont connu de son vivant.
17 avril 2011
Interlude #3 (prélude à l'Apocalypse)
Paris, 1995.
Simon Fontaine était à l'apogée de son succès. Un sondage l'avait consacré « plus séduisant des Français », le jury des Césars l'avait honoré du prix du meilleur acteur, les plus grands réalisateurs s'arrachaient son emploi du temps, l'argent abondait. Âgé de trente-sept ans, il ne devait pas tant cette consécration à son physique irréprochable ou à son immense talent qu'au fait qu'il incarnait toute la délicatesse, la distinction, l'élégance que l'on peut attendre d'un homme. Son succès auprès des femmes ne venait pas, comme celui de tant d'autres, d'une attitude virile et rassurante, mais d'une grâce naturelle digne des grandes heures du théâtre français.
Simon Fontaine avait un secret, une de ces bizarreries que l'on préfère garder pour soi car, quoi qu'elles puissent paraître valorisantes, elle pourraient tout autant s'avérer aliénantes. Simon Fontaine ne déféquait pas. Il urinait, certes, mais son organisme n'avait jamais produit l'ombre d'une crotte. Quotidiennement, l'acteur éprouvait pourtant le besoin de se rendre sur le trône, de s'y vider d'une manière ou d'une autre, et la façon qu'avait sa nature de se purger passait par le doute. Chaque fois qu'il se retrouvait sur la cuvette, pantalon baissé, Simon Fontaine doutait. Son assurance naturelle, son habituelle confiance en la vie s'envolaient pour quelques minutes, et il concevait intérieurement les pires doutes existentiels. La vie lui semblait soudainement dépourvue de sens, la création tout entière lui apparaissait comme absurde, ridicule, intolérable de vacuité. Ainsi envahi par l'effroi, il suait à grosses gouttes, et c'est probablement de cette manière qu'il évacuait ce qu'il avait ingurgité.
Et c'est ainsi que, le 14 juin 1995 à quinze heures vingt-deux exactement, Simon Fontaine fut terrassé par une crise cardiaque. La vie lui échappa d'un coup, alors qu'il était aux toilettes. Le doute, après trente-sept ans, était devenu si intense, si insupportable, que son organisme avait lâché, ni plus ni moins.
Le drame, quoi que nul n'en mesura la portée, fut que l'on retrouva Simon Fontaine dans cette position humiliante, et que la presse affirma sans réfléchir qu'il s'apprêtait à couler un bronze au moment fatidique. Et c'est ainsi que l'homme qui incarnait la plus haute élégance, le seul homme dont la distinction était telle qu'il ne déféquait pas, resta gravé dans la mémoire populaire comme « l'homme qui a rendu l'âme pendant qu'il chiait ».
11 avril 2011
Interlude #1 (prélude à l'Apocalypse)
Un homme rentre chez lui après une longue journée de travail. Parvenu au living-room, il se trouve nez-à-nez avec un monstrueux amas de tentacules frétillants en lieu et place du nouveau canapé (acheté quelques jours plus tôt pour la moitié de sa valeur). Déconcerté, il appelle sa femme : « Chérie, est-ce que tu es là ? Il y a quelque chose de vraiment étrange dans le living-room ! ». Alors, il entend une voix étouffée prononcer d'un ton las : « Oh... Allez, partez les poulpes ! ». Les poulpes entassés se soulèvent et, les uns après les autres, s'envolent par la fenêtre. Leur disparition révèle l'épouse nue, affalée sur le canapé. Elle baille puis, d'un air distrait, demande à l'homme ce qu'il désire pour le dîner.
1 juillet 2010
Petit prince
La lune sonnait minuit lorsque Antoine, le Saint Exaspéré, arriva devant la porte. Autour de lui, le désert était plus silencieux que jamais. Antoine, quant à lui, était plus exaspéré que jamais : cela faisait déjà deux semaines que son avion s’était lamentablement écrasé au milieu du désert de Gerbi. Quelques jours plus tôt, il avait rencontré un petit garçon blond, qui le contemplait avec curiosité. Que faisait cet enfant au beau milieu du désert, Antoine ne le saura jamais... Sans préambule d'aucune sorte, le petit garçon avait demandé : « S’il te plait, dessine-moi un mouton ». Bonne poire, le Saint Exaspéré s’était exécuté. Mais la vue du mouton lui aiguisa terriblement l’appétit. Certes il était végétarien mais il n’avait rien mangé depuis des jours. Et puis il y avait ce proverbe qui disait : « la faim justifie les moyens ». Or pour avoir faim, Antoine, le Saint Exaspéré avait faim ! Après une courte hésitation, il décida donc de faire une petite incartade à son régime et il égorgea l’enfant avec son couteau suisse. Il l’assaisonna ensuite de jus de cactus puis il le dévora intégralement avant de reprendre sa route. Beaucoup d’historiens considèrent aujourd’hui que cet incident poussa Antoine, le Saint Exaspéré à écrire Le petit prince : Il se serait en quelque sorte repenti en faisant l’apologie de cet enfant qui avait été l’objet d’un crime si terrible, à savoir l’interruption d’un régime végétarien jusqu’alors scrupuleusement respecté.
Antoine, le Saint Exaspéré avait poursuivi son périple jusqu’à trouver enfin une trace de civilisation. Devant lui se dressait une porte massive, en bois, ornée de symboles abstraits dont Antoine, le Saint Exaspéré ignorait la signification. Tout cela aurait pu augurer une fin heureuse à l’aventure d’Antoine s’il y avait eu quelque chose autour de cette porte. Malheureusement, il n’en était rien : la porte trônait bêtement au milieu de nulle-part, plantée dans le sable, sans être fixée à aucun mur d’aucun bâtiment. Légèrement décontenancé, Antoine, le Saint Exaspéré resta pantois quelques secondes, puis s’avisa de faire le tour de la porte pour finalement constater que l’autre coté n’apportait aucune explication supplémentaire. Il essaya alors d’ouvrir la porte, d’un coté, puis de l’autre, mais bien évidemment elle était fermée à clef. Exaspéré comme il ne l’avait encore jamais été, Antoine, le Saint très, très Exaspéré finit par se résoudre à frapper, à tout hasard. Se demandant de quel coté il valait mieux frapper, il se mit à tourner frénétiquement autour de la porte en s’interrogeant : valait-il mieux sortir du désert ou rentrer du désert ? Il mit tant de temps à se décider et à tourner en rond qu’il finit par ne plus savoir de quelle direction il venait. Résolument perdu, il choisit un côté au hasard et frappa trois grands coups.
Rien.
Trois autres coups.
Toujours rien.
Alors qu’il allait tenter sa chance de l’autre côté, une voix se fit entendre :
- Qui c’est ?
- C’est Antoine, le Saint Exaspéré, répondit Antoine, le Saint Exaspéré. J’ai faim et soif et je suis perdu.
- Le mot de passe ?
Le mot de passe ?! De quoi lui parlait-on, à présent ? En désespoir de cause, il dit au hasard :
- Votez Pompidou !
La porte s’écroula alors au sol, non sans fracas, et à présent horizontale, s’ouvrit. Un nain roux et borgne apparut, contemplant Antoine, le Saint Exaspéré d’un œil inquisiteur.
- Entrez, le Dr Pékinois va vous recevoir. Enlevez vos chaussures et ôtez donc ce bonnet d’âne.
Antoine, le Saint Exaspéré s’exécuta et laissa au nain le soin d’accrocher le bonnet d’âne au porte-manteau et de mettre les chaussures au réfrigérateur. Il fut ensuite conduit dans une salle d’attente en forme d’étoile de mer.
- Attendez là, ordonna le nain borgne en lui faisant un clin d’œil.
L’attente dura une bonne demi-heure, heureusement, il y avait des revues pornographiques sur la table de la salle d’attente. Il entreprit d’en feuilleter une lorsqu’une serveuse barbue se présenta à lui.
- Bonjour, je suis Barbara. Puis-je prendre votre commande ?
- Je prendrai une salade de salade et deux grands verres d’eau, s’il vous plait.
La salade et quelques revues plus tard, Antoine, le Saint Exaspéré commença à s’impatienter, se demandant en outre pourquoi un médecin pékinois avait ouvert un cabinet en plein désert de Gerbi. Il craint même un instant d’avoir été piégé par des Nazis, voire le Klu Klux Klan, mais il réalisa vite que ces barbares-là n’auraient jamais employé un nain borgne et une femme à barbe. Le nain entra d’ailleurs dans la pièce à cet instant précis et invita Antoine, le Saint Exaspéré à le suivre. Ils arrivèrent très vite dans une pièce exiguë. Assis sur le bureau qui trônait au centre de la pièce, un homme d’une soixantaine d’années les attendait.
- Bonjour, Monsieur le Saint Exaspéré, je suis Barnabulle Pékinois.
Quelle déception ce fut pour Antoine, le Saint Exaspéré : il s’était figuré que le Dr Pékinois était pékinois mais il ne s’agissait en fait que d’un simple Bourguignon.
Le Dr Pékinois se leva, attrapa sa chaise et la posa sur le bureau. Il s’y assit et chaussa sur son nez une énorme paire de lunettes.
- Je vous écoute, dit-il, qu’est-ce qui vous amène ici ?
- Et bien, commença Antoine, le Saint Exaspéré, je me suis écrasé en plein désert et je suis perdu. Sauriez-vous m’indiquer la sortie ?
- Ce n’est pas si simple ! s’exclama le docteur. Pourriez-vous d’abord m’expliquer ce qui vous a valu votre titre de Saint Exaspéré ?
- Bien sûr : en réalité, j’ai été canonisé l’an dernier par le Pape Jean CCXLIV lui-même.
- Vous le souhaitiez depuis longtemps ?
- Tout à fait ! Depuis l’âge de quatre ans pour être exact. A cette époque Jacques Martin animait une émission dénommée Incroyable mais vrai. Un matin, il avait invité Krog Gargiulo, l’homme boulet de canon, et dès-lors je n’ai eu de cesse d’être à mon tour canonisé ! J’ai monté un collectif de soutien, fait tourner des pétitions et fait du lobbying pendant des années. L’Eglise a longtemps repoussé mes avances, ce qui eut pour effet de m’exaspérer chaque année davantage. Finalement, j’ai réussi à acheter un cardinal Roumain qui a fait pression auprès du Pape. Mais j’étais déjà tant exaspéré que le Pape n’a eu d’autre choix que de faire de moi le saint patron des personnes exaspérées.
- Très bien, conclut le Dr Pékinois en ôtant ses lunettes. Votre cas n’a pas l’air très grave mais je vais tout de même vous prescrire un antibiotique au cas où la religion vous aurait contaminé.
Le docteur remplit une ordonnance et raccompagna Antoine, le Saint Exaspéré jusqu’à la porte de son cabinet. Comme Antoine, le Saint Exaspéré n’avait pas d’argent, il convint avec le praticien de lui abandonner son bonnet d’âne en guise de paiement. Alors, il sortit et commença de grimper le long d’un interminable escalier en haut duquel, au loin, on pouvait apercevoir une lumière éblouissante.
Antoine de Saint-Exupéry s’éveilla aux commandes de son avion. Il eut juste le temps de se dire qu’il avait fait un rêve fort singulier avant de s'apercevoir que la surface de la mer Méditerranée se rapprochait très, très vite. Beaucoup trop vite. On était le 31 juillet 1944, le soleil tapait fort sur la carlingue de l’aéroplane.
21 février 2010
Mystique féline : la suite
Tout d'abord, je vous invite à aller lire ceci pour comprendre le quoi du comment (et éventuellement le pourquoi et qui va faire la vaisselle) de l'article qui suit... Ensuite, vous pouvez revenir ici.
Comme nous l'avions découvert en août 2008, les chats ont une religion : ils vénèrent le Chien Unique. Cette révélation m'a poussé à enquêter sur le terrain des mois durant, interrogeant nombre de chats sur leur foi et sur les textes sacrés de leur religion.
Il existe encore des zones d'ombres sur l'histoire de Long John, Long Johnson et Don Piano aussi n'aborderai-je pas le sujet aujourd'hui. Par contre je peux désormais répondre à ces deux questions fondamentales :
- Pourquoi les chats vénèrent-ils le Chien Unique alors qu'ils sont connus pour détester cordialement les chiens terrestres ?
- Pourquoi le Chien Unique se nomme-t-il ainsi, alors qu'il y a des millions de chiens sur terre ?
Il y a bien longtemps, le Chien Unique créa les chats pour peupler le monde. Les chats vénéraient le Chien Unique et le Chien Unique protégeait les chats. En ce temps il n'y avait nul chien sur la terre, aussi les textes sacrés des chats disaient « Il n'y a qu'un seul Chien » (« There is only one Dog »). Il est à noter que ceci fut une nette progression dans l'histoire de la civilisation : jusque-là, la plupart des espèces animales étaient polythéistes, alors que de nos jours, et ce grâce aux chats, seuls les arthropodes croient encore à tout un panthéon de divinités.
Puis vint l'être humain, une espèce bipède qui vénérait elle aussi un seul dieu, du nom de Jéhovah. L'homme écrivit alors un bouquin nommé « La Genèse » pour expliquer ses origines aux enfants. Il est écrit dans ce texte que « Dieu créa l'homme à son image ».
Le Chien Unique, curieux de cette nouvelle espèce et de son étrange religion, se procura un exemplaire de la Genèse et fut très étonné par cette affirmation ! Il regarda son canin reflet dans un miroir et ensuite il regarda les chats et il constata qu'il n'avait pas du tout créé ceux-ci à son image.
L'espèce humaine était en plein développement, et faisait des choses étonnantes comme de construire des maisons et autres trucs que les chats ne faisaient pas... Le Chien Unique, soucieux d'être « dans le coup », se dit qu'il valait peut-être mieux suivre la tendance et que si le dieu des hommes obtenait pareils résultats, peut-être le Chien Unique aurait tout intérêt à créer une nouvelle espèce qui soit « à son image ».
Ainsi arriva ce que les chroniqueurs de ces temps éloignés nommèrent « la Multiplication des Chiens ».
Le Chien Unique créa un chien, puis il le dédoubla, le tripla, le quadrupla... jusqu'à peupler le monde de millions de chiens ! Puis il annonça aux chats que désormais, le « peuple élu » serait le peuple canin et non plus le peuple félin. Vous imaginerez sans peine que les chats entrèrent dans une rage folle : non seulement ils perdaient leurs privilèges mais en plus tous ces chiens enlevaient son « unicité » au Chien Unique !
Les chats et les chiens se livrèrent alors une grande guerre sur la terre entière, qui dura 103 ans et 103 jours. Le conflit prit de telles proportions qu'il s'étendit jusqu'au Paradis ! Nombre de chiens et de chats s'y étaient rendus pour parler au Chien Unique et l'implorer de favoriser son camp, et ceux-là se livrèrent bataille par delà les nuages. Les corps des défunts tombaient du ciel et s'écrasaient sur la terre et c'est à cette époque qu'est née l'expression anglaise « it's raining cats and dogs » (« il pleut des chiens et des chats », équivalent anglo-saxon de notre « il tombe des cordes »).
Finalement, une trêve fut signée entre les deux camps, qui convinrent de se partager la planète. Mais, en dépit des siècles, les deux espèces continuent de se haïr cordialement. Les chats, quant à eux, vénèrent toujours leur créateur, le Chien Unique, malgré sa « trahison »...
Amis du bon goût, merci de votre attention, et puisse le Chien Unique veiller sur vous.
15 mars 2009
Beatnicks
Disons que ça se passe dans un café où les gens parlent tellement fort que personne ne s'entend parler. Alors personne ne parle plus. Comme, de fait, tout le monde s'ennuie, tout le monde part et le café fait faillite et tous les autres cafés de la ville affichent un panneau selon lequel il est interdit de parler. Ainsi, tout le monde s'entend à nouveau et les affaires reprennent.
Après que la presse ait oublié ces événements néfastes, un groupe de jeunes beatniks alcooliques se retrouve dans un appartement. Ils sont cinq. Il y a Alphonse, qui rit quand ses sourcils se froncent ; Dracula, qui approuve ; Elkador Endomorphine, qui parle de films zoophiles ; L'Ange, qui médite sur un sujet inconnu ; et Alexandre Cépagrave, qui n'est pas là mais c'est pas grave. Tout ce beau monde discute d'autres et de choses.
- J'suis dégoutté, la serveuse trop trop bonne de l'autre jour n'était pas au Chantecler ce soir !
- Mais c'est pas grave ! Il y a l'autre qui est très bien aussi.
- Ça n'a rien à voir ! Écoute : d'abord celle-ci n'est qu'un clone d'Agnès ! En plus, si tu observes bien, personne d'autre que toi ne m'écoute, ce qui prouve que personne ne m'aime !
- Attention, Elkador, tu as un bout de sucre, là.
- Où ?
- Là, sur le tapis.
- Ah, merci.
- Bon, je reprends. Donc, au vu du fait que personne ne m'aime, sauf toi, veux-tu m'épouser ?
- On n'est pas obligé d'en passer par là. D'ailleurs, c'est traître ta réflexion. Qu'est-ce que ça changerait que cette serveuse soit là ?
- Je pourrais la regarder. Écoute : est-ce que ça t'arrive de lire en travers, en ayant une idée intuitive de quelques mots, puis en comprenant la globalité de l'action ?
- Euh... Non.
- Moi non plus.
Gros blanc dans la conversation.
- Donc, il n'y a rien de traître dans mon discours.
- Ah...
- Mais si ! Ecoute : la moto rouge est plus rapide que la moto bleue, on est bien d'accord. Or cela démontre bien que : petit A personne ne m'aime ; GRAND b je peux très bien avoir un grand plaisir à regarder la serveuse sans avoir envie de la toucher. Tu vois ta mère ?
- Oui.
- Et ben voilà !
- N'empêche que tu réduis tout ça à une vulgaire course de voitures !
- Ça n'a rien à voir ! Je te parle de religion et tu me parles de courses de voitures !
- Mais au fond ça n'est qu'une histoire de vitesse, ton histoire de motos.
- Non, c'est un fait : la moto rouge est plus rapide que la moto bleue, et...
- Oui mais non. Elle n'est pas plus rapide !
- Si puisqu'elle la double, c'est bien qu'elle roule plus vite.
- Dans un premier temps, mais après elle roule à la même vitesse. Tout ça n'est guère qu'une histoire de course.
- Pas du tout ! La moto bleue a quand même tué neuf mille neuf cent quatre vingt dix neuf prêtres, ça n'est pas négligeable. Ce n'est pas comme si c'était la moto verte. Là ça ne serait qu'une histoire de vitesse.
- De toutes façons, la moto rouge pourrait changer de route, ce serait du pareil au même.
- Vraiment ?
- Oui.
- Bon.
- ...
- Ben on y va, alors.
- Oui.
Et ils rentrent chez eux.
(Texte écrit au printemps 1997. Je fumais beaucoup à l'époque ^^)
Après que la presse ait oublié ces événements néfastes, un groupe de jeunes beatniks alcooliques se retrouve dans un appartement. Ils sont cinq. Il y a Alphonse, qui rit quand ses sourcils se froncent ; Dracula, qui approuve ; Elkador Endomorphine, qui parle de films zoophiles ; L'Ange, qui médite sur un sujet inconnu ; et Alexandre Cépagrave, qui n'est pas là mais c'est pas grave. Tout ce beau monde discute d'autres et de choses.
- J'suis dégoutté, la serveuse trop trop bonne de l'autre jour n'était pas au Chantecler ce soir !
- Mais c'est pas grave ! Il y a l'autre qui est très bien aussi.
- Ça n'a rien à voir ! Écoute : d'abord celle-ci n'est qu'un clone d'Agnès ! En plus, si tu observes bien, personne d'autre que toi ne m'écoute, ce qui prouve que personne ne m'aime !
- Attention, Elkador, tu as un bout de sucre, là.
- Où ?
- Là, sur le tapis.
- Ah, merci.
- Bon, je reprends. Donc, au vu du fait que personne ne m'aime, sauf toi, veux-tu m'épouser ?
- On n'est pas obligé d'en passer par là. D'ailleurs, c'est traître ta réflexion. Qu'est-ce que ça changerait que cette serveuse soit là ?
- Je pourrais la regarder. Écoute : est-ce que ça t'arrive de lire en travers, en ayant une idée intuitive de quelques mots, puis en comprenant la globalité de l'action ?
- Euh... Non.
- Moi non plus.
Gros blanc dans la conversation.
- Donc, il n'y a rien de traître dans mon discours.
- Ah...
- Mais si ! Ecoute : la moto rouge est plus rapide que la moto bleue, on est bien d'accord. Or cela démontre bien que : petit A personne ne m'aime ; GRAND b je peux très bien avoir un grand plaisir à regarder la serveuse sans avoir envie de la toucher. Tu vois ta mère ?
- Oui.
- Et ben voilà !
- N'empêche que tu réduis tout ça à une vulgaire course de voitures !
- Ça n'a rien à voir ! Je te parle de religion et tu me parles de courses de voitures !
- Mais au fond ça n'est qu'une histoire de vitesse, ton histoire de motos.
- Non, c'est un fait : la moto rouge est plus rapide que la moto bleue, et...
- Oui mais non. Elle n'est pas plus rapide !
- Si puisqu'elle la double, c'est bien qu'elle roule plus vite.
- Dans un premier temps, mais après elle roule à la même vitesse. Tout ça n'est guère qu'une histoire de course.
- Pas du tout ! La moto bleue a quand même tué neuf mille neuf cent quatre vingt dix neuf prêtres, ça n'est pas négligeable. Ce n'est pas comme si c'était la moto verte. Là ça ne serait qu'une histoire de vitesse.
- De toutes façons, la moto rouge pourrait changer de route, ce serait du pareil au même.
- Vraiment ?
- Oui.
- Bon.
- ...
- Ben on y va, alors.
- Oui.
Et ils rentrent chez eux.
(Texte écrit au printemps 1997. Je fumais beaucoup à l'époque ^^)
16 août 2008
Mystique féline
Alors tout d’abord, je vous invite à vous assurer que le son de votre ordinateur est en marche puis à regarder la petite vidéo ci-dessous :
Outre que tout ça est assez hilarant et tout à fait choupinoux, je pense qu’il ne faut pas se méprendre sur le sens profond de ces mots !

« Oh my Dog,
Oh Long John,
Oh Long Johnson,
Oh Don Piano,
Why I eyes ya
All the live long day? »
Non, ce chat n’est pas sous acide et il n’a pas davantage besoin d’un psychanalyste.
Il est au cœur d’une révolution spirituelle !
Ce chat est en effet en proie à une crise mystique depuis plusieurs jours et les êtres qu’il invoque sont des divinités félines, inconnues de nous autres humains.
« My Dog » est, comme on dirait en anglais, « the Only Dog », le Chien Unique qui protège les chats. Quant à Long John, Long Johnson (le fils de Long John, selon la mythologie) et Don Piano, ce sont des sortes de Saints Protecteurs, qui guident et accompagnent les chats dans leur vie comme après leur mort.
Au moment où cette vidéo a été réalisée, le chat est dans une transe mystique depuis des jours et des jours (d’où son expression effarée), rempli par l’Amour et la Lumière du Chien Unique et des Trois Saints, qu’il contemple dans une extase indescriptible, oubliant de dormir et même de se nourrir !
Ainsi, dans un sursaut de lucidité, le chat réalise qu’il a perdu tout contact avec la réalité, et interroge ses Dieux afin de comprendre pourquoi il a été choisi, lui, simple chat parmi les chats, pour avoir l’honneur de voir Leur grâce et de Les adorer. D’où la dernière question : « Why I eyes ya all the live long day? » (que l’on peut grossièrement traduire par : « Pourquoi suis-je en train de vous contempler tout au long de cette éternelle journée ? »)
Puissent le Chien Unique, Long John, Long Johnson & Don Piano veiller sur vos âmes, amis lecteurs.
(La suite ici).
28 juillet 2008
La vérité sur le Christ
- Brandon ! Va sauver le chien !
- Peux pas, j’ai mes devoirs à faire !
- Bon… appelle les policiers, alors !
- Peux pas, j’ai ma météo à revoir !
- Tant pis : ce panda géant de la rivière Kwaï va dévorer Médor.
- On en achètera un autre…
- Le cours du chien est cher.
- Pense-tu ! Madame Melonveau en vend un en pack avec un vase rempli de perles de merde : 200 euros.
- Bon… mon fils, c’est bien grâce à toi que cette famille survit…
- Je sais, Papa. Maintenant, sois gentil et va balayer la cour.
- Oui, Brandon.
Le père sort par la porte, puis la mère entre par la fenêtre.
- Brandon !
- Mère ?
- J’ai froid.
- Mettez un pull.
- Vraiment ? Vous pensez que…
- Mettez un pull, je vous dis !
- Bon… si tu le dis.
- …
- …
- Mère ?
- Oui ?
- …
- Pardon ! Merci, Brandon.
- Ce n’est rien. Va nettoyer la baignoire, à présent.
Une heure quatorze plus tard…
- Alors, fils, cette météo ?
- D’après moi, il va faire beau demain soir.
- Mais c’est vrai, ça ! Quel savant tu es !
- C’est faux !
- Mais… Brandon…
- J’ai échoué mon précédent test en météo !
- Oui, mais… en découpage de verrues, tu as eu 21 sur 20, c’est très…
- Ne m’interromps pas, chien !
- Pardon, Madame.
- D’après moi, il va faire beau demain soir.
- Mais c’est vrai, ça ! Quel savant tu es !
- C’est faux !
- Mais… Brandon…
- J’ai échoué mon précédent test en météo !
- Oui, mais… en découpage de verrues, tu as eu 21 sur 20, c’est très…
- Ne m’interromps pas, chien !
- Pardon, Madame.
Le client s’en va, Brandon se touche le bout des tétons et crache au sol.
- Saleté d’apothicaire !
Sarah entre.
- Brandon.
- Oui, sœur ?
- C’est confirmé, maintenant.
- Quoi ?
- Je suis enceinte de Papa.
- Qui est le père ?
- Pyrame, l’esclave du voisin.
- Bien ! Lorsque Papa renaîtra, tu le mettras dans une couveuse, et nous le clonerons en septembre.
- Oui, sœur.Brandon sort un pistolet du tiroir bleu caché sous le lave-vaisselle.
- Prend ça.
- Dois-je…?
- Oui : cette comédie a assez duré !Sarah tire.
- Aaaaaaaaaaaah !!!
Le plombier s’écroule.
- Mère !
La mère entre.
- Brandon ?
- Jette ce cadavre dans la benne recyclable, et répare le bidet.
- Oui, chéri.
Onze mois plus tard, Brandon se fait prêtre. Il est crucifiée par les Juifs en 2009.
20 février 2008
Un Lego...
Voici un texte écrit en 1997. En 2003, il fut mis en images par Nicolas Manenti, avec la participation du comédien Rémy Dumont. Ce projet a failli devenir un mini-livre lorsque nous avons fondé Mercure Liquide avec Marion Blangenois et safran, puis nous sommes, comme on dit, passés à autre chose.
UN LEGO...
Il y avait ce Lego, dans mon salon. Juste là, vaillamment interposé entre la télé et le canapé.
UN LEGO...
Il y avait ce Lego, dans mon salon. Juste là, vaillamment interposé entre la télé et le canapé.
Je l’ai trouvé en rentrant du travail. Je suis assureur, voyez-vous.

Aujourd’hui j’ai fait du porte à porte. Hier aussi d’ailleurs. Et avant-hier. Et le jour d’av... Oh et puis merde à la fin ! Tout le monde ne peux pas être PDG ! Si tout le monde était PDG, il faudrait que moi, PDG des Mutuelles Dugland, je fasse du porte à porte (oui, car si tout le monde était PDG il faudrait bien des PDG pour pédéger et d’autres pour faire le sale boulot !) Or ça m'écœurerait d’avoir fait toutes ces études pour en finir là. Donc je suis heureux d’être un tocard. Au moins ma médiocrité paie !

Peu importe...

Il y avait donc ce Lego, bleu, posé là au milieu, sans explication, sans un mot. La serrure n’était pas forcée. Pourtant personne d’autre n’a mes clefs.
Je n’ai pas d’amis, voyez-vous.

Alors, précautionneusement, j'ai pris mon mètre et je l'ai mesuré.



Un mètre de long, quarante centimètres de large, cinquante de haut.

C’était un gros Lego !

Bon, pas de quoi en faire un drame : avec un coussin ça ferait un joli banc !
Donc, j’ai scié tous les trucs : vous savez, les machins qui servent à encastrer les Legos.

Parce que s’asseoir là dessus ça doit faire vraiment mal au bout d’un moment !


Et puis j’ai posé un coussin, et je me suis assis. C’était plutôt confortable. Certes, le bleu ne s’accorde pas tout à fait avec mon salon qui, voyez-vous, est rouge sang coagulé, mais bon... on va pas chipoter. Déjà, leur rouge sang coagulé, à Ikea, il est limite marron, alors un peu plus ou un peu moins...

Voilà, et puis il s’est fait minuit alors j’ai lavé mes dents blanches -et pas jaunes, comme certains !- et je me suis couché. Non sans avoir jeté un dernier regard à mon Lego.
À présent je suis allongé, dans mon lit. La nuit sera courte mais je sais que je rêverai à mon Lego. Mon joli Lego. Qui sait, peut-être que demain soir en rentrant, j’en trouverai un autre...

Mince ! Si j’ai un autre Lego demain soir, comment je vais l’encastrer, j’ai scié tous les machins ?!
Tiroir(s) :
conte pour adultes,
mercure liquide,
neweden
12 avril 2007
Samedi soir
LUI : Allo ?
ELLE : Robert ? C’est Stella.
LUI : Oh, Stella, ça va ?
Bon, là Robert 'faut qu’t’assures !
ELLE : Ouais, ça va, ça va...
LUI : T’appelles d’où, là ? Y’a comme un bruit de foule.
ELLE : Je suis au Barbaramix avec des potes. Tu veux passer ?
Bon, Robert, y faut la jouer finement !
LUI : Heu, c’est à dire que mon chat est malade. Il a chassé une souris dont la date de péremption était dépassée.
ELLE (l’air déçue) : Oh...
LUI (l’air content qu’elle ait l’air déçue) : Rien de grave, mais il vomit à peu près tous les quarts d’heure et je pense qu’il vaut mieux que je reste près de lui.
ELLE (l’air contente qu’il ait l’air content qu’elle ait eu l’air déçue) : Oh... Assure, tu peux bien le laisser une petite heure ou deux. Barbara mixe et ça tue !
Allez Rob’, à toi d’jouer !
LUI : Pourquoi tu ne passerais pas un peu plus tard, plutôt.
ELLE (confuse) : Plutard plus tôt ou plutôt plus tard ?
LUI : Plutôt plus tard.
ELLE : Oh.
LUI : Alors, ça te dit ? J’ai des sugar-snaps, en plus.
ELLE : Des sugar-snaps ? Oh oh oh ! C’est tentant.
Oh oui chérie laisse-toi tenter.
ELLE : Mais je sais pas, j’ai deux copines avec moi, ‘faut que je leur demande. En plus on dépend du métro.
DEUX copines !!! Fouloulou !
LUI : Vous n’avez qu’à dormir chez moi.
ELLE : On va pas te déranger.
LUI : Y’a pas de problème, je t’assure.
ELLE : T’es un ange. Je leur demande et je te rappelle, OK ?
LUI : OK. Bises.
Malheureusement pour Robert, une pelleteuse alla se crasher dans le Barbaramix quelques secondes après, provocant l’écroulement de l’immeuble entier. Non seulement les clients du bar furent-ils tous tués sur le coup, mais de surcroît le Barbaramix n’obtint jamais sa licence de trois heures du matin. La pelleteuse était en effet pilotée par un client du bar, ivre bien entendu.
ELLE : Robert ? C’est Stella.
LUI : Oh, Stella, ça va ?
Bon, là Robert 'faut qu’t’assures !
ELLE : Ouais, ça va, ça va...
LUI : T’appelles d’où, là ? Y’a comme un bruit de foule.
ELLE : Je suis au Barbaramix avec des potes. Tu veux passer ?
Bon, Robert, y faut la jouer finement !
LUI : Heu, c’est à dire que mon chat est malade. Il a chassé une souris dont la date de péremption était dépassée.
ELLE (l’air déçue) : Oh...
LUI (l’air content qu’elle ait l’air déçue) : Rien de grave, mais il vomit à peu près tous les quarts d’heure et je pense qu’il vaut mieux que je reste près de lui.
ELLE (l’air contente qu’il ait l’air content qu’elle ait eu l’air déçue) : Oh... Assure, tu peux bien le laisser une petite heure ou deux. Barbara mixe et ça tue !
Allez Rob’, à toi d’jouer !
LUI : Pourquoi tu ne passerais pas un peu plus tard, plutôt.
ELLE (confuse) : Plutard plus tôt ou plutôt plus tard ?
LUI : Plutôt plus tard.
ELLE : Oh.
LUI : Alors, ça te dit ? J’ai des sugar-snaps, en plus.
ELLE : Des sugar-snaps ? Oh oh oh ! C’est tentant.
Oh oui chérie laisse-toi tenter.
ELLE : Mais je sais pas, j’ai deux copines avec moi, ‘faut que je leur demande. En plus on dépend du métro.
DEUX copines !!! Fouloulou !
LUI : Vous n’avez qu’à dormir chez moi.
ELLE : On va pas te déranger.
LUI : Y’a pas de problème, je t’assure.
ELLE : T’es un ange. Je leur demande et je te rappelle, OK ?
LUI : OK. Bises.
Malheureusement pour Robert, une pelleteuse alla se crasher dans le Barbaramix quelques secondes après, provocant l’écroulement de l’immeuble entier. Non seulement les clients du bar furent-ils tous tués sur le coup, mais de surcroît le Barbaramix n’obtint jamais sa licence de trois heures du matin. La pelleteuse était en effet pilotée par un client du bar, ivre bien entendu.
Aujourd’hui, trente ans plus tard, Robert est toujours vierge.
27 novembre 2005
En écoutant de la pop japonaise...
Quelques échos, pensées personnelles et impersonnelles à partager ce soir en écoutant de la pop japonaise et des musiques de mangas (qu’est-ce que c’est bien, la pop japonaise !).
À propos du froid : Rien à en dire hormis que c’est affreux, épouvantable, démesurément insupportable ! Il me tarde de quitter cette région glaciale pour des contrées plus chaudes, sinon tropicales… Allez, plus que quelques années à patienter !
Nouvelles nouvelles :
Beaucoup de choses, ça bouge et c’est vraiment bien ! Il faudrait que ça paie, maintenant (lol). Tabloïde, puisque c’est maintenant le nom officiel du recueil de nouvelles en cours, avance bien. J’ai mes dix sujets, cinq sont finalisées et j’en suis vraiment content. Une est à demi écrite et quatre restent à faire. Dix histoires de femmes dont la vie bascule, c’est le sujet de ces textes pour le reste très différents. Ce sont autant d’expériences narratives volontairement diverses, que lie certes ce style très « parlé » que j’aime à développer. Tabloïde (la nouvelle qui donne son titre à l’ensemble), vous pouvez la lire plus bas sur ce blog. Diamant sans canapé décrit une jeune fille coincée dans sa banlieue. Visages explore l’extrême limite de ce que l’on peut faire, au delà de tout bon sens, pour récupérer un amour perdu. Le cordon narre le bagne qu’est une relation toxique avec une mère et une grande sœur. Ce que font les morts est une variation sur le thème de Flux, la BD que je réalise avec le dessinateur 2080 : ce qui se passe lorsque les perceptions sont modifiées, que le monde des morts devient visible et se mêle à celui des vivants. Le camp pousse jusqu’au bout la dérive de la télé-réalité. Le livre des secrets et Initiations content le passage à l’âge adulte de deux jeunes filles qui découvrent le pouvoir, l’une à travers le chantage, l’autre à travers le sexe. La déposition décrit l’aberration policière à laquelle doit faire face la victime d'un viol, l’indifférence cynique des flics masculins. Quant à La fille d’avant moi, c’est à propos de la paranoïa qui, amplifiée par quelques malheureuses coïncidences, conduit au pire. Dix contes amoraux, dix femmes qui se retrouvent propulsées en dehors de leur routine, sinon de leurs vies. ET autant d’expérimentations narratives, j’en profite pour m’amuser un peu ! Bref, je conte avoir terminé cela pour Noël et soumettre Tabloïde aux éditeurs en duo avec L’incident Œdipe, mon premier roman. Quelques récents contacts pourraient m’aider à attirer l’attention de quelques éditeurs sur ces manuscrits, ce serait bien, on verra. Je pense honnêtement que ces deux livres sont d’honnêtes récits, qui méritent d’être lus. Je ne suis pas encore Kundera (ô mythique Kundera qui bouleversa tant ma vie d’écrivain), certes, mais à force de travail et de pages remplies, je crois commencer à acquérir une vraie maîtrise de la façon dont l’on raconte une histoire, et la « patte » qui va avec.
Raconter des histoires (1) :
C’est ma cause première, la vraie, la seule. J’en parlais au printemps avec le plasticien Nicolas Manenti, car nos parcours ont été similaires en un sens. Pourquoi ai-je choisi ce hasardeux métier ? Au tout départ, juste pour raconter des histoires. Parce que d’autres m’avaient apporté tant de joie en m’en racontant, cela ne pouvait être que jouissif d’en raconter à mon tour. Et parce que rien ne m’apportait plus de bonheur, enfant déjà, que ces histoires, la seule chose valable que je pouvais imaginer faire en ce monde était d’en raconter aux autres. Ainsi ai-je décidé à neuf ans que je ferai de la bande dessinée, puis à quatorze ans que je ferai de la littérature et de la poésie. Nico, lui, voulait à l’origine faire du dessin et de la peinture, ni plus ni moins. Ensuite, il y a eu pour nous deux la « zone de chaos ». Pour lui comme pour moi, cette zone de chaos démarra avec les Pentes de la Croix-Rousse. Nous avons découvert l’art expérimental, la création alternative, celle qui n’est que recherche. Nous avons découvert cela et ça nous a fascinés l’un comme l’autre. Alors nous nous sommes mis à chercher, à tenter nos expériences aléatoires, à travers différents médiums et supports, cherchant d’autres formes de langage et d’expression. Nous étions avides d’essayer mille choses et parfois, nous nous sommes perdus en chemin dans des zones d’ombres, dans des doutes existentiels, dans des directions qui ne nous correspondaient pas. La « zone de chaos » fut traversée et petit à petit nous revinrent chacun à ce qui nous avait donné notre première impulsion. Je réalisais qu’en fait, je voulais raconter des histoires. Nico réalisa qu’en fait, il voulait peindre et dessiner. Pas de regrets pourtant, car cette « zone de chaos » est inévitable et nécessaire dans le cheminement et la maturation d’un artiste. Comment savoir ce que l’on souhaite faire avant d’avoir essayé mille trucs ? Comment savoir ce que l’on veut exprimer sans avoir tourné autour du pot ? Nous avons appris énormément, durant ces années formatrices, et nous avons acquis une maîtrise bien plus grande de nos pratiques respectives. Ainsi qu’une compréhension bien plus grande de ce qu’implique la création, dans le fond comme dans la forme.
(Nom de Dieu, je voudrais que vous entendiez ce que j’écoute en ce moment, c’est un putain de trip c’te musique jap !)
Raconter des histoires (2) :
Je me suis, au fil des années, essayé à la nouvelle, au roman, au scénario de bande dessinée, de film et de feuilleton radio, à la poésie, à la chanson, au conte surréaliste. Mais s’il est -avec le théâtre- un domaine que je n’avais jamais exploré, c’est celui du livre pour enfants. À vrai dire la raison est que d’une part je n’y avais jamais songé, d’autre part je m’en pensais incapable. Il y a quelques mois, un concours de circonstances m’a conduit à vouloir m’y essayer. Soyons réalistes : c’est le secteur le plus rentable du marché de l’écriture. Après tout, pourquoi pas ? Le constat énuméré plus haut m’amenait à considérer sérieusement la chose : s’il est une forme qui consiste à raconter une histoire, purement et simplement, c’est bien la littérature pour enfants. En plus c’est l’occasion de les raconter en toute liberté, ces foutues histoires : peu importe que ce soit crédible ou réaliste, il faut juste que l’on soit happé par le récit, que l’on se laisse abandonner à sa logique propre en oubliant celle du monde réel. C’est certes valable en littérature et en BD aussi, mais peut-être un peu moins librement (Kundera me fustigerait pour ces mots et il aurait raison. Pardon, Milan). Bref, je m’y suis donc essayé et… en fait je kiffe grave ! J’en ai déjà écrit six, depuis la rentrée. Je ne vous parle pas de romans pour enfants, mais bien de petites histoires destinées à devenir des livres très graphiques, un peu comme la collection du Rouergue dont je vous parlais il y a quelques semaines. J’ai encore peu de recul quant à ce que ça vaut, mais les quelques retours de mon entourage sont plutôt encourageants (et DieuShiva sait que mon entourage ne mâche pas ses mots quant il s’agit de me dire que je fais de la merde !). Je m’amuse beaucoup à raconter ces petites histoires rigolotes et trippées, où il s’agit avant tout de redevenir enfant et d’être aussi imaginatif que possible. Je vais démarcher deux de ces livres, déjà mis en images par 2080 (Le tour du monde en six heures) et Jérôme Dupré la Tour (L’homme qui ne dormait pas la nuit). Je suis toutefois tout particulièrement fier de La malédiction du plombier-garou, écrit ces derniers jours ! Bref, je m’amuse bien et en plus, à partir du moment où l’on a l’idée de départ, qu’est-ce que ça va vite par rapport à ces foutus romans, nouvelles et scénarios ! Bref, on verra si je tiens le bon bout lorsque les éditeurs y auront jeté un œil.
Deuil musical :
Shoona Sassi, 2001-2005, R.I.P. Mon collègue DaBoostemp n’étant plus très disponible pour la musique, en proie aux chaos de sa vie personnelle, je me suis vu obligé de mettre un terme à notre collaboration. Nous nous sommes mis d’accord pour tâcher tout de même d’enregistrer la quinzaine de titres que nous avons composés. Ce serait idiot de jeter à la poubelle cinq ans de travail, sans garder de trace. Mais de concerts, plus. Ni d’avenir pour ce projet. Shoona Sassi aura été mon rêve d’ado devenu réalité le temps de cinq concerts et au moins une bonne centaine de répétitions. Y renoncer a été un choix très difficile, mais je ne peux plus perdre mon temps à m’investir dans un projet à deux si l’autre ne suit pas. Ainsi aura vécu ce duo electrofunk sensuel et moite, sexuel et provocateur, à la fois trash et volontairement kitsch. Je pense que je mettrai ces titres en ligne le jour où ils seront enregistrés, histoire de les partager avec vous. Décision douloureuse mais à la fois, Shoona Sassi, ce délicieux ego-trip, correspondait-il encore à mes envies artistiques actuelles ? Sans doute plus tout à fait. J’en suis à un moment de mon existence où j’ai envie de choses peut-être un peu plus sophistiquées musicalement, et un peu plus deep quant à leur propos. Sans rien renier : j’aime et j’aimerai toujours Shoona Sassi. Et DaBoostemp n’en restera pas moins l’un de mes plus proches amis. Mais il est temps de tourner la page. Temps de faire des choix, aussi : à l’heure où il est crucial que je commence à vivre de ma plume, quel temps me reste t’il pour un projet de groupe en live, qui demande tant de travail ? Je pense désormais plutôt m’orienter vers des collaborations studio, notamment avec 2080 (encore lui !). Ou des perfs plus expérimentales comme Bébé Coma (voir plus bas). Et puis, dans deux à quatre ans, je quitte Lyon. Je ne peux plus penser projet à long terme ici.
L’Anagramme en décembre :
Ça se précise, je vous en reparlerai.
Mercure Liquide :
Soirée lecture/perf/vidéo très réussie hier à la bibliothèque du 1er, avec plus de cent personnes, contre toute attente (excellent !). Le projet redémarre, là aussi je vous en reparlerai.
La conjuration des imbéciles :
Je suis en train de lire ce roman hallucinant de John Kennedy Toole et je dois dire que je suis soufflé ! La conjuration des imbéciles est un livre improbable, l’histoire d’un fou qui s’est lui-même mis à l’écart de la société pour mieux la critiquer. Mais pour, bien sûr, la critiquer n’importe comment, jetant le bébé, l’eau du bain et la baignoire avec. Les personnages et les situations sont tellement poussés qu’ils frôlent le surréalisme, et pourtant on y croit, parce que c’est foutrement bien écrit. La démesure est le pilier de ce livre et c’est ce qui le rend si drôle, car si les héros de ce bouquin sont tragiquement pathétiques, cela ne les rend que plus hilarants. Je ne sais pas encore où tout ça nous mène, mais je vous conseille en tout cas de vous procurer ce monument de la littérature anglo-saxonne (je l’invente pas, il est reconnu comme tel).
Voilà, et puis je vous laisse avec un petit texte tout trippé que j’ai écrit un soir de 1993. Probablement le seul texte de cette époque que j’assume encore (je suis retombé l’autre jour sur des poèmes que j’avais écrit il y a dix ans : putain c’était vraiment mauvais !) : [Texte déplacé ici.]
Tiroir(s) :
bébé coma,
ce que font les morts,
chronique,
combustions spontanées,
conte pour adultes,
conte pour enfants,
flux,
l'incident oedipe,
mercure liquide,
neweden,
processus créatif,
shoona sassi,
tabloïde









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